Le Silence violent

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Le Silence violent (titre original : El Chergui) est un film marocain réalisé par Moumen Smihi et sorti en 1975.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Tanger, ville internationale, dans les derniers instants du protectorat marocain : Aïcha, jeune femme mariée et mère d'un garçon, vit prostrée et silencieuse. Le projet de secondes noces de son époux, homme dévot et traditionnel, lui est insupportable. Afin de conjurer le sort, elle recourt à des pratiques magiques. Mais, elle ôte aussi son voile en guise de protestation. Alors que le pays, en liesse, accède à l'indépendance, Aïcha s'enfonce, quant à elle, dans la dépression...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre du film : Le Silence violent
  • Titre original : El Chergui
  • Titre alternatif : Chaquiaw al-çoumt al-'anif
  • Réalisation et scénario : Moumen Smihi
  • Photographie : Mohammed Sekkat - Noir et blanc, 35 mm
  • Montage : Claude Farory
  • Production : Imago Film International
  • Pays d'origine : Drapeau du Maroc Maroc
  • Langue originale : Arabe
  • Durée : 90 minutes
  • Année de sortie : 1975

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Ahmed Boda
  • Aïcha Chaïri
  • Abdelkader Moutaa
  • Leïla Shenna
  • Khadija Moujahid

Commentaire[modifier | modifier le code]

  • Peut-être faut-il souligner, au préalable, ce qui distingue le premier cinéma marocain du cinéma algérien : silence chez l'un et cri chez l'autre pour exprimer de façon contrastée douleur et indignation. La révolte d'Aïcha est le contraire d'un cri, écrit Denise Brahimi, « c'est-à-dire qu'il est un cri intériorisé, au lieu d'exploser comme celui de Rachida l'Algérienne montrée par Yamina Bachir-Chouikh. »[1]
  • El Chergui - film culte du cinéma marocain indépendant - est, sans doute, l'exemple le plus remarquable des particularités décelées par Denise Brahimi. « Pour une fois, le titre en français, qui n'est pas une traduction du titre original, n'en est pas moins excellent. Silence parce que le film est à peu près un film muet [...] tant il est vrai que son héroïne Aïcha, [...], est de celles dont le drame vient de ce qu'elles n'arrivent pas à s'exprimer. Sa mort par noyade, à la fin du film, est en effet une mort par étouffement. [...] Pour suivre les prescriptions maraboutiques qui sont censées lui ramener son mari et l'empêcher de se marier, elle va se tremper sept fois dans la mer en invoquant le saint local, Sidi Hazem. [...] mais avant que les sept immersions ne soient accomplies, Aïcha lâche prise », note Denise Brahimi[2]. Toutefois, avant même cette conclusion tragique, symbole également de ce qu'est la femme au Maghreb, « une victime expiatoire aux dépens de laquelle s'est faite l'indépendance, le film nous montre une longue agonie provoquée par le refoulement dans la gorge de paroles que la victime ne parvient pas à expulser d'elle-même pour se libérer. Le silence fait aussi partie de la beauté du film, au sens où c'est un silence qu'on entend, et qui développe ses ondes à l'intérieur de chaque spectateur »[3] rendant, par là-même, l'expérience d' El Chergui bouleversante.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Denise Brahimi : 50 ans de cinéma maghrébin, Minerve, 2009, (ISBN 978-2-86931-122-0).
  2. D. Brahimi : op. cité.
  3. Denise Brahimi : op. cité.

Lien externe[modifier | modifier le code]