Le crime ne paie pas (bande dessinée)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la bande dessinée de Paul Gordeaux. Pour le film du même nom, voir Le crime ne paie pas.

Le crime ne paie pas est une bande dessinée à format vertical, publiée dans le quotidien France-Soir dans les années cinquante à soixante dix qui relate des affaires criminelles qui ont réellement existé. Les textes sont de Paul Gordeaux et les dessins (en noir et blanc) ont été exécutés selon les époques par Jean Ache, Jean Bellus, Henry Blanc, Jean Lenoir, Louis Moles, Jean Effel, Jacques Pecnard, Louis Berings, Sennep, Jacques Grange, Jean Randier, Charles Popineau ou encore Albert Uderzo, et bien d'autres artistes et dessinateurs de grand talent.

Le format vertical[modifier | modifier le code]

La première bande dessinée verticale a fait son apparition le 16 novembre 1949 ; jusqu'à cette date, les journaux n'avaient publié que des comics, des bandes dessinées disposées horizontalement.

Ayant vécu une bonne partie du demi-siècle, Paul Gordeaux proposa à Pierre Lazareff de raconter l'histoire du demi-siècle sous forme de bandes dessinées. Ils décidérent, pour innover, de choisir un format vertical en forme de pellicule cinématographique. Ainsi est née la bande dessinée verticale. Les illustrations sous les ordres de Gordeaux ont été exécutées par un jeune dessinateur alors peu connu : Jean Bellus.

Le crime ne paie pas[modifier | modifier le code]

À la Fresque du demi-siècle succéda Le crime ne paie pas en 1950. Cette bande dessinée, qui durera jusqu'en 1972, relate des affaires criminelles historiques. Les textes étaient écrits au jour le jour par Paul Gordeaux, qui a commandé des dessins à pratiquement tous les dessinateurs de cette époque. Les premiers épisodes seront exécutés par Jean Bellus qui sera suivi par Jean Reschofsky, Albert Uderzo, Jean Ache, Jean-Albert Carlotti, Jacques Grange, Jacques Taillefer, Louis Moles, Jean Randier, Charles Popineau, Jean Effel, Mant, Jacques Pecnard, Étienne Lage, Roger Chancel, Gorce et bien d’autres.

La première bande fut inaugurée par L'Affaire des poisons, puis par Le Courrier de Lyon. Quelques jours plus tard vinrent s'ajouter pour équilibrer la dernière page du journal Les Amours célèbres avec Juliette et Roméo. La préparation de chaque bande s'accompagne de recherches à la Bibliothèque nationale, de longues quêtes sur les quais pour dénicher quelques livres introuvables. Pour les affaires étrangères, les bureaux de France-Soir à Londres, à New York et dans le monde entier sont mis en état d'alerte. Des monceaux de documentation, sur les costumes, les armes, les véhicules, etc, ont été constitués pour les dessinateurs. Chaque image et chaque texte sont passés au crible, la moindre erreur est pourchassée. Les bandes dessinées verticales ont d'ailleurs un public pointilleux. Un lecteur écrivit un jour à Paul Gordeaux : « Vous parlez d'un fiacre dans un récit qui se passe au XVIIIe siècle ! Pourquoi pas un taxi ? » Réponse : « les fiacres datent du XVIIe siècle. Ils sont ainsi appelés parce que leurs remises étaient situés rue Saint Fiacre. »

Les histoires, au début, ne duraient que quelques jours, mais le record appartient à Napoléon et les Femmes dont la publication a duré 196 jours, presque deux fois plus que le second règne de l'Empereur.

Pour un seul récit, le Chef de bandes, Paul Gordeaux a cédé sa plume. Il s'agissait de « l'Affaire Landru ». À l'époque, un jeune reporter du Matin, Sam Cohen, avait suivi l'enquête, « L'Affaire Landru » a été écrite par un témoin de première main et dessinée par Louis Berings, reporter-dessinateur du Matin qui assista aux audiences du procés.


La série compta plus de 6 200 bandes quotidiennes qui décrivirent 300 affaires criminelles.

Paul Gordeaux faisait très attention de ne blesser personne. Quand il raconta « l’Affaire Pranzini » il fut pris de scrupule. L’appartement où l’assassin avait égorgé Madame de Montille, sa bonne et la fillette de celle-ci, existait encore rue Jean Mermoz. Les locataires actuels, en lisant France Soir, risquaient de perdre toute joie de vivre dans des murs d’aussi sinistre mémoire. Mais l’exactitude historique avant tout, la bande parut, avec l’adresse exacte. Le lendemain, Paul Gordeaux reçut une visite. C’était une dame ravie : « Vous m’avez appris que j’habite l’appartement de l’affaire Pranzini. Comme c’est amusant ! ».

En 1971, la série permit au peintre et dessinateur Jacques Pecnard d'obtenir le Prix des Illustrateurs de Presse[1].

Le président François Mitterrand, tard le soir, quand il monte dans son Mystère 20 pour regagner Paris, avoue qu’il aime pour se délasser, s’arrêter longuement sur les bandes dessinées de Paul Gordeaux, notamment Les Amours Célèbres, qui exercent sur lui un irrésistible attrait.

extrait de l'Allocution de Pierre Lazareff lors de la remise de la rosette de la Légion d'Honneur à Paul Gordeaux

L'historien :

Près de 8000 bandes dessinées parues depuis 12 ans dans les colonnes de "France-Soir" sous les titres : "Le Crime ne Paie pas" et "Les Amours Célèbres", ont fait de vous l'historien le plus lu de France. Je doute que même Malet et Isaac aient ou eurent autant de lecteurs, en tout cas certainement pas des lecteurs aussi attentifs et intéressés, car, sous ces titres c'est l'Histoire tout entière que vous avez ressuscitée, dont vous avez donné le goût à un public de plus en plus nombreux.

Mais avec quel brio et avec quelle rigueur vous faites revivre le passé !

Peu de gens savent, d'abord, votre grande érudition. Ce n'est pas vous qui, comme deux élèves de seconde année de l'Ecole de Sciences Politiques que nous entendîmes l'autre jour à un jeu télévisé, auriez ignoré qui était Simon Bolivar ou le Maréchal Mannerheim. Mais à tout ce que vous savez vous ajoutez un travail de documentation dont on soupçonne mal l'étendue.

Un jour que je passais dans un couloir, j'entendis tonner derrière la porte de votre bureau. J'entrouvris l'huis en tremblant. Rouge de colère vous disiez à un dessinateur que je ne nommerai pas :

-         Monsieur, quand on ne sait pas de quel côté se boutonnaient les capotes sous Napoléon, on se fait peintre en bâtiment, si on a des prétentions artistiques on ne travaille pas avec moi.

Notre éminent ami Maurice Garçon, s'est fait le pari de trouver une erreur, soit dans les textes que vous écrivez, soit dans les illustrations qui les accompagnent. Il m'a avoué qu'il n'y était pas arrivé.

Un jour, pourtant, il crut vous tenir. Vous rencontrant lors d'une générale, il vous interpelle joyeusement :

-         Vous avez écrit feu le Président Bouchardon, et il vit encore !

-         Non, lui avez-vous répondu, il est mort avant hier.

-         Je ne le savez pas, avoua l'illustre avocat, je suis revenu ce matin de Rome.

Pourtant, plus heureux, un lecteur vous prit, si j'ose dire, la main dans le sac. Vous aviez commencé une de vos légendes : le 12 juin 1904, sous un dessin représentant un élégant printanier avec un canotier. L'impitoyable lecteur avait retrouvé dans les journaux de l'époque qu'en ce jour de Juin 1904 il avait, exceptionnellement, neigé.

Quoi qu'il en soit, cher Paul, depuis le jour de Novembre 1949, où faisant à peu près débuter le jeune dessinateur Jean Bellus, vous avez sous la forme de bandes verticales, commencé à conter l'histoire du demi-siècle dans les colonnes de "FRANCE-SOIR", vous n'avez jamais cessé de passionner les lecteurs en leur racontant les grandes et les petites histoires du passé, pas toujours sûr d'ailleurs, si elles allaient mieux dans les colonnes des "Amours" ou dans celles des "Crimes".

Le livre, et tout récemment le cinéma, ont consacré l'immense réussite des Amours ne paient pas et les Crimes célèbres. Oh pardon, on peut se tromper.

Bandes publiées[modifier | modifier le code]

Le Crime ne paie pas parut également sous forme de magazine vendu en supplément du Journal France-Soir, le quinze de chaque mois à compter du 15 avril 1953 et dont les titres les plus fameux sont les suivants :


Filmographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]