Le Vaisseau de pierre

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Le Vaisseau de pierre
2e album de la série Légendes d'aujourd'hui
Scénario Pierre Christin
Dessin Enki Bilal
Couleurs Pat

Éditeur Dargaud
Collection Histoires fantastiques
Première publication 1976
ISBN 2-205-00986-9
Nb. de pages 60
Albums de la série Légendes d'aujourd'hui

Le Vaisseau de pierre est un album de bande-dessinée fantastique paru en 1976. C'est la deuxième partie de la trilogie Légendes d'aujourd'hui, dont les albums ont des histoires autonomes.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un petit village de pêcheurs breton, Trehoët, est en ébullition depuis que court la nouvelle d'une implantation d'une station balnéaire qui va tout changer : Hôtel de luxe, appartements de standing, thalassothérapie, centre commercial, complexe autoroutier, port de plaisance... Tout pour devenir une destination privilégiée des touristes. Les promoteurs immobiliers se frottent les mains, mais les habitants du village voient d'un mauvais œil les expropriations et les dommages sur l'écosystème que ce parc de loisir va entraîner, sans compter les bouleversements dans un quotidien jusque-là tranquille. Et puis il y a ce vieux château de pierre qui domine le village, où vit un ermite que d'aucuns comparent à l'ankou, au serviteur de la mort. Bientôt, et avec l'aide de 50/22 B, les villageois vont élaborer un plan pour préserver leur village...

Personnages[modifier | modifier le code]

50/22 B[modifier | modifier le code]

On retrouve ce personnage dans les trois tomes des légendes d'aujourd'hui. Cet individu mystérieux, ennemi du pouvoir, et recherché par les autorités et est désigné comme étant "50/22 B" par celles-ci. On ne connait pas son véritable nom. Cet homme, dans son périple d'exil, fait une halte dans le petit village de Trehoët et décide de porter secours à ses habitants. L'Ankou le dira « pas comme les autres » et le sollicitera pour déplacer le vaisseau de pierre.

L'Ankou[modifier | modifier le code]

L'Ankou, aussi désigné comme « le vieux » par les habitants du village, réside seul dans le château. Son personnage est inspiré de la mythologie bretonne. L'Ankou est le serviteur de la mort, celui qui fait le lien entre les vivants et les êtres du passé. Il ne parle que le breton. Il prêtera main-forte aux villageois en appelant leurs ancêtres pour les aider. Il est clairement opposé à tous projets sur le château qu'il dit être le vaisseau de pierre qui jadis a amené les premiers habitants de la pointe et soutient que si ceux qui sont venus pour saccager le pays reviennent, il fera repartir le vaisseau.

Anjela[modifier | modifier le code]

Anjela est serveuse au bar et a été élevée par le vieux. C'est elle qui mènera 50/22 B jusqu’à l'Ankou. Elle est la seule à parler la même langue que lui et se voit donc dans l'obligation de traduire ses propos à 50/22 B.

Valeur artistique et philosophique[modifier | modifier le code]

Une croyance en l'utopie régnait également mais l'humour noir a heureusement préservé ce triptyque de certaines illusions idéologiques désormais bien dévaluées. L'opinion publique était à l’époque révoltée contre toute forme d'autorité que ce soit l'armée, la police ou le seul patron. Beaucoup étaient utopistes et croyaient en une société parfaite mais le duo d'auteurs n'a pas penché dans ce genre d'utopies qui se sont avérées par la suite obsolètes. La bande dessinée propose une cohabitation entre des enjeux contemporains et la vieille légende bretonne qui nous fait douter de sa crédibilité. Ce doute installe une atmosphère au carrefour du réalisme et du fantastique et permet aux auteurs l’évocation de sujets épineux tels que la politique menée par l'argent. En effet, l'œuvre aborde des questions de société et de justice préoccupantes. Quelle est la valeur de ces villageois travailleurs ? Méritent-ils de voir leur quotidien détruit par l'argent et le confort des promoteurs immobiliers ? Leurs actions et leurs vies n'ont elles pas plus de valeur ? La BD nous propose également une réflexion sur le vrai et le faux. Est ce que la société est capable d'admettre l’existence de l'Ankou qu'elle ne reconnait pas ? Le sujet est aussi la protection du littoral, la lutte était indispensable car la loi, en 1976, n'était pas encore parue. Le cas du Château de Thoiry en 1968 avec l'implantation d'un zoo dans son parc est probablement une source d'inspiration de Pierre Christin. Le coup de crayon de Enki Bilal porte la trilogie. Cet artiste de talent propose un graphisme composé d'une multitude de détails et de hachures et aborde l'histoire avec un trait brut qui soutient le côté perturbé de l'histoire. La colorisation de Pat vient encore enrichir l'illustration par des teintes fraîches typiquement bretonnes.

Note[modifier | modifier le code]