Les Funérailles de Galli l'anarchiste

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Les Funérailles de Galli l'anarchiste
Il Funerale dell’anarchico Galli
Artiste
Date
Type
Mouvement
Dimensions
(H × L)
259.1 × 198.7 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
235.1948 +/-

Les Funérailles de Galli l'anarchiste est un tableau du peintre italien Carlo Carrà (1881-1966), peint en 1910 et achevé en 1911[1]. Angelo Galli était un anarchiste italien tué par la police le 15 septembre 1904[réf. nécessaire] sur la via Carlo Farini pendant une grève générale à Milan. Ses funérailles ont fait l'objet d'une confrontation entre les anarchistes endeuillés et la police italienne.

Contexte économique et social[modifier | modifier le code]

Au début du XXème siècle, l'Italie connaît une période difficile en raison des conséquences de l'industrialisation. Les travailleurs s'organisent pour améliorer la justice sociale. La grande bourgeoisie et l'aristocratie essaient de résister à ces mouvements populaires qui remettent en cause les structures sociales existantes. Les confrontations à Milan sont violentes. La première crise apparaît en 1898.

La contestation sociale de septembre 1904 est due aux dures conditions de travail des ouvriers et notamment des mineurs de Buggerru en Sardaigne. La grève a débuté le 2 septembre 1904. Le 4 septembre 1904, alors qu'elle était en négociation avec la délégation syndicale qui était soutenue par des mineurs regroupés devant le siège de la direction des mines, cette dernière a sollicité l'armée. Deux compagnie du 42e régiment d'infanterie venant de Cagliari tirent sur les grévistes faisant 4 morts et des dizaines de blessés. Ces événements entraînent une série de critiques et de manifestations dans toute l'Italie et notamment à Milan. Les regroupements ultérieurs ont été réprimés par la police. En Sicile, à Castelluzzo, deux paysans ont été tués par l'armée. Le 15 septembre la grève générale est prononcée dans tout le pays. Elle cesse le 21 septembre 1904 lorsque le groupe socialiste s'engage à proposer au parlement un projet de loi pour interdire l'emploi des armes à feu par la police pendant les conflits sociaux.

Analyse de l'oeuvre[modifier | modifier le code]

Dans son autobiographie, Carlo Carrà a précisé les conditions dans lesquelles il a créé ce tableau : « Je vis devant moi le cercueil complètement recouvert d'oeillets rouges et qui oscillait dangereusement sur les épaules des porteurs je vis les chevaux s'emballer, les bâtons et les lances se croiser, si bien qu'il me semblait que le cercueil finirait par tomber sur le sol et que les chevaux le piétineraient. A peine étais je rentré chez moi que je réalisai sous l'effet de cette forte impression un dessin de l'événement. Ce dessin et d'autres réalisés ultérieurement formèrent plus tard le point de départ du tableau "Funérailles de l'anarchiste Galli". Et c'était justement le souvenir de cette scène dramatique qui m'avait suggéré la phrase suivante pour le « Manifeste technique des peintres futuristes » : « Le spectateur est placé au centre du tableau. »

Le tableau "Les Funérailles de Galli l'anarchiste" montre une scène de chaos. La peinture présente les traits caractéristiques du futurisme : de nombreux personnages s'enchevêtrent en une action unique vigoureuse dans laquelle les corps évoluent dans une action dynamique. La composition suggère bien le potentiel important de violence et de puissance de l 'événement. Les visages des personnages sont flous et ne sont pas reconnaissables. Des forces d'opposition s'affrontent mais il est difficile de distinguer chaque camp. Les formes en arcs de cercles représentent le mouvement des matraques sur les manifestants. Le personnage au centre lève les bras pour se protéger des coups. Il tient dans sa main droite une urne qui doit contenir les cendres d'Angelo Galli. Les drapeaux noirs levés vers le ciel sont les drapeaux des anarchistes.

Le point de vue du spectateur se situe au dessus du personnage du premier plan. L'oeil du spectateur distingue deux groupes de chaque côté qui semble se combattre. La zone la plus claire se situe sur le tiers supérieur de la toile. La zone la plus sombre est sur les deux tiers inférieurs. La lumière qui provient d'en haut à droite se reflète jusque sur le sol. Le tableau montre un violent contraste entre les couleurs complémentaires chaudes et froides augmentant la tension picturale.

Carlo Carrà a peint le tableau sept années après les funérailles d'Angelo Galli d'après ses souvenirs visuels et affectifs.

Carlo Carrà a ainsi appliqué la théorie artistique futuriste qui a adopté le concept de la simultanéité vue comme « espace psychologique où convergent vision, connaissance et mémoire » (Bergson).

Le tableau est conservé au Museum of Modern Art de New York.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Centre Pompidou