Der Erlkönig

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Le Roi des aulnes

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Erlkönig (info)
Ernestine Schumann-Heink interprétant Le Roi des Aulnes

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Der Erlkönig (Le Roi des aulnes en français), op. 1 (D. 328), est un lied du compositeur Franz Schubert, adaptation musicale du poème Der Erlkönig de Johann Wolfgang von Goethe.

Le personnage de l'Erlkönig est très représenté dans la littérature allemande, décrit comme une créature maléfique qui hante les forêts et entraine les voyageurs vers la mort.

Historique[modifier | modifier le code]

Première page manuscrite de Der Erlkönig par Schubert

Der Erlkönig fut composé un après-midi d'automne de 1813, d'après un poème de Goethe, par Schubert à l'âge de 16 ans. Il ne trouva un éditeur pour publier son lied que huit ans plus tard, en 1821, après plusieurs remaniements. Chanté pour la première fois en public par le baryton Johann Michael Vogl le , l'œuvre reçut un accueil triomphal.

Les thèmes développés dans le poème sont typiquement romantiques : la mort, la nuit, le fantastique, la peur, la forêt, etc. La musique s'en ressent, en tonalité de sol mineur, sérieuse, profonde et tragique. Le caractère de la musique change pour chacun des personnages représentés.

Analyse[modifier | modifier le code]

Un seul et même chanteur interprète alternativement quatre personnages différents : le narrateur, aux première et dernière strophes, l'enfant, der Erlkönig et le père de l'enfant. Pour distinguer les différents personnages, le compositeur a joué sur le mode, le registre (hauteur de la partie chantée), ainsi que la nuance de chaque partie :

  • le narrateur est chanté dans le registre du baryton, en mode mineur. C'est lui qui annonce la mort de l'enfant.
  • l'enfant est chanté dans le registre du ténor (notes aiguës), en mode mineur, et toujours forte, pour signifier la détresse, la souffrance et la peur. Chaque nouvelle apparition se fait un demi-ton plus haut que la précédente, ce qui en accroît la tension émotive.
  • Der Erlkönig est chanté dans le registre du ténor (notes moyennes, chantées presque en voix de tête), en mode majeur, sur une mélodie douce et suave, pianissimo, en accord avec les paroles séduisantes du personnage fantastique.
  • le père chante dans le registre de la basse, en mode majeur et mineur. Il représente le lien à la réalité, le secours rassurant de l'enfant.

Le piano joue un rôle important dans l'œuvre : les octaves et les accords en triolets de la main droite figurent le galop du cheval, alors que les gammes ascendantes (de six notes seulement) de la main gauche figurent le vent dans les branches. L'accompagnement prend un caractère berceur lorsque lErlkönig tente de séduire l'enfant.

Postérité[modifier | modifier le code]

La dimension de la partition pour piano a incité les compositeurs à transcrire cette œuvre pour voix et orchestre. L'orchestration d'Hector Berlioz (1860) et celle de Max Reger (1914) sont connues.

Deux transcriptions pour piano seul ont été réalisée par Franz Liszt, S.557a et S.558 numéro 4.

Le violoniste et compositeur Heinrich Wilhelm Ernst en a également dérivé un « Grand Caprice sur Le Roi des Aulnes » pour violon seul, op. 26.

Interprètes célèbres[modifier | modifier le code]

Le Lied Erlkönig, comme d'ailleurs une grande partie des lieder de Schubert, trouva des interprètes de valeur dans les personnes notamment d'Ernestine Schumann-Heink (1861-1936), d'Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006) de Jessye Norman (née en 1945) ou de Dietrich Fischer-Dieskau (1925-2012).

Utilisation dans d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

On en entend un extrait dans les films :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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