Les Cloches de Corneville

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Programme des Cloches de Corneville au Théâtre des Folies Dramatiques, 1877

Les Cloches de Corneville est un opéra-comique en trois actes de Robert Planquette, sur un livret de Clairville et Charles Gabet, créé à Paris, au Théâtre des Folies-Dramatiques, le . C'est l'œuvre la plus célèbre de Planquette.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1877, le directeur des Folies-Dramatiques, salle spécialisée dans les opérettes où étaient jouées les œuvres d'Hervé et Lecoq, cherchait une nouvelle pièce pour remplacer le succès inégal de La Fille de madame Angot. Il choisit Les cloches de Corneville d'un compositeur assez méconnu : Robert Planquette.

L'accueil critique fut très mitigé pour ne pas dire négatif mais ce fut un triomphe auprès du public.

L'opérette a été traduite en plusieurs langues et jouée en anglais (sous le titre The Chimes of Normandy) au Fifth Avenue Theatre à New York, à partir du 22 octobre 1877. Une autre version appeleée The Bells of Corneville a été jouée au Victoria Theater, à New York, à partir du 21 avril 1902. Elle a également été présentée à Londres en 1878 pour 705 représentations.

Argument[modifier | modifier le code]

Les cloches de Corneville ballett.jpg

L'action se passe en Normandie à la fin du XVIIe siècle.

Prévoyant une longue absence, le marquis de Corneville confie la gestion de son argent et de ses bien à son fermier Gaspard. Celui-ci finit par se les approprier en faisant croire que le château est désormais hanté. Germaine, fille du comte de Lucenay, lui a également été confiée, il la fait passer pour sa nièce en lui cachant ses nobles origines. Il trouve également au même moment au milieu d'un champ de serpolet un bébé qu'il appelle Serpolette et l'élève pour qu'elle devienne sa servante. Pour être sûr de garder tous ses avantages, il détruit la page du registre où sont inscrites les naissances des deux enfants.

L'histoire commence vingt ans plus tard, au moment où le nouveau marquis, Henri, revient au village et découvre au fur et à mesure les secrets de Corneville.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

Un sentier boisé près du château de Corneville

Le vieux fermier avare Gaspard n'est pas aimé dans le village car il est cruel avec sa nièce Germaine. Pour calmer les velléités d'enquête du nouveau bailli, il le convainc d'épouser la jeune fille qui, elle, a promis de se marier avec un jeune marin-pêcheur, Jean Grenicheux, depuis qu'elle croit qu'il l'a sauvée de la noyade quelque temps plus tôt. Serpolette, une enfant trouvée, qui est désormais servante de Gaspard, est également amoureuse de Jean.

Sur le marché, un nouvel arrivant se présente et s'intéresse au château. Germaine lui raconte la légende des cloches du château qui doivent sonner le jour où reviendront les seigneurs de Corneville. L'inconnu est en fait le marquis de Corneville qui se souvient de son enfance au château et d'avoir sauvé une jeune fille des eaux, mais il ne l'a jamais revue alors qu'il a fait trois fois le tour du monde pour la retrouver.

Le marché de Corneville

Sur le marché de Corneville, deux fois par an, on peut embaucher des domestiques. Germaine, Serpolette et Grenicheux se font engager par le mystérieux Henri afin d'échapper à l'emprise de Gaspard et ses manigances.

Acte II[modifier | modifier le code]

Une grande salle dans le chateau de Corneville

Henri entraîne au château ses nouveaux domestiques et leur dévoile sa véritable identité . Il tente de les rassurer à propos des fantômes et annonce qu'il veut réparer et rouvrir le château. Ils trouvent des documents qui pourraient laisser croire que Serpolette serait la fille du comte de Lucenay. Henri est attiré par Germaine qui lui raconte pourquoi elle projette d'épouser Grenicheux. Il réalise que c'est la jeune femme qu'il a sauvée naguère. Dans la nuit, un visiteur s'introduit en cachette au château : c'est Gaspard qui vient chercher de l'or dans les réserves du marquis. Il se fait surprendre par Henri et ne doit son salut qu'aux prières de Germaine, et le fermier en perd la raison.

Acte III[modifier | modifier le code]

Le parc du chateau de Corneville

Quelque temps plus tard, le château accueille une grande fête organisée par le marquis pour tout le village. Serpolette est considérée comme la vicomtesse et Jean la courtise désormais ouvertement. Henri le force à avouer son mensonge, Germaine entend cette confession et se jette aux pieds de son véritable sauveur, mais elle refuse la demande en mariage qui lui est faite, car elle estime qu'une fille de basse extraction n'est pas digne d'épouser un marquis.

À ce moment, Gaspard recouvre ses esprits et raconte toute la vérité des naissances des deux filles. Germaine est rétablie dans son titre de vicontesse et peut épouser Henri, qui pardonne à Gaspard. Et Serpolette épouse Grenicheux. Les cloches peuvent sonner en l’honneur de la nouvelle châtelaine de Corneville !

Rôles[modifier | modifier le code]

Rôle Tessiture Créateur, 19 avril 1877
Serpolette, une enfant trouvée devenue servante soprano Juliette Simon-Girard
Germaine, vicomtesse perdue soprano Conchita Gélabert
Henri, Marquis de Corneville tenor Ernest Vois
Jean Grenicheux, un marin-pêcheur tenor Simon-Max
Gaspard, un fermier avare baryton Ange Milher
Le bailli baryton François-Louis Luco
Gertrude
Jeanne, Manette and Suzanne, demoiselles de Corneville
Le notaire, l'assesseur
Villageois et suite du marquis

Numéros[modifier | modifier le code]

Scènes de l'opérette Les cloches de Corneville; impression photomécanique.
Acte I
  • Ouverture
  • 1. – Chœur, Chanson des on-dit : « On dit, on dit, charmante Jeanne »
  • 2. – Rondeau de Serpolette : « Dans ma mystérieuse histoire »
  • 3. – Chanson du mousse (Grenicheux)
  • 4. – Duo : « Même sans consulter mon cœur » (Germaine et Grenicheux)
  • 5. – Légende des cloches : « Nous avons hélas perdu d'excellents maîtres » (Germaine et Chœur)
  • 6. – Rondeau-valse : « J'ai fait trois fois le tour du monde » (Henri)
  • 7. – Ensemble : « À la perruque d'un bailli »
  • Entr'acte
  • 8. – Couplets de Grenicheux : « Je ne sais comment faire »
  • 9. – Final de l'acte I : scène du marché, chœur des servantes, des domestiques.
Acte II
  • 10. – Chœur « À la lueur de ces flambeaux »
  • 10b. – Air de Germaine : « Ne parlez pas de mon courage »
  • 10c. – Chanson de Serpolette
  • 11. – Chanson du Bailli : « J'avais perdu ma tête »
  • 12. – Chanson d'Henri et chœur : « Sous des armures à leur taille »
  • 13. – Ensemble et couplets : « Vicomtesse et marquise » (Serpolette, Henri, chœurs)
  • 14. – Duo Germaine-Henri : « C'est elle et son destin »
  • 15. – Chœur et quintette : « Gloire au valeureux Grenicheux »
  • 16. – « C'est là, c’est là qu'est la richesse » (Gaspard, Grenicheux) et final II.
Acte III
  • 16a – Entr'acte et danse
  • 17. – Chanson des gueux (Gaspard)
  • 18. – Chœur et chanson : « R’gardez par-ci r'gardez par-là » (Serpolette, Grenicheux)
  • 19. – Chanson du cidre, Serpolette et chœur : « Vive le cidre de Normandie »
  • 20. – Rondeau-valse de Grenicheux : « Je regardais en l'air »
  • 21. – Duo Germaine-Henri : « Une servante, que m'importe »
  • 22. – Final de l'acte III

Discographie[modifier | modifier le code]

Premier film sonore[modifier | modifier le code]

Fin 1894 ou début 1895, la première expérimentation d'une image animée (film) et d'un son synchronisé a fait appel au Chant du mousse, une barcarolle de l'acte I, scène 1. Le film montre William Kennedy-Laurie Dickson interprétant l'air au violon devant un cornet de prise de son, pendant que deux assistants dansent une valse. La prise a été récemment restaurée sous le nom de Dickson Experimental Sound Film[1].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Loughney, Patrick (2001) “Domitor Witnesses the First Complete Public Presentation of the The Dickson Experimental Sound Film in the Twentieth Century,” in The Sounds of Early Cinema, Richard Abel et Rick Altman (Bloomington: Indiana University Press), 215–219 (ISBN 0-253-33988-X)

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le guide de l'opéra, les indispensables de la musique, R. Mancini et J-J. Rouvereux, (Fayard, 1986), (ISBN 2-213-01563-5)