Les Filles de La Rochelle (chanson)

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Les Filles de La Rochelle (ou Sont les filles de la Rochelle) est un chant de marins de la côte Atlantique de la France et du Canada[1], caractéristique des contes et des chansons de gaillard d'avant (destiné à occuper les moments de repos et de loisir) par l'emploi de termes techniques et par l'union du rêve féerique à la grivoiserie[2].

Il existe trois versions différentes quant à l'origine de la chanson qui remonterait remonterait aux XVIIe ou XVIIIe siècles[3] :

  • pour certains, celle-ci aurait été inspirée par le siège de La Rochelle en 1627-1628 durant lequel beaucoup d’hommes trouvèrent la mort. Les Rochelaises décidèrent de prendre le relais de la défense de la ville en « armant un bâtiment ».
  • pour d’autres, ces mêmes Rochelaises auraient aguiché les soldats de Richelieu durant ce même siège pour leur tendre un piège.
  • enfin, la troisième version évoquerait plutôt la période l’émigration vers la Nouvelle France où orphelines et « femmes de mauvaise vie » étaient embarquées pour trouver mari sur les rives du Saint-Laurent.

Le texte actuel remonterait au plus au XVIIIe siècle, même si le thème du « navire merveilleux » est connu dès la fin du XVe siècle ; la mélodie a elle été éditée en 1846[2].

De tradition orale, il en existe différentes versions plus ou moins grivoises. Elle fut interprétée notamment par Colette Renard, Dorothée et les Quatre Barbus.

Paroles[modifier | modifier le code]

1.

(Ce) sont les filles de La Rochelle,
Ont armé un bâtiment,
Pour aller faire la course
Dedans les mers du Levant.

Refrain

Ah ! La feuille s'envole, s'envole,
Ah ! La feuille s'envole au vent.

2.

La grand-vergue est en ivoire,
Les poulies en diamant ;
La grand-voile est en dentelle,
La misaine en satin blanc ;

3.

Les cordages du navire
Sont de fils d'or et d'argent,
Et la coque est en bois rouge
Travaillé fort proprement ;

4.

L'équipage du navire,
C'est tout filles de quinze ans ;
Le capitaine qui les commande
Est le roi des bons enfants.

5.

Hier, faisant sa promenade
Dessus le gaillard d'avant,
Aperçut une brunette
Qui pleurait dans les haubans :

6.

Qu'avez-vous, gentille brunette,
Qu'avez-vous à pleurer tant ?
Av'vous perdu père et mère
Ou quelqu'un de vos parents ?

7.

J'ai cueilli la rose blanche,
Qui s'en fut la voile au vent :
Elle est partie vent arrière,
Reviendra-z-en louvoyant...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les filles de la Rochelle Mary Marquet L. Laskine, harpe », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 1er février 2018)
  2. a et b Henri Davenson, Le Livre des chansons - Introduction à la chanson populaire française, Paris, Le Club des libraires de France, , p. 197
  3. « Les Filles de La Rochelle », sur SudOuest.fr (consulté le 13 juillet 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]