Le Gendarme et les Extra-terrestres

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Le Gendarme et les Extra-terrestres
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Défile final des faux gendarmes extra-terrestres.

Réalisation Jean Girault
Scénario Jacques Vilfrid
Acteurs principaux
Sociétés de production Société Nouvelle de Cinématographie
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Science-fiction
Durée 87 minutes
Sortie 1979

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Gendarme et les Extra-terrestres est un film français réalisé par Jean Girault, sorti en 1979.

Comédie mêlée de science-fiction, ce cinquième et avant-dernier film voit la brigade de gendarmerie de Saint-Tropez, apparue dans Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), Le Gendarme à New York (1965), Le gendarme se marie (1968) et Le Gendarme en balade (1970), être confrontée à des extraterrestres.

Deux acteurs, Jean Lefebvre et Christian Marin, n'ont pas souhaité jouer dans cette quatrième suite et sont donc remplacés par Maurice Risch et Jean-Pierre Rambal, qui interprètent des personnages équivalents. Aussi, Claude Gensac étant indisponible, Maria Mauban la remplace dans le rôle de Josépha Cruchot, épouse de Ludovic.

Après neuf ans d'absence sur les écrans, la série du Gendarme réalise un nouveau succès avec ce cinquième épisode, qui finit en première place du box-office de l'année 1979 et resta pendant près de trente ans le film français ayant eu le plus d'entrées en Allemagne, avant d'être détrôné par Intouchables en 2012. C'est le dernier film de Louis de Funès à se hisser en tête du box-office.

Un sixième épisode dans lequel les extraterrestres prenaient leur revanche était envisagé mais, avec l'arrivée des premières femmes dans la gendarmerie nationale, les scénaristes imaginent finalement de mettre des femmes dans la brigade de Saint-Tropez, ce qui donnera Le Gendarme et les Gendarmettes, dernier film de la série.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La Citroën Méhari des gendarmes de Saint-Tropez, exposée lors de l'édition 2016 du Mondial de l'automobile de Paris.

Alors qu'ils sont en patrouille dans l'arrière pays Tropézien, Cruchot et un nouveau nommé Beaupied tombent en panne .S'étant éloigné de la route, Beaupied apercoit une soucoupe volante posée dans une clairière, mais personne ne le prend au sérieux. la presse saisit l'information et envahit la cité balnéaire . Cruchot et Gerber repartent sur le même chemin, l'incident de la panne se produit à nouveau et cette fois Cruchot voit la soucoupe à son tour . En outre le soir venu un extraterrestre entre en contact avec lui pour énoncer leurs intentions prétendument pacifiques.A cette occasion, Cruchot découvre que les extraterrestres "sonnent creux" et qu'ils boivent de l'huile.

Cruchot moleste Gerber et le colonel en les prenant pour des extraterrestres et est mis aux arrêts. Il s'échappe et se réfugie dans le couvent de la mère supérieure Marie Clotilde où , déguisé en bonne soeur il sème la zizanie .Il s'enfuit à nouveau et décide de traquer les extraterrestres afin de rechercher une preuve de leur existence à présenter à ses supérieurs. Au cours de ses recherches, Cruchot se rend compte que les extraterrestres prennent l'apparence des gendarmes mais aussi des touristes afin de s'infiltrer parmi la population , mais cette traque et les quiproquos qu'elle induit lui attirent les foudres de Josépha.

Les extraterrestres tentent de s'emparer de lui en utilisant un double de cette dernière .Mais grâce à l'intervention de Tricard et Berlicot, Cruchot leur échappe et doit rentrer à la gendarmerie. Il tente de se justifier auprès de sa véritable femme ainsi que de Gerber mais ils ne veulent rien entendre .Gerber sera finalement convaincu de l'existence des extraterrestres, lorsque l'un d'eux ayant été aspergé d'eau accidentellement, s'effondre sur le sol, totalement rouillé, sous les yeux de l'adjudant.

La brigade a donc découvert la faiblesse des extraterrestres : ils rouillent au contact de l'eau. Les gendarmes leur tendent un piège avec une fausse soucoupe comme appât mais ils doivent faire alors face à leurs doubles et les mettent en fuite... Mais, lors de la parade finale, les gendarmes « rouillés » tombent au sol comme des machines hors-service : c'étaient les extraterrestres. Les vrais gendarmes apparaissent dans la soucoupe qui finit par tomber en mer, heureusement sans dommage pour ses occupants. Le couple Cruchot-Josépha se réconcilie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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  • Titre : Le Gendarme et les Extra-terrestres
  • Titres en anglais : The Gendarme and the Creatures from Outer Space (Royaume-Uni)The Troops & AliensThe Gendarme and the Extra-terrestrials
Les acteurs durant une pause lors du tournage du défilé final, sur le port de Saint-Tropez, en 1978.

Distribution[modifier | modifier le code]

Louis de Funès pendant le tournage du film. On aperçoit Jean Girault de dos à droite.

Production et réalisation[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le Gendarme en balade est un succès au box-office à sa sortie en 1970, tout comme les précédents films du Gendarme de Saint-Tropez, qui ont propulsé l'acteur Louis de Funès au sommet de la gloire et au rang de champion du box-office. Un cinquième film intitulé Le Gendarme à l'exercice, d'après un scénario de Richard Balducci, est prévu pour 1975 mais ne voit jamais le jour en raison des deux infarctus dont est victime Louis de Funès en mars et avril 1975. Ces ennuis de santé le contraignent de s'éloigner des plateaux, alors que son dernier film Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) était un triomphe artistique et commercial. Il ne ré-apparaît au cinéma qu'en 1976 dans L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, où le public découvre son amaigrissement, son vieillissement et son état diminué, dues à un régime alimentaire drastique. Le public plébiscite néanmoins son retour, entraînant de très bons résultats au box-office. L'année suivante, il joue dans La Zizanie du même réalisateur, dont le succès est moindre.

En septembre 1977, Louis de Funès fait part au producteur Gérard Beytout de la Société Nouvelle de Cinématographie de sa volonté d'un nouveau film sur le gendarme de Saint-Tropez : « Mon cher Gérard, ce ne serait pas une idée folle que ça de tourner un Gendarme, mais il nous faudrait un scénario »[b 1]. Le mois suivant, il demande au scénariste Jacques Vilfrid de de se lancer dans l'écriture du projet[b 1]. À l'époque, aucun Gendarme n'avait été tourné depuis plus de sept ans, après quatre films assez rapprochés, et la série semblait donc être définitivement terminée. L'acteur demeure pourtant très attaché à son personnage de Ludovic Cruchot et à la série et sait que le public l'est tout autant[b 1], les rediffusions télévisées des films étant à chaque fois des succès d'audience.

Maquette du vaisseau utilisée pour le tournage de Rencontres du troisième type, exposée au National Air and Space Museum.

À la fin des années 1970, la science-fiction est à la mode au cinéma notamment avec le succès de La Guerre des étoiles, premier volet de la saga Star Wars, en 1977[2]. Le thème des extraterrestres envahit les écrans, avec par exemple Le Chat qui vient de l'espace, L'Homme qui venait d'ailleurs et à la télévision, avec la série Les Envahisseurs[b 2]. Louis de Funès, impressionné par les trucages et autres effets spéciaux du film Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, décide donc que le prochain film du Gendarme aura pour intrigue une rencontre entre des extraterrestres et la brigade de gendarmerie de Saint-Tropez[b 2].

Pour les effets spéciaux du film, Louis de Funès rêve d'une soucoupe volante aussi spectaculaire et terrifiante que celle de Rencontres du troisième type[b 2]. Sa construction est confiée à la firme Matra[b 2], spécialisée notamment dans l'aéronautique, l'aérospatiale et l'automobile, qui a accepté le défi par amusement[3]. Un « expert » en OVNI, affilié au GEIPAN et prétendant en avoir déjà observé, supervise la construction, pour que l'aéronef respecte les « normes » des soucoupes volantes et corresponde aux témoignages[4],[3].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Christian Marin, l'interprète du gendarme Merlot, ne participe pas à ce cinquième film, d'une part parce qu'il est sollicité par Jean Anouilh pour créer La Culotte au théâtre de l'Atelier mais aussi parce qu'il pense « avoir fait le tour » du sujet et qu'« avec un cinquième ou un sixième, cela tournerait en rond ! »[5],[b 3]. Son personnage est remplacé par un équivalent, grand, mince et tout aussi dégingandé, le gendarme Taupin, joué par Jean-Pierre Rambal[6]. Apparu dans le film précédent de Jean Girault, L'Horoscope (1978), Jean-Pierre Rambal avait été repéré par Louis de Funès lors d'un passage à l'émission Aujourd'hui Madame, dans un numéro consacré à la timidité, où il l'avait trouvé « formidable »[6]. Rambal ne retrouve pas son rôle dans le film suivant, étant trop occupé au théâtre, et se voit donc à son tour remplacé par un personnage similaire, joué par Patrick Préjean.

Bien qu'ayant interprété le gendarme Fougasse dans les quatre opus précédents, Jean Lefebvre n'apparaît pas non plus, la production ne l'ayant pas contacté pour ce nouveau film[b 4]. La presse ne manque pas de souligner cette absence, ayant déjà mis en avant les tensions régnant entre Lefebvre, Jean Girault et Louis de Funès à l'époque du Gendarme à New York et du Gendarme se marie[b 4]. Le réalisateur explique clairement que Louis de Funès ne veut pas travailler avec des gens qui pourraient mettre une mauvaise ambiance sur le tournage[b 4]. Le personnage est donc remplacé par un équivalent, un nouveau faire-valoir comique, le gendarme Beaupied, incarné par Maurice Risch[b 4]. Louis de Funès a choisi Risch après l'avoir cotoyé dans Le Grand Restaurant, Les Grandes Vacances et, plus récemment, dans La Zizanie[b 4],[b 3]. Maurice Risch reprend le rôle dans le film suivant.

Claude Gensac est censée revenir dans le rôle de Josépha Cruchot, épouse de Ludovic, après l'avoir interprété dans Le gendarme se marie et Le Gendarme en balade[b 2]. Son plan de tournage est regroupé sur seulement trois semaines de tournage, pour lui permettre de répéter la pièce La Maison des cœurs brisés de George Bernard Shaw, au Théâtre de la Ville, sous la direction de Jean Mercure[b 2]. Finalement, à peine quelques jours avant le début du tournage, le metteur en scène lui refuse l'autorisation de s'absenter[b 2]. Claude Gensac est donc remplacée à la hâte par Maria Mauban, pour qui le rôle est « retaillé et réduit »[b 3], son absence durant une grande partie du film étant justifiée par des vacances en Bretagne. La comédienne — dont ce sera la dernière apparition au cinéma — avait connu Louis de Funès sur le tournage de Pas de week-end pour notre amour en 1950[b 4],[b 3]. Josépha Cruchot est de nouveau incarnée par Claude Gensac dans le film suivant Le Gendarme et les Gendarmettes.

Jacques François a remplacé Yves Vincent dans le rôle du colonel.

À noter, les apparitions d'Henri Génès (le patron du restaurant Le Cabanon), Pierre Repp (le garagiste) et Lambert Wilson (l'extraterrestre qui parle avec Beaupied), qui faisait ses premiers pas de comédien.

Serge Brasseur, un local d'imposante carrure, est embauché dans un petit rôle, dans lequel Cruchot lui tape dans le dos[1].

Tournage[modifier | modifier le code]

Bras en silicone utilisé dans la scène où Gerber voit un homme se décomposer.

Le tournage débute le , à Saint-Tropez, pour douze semaines[b 2]. Il se déroule à Saint-Tropez et Gassin dans le Var[7].

Deux « soucoupes volantes » furent nécessaires pour le tournage ; l'une en « grandeur nature », l'autre d'environ 1,20 m de diamètre, uniquement pour la prise de sa chute dans le port de Saint-Tropez. Elles furent construites, ainsi que le décor intérieur de la gendarmerie, par les machinistes constructeurs en décors de la Société française de production (SFP) aux Buttes-Chaumont.

La voiture de sport de Josépha Cruchot est une Oldsmobile Delta 88 (en) de 1970[8].

Le lundi , l'équipe tourne une scène de cascade avec la Oldsmobile décapotable bleu métallisé sur la place Auguste-Blanqui, devant la gendarmerie[b 5]. Dans la scène, Josépha Cruchot (incarné par la doublure de Maria Mauban une cascadeuse de trente ans), au volant d'une rutilante Oldsmobile décapotable, doit passer devant les caméras en cédant le passage à une Renault 16 lors de son arrivée sur la place Blanqui[b 5]. Le tournage a lieu vers 10 h, la circulation est coupée et un service d'ordre a été mis en place[b 5]. La cascadeuse circule normalement jusqu'à la place Blanqui « puis, pour une raison indéterminée, négocie mal une courbe à une cinquantaine du supermarché[b 5] ». Malgré ses douze ans d'expérience, la cascadeuse « vient frapper le trottoir avant d'effectuer une grande embardée de percuter violemment la R16 qu'elle aurait dû laissé passer[b 5] ». Le véhicule ne ralentit pas et s'emballe, finissant par rentrer dans un pilier situé à l'entrée du supermarché Prisunic faisant face à la gendarmerie[b 5]. Une dizaine de passants est fauché par la voiture[b 5]. Les pompiers, dont la caserne est proche, interviennent rapidement et quatre ambulances prennent en charge les victimes (dont la cascadeuse), pour les diriger sur l'hôpital de Saint-Tropez ou la clinique L'Oasis, à Gassin[b 5]. Une passante de 82 ans, Madeleine Montfollet, meurt à la suite de ses blessures. François Bernard, gendarme de 70 ans à la retraite de est amputé des deux jambes[b 5]. Dans le journal de 20 heures de TF1 du 14 octobre, le présentateur Jean-Claude Bourret annonce un bilan de deux morts et sept blessés[7].

Le véhicule endommagé est garé dans une carrosserie, route de Tahiti[b 5]. Le magistrat du parquet de Draguignan, chargé de l'enquête, demande à ce qu'aucune pièce de la voiture ne sorte du garage, pour ne pas fausser l'expertise du véhicule[b 5]. La production du film désire toutefois récupérer le pare-brise de la voiture pour tourner des plans raccords, ayant déja utilisé le même modèle lors de scènes précédentes[b 5]. Pour Louis de Funès, l'accident est dû à un défaut mécanique et non à une erreur de pilotage de la part de la cascadeuse[b 5].

Malgré le drame, le tournage se poursuit, sous la pression de la production qui ne veut aucun retard, mais dans une ambiance plombée[b 5]. Les prises de vues continuent à Gassin. Les scènes prévues à Saint-Tropez sont suspendues et le tournage se déplace à Port Grimaud[b 5].

Post-production[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Pour donner un côté « extra-terrestre » à la musique du film, Raymond Lefèvre utilise pour la première fois de sa carrière des synthétiseurs, instrument encore assez récent à l'époque, qu'il mêle à de la musique traditionnelle, notamment à des cuivres. Il se servira aussi du même « mélange » synthétiseurs-musique traditionnelle lorsqu'il créera la musique de La Soupe aux choux, le film ayant un thème proche du Gendarmes et les Extra-terrestres.

Jean Girault réutilisera 2 ans plus tard le morceau Parade à Saint-Tropez comme musique de fond de la fête foraine dans La Soupe aux choux.

L'album Bande-originale du film Le gendarme et extra-terrestres sort en 2010, soit 32 ans après la sortie du film et 2 ans après la mort de Raymond Lefèvre.

No Titre Durée
1. Générique 1:51
2. Rencontre du quatrième type 1:23
3. Le gendarme bucolique 0:59
4. Amplitude sidérale 1:30
5. Ludovic et Josépha 1:22
6. Lance à incendie 0:40
7. La brigade se dédouble 2:29
8. Parade à Saint-Tropez 1:52
12 min.

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Pour le lancement du film, le producteur Gérard Beytout, de la Société Nouvelle de Cinématographie, s'inspire des pratiques promotionnelles d'envergure de Christian Fechner, producteur de L'Aile ou la Cuisse[b 6]. La soucoupe volante est installée sur les Champs-Élysées quelques jours avant la sortie du film, le [b 6]. 350 bandes-annonces sont diffusées dans les cinémas de toute la France[b 6].

Le producteur diffuse 180 copies du film à travers le pays[b 6]. À cette époque, les films à gros budget commencent à sortir en même temps sur tout le territoire, notamment grâce à la généralisation des complexes[b 6]. Jusqu'alors, les films n'était d'abord projetés qu'à Paris (en « exclusivité ») puis dans le reste de la France plusieurs semaines après[b 6]

Le , Louis de Funès participe — en uniforme de gendarme — à l'émission allemande Am laufenden Band (de), animée par Rudi Carrell, quelques jours après la sortie du film en République fédérale d'Allemagne[9].

Box-office[modifier | modifier le code]

Avec 6 280 070 entrées, Le Gendarme et les Extra-terrestres finit numéro un du box-office français de l'année 1979[2], tout comme Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, Le gendarme se marie en 1968 et Le Gendarme en balade en 1970. Le film constitue le troisième meilleur succès de « saga », derrière les 7,8 millions d'entrées du Gendarme de Saint-Tropez, Le gendarme se marie et ses 6,8 millions d'entrées mais devant Le Gendarme en balade et ses 4,8 millions d'entrées[2].

C'est le dernier film de Louis de Funès à se hisser en tête du box-office.

Avec 5,6 millions d'entrées en Allemagne, le film fut pendant près de trente ans le film français ayant eu le plus d'entrées dans ce pays, avant d'être dépassé par Intouchables[10], qui réalisa un score de près de 9,2 millions entrées[11],[12].

En comptabilisant les entrées de son exploitation en France, en Allemagne et en Espagne, le film réalise un résultat de 13 millions de spectateurs au box-office[2].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le Gendarme et les Extra-terrestres a été dans l'ensemble mal accueilli par la critique. Soutien indéfectible de Louis de Funès, Robert Chazal complimente naturellement le film dans sa critique pour France-Soir[b 7]. Le reste de la critique est très négatif : pour Le Monde, « on rit automatiquement », L'Humanité qualifie le film de « travail bâclé qu'on ne pardonnerait pas, même à un amateur » et Le Matin de Paris parle d'une « rencontre de troisième ordre »[b 7]. La critique du Figaro résume bien l'avis général de la critique : « À l'évidence, Jean Girault n'a rien d'une dentellière, son humour de marteau-piqueur ravage le vide. Mais dans ce contexte inusité, les rages futiles, la névrose épique de Louis de Funès font merveille »[b 7].

Pour beaucoup, seule la prestation de Louis de Funès « sauve » le film[b 8]. Didier Decoin lui rend hommage à travers sa critique dans VSD : « Une publicité radiophonique nous rappelle que le Grand Canyon du Colorado a sauvé du désastre bon nombre de westerns de série Z. Louis de Funès, c'est le Grand Canyon du Colorado du cinéma français. Il faut le voir, déguisé en religieuse, chanter des cantiques en grégorien ou roucouler sous la lune en compagnie de son épouse de cinéma. C'est irrésistible. Le génie de de Funès (car avec lui, on est au-delà du talent), c'est d'être comique avec profondeur : il est risible mais jamais ridicule, car ce petit bonhomme dégage une humanité chaleureuse et réconfortante »[b 8]. À l'opposé, Jean-Paul Grousset épingle l'acteur sur ses choix de films dans Le Canard enchaîné : « Louis de Funès vaut mieux, dit-on, que ce qu'il tourne. L'excuse a trop servi. Pour jouer de telles conneries depuis si longtemps, il faut vraiment être con »[b 8]. Dans Télérama, Alain Rémond déplore l'interprétation de l'acteur dans le film : « Alors que sa force comique réside dans son côté odieu, méchant, hystérique, il voudrait ici attirer notre sympathie, voire notre pitié. Résultat : il est complètement éteint, inexistant, ce qui laisse le champ libre aux pitreries des autres »[b 8].

Distinction[modifier | modifier le code]

Travail sur un nouvel opus : une vengeance des extra-terrestres ?[modifier | modifier le code]

À la vue du succès de ce retour du Gendarme après 8 ans d'absence sur les écrans, Jean Girault, Jacques Vilfrid et Louis de Funès pensent évidemment à un nouveau film. Ils se lancent d'abord dans des idées reprenant la même veine fantastique de ce 5e opus : ils pensent alors à un retour ou une vengeance des extra-terrestres[Note 2] ou un voyage dans l'espace de la brigade de Saint-Tropez (qu'ils pensent intituler Le Gendarme en orbite[b 9]) ou encore à la disparition de Cruchot dans le Triangle des Bermudes[14],[Note 3] et même un voyage dans le temps des gendarmes qui, après un voyage dans la soucoupe volante des extraterrestres, se retrouvent en 1815 à Waterloo et rencontrent l'empereur Napoléon[b 9]. Finalement, Jean Girault, Jacques Vilfrid et Louis de Funès, en travaillant sur ce Gendarme et la revanche des Extra-terrestres, s'intéressent au roman La Soupe aux choux de René Fallet. Cette idée de 6e opus du Gendarme débouche finalement sur l'adaptation du roman de René Fallet : La Soupe aux choux sort en 1981 avec, dans la distribution, Louis de Funès, Jean Carmet et Jacques Villeret.

Entre temps, les premières femmes entrent dans Gendarmerie nationale française : au lieu d'un retour des extraterrestres, Jean Girault, Jacques Vilfrid et Louis de Funès planchent sur l'arrivée de femmes gendarmes dans la brigade de Saint-Tropez. Le Gendarme et les Gendarmettes sort en 1982, trois ans après Le Gendarme et les Extra-terrestres.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • L'adjudant Gerber, qui, dans les autres épisodes, s'appelle Jérôme, est appelé ici Antoine. Sa femme, appelée Cécilia dans le premier épisode et Gilberte dans le troisième, est appelée ici Simone.
  • Dans la lignée du succès de cette série sort en 1980 le film Sacrés gendarmes.
  • En 2006, dans sa chanson intitulée Le Dîner, Bénabar critique le film en le qualifiant ironiquement de « chef-d'œuvre du 7e art », de « drame très engagé sur la police de Saint-Tropez » et de « satire sociale ».
  • Trois gendarmes, après avoir croisé un trio de belles jeunes femmes (en fait des extraterrestres qui s'étaient métamorphosés), se mettent à déclamer des vers de Charles Baudelaire tirés de l'un de ses plus célèbres poèmes, Les Bijoux.
  • Étaient également envisagés ultérieurement, et essentiellement dans la même veine fantastique : On a perdu le gendarme de Saint-Tropez dans le Triangle des Bermudes (1984), Le gendarme en orbite (ou Le gendarme à Waterloo, avec un voyage dans le temps de la brigade), Les nouveaux gendarmes de Saint-Tropez[b 9] et La revanche des Extraterrestres (ou Le gendarme sur Mars). De même que dans les années 1960 étaient envisagés les films : Le gendarme à Genève[réf. nécessaire], en 1968 Le gendarme à Mexico (ou Le gendarme aux Jeux olympiques, Mexico les accueillant alors)[15] et en 1975 Le gendarme à l'exercice[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'adjudant Gerber se prénomme Jérôme dans Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme à New York, Le gendarme se marie et Le Gendarme en Balade. Mais, étrangement, son prénom est Antoine dans Le Gendarme et les Extra-terrestres et Alphonse dans Le Gendarme et les Gendarmettes.
  2. Un scénario d'un 6e film racontant le retour des extraterrestres a été retrouvé chez le scénariste Jean Halain ... alors qu'il n'a jamais travaillé sur la série du Gendarme (Jean Halain : Un scénario qui n'aura jamais vu le jour).
  3. Plus tard, Richard Balducci dira que On a perdu le gendarme de Saint-Tropez dans le Triangle des Bermudes aurait pu être le 7e opus de la série si Jean Girault puis Louis de Funès n'étaient pas décédés : il serait probablement sorti en 1984, pour les 20 ans de la série.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Franck et Jérôme, « Témoignage de Serge Brasseur », sur www.autourdelouisdefunes.fr, (consulté le 1er avril 2015) :

    « A l'époque du tournage, une annonce est passée dans un journal local, indiquant qu'ils recherchaient un mec « grand, beau, modeste » pour de la figuration et je me suis dit « c'est tout moi ! ». J'habitais à Saint-Tropez avec mes parents, alors j'ai répondu à l'annonce et j'ai été embauché. J'ai tourné sur la plage dans cette scène amusante du Gendarme et les Extra-terrestres où de Funès me tape dans le dos. Je peux vous dire qu'il ne faisait pas semblant. À la fin de la journée, il m'a demandé s'il ne m'avait pas fait trop mal ! (rires). Mais à cette époque je faisais pas mal de sport et c'était supportable, je ne craignais personne. On a tourné quatre ou cinq plans, cela nous a pris une heure et demi de tournage pour une scène qui dure quelques secondes à l'écran. Je suis venu le matin et on a tourné l'après-midi. A chaque prise, de Funès faisait quelque chose de différent. Aujourd'hui, lorsque je revois ce film, ça me fait un petit quelque chose car mon père était gendarme, et cela me rappelle un souvenir agréable avec un acteur sympa. »

  2. a, b, c et d Renaud Soyer, « Le Gendarme et les Extra-terrestres », Box office Louis de Funès, sur Box Office Story, .
  3. a et b (fr) [vidéo] Interview de Louis de Funès par Sélim Sasson à propos du Gendarme et les Extra-terrestres sur YouTube
  4. Henri Jaladieu, « Matra espace », sur Blog d'Henri Jaladieu, (consulté le 19 juillet 2017) :

    « J'avais un autre collègue, un ingénieur un peu plus âgé que moi qui avait un comportement parfois très étrange. Il était très intéressé par les OVNI. Il faisait d'ailleurs partie du GEIPAN, un organisme dépendant du CNES qui avait pour mission de rechercher et d’enquêter sur tous les phénomènes extra-terrestres. Il avait même servi d'expert pour réaliser la maquette de la soucoupe volante utilisée dans le film, Le Gendarme et les Extra-terrestres avec Louis de Funes. »

  5. Franck et Jérôme, « Interview de Christian Marin », sur www.autourdelouisdefunes.fr, (consulté le 11 avril 2014) :

    « J'ai été engagé au théâtre pour une pièce d'Anouilh. Concernant les Gendarmes, j'en avais déjà fait quatre, je me disais qu'avec un cinquième ou un sixième, cela tournerait en rond ! J'avais le sentiment d'avoir fait le tour, j'en suis ravi, les gens adorent ça ! »

    — Christian Marin

  6. a et b Olivier Sinqsous, « Jean-Pierre Rambal (biographie) », sur www.cineartistes.com, (consulté le 12 avril 2015)
  7. a et b « Reportage sur le tournage du film », sur le site de l'Ina
  8. http://www.imcdb.org/vehicle_9132-Oldsmobile-Delta-88-1970.html
  9. (de) [vidéo] Louis de Funès — Am laufenden Band sur YouTube
  10. Léa Giret, « Intouchables, plus gros succès du cinéma français depuis 1979 en Allemagne », sur www.lci.tf1.fr, (consulté le 10 avril 2015)
  11. (de) Insidekino.de Fiche Allemagne All Time "Ziemlich beste Freunde"
  12. Marie Turcan, « Intouchables, film le plus vu en Allemagne en 2012 », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 10 avril 2015) : « En Allemagne, Intouchables est donc le plus gros succès de tous les temps du cinéma français. Il s'agit d'une performance notable, car la dernière œuvre cinématographique à avoir eu ces honneurs était Le Gendarme et les Extraterrestres avec Louis de Funès, (5,6 millions de spectateurs dans les salles). »
  13. (en) Récompenses pour Le Gendarme et les Extra-terrestres sur l’Internet Movie Database
  14. Franck et Jérôme, « Interview de Richard Balducci », sur www.autourdelouisdefunes.fr, (consulté le 26 février 2015) :

    « Nous avions commencé à travailler sur un scénario qui tournait autour de l'histoire du gendarme perdu dans le triangle des Bermudes. Le travail avançait bien mais malheureusement Louis nous a quittés avant que nous ayons pu le concrétiser. »

  15. a et b Filmographie de Louis de Funès : refus / projets

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Raggianti 2007, p. 141.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Dicale 2009, p. 476.
  3. a, b, c et d Loubier 2014, p. 429.
  4. a, b, c, d, e et f Dicale 2009, p. 477.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Raggianti 2007, p. 148–149.
  6. a, b, c, d, e et f Dicale 2009, p. 479.
  7. a, b et c Dicale 2009, p. 480.
  8. a, b, c et d Raggianti 2007, p. 142.
  9. a, b et c Sylvain Raggianti 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Le Gendarme de Saint-Tropez :

  • Sylvain Raggianti, Le Gendarme de Saint-Tropez : Louis de Funès, histoire d'une saga, Paris, Flammarion, , 175 p. (ISBN 2081203278)
  • 50e anniversaire : La saga des gendarmes, un panorama des archives SNC, Groupe M6, .

Ouvrages de membres de l'équipe :

Sur Louis de Funès :

Documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]