Les Annales patriotiques et littéraires

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Mercier
Carra

Les Annales patriotiques et littéraires de la France, et affaires politiques de l'Europe : journal libre par une Société des Écrivains Patriotes est un journal de la Révolution française publié entre le 5 octobre 1789 et 1796.

Il fut fondé par Louis-Sébastien Mercier et le révolutionnaire Jean-Louis Carra. Le journaliste Jean-Baptiste Salleville, le philologue Jean Baptiste Lefebvre de Villebrune et l'essayiste Charles Antoine Guyot-Desherbiers (1745-1828) y apportèrent leur contribution. Diffusé à Paris et en province dans des clubs politiques, le journal garda un ton modéré.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lorsque le journal est fondé en 1789, le principal éditorialiste est Carra. Mercier, célèbre pour son Tableau de Paris (1781), confère au journal le prestige de son nom.

Contenu[modifier | modifier le code]

Si le journal ne cachait pas son engagement révolutionnaire, il consacrait néanmoins une place importante à l'actualité. Il dressait une synthèse des événements à l'Assemblée nationale et à la Commune de Paris, tout en s’intéressant aux nouvelles notables des assemblées provinciales ou municipales.

Il s'intéressait également à la politique étrangère, notamment aux guerres européennes[1].

Dans un registre plus anecdotique et parfois plus léger, le journal consacrait un sottisier aux erreurs relevées dans les pages de ses rivaux et se faisait l'écho d’événements mineurs de la révolution susceptibles d’intéresser la sensibilité des lecteurs. Le 14 juin 1795, par exemple, il publie un bulletin de santé alarmant sur l'état de Marie-Thérèse-Charlotte de France, dernière survivante de la famille royale toujours en prison[2]. Il comportait également une rubrique de critique littéraire qui passait en revue des ouvrages français aussi bien qu'étrangers[3].

Format[modifier | modifier le code]

Le journal se présente sous le format d’une gazette ou « papier nouvelles », in-quarto, imprimé sur deux colonnes[4].

Réception[modifier | modifier le code]

Le journal connut une grande popularité, notamment en province. Il était lu et commenté dans les clubs et les cercles politiques[5]. Cette popularité est attribuée selon les uns à son style délibérément simple, voire « vulgaire »[5], et selon les autres au fait qu'il ne se contentait pas de publier des essais sur la révolution, mais qu’il faisait l’effort de tenir ses lecteurs au fait des événements[4]. Madame Roland attribuait le succès du journal à « un certain ton prophétique, toujours imposant pour le vulgaire[6]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Hatin, Histoire politique et littéraire de la presse en France: avec une introduction historique sur les origines du journal et la bibliographie générale de journaux depuis leur origine, Poulet-Malassis et De Broise, , pp. 365 sq.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hatin p. 367
  2. Hélène Becquet, « La fille de Louis XVI et l’opinion en 1795 : sensibilité et politique », Annales historiques de la Révolution française, no 341,‎ (lire en ligne)
  3. Hatin, p. 368
  4. a et b Hatin, p. 366
  5. a et b Histoire de la révolution française par deux amis de la liberté, Paris, Garnery, 1792-1803, tome 8 p. 140
  6. Mme Roland, Mémoires, citées par Hatin, p. 368