Leonid Desyatnikov

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Leonid Desyatnikov
Leonid Desyatnikov 2009.jpg
Biographie
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Pensionnat musical de Kharkiv (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Artiste honoré de la fédération de Russie (d)
Masque d'or
Nika
Prix d'État de la Fédération de Russie ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Leonid Arkadievitch Desyatnikov ou Dessiatnikov (en russe, Леони́д Арка́дьевич Деся́тников) est un compositeur russe né le à Kharkiv. Il s'est d'abord fait connaître par plusieurs musiques de film et a ensuite acquis une plus grande renommée quand la première de son opéra controversé Les Enfants de Rosenthal a eu lieu au théâtre Bolchoï à Moscou.

Vie et carrière[modifier | modifier le code]

Leonid Desyatnikov est né en 1955 à Kharkiv, en Ukraine. Il est diplömé du Conservatoire de Leningrad, où il a étudié la composition et l'instrumentation. Il a a écrit quatre opéras, plusieurs cantates et de nombreuses compositions vocales et instrumentales. Ses principales compositions comprennent : Les Enfants de Rosenthal, opéra en deux actes composé sur un livret de Vladimir Sorokine à la demande du théâtre Bolchoï ; Pauvre Lisa, opéra en un acte composé sur un livret du compositeur inspiré du roman de Nikolaï Karamzine ; дар (cadeau, habileté, don, talent, présent), cantate inspirée des vers de Gavrila Derjavine ; The Leaden Echo (L'Écho de plomb), œuvre pour voix et instruments inspirée du poème de Gerard Manley Hopkins ; Le rite de l'hiver de 1949, symphonie pour chœur, solistes et orchestre.

Desyatnikov collabore avec Gidon Kremer depuis 1996 comme compositeur (Wie der Alte Leiermann…, la version de Scènes de crépuscule pour orchestre de chambre, Saisons russes) et il a arrangé les œuvres d'Astor Piazzolla, dont l'opéra tango Maria de Buenos Aires et Les Quatre Saisons de Buenos Aires. Desyatnikov a écrit les trames sonores des films Le Coucher du soleil (1990), Perdu en Sibérie (1991), Faucille et Marteau (1994), Katia Ismaïlova (1994), La Folie de Gisèle (1995), Le Prisonnier du Caucase (1996), Celui qui est plus tendre (1996), Moscou (2000), Le Journal de sa femme (2000), Un nouveau Russe (2003) et La Cible (2010)[1].

En septembre 2009, il est nommé directeur musical du Bolchoï aux termes d'un contrat s'étendant jusqu'au 31 décembre 2011, mais le chef d'orchestre Vassili Sinaïski est nommé pour le remplacer le 2 août 2010[2].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Desyatnikov à la cérémonie Masque d'or en 2012

Desyatnikov a obtenu le prix Golden Ram de la Russian Guild of Film Critics et le Grand Prix du quatrième festival international de la musique de film à Bonn pour la trame sonore de Moscow, ainsi que le prix spécial du festival de film Fenêtre sur l'Europe à Vyborg. En 2003, Desyatnikov s'est vu décerner le prix d'État de Russie. Il est récompensé par un Masque d'or en 2012.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Desyatnikov est l'auteur de quatre opéras, de la symphonie Le Rite de l'hiver de 1949, de cycles vocaux sur les poèmes de Rilke et des poètes de l'Oberiou, ainsi que de plusieurs transcriptions instrumentales de thèmes d'Ástor Piazzolla. Le style de sa musique est défini par le compositeur lui-même comme « une émancipation de la consonance, une transformation de la banalité et du « minimalisme » à face humaine ». Son genre favori est la « bagatelle tragiquement leste ».

Opéras[modifier | modifier le code]

  • Pauvre Lisa (Бедная Лиза), opéra de chambre en un acte sur un livret du compositeur inspiré de Nikolaï Karamzine (1976, 1980)
  • Personne ne veut chanter, ou Bravo ! bravissimo ! pionnier Anissimov (Никто не хочет петь, или Браво-брависсимо, пионер Анисимов), opéra comique en deux actes pour enfants, sur un livret de B. Chabane (1982)
  • Vitamine de croissance (Витамин роста), opéra classique en un acte pour enfants, pour solistes et piano, d'après le poème d'Oleg Grigoriev (1985)
  • Les Enfants de Rosenthal (Дети Розенталя), opéra en deux actes sur un livret de Vladimir Sorokine. Commandé par le théâtre Bolchoï, cet opéra a eu sa première le .

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Variations on the Obtaining of a Dwelling pour violoncelle et piano.
  • Wie Der Alte Leiermann… pour violon et piano
  • Du côté de chez Swan pour deux pianos
  • Scènes de crépuscule, quintette pour flûte, clarinette, violon, contrebasse et piano
  • Return pour hautbois, clarinette, deux violons, alto, violoncelle et ruban

Autres genres[modifier | modifier le code]

Musique pour orchestre symphonique[modifier | modifier le code]

  • Le Rite de l'hiver de 1949, symphonie pour chœur, solistes et orchestre
  • Scènes de crépuscule pour orchestre

Ballet[modifier | modifier le code]

  • Les Illusions perdues, chorégraphié par Mikhaïl Ratmanski, inspiré du roman éponyme d'Honoré de Balzac

Musique de film[modifier | modifier le code]

Réception des Enfants de Rosenthal[modifier | modifier le code]

Vingt et un jours avant la première, un député de la Douma a fait voter une résolution pour que la commission de la culture « vérifie » la moralité de l'opéra ; trois ans plus tôt, le mouvement de jeunesse « Ceux qui vont ensemble » (pro-Poutine) avait effectivement porté plainte contre Vladimir Sorokine pour pornographie et brûlé ses livres[3].

Réception des Illusions perdues[modifier | modifier le code]

Selon Le Monde, cette relecture néoclassique, par Ratmanski, de l'adaptation de 1935 de l'œuvre d'Honoré de Balzac par Vladimir Dmitriev, souffrait d'une saturation résultant « d'un trop-plein de gestes, de manières, de couleurs, de sons, de rythmes qui s'entrechoquent à qui mieux mieux », et l'ensemble du ballet finissait « par se teinter d'une patine parodique »[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Leonid Desyatnikov - composer and artistic director of the Bolshoi Theatre », sur Composition: Today (consulté le 29 août 2010).
  2. « Un nouveau directeur musical pour le théâtre Bolchoï de Moscou », sur TéléObs, (consulté le 9 janvier 2014).
  3. Madeleine Vatel, « L'Opéra Bolchoï de Moscou dénonce le retour de la censure », sur Le Monde, .
  4. Rosita Bosseau, « Des « Illusions perdues » par un Ballet du Bolchoï dans l'excès », sur Le Monde, .

Liens externes[modifier | modifier le code]