Le Testament de la tante Caroline

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Le Testament de la tante Caroline est un opéra bouffe composé par Albert Roussel en 1933 sur un livret de Nino (pseudonyme de Michel Veber). Cette opérette raconte les déboires d'une famille autour du testament de leur tante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Composé en 1932-1933, Le Testament de la tante Caroline diffère des autres opéras, plus sérieux, de Roussel. Le compositeur reconnaissait que les succès financiers et critiques des opérettes d'Arthur Honegger et de Jacques Ibert l'avaient poussé à écrire cette opérette. Il décrit cette œuvre comme « une sorte d'opéra bouffe dont les personnages sont complètement grotesques et devraient être joués sans crainte d'exagérer leurs effets »[1]. La production originale fut réalisée en tchèque (par Julie Reisserová), sous une forme en trois actes, mais l'œuvre fut revue par la suite pour donner une opérette en un acte en français.

La première eut lieu à l'opéra d'Olomouc le [1] dans une traduction de Julia Reisserova et reçut des critiques très froides. Roussel avait écrit cette opérette pour qu'elle fût « claire, plaisante et accessible », mais les critiques la jugèrent difficile dans sa simplification.

La version française fut jouée pour la première à Paris à l'Opéra-Comique le . Le spectacle fut encore mal reçu par les spectateurs français. Certains écrivirent même au ministre pour demander l'arrêt de ce « spectacle déplacé » et de ces « scènes de boulevard ». Les critiques parlaient aussi de « décors déconcertants » et « d'une belle tenue musicale, mais qui ne colle pas avec l'action de cette mauvaise pièce »[2]. Marcel Mihalovici en réalisa une version en un acte après la mort de Roussel.

Personnages[modifier | modifier le code]

Rôle Voix Création à Paris, 11 mars 1937
Chef d'orchestre : Roger Désormière
Noémie soprano Christine Liany
Christine Suzanne Dehelly
Maître Corbeau baryton André Balbon
Jobard bariton Louis Guénot
Noel ténor Paul Derenne
Docteur Patogène basse Émile Rousseau
Béatrice soprano Madeleine Sibille
Lucine mezzo-soprano Fanély Revoil
Laguigne ténor René Hérent
Ernestine soprano Rose Pocidalo
Nurse Christiane Gaudel
Madame X Ginette Gaudineau
La dactylo Morice
Quatre sage-femmes Gallot, Lagrange, Lodève, Billon

Argument[modifier | modifier le code]

  • Acte I : Après la mort de leur riche et excentrique tante Caroline, ses nièces fouillent la maison et découvrent un testament. Elles se croyaient seules héritières alors que la fortune sera léguée à l'enfant qui naitra dans l'année, sinon à l'Armée du salut. Embarras : deux des sœurs sont sans enfants, la troisième est religieuse.
  • Acte II : Chez le médecin de la tante Caroline. Les trois sœurs font semblant d'être enceintes ou veulent adopter un bébé. Elles présentent toutes trois un bébé à la fin de l'acte.
  • Acte III : Chez le notaire, un an après la mort de la tante Caroline. Les trois sœurs sont démasquées. Le chauffeur se révèle être le fils caché de la troisième nièce. L'opérette se termine sur la Tour Eiffel qui descend et le mariage du chauffeur avec l'infirmière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Richard Langham Smith, « Le Testament de la tante Caroline », dans Grove Music Online éd. L. Macy, 8 février 2009, (subscription access).
  2. Manfred Kelkel, Albert Roussel : musique et esthétique, Paris, Vrin, (ISBN 2-7116-4267-4, lire en ligne), p. 152-154.

Sources[modifier | modifier le code]

Manfred Kelkel, Albert Roussel : musique et esthétique, Paris, Vrin, (ISBN 2-7116-4267-4, lire en ligne), p. 152-154