Les Aqua-tics

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Les Aqua-tics
Saison 18 Épisode no 10

Titre original The Wife Aquatic
Titre québécois Homer, qu'on voit danser
Code de production JABF03
1re diffusion aux É.-U.
1re diffusion en France
Tableau noir -
Gag du canapé Les silhouettes du canapé et des Simpson sont épinglées sur un tableau en liège par 2 mains jaunes (à 5 doigts) .
Scénariste Kevin Curran
Réalisateur Lance Kramer
Chronologie
Listes
Liste des épisodes de la saison 18
Liste des épisodes des Simpson

Les Aqua-tics (France) ou Homer, qu'on voit danser (Québec) (The Wife Aquatic) est le 10e épisode de la saison 18 de la série télévisée d'animation Les Simpson et a connu le plus fort succès des saisons 17 à 20.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Lors d'une séance de cinéma en plein air, Jimbo et ses amis détruisent le film projeté par les fils de Ned Flanders. Patty et Selma projettent alors un de leurs films de vacances à Barnacle Bay, ce qui réveille les souvenirs d'enfance de Marge et l'émeut profondément. Homer décide alors d'emmener la famille à Barnacle Bay. Arrivés sur place, les Simpson découvrent avec stupeur que tout est à l'abandon.

Homer fait tout rénover pour faire une surprise à Marge. Mais, lors du feu d'artifice qu'il lance, le ponton s'enflamme et l'incendie détruit tout le port. Pour payer sa dette, Homer doit partir en mer et ramener les poissons miam-miam qui faisaient la renommée de Barnacle Bay autrefois....

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Les balanes (barnacles en anglais) ici vues à marée basse sont des petits crustacés (et non des mollusques) et vivent fixées sur les rochers
  • Réception : 13,9 millions de téléspectateurs ont vu cet épisode, ce qui est le plus haut score des saisons 17 à 20. Certes on y trouve une bonne leçon d'écologie (au milieu et à la fin de l'épisode) associée à un happy end : le retour d'Homer et de l'équipage qu'on croyait noyés… Mais dès le début les téléspectateurs ont dû être sous le charme : à un excellent pastiche des films muets de Mack Sennet ("The Dunderhead Deputies" : flics idiots, courses poursuites, bandit italien en costume de bagnard...) succède un attendrissant petit film de vacances en famille (kinflicks) aux couleurs délavées, inspiré du film Le Prince des marées (The Prince of Tides) de Barbra Streisand ; il montre les 3 sœurs Bouvier à la plage et la jeune Marge, ravie, tournant sur un manège, à cheval sur son hippocampe favori…
  • On entend en arrière-fond le morceau Aquarium de Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (1886) , et les notes cristallines de l'harmonica de verre accentuent le décalage temporo-spatial.
  • Barnacle Bay. Il existe au sud des États-Unis, en Floride, à proximité de Miami, un "Barnacle Historic State Park", dans la Biscayne Bay, près de Coconut Grove… Mais la Barnacle Bay des vacances d'enfance de Marge est une plage située sur une petite île septentrionale, entourée de brumes, à quelque distance de la côte. L'île pourrait faire partie de l'archipel de San Juan, entre l'île de Vancouver et l'État de Washington — ou être une de celles du golfe du Maine, le long des côtes des états de Massachusetts et du Maine. Elle correspond au phantasme de l'île idéale : elle a 2 pics montagneux en pain de sucre et des côtes découpées, des forêts de conifères et un port de pêche, un phare isolé tout au bout d'un promontoire et un front de mer (strand) où les estivants se promènaient entre les boutiques de souvenirs, les étalages de sucreries ("Salt Water Taffee", "Toffee à l'eau de mer") et les manèges. Mais la récession a transformé la petite station balnéaire en ville fantôme, les plages sont squattées par des clochards (bums) , et les bateaux de pêche autrefois fringants s'appellent "Wasted Bait" ("Appâts inutiles") et "Empty Net" ("Filet vide").
  • Responsabilité des politiques et machisme simpliste. Homer le républicain affirme que c'est certainement le président démocrate Bill Clinton qui est responsable de la déchéance de l'île, mais un patron-pêcheur lui apprend que Clinton n'y est pour rien : c'est que le poisson a disparu. Lisa l'écologiste lance alors au pêcheur une série de questions agressives sur les causes de la disparition du poisson, mais le pêcheur les élude, et finit par lui clore le bec avec un : "Toi, tu ferais mieux d'épouser Milhouse !".
  • Le Musée de Barnacle Bay : y sont exposés une orque empaillée, Bob l'éponge, et une vitrine montrant les conséquences (sous 3 ans) du réchauffement climatique (global warming) : le niveau de la mer montera jusqu'au sommet des gratte-ciels de Manhattan. C'est pour échapper aux visites de musées et aux leçons de peinture sur carapace de crabe que Bart s'embarque clandestinement sur le même bateau de pêche que Homer...
  • Techniques de pêche : les pêcheurs du "Pélican Pourri" utilisent des palangres, alors que les Japonais utilisent le chalut, une méthode bien plus dévastatrice. Le "yum-yum fish" ("poisson miam-miam") qui faisait la fortune de l'île ressemble plutôt à un gadidé, mais Marge assure à Bart (qui s'en lèche les babines à l'avance) "qu'il est bien meilleur que la morue". Cependant la technique de mise à mort du poisson par matraquage est plutôt utilisée pour achever les thons dans les madragues ; la corvée est d'ailleurs confiée à Homer, qui finit par s'en acquitter avec plaisir, au ralenti, et sur l'air langoureux de At Last chanté par Etta James... Homer, nommé cuisinier du bateau de pêche, "fait une simpsonnerie" (fait une bêtise qui aura une conséquence heureuse) : il sert à table les vers destinés aux appâts, et prépare comme amorce des hameçons frits après avoir été couverts de beer-batter (pâte à beignets à la bière) ; et les poissons "yum-yum" se jettent sur ces appâts nouveaux pour eux, la pêche est excellente...
  • Une vague scélérate droit devant...
    Le naufrage du bateau "Le Pélican pourri" coulé par une vague scélérate (rogue wave) après une pêche miraculeuse est directement inspiré du filmEn pleine tempête de Wolfgang Petersen (2000). Le séjour de Homer dans les profondeurs (après une bizarre invocation aux déités païennes de la Mer) rappelle le conte d'Hans Christian Andersen, La Petite Sirène. Sur le plan pratique, il est plausible qu'un petit chalutier ramène dans son filet un ou des naufragés semi-comateux (le héros d'un des romans de Jean Merrien est ainsi sauvé in extremis) mais il est fortement improbable qu'un grand chalutier de pêche industrielle ramène des naufragés vivants.
  • Xénophobie ? :
- Les Japonais sont présentés comme des exploiteurs abusifs des mers, et le bateau japonais s'appelle d'ailleurs "Iruka Koroshi Maru" ("Tueur de dauphins")
- Les Brésiliens sont attaqués 2 fois. Alors que les Simpson approchent de l'île en ferry, ils pensent être accueillis par les senteurs iodées et balsamiques venant de l'île mais ils sont agressés par la puanteur d'un port en décomposition, et les enfants Simpson affirment que l'odeur est à peine moins abominable qu'au Brésil. Par ailleurs Fausto, un des marins du bateau de pêche, est brésilien; il joue sans cesse avec son couteau, et il s'enfuit au lieu de participer aux réjouissances célébrant le retour des naufragés : un vigile en uniforme, portant le badge de l'INS ("The International Relations and Security Network") le poursuit.
  • Allusions égrillardes :
- Film porno : au fond d'une rue désolée du port, le cinéma XXX de Barnacle Bay projette "Meet me in some floozy" ("RV dans quelque prostituée").
- Mœurs des marins. Les locaux infligent à Homer (qui a incendié la localité en offrant un feu d'artifice à Marge) une peine dérivée de l'estrapade : il est pendu la tête en bas à une potence (comme le grand requin blanc de Les dents de la mer), un énorme hameçon lui pénêtre jusqu'au cerveau et il dévide des mots sans suite... Un vieux loup de mer grimaçant vient se moquer de lui et lui dit être "bizarre". Homer réplique pâteusement : "bizarre étrange ou bizarre homo ?". Et le vieux marin (avec les mêmes mimiques que son collègue le capitaine Horatio) lui répond : "oh, un peu des deux !" en lui adressant clins d'œil appuyés et baisers. En anglais, il s'agit également d'un jeu de mot sur le mot queer, qui à la base voulait dire "étrange" mais qui au fil des années a pris une connotation homosexuelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]