Le roi danse

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Le roi danse
Réalisation Gérard Corbiau
Scénario Ève de Castro
Gérard Corbiau
Andrée Corbiau
Didier Decoin
d'après Philippe Beaussant
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre musical, historique
Durée 108 minutes
Sortie 2000

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le roi danse est un film du cinéaste belge Gérard Corbiau sorti en 2000.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film retrace la rencontre entre le Roi de France Louis XIV, le talentueux Lully et l'ingénieux Molière. Louis XIV a une passion pour la danse et c'est Lully qui va la mettre en musique. Lully né à Florence, vient à la cour grâce au Duc de Guise qui veut un professeur d'italien pour la princesse de Montpensier. La rencontre de ce jeune fougueux latin avec l'incandescent Roi à peine mûr, promet de grandes réalisations. En effet, c'est en 1653 que Lully devient compositeur à la cour et ses ballets servent à merveille la politique du Roi, dont le point d'orgue de cette entente parfaite sera la "Danse du Soleil", mis au centre de l'univers et entouré par toutes les planètes, représentation symbolique des ministres et des courtisans et du rôle qu'ils devront désormais jouer à la cour.

Or Monsieur (Philippe d'Orléans, frère du roi) s'est entiché d'un meneur de troupe : Molière (Jean-Baptiste Poquelin). L'excellence ne pouvant régner que dans une seule maison, Monsieur l'apprenant à ses dépens, doit céder "Molière et sa troupe" à sa majesté le Roi, qui en fait la comédie française en opposition aux italiens de la comédia dell'Arte.

Un trio se forme alors, l'un danse, l'autre compose et le dernier joue. Ils sont les pièces maîtresses des divertissements de cour : Le Roi rayonne, sublimé par les notes magiques et vibrantes de Lully, puis Molière triomphe de l'hypocrisie et de la monotonie par ses pièces de théâtre et son jeu d'acteur acerbe.

Cette parfaite harmonie vole soudain en éclat, lorsque le Roi découvre qu'il perd de sa souplesse et de son agilité et que malgré les aménagements musicaux de Lully, il ne parvient plus à reproduire un "assemblé" (pas de danse combinant entre autres des sauts) ou même une "arabesque" avec la même divine légèreté qu'auparavant. Une certaine lourdeur s'est subitement emparé de ses membres qui le clou au sol à son grand désarroi. Lui qui avait su donner l'illusion de pouvoir voler sur les notes printanières de Lully, est contraint de renoncer à son art de prédilection.

Louis XIV, trop perfectionniste et orgueilleux, ne peut souffrir d'offrir à ses courtisans, l'image altérée d'un astre déclinant. Il refuse dorénavant de se produire et renonce définitivement à la danse, malgré les supplications de Lully, qui malheureux et impuissant face à la possibilité de perdre ses fonctions et privilèges, se voit aussi vouer à la tristesse et à la désolation en la perte de l'intimité du Roi, objet de sa dévotion amoureuse.

Désireux cependant de continuer à rire et bien qu'avançant en âge, Louis XIV qui ne peut plus danser, ordonne désormais que Lully et Molière travaillent de concert à son divertissement ; Ils montent ensembles des comédies-ballets avec l'aimable contribution de Corneille. Commence alors une prise de pouvoir progressive de Lully sur Molière après neuf ans de collaboration qui verront éclore neufs pièces et pour lesquelles Lully obtiendra du monarque repentant, l'exclusivité des droits d'auteurs. Cependant que Molière reste l'artiste le plus adulé par le Roi, Lully jaloux et furieux, cherche à le faire discréditer aux yeux de tous, dénonçant le caractère burlesque de ce qu'il nomme des "bouffonneries" et dont il refuse à présent de servir les pitreries avec d'honorables compositions musicales. Les "singeries grotesques" de Molière sur scène, lui sont désormais une humiliation et une abomination incompatible avec sa passion qu'est l'art majeur de la création d'oeuvres lyriques. Lully souhaite être l'unique vecteur "élévateur d'âmes en perdition", pour la plus grande gloire du Roi Soleil et voulant ainsi travailler à la grandeur de la monarchie de droit divin, dont l'unique représentant légal n'est autre pour lui, que Louis XIV.

Le film montre les débuts ainsi que les tribulations de trois âmes vouées à la perfection de leurs arts et dont l'achèvement tragique suspend le spectateur entre nostalgie et désirs d'accomplissements. Dans ce trio magnifique, magique et tragique, la corruption de l'âme par l'ambition de cour, vient pervertir des relations humaines préétablies et régies par des codes sociaux ancestraux d'une morale infranchissable. C'est dans le déclin d'une fin de règne laborieuse et fautes de soins médicaux appropriés, que s'achève ce récit palpitant, autant partisan que partial, livré par un personnage vieillissant : Jean-Baptiste Lully.

Précisions historiques : Lully meurt à l'âge de 55 ans des suites d'un accident avec sa canne, celle-là même lui servant à battre la mesure : elle lui transperça le pied, la gangrène qui s'empara de son membre inférieur fut à l'origine de la septicémie qui l'emporta – danseur, il avait refusé l'amputation qui eût pu le sauver.

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, laisse à la postérité entre autres, la pièce Les Précieuses ridicules qui le rendit célèbre, alors que Lully tomba peu à peu dans l'oubli collectif. Molière demeure dans l'inconscient national, une figure incontournable du règne de Louis XIV. Il meurt le 17 février 1673, après la quatrième représentation du Malade imaginaire pour lequel il interprétait le rôle d'Argan. Le Roi ordonna des funérailles, contrairement aux usages de l'époque qui voulait que les comédiens ne fussent pas inhumés dans les sacrements de l'Église.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]