Les Déportés du Cambrien

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Les Déportés du Cambrien
Auteur Robert Silverberg
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Voyage dans le temps
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Hawksbill Station
Éditeur Doubleday
Lieu de parution New York
Date de parution 1967
Version française
Traducteur Guy Abadia
Éditeur Robert Laffont
Collection Ailleurs et Demain
Lieu de parution Paris
Date de parution 1978
Type de média Livre papier
Nombre de pages 216
ISBN 2-221-00109-5

Les Déportés du Cambrien (titre original : Hawksbill Station) est un roman de science-fiction de Robert Silverberg paru en 1967 et qui a été proposé pour le prix Nebula du meilleur roman court (1967) et ainsi que pour le prix Hugo du meilleur roman court (1968).

Parutions[modifier | modifier le code]

Parutions aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le roman a été publié pour la première fois aux États-Unis en 1967.

Parutions en France[modifier | modifier le code]

Le roman a été publié en 1978 aux Éditions Robert Laffont.

Il a encore été publié en 1984 chez J'ai lu, puis dans l'anthologie Chute dans le réel (1996).

Elle est enfin parue en 2002 dans la collection Livre de poche.

Les trois parutions en France ont fait l'objet d'une traduction de Guy Abadia.

Parution en Allemagne[modifier | modifier le code]

Le roman a été publié en Allemagne sous le titre Verbannte der Ewigkeit[1].

Parution en Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

La nouvelle dont est issu le roman a été publiée en Grande-Bretagne dans l'anthologie To the Dark Star (1991)[2].

Personnages[modifier | modifier le code]

Le héros[modifier | modifier le code]

Jim Barrett commence à militer dès l'âge de 16 ans. Son enthousiasme pour la cause, qui est mitigé au début, augmente au fil des années. Progressivement, il devient ainsi l'un des principaux responsables de son organisation, le Front de Libération Continentale. Toutefois, il ne se départira jamais de son attitude à la fois pragmatique et responsable.

À 38 ans, Barrett est arrêté et détenu pendant 20 mois par la Syndicature. Déporté à Hawksbill Station, il y devient le « chef » officieux des exilés. Le roman commence alors qu'il est exilé au Cambrien depuis vingt ans. C'est un personnage fort. Malgré un accident qui le prive de l'usage d'une jambe, il reste sain d'esprit et continue à se préoccuper de ses compagnons.

Les déportés[modifier | modifier le code]

  • Ned Altman : le seul déporté ayant travaillé pour le gouvernement ;
  • Ken Belardi : nihiliste, Norton et lui discutent fréquemment de politique ;
  • Sid Hutchett : au moyen de l'informatique, il fit mal paraître la syndicature ;
  • Don Latimer : physicien de formation, il habite la même cabane que Hahn. Il tente de s'« évader » en recourant à des pouvoirs extra-sensoriels ;
  • Charley Norton : « krouchtchévien » dogmatique aux tendances « trotskysantes » ;
  • Norman Pleyel : pendant longtemps, il milite avec Barrett. Non seulement il est plus âgé que ce dernier, mais il suscite son admiration. Pour Barrett, Pleyel est un être posé, réfléchi. Une fois exilé, Pleyel meurt ;
  • Quesada : à Hawksbill Station, il fait office de médecin et de chirurgien. Ses qualifications : une expérience de travail dans un laboratoire de recherche médicale ;
  • Mel Rudiger : militant anarchiste, il collectionne les trilobites du Cambrien ;
  • Bruce Valdosto : lBarrett et lui militent ensemble. À cette époque, son rôle consistait à poser des bombes. À la suite de sa déportation, il devient psychotique.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Jack Bernstein : activiste revanchard, il se préoccupe peu de morale. Jeune, il est l'ami de Barrett. Aussi, il l'intéresse à la politique. Avec les années, les militants le voient de moins en moins. Puis, la syndicature l'engage comme responsable des interrogatoires. Lorsque Barrett est arrêté, Bernstein l'interroge ;
  • Lew Hahn : en arrivant à Hawksbill Station, il suscite l'étonnement. Il se montre calme et très secret. Bientôt, il est surpris à inspecter le « Marteau » (l'aire d'« arrivée » des déportés). Questionné par Barrett, il révèle l'impensable : la possibilité de regagner le futur ;
  • Edmond Hawksbill, c'est un génie des mathématiques. Bien qu'opposé au gouvernement, il s'intéresse surtout aux voyages dans le temps. Grâce à ses calculs, ceux-ci deviennent possibles ;
  • Janet : petite amie de Barrett, elle est arrêtée par la syndicature. Par la suite, Barrett ne la revoit jamais.

Résumé[modifier | modifier le code]

En 1984, les États-Unis tombent sous le régime de la « syndicature », qui est tout à la fois capitaliste, centralisatrice et isolationniste (voire xénophobe). Peu après, le physicien et mathématicien Hawksbill découvre les bases théoriques qui vont rendre possible le voyage du présent vers le passé, tout retour étant considéré comme physiquement impossible.

Plus tard, un changement de dirigeant amène un durcissement du régime. Les opposants sont arrêtés et emprisonnés les uns après les autres. Pour se débarrasser des plus encombrants et dangereux d'entre eux, la syndicature établit une station de réception au Cambrien inférieur, « un milliard d'années avant notre ère » (sic). Les uns après les autres, elle y envoie des condamnés qui n'ont aucun espoir de retour. Ainsi est créée Hawksbill Station, à proximité d'une mer de faible profondeur.

Tout y est désolation. Même la composition de l'air et la couleur du ciel sont différents. Seule existe une vie marine rudimentaire. Pour les exilés, l'environnement constitué uniquement de roches nues et glissantes est hostile et inhospitalier. En effet, en cette ère paléozoïque, les végétaux et animaux terrestres ne sont pas encore apparus.

Bien que le futur leur envoie aléatoirement des produits de première nécessité tels que nourriture, outils et médicaments, les déportés doivent lutter pour survivre. Ils aménagent des cabanes et s'occupent à des tâches qui trompent leur ennui et leur donnent un but, telles la construction d'un escalier creusé dans le roc reliant Hawkbill Station à la plage, la pêche, ou encore des expéditions maritimes sur la mer intérieure. Mais comme ils vivent là sans femmes, sans réelle structure sociale, plusieurs détenus se retranchent dans l'évocation obsessionnelle de leurs souvenirs. Certains tombent progressivement dans la dépression et la folie, parfois jusqu'à la mort.

Les déportations se succèdent ainsi pendant vingt-cinq ans. Jusqu'à l'arrivée de Lew Hahn, un homme jeune et énigmatique, qui n'a pas le profil d'un prisonnier politique. Qui est-il réellement ? Un espion ? Pourquoi rédige-t-il une sorte de rapport sur les habitants de la station ? La réponse à ces questions va bouleverser la vie des prisonniers du passé...

Commentaire[modifier | modifier le code]

Les Déportés du Cambrien fait l'éloge du courage, de la tenacité, de la sollicitude. En effet, ces qualités sont partagées par la plupart des exilés. Sans elles, plusieurs n'auraient pas survécu.

Par ailleurs, le roman se veut une incursion dans le monde du militantisme politique clandestin. Le lecteur y rencontre des personnages fortement typés (par exemple, Bernstein, Hawksbill) ou complexes (Barrett). Le lecteur pourra y voir une critique de l'individualisme : en dépit de leur situation, qui devrait en principe les rendre solidaires, il arrive que les déportés fassent preuve d'égoïsme. Par ambition, plusieurs trahiront leurs principes.

Citations[modifier | modifier le code]

Les numéros de page ci-dessous correspondent à l'édition de 1978 (Éditions Robert Laffont).

  • « Ils apportaient des nouvelles de l'avenir de ce monde dont une éternité les séparait », p. 14;
  • « Ni encombrements, ni embouteillages, ni surpopulation. Il y a juste un peu de mousse par-ci, par-là mais pas trop », p. 32;
  • « Ainsi, nous ne pouvions tomber par hasard sur l'ancêtre supposé de toute l'humanité et le zigouiller », p. 33;
  • « Et les lacunes de leurs connaissances n'étaient pas faciles à combler quand leur seul lien avec la civilisation de Là-bas était un moyen de transport à sens unique », p. 101;
  • « Dans ce monde sans vie où la présence de l'homme était déjà en soi une hérésie, la solitude et l'inaction faisaient d'effroyables ravages », p. 135.

Analyses diverses[modifier | modifier le code]

Un millard d'années ?[modifier | modifier le code]

  • Robert Silverberg positionne Hawksbill Station au Cambrien, « un milliard d'années » avant notre ère. Or le Cambrien, qui est la première des six périodes du Paléozoïque, s'étend en réalité de -542 à environ -488 millions d'années. Un milliard d'années dans le passé correspond en réalité au Tonien, la première période du Néoprotérozoïque. L'auteur commet donc une erreur du simple au double. Peut-être est-elle imputable au fait que ce roman fut écrit, assez rapidement, courant 1967, avant que soient fixées définitivement la durée des périodes géologiques...

Voyage dans le temps[modifier | modifier le code]

  • Le voyage dans le temps est l'un des grands thèmes de la science-fiction. Dans le roman, il est initialement possible au moyen d'une sorte de transmetteur, et uniquement dans le sens du « présent vers le passé ». L'auteur explique que le récepteur de Hawksbill Station, qui seul permet de garantir une date et un emplacement d'arrivée précis, a été envoyé au Cambrien en pièces détachées, et qu'il a été monté sur place par les déportés eux-mêmes. Par ailleurs, l'auteur n'aborde pas réellement la question des paradoxes temporels que pourrait potentiellement générer une colonie pénitentiaire située dans un lointain passé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]