Le Rocher de Cancale

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Au Rocher de Cancale
Image illustrative de l’article Le Rocher de Cancale
Le restaurant en 2017.
Présentation
Coordonnées 48° 51′ 56″ nord, 2° 20′ 50″ est
Pays France
Ville Paris
Adresse 78, rue Montorgueil
Fondation 1804
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Au Rocher de Cancale
Au Rocher de Cancale
Géolocalisation sur la carte : Paris/France
Au Rocher de Cancale
Au Rocher de Cancale

Le restaurant Au Rocher de Cancale est un restaurant parisien, aujourd'hui situé au no 78 de la rue Montorgueil (2e arrondissement). Il fut également un restaurant très réputé au XIXe siècle, situé au coin des rues Montorgueil et Mandar, ouvert sous le Consulat et fermé en 1845[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le restaurant en juillet 1907.

Le Rocher de Cancale fut ouvert sous le Consulat, en lieu et place d'un cabaret vétuste, par un ancien vendeur d'huîtres dans le quartier des Halles, Alexis Balaine, associé à Madame Beauvais. La rue Montorgueil était d’ailleurs le lieu où l'on venait pour consommer des huîtres, dont le Rocher de Cancale se fait le spécialiste. On en consommait à Paris en 1805, 28 000 paniers appelés "cloyères", qui contenaient chacune 50 douzaines, soit 600 coquillages, pour un total de près de 17 millions de mollusques consommés à l'année[2].

C'est là que défilaient les personnages de La Comédie humaine de Balzac : Henri de Marsay, madame du Val-Noble, Coralie, Lucien de Rubempré, Étienne Lousteau, Dinah de La Baudraye, ainsi que leur créateur, Balzac lui-même. Le restaurant est notamment cité dans : Le Cabinet des Antiques, La Muse du département, Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes et d'autres œuvres[3].

Balaine vendit le Rocher de Cancale aux dernières heures du Premier Empire à un certain Borel pour 70 000 francs. Ancien maître d'hôtel de Jean-Pierre de Montalivet et formé par la fine fleur de la cuisine de l'Ancien Régime, Borel maintint le Rocher de Cancale à un très haut niveau durant presque trente ans, en entretenant une cave exceptionnelle et une cuisine exigeante. Mais le restaurant décline sous le règne de Louis-Philippe. Sous sa politique libérale, la gamme des restaurants s'élargit et les grandes maisons luxueuses et onéreuses du début du siècle, comme le Rocher de Cancale ou les Frères Provençaux, subissent une nouvelle concurrence. En 1846, le Rocher de Cancale ferme ses portes[4].

Le successeur de Balaine, Pierre Frédéric Borrel, fait faillite[5], et le ferme en 1846. Le restaurant rouvre sous le même nom, dans un autre lieu, rue Richelieu[6].

Puis il revient rue Montorgueil, mais de l'autre côté de la rue, au no 78, grâce à M. Pécune[6]. Dans cet emplacement subsiste encore un Rocher de Cancale, avec, au premier étage, des fresques exécutées par Gavarni. Le bâtiment fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [7].

Un établissement du même nom a existé à Bruxelles en 1874.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Matthieu Aussudre, « Le Rocher de Cancale, lieu symbolique du nouveau discours gourmand », Romantisme,‎ (ISSN 0048-8593, lire en ligne)
  2. Gérard Allemandou, « De la ville à la scène, le personnage de l'écaillère », Papilles,‎ (ISSN 1165-2721)
  3. Honorine, Bibliothèque de la Pléiade,1976, t. IV, p. 347 (ISBN 2070108627) ; Un début dans la vie, Pléiade, 1976, t. IV, p. 527, 528 ; La Rabouilleuse, Pléiade, 1977, t. VI, p. 122, 135, 314 (ISBN 2070108503) ; La Muse du département, Pléiade, 1977, t. VI, p. 498 ; Le Cabinet des Antiques, Pléiade, 1977, t. VII, p. 164, 172 (ISBN 2070108740) ; Illusions perdues, Pléiade, 1978, t. VIII, p. 127, 264, 267, 339, 526 (ISBN 207010866X); La Fille aux yeux d'or, Pléiade,1978, t. IX, p. 272 (ISBN 2070108694) ; La Maison Nucingen, Pléiade, 1980, t. XI, p. 19 (ISBN 2070108767) ; Les Employés ou la Femme supérieure, Pléiade, 1980, t. XI, p. 247, 269, 297.
  4. Matthieu Aussudre, « Le Rocher de Cancale, monographie d'un grand restaurant ou l'histoire du premier restaurant de poisson », Papilles n°50,‎ , pp. 106-108
  5. « Les riches heures de la Propriété Caillebotte », sur yerres.fr (consulté le 7 octobre 2016).
  6. a et b Panneau Histoire de Paris devant le restaurant.
  7. Notice no PA00125451, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théophile Lavallée, Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'à nos jours, Michel Lévy frères, 1857.
  • Terres d'écrivains, Balades littéraires dans Paris du XVIIe au XIXe siècle, Nouveau Monde éditions, 2004, 240 p. (ISBN 2-84736-054-9).
  • Luc Bihl-Willette, Des tavernes aux bistrots. Une histoire des cafés, Paris, L'Âge d'Homme, 1997, 321 p. (ISBN 2825107735).