Les Amitiés particulières (film)

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Les Amitiés particulières

Réalisation Jean Delannoy
Scénario Jean Aurenche
Acteurs principaux
Sociétés de production Lux Compagnie Cinématographique de France
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Film dramatique
Durée 100 minutes
Sortie 1964

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Amitiés particulières est un film français réalisé par Jean Delannoy en 1964, d'après le roman de Roger Peyrefitte.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Georges, un bel et ambitieux jeune homme de 14 ans, entre dans l’internat catholique Saint-Claude, régi d’une main de fer par les bons pères. Il devine, avec étonnement, l’existence de relations homosexuelles entre certains condisciples du même âge ; mais lui-même fait la connaissance d’Alexandre, un bel et charmant élève des petites classes âgé de 12 ans et il en tombe amoureux.

Malgré leur discrétion, leur relation est découverte d'abord par le père de Trennes, que Georges réussit à faire renvoyer en dévoilant que lui-même invite des garçons à boire et à fumer dans sa chambre la nuit. Cependant, au troisième trimestre, le père Lauzon découvre le pot-aux-roses, et force Georges à rendre à Alexandre toutes les lettres d'amour qu'il a reçues de lui. Alexandre refuse cependant de remettre au père Lauzon les lettres d'amour de Georges et, dans le train qui le ramène chez lui, les déchire et les jette par la fenêtre, avant de se jeter lui-même du train en marche.

Georges regrette alors encore plus d'avoir rendu ces lettres, d'autant qu'il a essayé de faire savoir à Alexandre dans une nouvelle lettre qu'il n'avait agi que sous la contrainte. Avant l'enterrement, le père Lauzon, qui l'a obligé à rendre les lettres, lui rend visite et nie maintenant que la mort d'Alexandre ait quoi que ce soit à voir avec la fin forcée de leur relation. Georges lui remet la lettre qu'il avait écrite, lui dévoilant ses projets de revoir Alexandre pendant l'été.

Le metteur en scène Delannoy présente l'adaptation cinématographique du roman par les mots suivants :

« Ce film se déroule dans une époque déjà lointaine. L'histoire qu'il raconte ne serait plus tout à fait la même aujourd'hui. La discipline n'est plus aussi sévère dans les collèges, et les méthodes éducatives ont beaucoup changé. Mais ce qui ne changera jamais, ce qui reste éternel, ce sont les émotions que l'on éprouve au seuil de l'adolescence[1]. »

Delannoy laisse ouverte la question de savoir jusqu'où allaient les sentiments de Georges et d'Alexandre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le film est tourné à l'abbaye de Royaumont, dans la cathédrale de Senlis, et dans les studios de Saint-Maurice ; le tournage dure seulement six semaines[réf. souhaitée].

Comme il le raconte lui-même, c’est parmi les figurants de ce film que Roger Peyrefitte rencontre Alain-Philippe Malagnac, alors âgé de 12 ans et demi. Il entretiendra une longue relation avec lui et cela sera le sujet de plusieurs livres qu’il écrira par la suite[2].

L'article que François Mauriac, scandalisé, consacre dans le Figaro littéraire au tournage du film, lui vaut une réplique cinglante, restée célèbre, de Roger Peyrefitte, datée du , révélant à la France entière l’homosexualité plus ou moins refoulée de l’auteur du Nœud de vipères. Il s'agit de : « Lettre ouverte à Monsieur François Mauriac, membre de l'Académie française, prix Nobel » publiée dans la revue Arts (n° du ) et reprise par les Éditions Dynamo de Liège.

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film représente la France à la Mostra de Venise 1965. Malgré les précautions prises dans le scénario et l'accord de la commission de pré-censure du cinéma français, l’œuvre est interdite aux moins de 18 ans, lors de sa sortie, sous la pression de l’Office catholique du film. Cette interdiction sera levée par la suite[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le , le film sert d'introduction à un débat de l'émission Les Dossiers de l'écran de la chaîne Antenne 2 sur le thème « Des amitiés particulières aux amours interdits ». C'est une des premières fois que ce sujet est présenté à une heure de grande écoute à la télévision française[réf. souhaitée].

Le film est l'une des sources d'inspiration de Moto Hagio pour son manga Le Cœur de Thomas paru en 1974 au Japon[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avertissement au début du générique de départ
  2. Notre amour - Roger Peyrefitte, Flammarion 1967
  3. Jean Delannoy, Aux yeux du souvenir - Paris : Les Belles Lettres, 1988
  4. Moto Hagio Anthologie - De l'humain, Glénat Manga, (ISBN 9782331049040), p. 122

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Revue de presse[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Agel, « Les amitiés particulières ou la double imposture », Études,‎ , p. 556-565 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]