Lec'h

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Lec'h christianisé devant la chapelle Notre-Dame-du-Loc à Saint-Avé

Un lec'h (ou lech) est un mégalithe gaulois de forme hémisphérique ou oblongue. On en trouve notamment en Bretagne, dans le Massif central et le Maine. Il s'en trouve aussi en Angleterre, au Pays de Galles[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Lec'h est un mot breton, qui signifie notamment « pierre plate ». Il est à rapprocher du mot « cromlech ». On trouve ce nom de lec'h dans les vieilles poésies galloises pour désigner un lieu funéraire.

Description[modifier | modifier le code]

Les lec'hs sont des pierres taillées, prenant l'une des deux formes suivantes : borne semi-sphérique ou stèle oblongue.

Pierres levées[modifier | modifier le code]

Les pierres levées, ou lec'hs hauts, se présentent comme des stèles soigneusement taillées, très élancées, parfois avec des pans coupés, au minimum de 80 centimètres ou 1 mètre, et qui ne dépassent pas deux à trois mètres de hauteur[2]. Elles ne doivent pas être confondues avec les menhirs préceltiques, de taille beaucoup plus importante (jusqu'à 10 mètres de hauteur).

Certains comportent des croix gravées et des ecritures datant des IXe et Xe siècles. D'autres sont antérieurs à l’an 800, car ce type de monument qui existait dès le Ve siècle dans l'île de Bretagne aurait pu etre introduit lors de l'Émigration bretonne en Armorique.[réf. nécessaire]

Bornes semi-sphériques[modifier | modifier le code]

Ces lec'hs trapus ne mesurent pas plus d'un mètre de hauteur[2].

Signification[modifier | modifier le code]

À l'époque gauloise, les lec'hs ont probablement joué un rôle funéraire, peut-être pour indiquer la présence d'une tombe ou d'une nécropole.

Lec'h christianisé dans la commune de Trégunc, en Bretagne.

De nombreux lec'hs ont été modifiés et réemployés suite à l'entreprise de christianisation menée par Charlemagne. Dans son Admonitio generalis de 789 renouvelé dans l'article 41 du capitulaire des missi dominici mis au point vers l'an 800, l'empereur ordonne la destruction des pierres païennes que vénèrent les populations[3]. Pour ne pas trop les mécontenter, il est accepté que de nombreux mégalithes soient christianisés par l'adjonction d'une croix, de divers motifs illustrant la nouvelle religion ou transformés en bénitier[4], borne milliaire, socle de croix de pierre ou de fer. Ils sont le plus souvent situés à proximité des églises et des chapelles[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Lec'hs bretons et leurs similaires au Maine
  2. a et b Jacques Baudoin, Croix du Massif central, Éd. Créer, 2000
  3. Jean Markale, Dolmens et menhirs : la civilisation mégalithique, Éditions Payot & Rivages, , p. 14.
  4. Voir le bénitier de la chapelle Notre-Dame de Cran, à Treffléan
  5. Stèle gauloise de Meucon