Le Pin (Loire-Atlantique)

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Le Pin
L'église Saint-Lambert du Pin
L'église Saint-Lambert du Pin
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Châteaubriant-Ancenis
Canton Ancenis
Intercommunalité Communauté de communes du pays d'Ancenis
Maire
Mandat
Maxime Poupart
2014-2020
Code postal 44540
Code commune 44124
Démographie
Gentilé Pinois
Population
municipale
802 hab. (2014)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 35′ 24″ nord, 1° 09′ 08″ ouest
Altitude Min. 39 m – Max. 91 m
Superficie 24,95 km2
Localisation

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Liens
Site web pays-ancenis.fr/

Le Pin est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire. La commune fait partie de la Bretagne historique.

Fondée par des moines défricheurs au Moyen Âge, Le Pin a depuis l'origine une vocation rurale. L'agriculture reste prépondérante. La commune a connu un lent déclin démographique entre la fin du XIXe et la fin du XXe siècle. Le début du XXIe siècle est marqué par une augmentation de population.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Situation de la commune du Pin dans le département de la Loire-Atlantique.

Le Pin est situé à 20 km au sud-est de Châteaubriant, à 47 km au nord-ouest d'Angers, à 51 km au nord-est de Nantes et à 70 km au sud-est de Rennes[1]. La commune fait partie de la Loire-Atlantique et se trouve à la limite du Maine-et-Loire. Elle forme d'ailleurs avec Vritz une petite encoche presque entièrement entourée par le Maine-et-Loire. Avant la Révolution française, Le Pin se trouvait à la frontière entre la Bretagne, dont elle faisait partie, et l'Anjou. Le Pin est traditionnellement placé dans le Pays de la Mée, ancien archidiaconé et territoire traditionnel breton situé autour de Châteaubriant et entre les villes de Nantes, Rennes et Angers.

La commmune se trouve sur un plateau agricole autrefois couvert de landes et de forêts, milieux défrichés du Moyen-Âge jusqu'au XIXe siècle pour faire place à un bocage serré. Ce bocage a en partie disparu lors des remembrements effectués à la fin du XXe siècle pour agrandir les parcelles agricoles. Le tissu bocager d'origine a cependant été en partie préservé car de nombreuses haies ont été maintenues. Le milieu naturel est plutôt préservé du fait de la faible pression bâtie, et conserve quelques lieux à forte valeur patrimoniale, comme les landes relictuelles de Rochementru, menacées cependant pendant par les brûlis et les décharges sauvages[2]. Le paysage du Pin est typique des Marches de Bretagne, notamment du pays de Châteaubriant, avec son relief orienté est-ouest, formant des lignes de crêtes fermant de petites vallées fluviales. Le paysage présente aussi des spécificités du pays de Segré, notamment l'hétérogénéité des vallons, alternant une trame bocagère dense et des secteurs dénudés par les remembrements, et des ondulations du relief moins régulières[3].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Les communes limitrophes sont La Chapelle-Glain, Saint-Sulpice-des-Landes et Vritz en Loire-Atlantique, Freigné et Challain-la-Potherie en Maine-et-Loire.

Communes limitrophes du Pin
La Chapelle-Glain Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire)
du Pin Vritz
Saint-Sulpice-des-Landes Freigné (Maine-et-Loire)

Relief[modifier | modifier le code]

La commune se trouve sur le Massif armoricain, ensemble montagneux très ancien et très érodé, qui s'étend du Finistère au bassin parisien. Ce massif est composé de plusieurs unités géologiques parallèles, qui s'étendent sur des axes nord-ouest/sud-est. La commune est située à cheval sur deux de ces unités : l'unité centre-armoricaine, constituée de grès, sur la moitié nord de la commune, et l'anticlinal de Lanvaux, fait de schiste, sur la moitié sud[4]. La limite entre les deux suit approximativement le cours du Mandit, mais elle passe un peu plus au nord, pour traverser d'ouest en est la Courtais, le bourg et Huon. Les lieux dits situés au nord du bourg (la Bécassière, la Mariolle, le Bois du Pin, le Bois du Domaine...) sont sur le domaine centre-armoricain, tandis que ceux situés au sud (Rochementru, la Margatière, les Abbayes, le Champ breton...) sont sur l'anticlinal de Lanvaux[5].

Le socle du domaine centre-armoricain, de nature pélitique, remonte au Briovérien. Il est recouvert d'une formation pélito-gréseuse, sur laquelle repose la couche supérieure de grès armoricain et de schiste d'Angers. Au Pin, cette couche comprend en très grande majorité des grès et des schistes à lamine. L'anticlinal de Lanvaux remonte au Paléozoïque inférieur et comprend des schistes et des arkoses surmontés par un complexe de schistes ardoisiers[4]. La vallée du Mandit, qui occupe une dépression sur la partie nord de l'anticlinal, est remplie de sables et argiles du Pliocène et d'alluvions de l'Holocène[5].

Le relief est plus élevé dans la partie orientale de la commune, et décroît vers l'ouest. Le domaine centre-armoricain comprend les altitudes les plus élevées. La commune culmine à 90 mètres autour de la Hamonière, sur la limite avec Vritz, tandis que le bourg se trouve autour de 74 mètres, et que le Petit Don coule à environ 59 mètres d'altitude. La vallée du Mandit forme une dépression descendant à 48-41 mètres. Au sud, Rochementru culmine sur une colline de 58 mètres[6],[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Pin est à cheval sur deux bassins versants, celui de la Vilaine et celui de la Loire. La moitié nord du territoire communal est en effet draîné par le Petit Don, un ruisseau qui prend sa source à Challain-la-Potherie puis marque la limite nord du Pin avec Challain et La Chapelle-Glain. Le Petit Don coule vers l'ouest et se jette dans le Don, affluent de la Vilaine, à Petit-Auverné[B 1]. La moitié sud du territoire du Pin est draînée par le Mandit, également orthographié Mandy, Mandis ou encore Mandie, ruisseau prenant sa source à l'étang de la Bourlière, à Saint-Sulpice-des-Landes et se jettant dans l'Erdre, affluent de la Loire, à Candé. Le Mandit coule d'ouest en est[6]. Le Petit Don est en partie alimenté par l'étang du Pin, une retenue d'eau créée sur un ruisseau[B 2].

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Loire-Atlantique.

Avec sa façade océanique orientée vers l'Ouest et un relief peu accentué, le climat de la Loire-Atlantique est de type tempéré océanique. Les hivers y sont doux (5 °C en moyenne), les étés faiblement chauds (18 °C en moyenne). Les précipitations sont fréquentes (surtout en hiver et au printemps) mais rarement violentes.

Le Pin est proche de la région angevine. Le tableau suivant recense les données climatique d'Angers, distante de 47 kilomètres à vol d'oiseau.

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 7,9 9,2 12,6 15,3 19 22,6 24,9 24,7 21,8 17 11,4 8,4 16,2
Températures minimales moyennes (°C) 2,1 2,2 3,9 5,6 8,9 11,8 13,6 13,4 11,3 8,4 4,6 2,8 7,4
Températures moyennes (°C) 5 5,7 8,2 10.4 13,9 16,2 19,2 19,1 16,5 12,7 8 5,6 11,8
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 62,1 50,8 51,7 44,6 54,4 41,2 43,8 44,9 52,2 59,6 64,5 63,4 633,4
Durée mensuelle d'ensoleillement (heures/mois) 70 92 141 179 201 234 248 237 191 129 89 65 1877
Source : Climatologie de 1947 à 2008 - Angers, France

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Pin[modifier | modifier le code]

Le Pin est mentionné pour la première fois sur un chirographe de 1149, conservé aux archives départementales de Maine-et-Loire. Ce document réglait un différend entre deux abbayes d'Angers, Saint-Nicolas et Toussaint, laissant à cette dernière tous les droits sur la paroisse et le prieuré du Pin. Dans ce document, rédigé en latin, l'église Saint-Lambert du Pin est mentionnée comme ecclesia Sancti Lamberti de Pinu[B 3]. Le nom de la localité est ensuite attesté sous les formes Le Pin en 1287, parochia du Pin en 1559, eclesia du Pin en 1582, église du Pin en 1583 et en 1622[7].

Le Pin tire peut-être son nom d'une ancienne forêt de pins[8], mais il est plus vraisemblable qu'il doive son nom à un seul conifère remarquable[B 4]. L'arbre, gardant ses aiguilles en hiver, aurait été un repère important dans le paysage. Ce nom remonterait aux premiers défrichements locaux au Moyen Âge, lorsque des moines ont fondé le village. Le latin pinu pouvant désigner aussi bien un pin qu'un sapin ou encore un épicéa, il n'est pas possible d'identifier avec précision cet arbre[B 5]. Les deux séquoias remarquables visibles aujourd'hui au Pin n'existaient pas à cette époque, et ils ne sont en aucun cas à l'origine du nom de la commune. Ils auraient été rapportés de Californie en 1860[B 6].

Le Pin possède un nom en gallo, la langue d'oïl locale, écrit Le Pein selon l'écriture ELG et L'Piñ selon l'écriture MOGA. En gallo, le nom de la commune se prononce [lpɛ̃][9],[10].
Le nom de la commune a été traduit Ar Bineg en breton[7].

Rochementru[modifier | modifier le code]

Rochementru, ancienne commune et paroisse fusionnée avec Le Pin en 1831, est mentionnée comme Rochamentrudi et Rocha Ermentriui en 1245. La variante Rochetru, employée familièrement par les habitants, est attestée pour la première fois en 1711[B 7]. Le nom du village viendrait de la combinaison de roche et de mentru, terme signifiant « monastère » et rappellant l'étymologie des divers Moutier, Monistrol, Ménitré, ou encore de Menétru-le-Vignoble dans le Jura[B 8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est habité depuis le Néolithique au moins, comme en témoignent les haches en pierre polie découvertes près du cours du Mandit, autour de Rochementru. L'une d'elle a été datée de 7000 à 2000 ans avant l'ère chrétienne[B 9]. Des menhirs existaient peut-être aussi à Rochementru, mais ils auraient été détruits et dispersés au fil de l'histoire. Un alignement de menhirs de quartz subsiste à Bennefraye, non loin de là, sur le territoire de Freigné[B 10].

Jusqu'au Moyen-Âge, la région reste très peu peuplée et les traces d'occupation humaines sont rares. Aucun vestige de l'époque romaine n'a été découvert au Pin. Après la fin de la domination romaine, le territoire est occupé par les Francs puis par les Bretons du roi Nominoë. Une légende raconte que celui-ci, vainqueur de Charles le Chauve, serait passé par le lieu-dit le Champ-Breton[B 11].

Fondation du Pin et de Rochementru[modifier | modifier le code]

Vers l'An Mil, alors que les Capétiens s'installent au pouvoir et que la France adopte la féodalité, la région est progressivement colonisée et aménagée. Le Pin se trouve alors dans une zone reculée et mal défendue, éloignée des places fortes de Châteaubriant ou d'Ancenis. La faible population est majoritairement restée païenne, et ce sont d'abord les religieux qui s'implantent dans la région, en fondant des petits monastères sous le contrôle des grandes abbayes. Robert d'Arbrissel aurait prêché dans les forêts situées entre l'Anjou et la Bretagne en 1095[B 12].

C'est à cette époque que des moines défricheurs se seraient installés au Pin et y auraient fondé une paroisse et un prieuré. La titulature de la paroisse et de son église, « Saint Lambert », permet de penser que la fondation a eu lieu au XIe siècle. Le culte de ce Saint est en effet devenu populaire en Anjou sous Geoffroy Martel, comte de 1040 à 1060. D'autres paroisses à la même titulature, comme Saint-Lambert-du-Lattay et Saint-Lambert-la-Potherie, remontent également au XIe siècle[B 13]. Les moines fondateurs du Pin venaient de l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers[B 14]. Ceux-ci, avant de construire un prieuré, auraient créé une petite abbaye fille sur le territoire du Pin. Le prieuré et la paroisse passent assez rapidement sous la domination de l'abbaye Toussaint d'Angers. En 1149, un chirographe est signé entre Saint-Nicolas et Toussaint pour laisser la totalité des établissements religieux du Pin à ces derniers. Les moines de Saint-Nicolas ont quitté les lieux à une date inconnue. L'abbaye du Pin a vraisemblablement péréclité au XIIIe siècle, quand nombre de petites institutions monacales ont disparu[B 15]. Le lieu-dit Les Abbayes, situé au sud du bourg, ne correspond pas à l'emplacement de l'ancienne abbaye, ces sont d'anciennes métairies qui dépendaient de l'abbaye Toussaint[B 16].

La paroisse de Rochementru apparaît à cette même époque, avec la création d'un hospice religieux. Il est dédié à Sainte Madeleine et comprend une église. L'hospice sert à soigner gratuitement les malades de la région, et notamment les lépreux, qui sont alors soumis à une ségrégation sociale. L'ancienne église de Rochementru, toujours visible, remonte vraisemblablement en partie à cette époque. Le fondateur de l'hospice est inconnu. Il pourrait s'agir d'un seigneur local, car le titre de curé de Rochementru s'accompagnait de celui de baron, ou bien de moines de l'abbaye Toussaint d'Angers, qui a créé des établissements de charité à travers l'Anjou à cette époque. Dans le cas où l'hospice a été fondé par un seigneur local, il pourrait s'agir d'un ancêtre du chevalier Chotard de Vritz, qui manifeste des droits de prétention sur la baronnie de Rochementru en 1245. Ce seigneur fondateur aurait alors peut-être offert l'hospice à l'abbaye Toussaint en 1074 pendant la réforme grégorienne[B 17].

Époque médiévale[modifier | modifier le code]

La paroisse voisine de Saint-Sulpice est apparue d'une manière similaire au Pin et à Rochementru, autour du monastère de Sainte-Marie-des-Landes, fondé par l'abbaye de Marmoutier et existant depuis 1151 au moins. Les moines étaient angevins et ils ne dépendaient pas du diocèse de Nantes, dont la paroisse faisait pourtant partie. Par conséquent, les Saint-Sulpiciens ne pouvaient pas recevoir leurs sacrements dans leur église, et devaient donc faire appel au prieur du Pin. Un accord passé en 1497 permet à un prêtre du Pin de venir célébrer les messes et donner les sacrements à Saint-Sulpice. Néanmoins, les habitants doivent toujours venir au Pin pour les grandes fêtes et doivent verser une rente de 30 sous chaque année. Les habitants de Saint-Sulpice rechignent parfois à payer cette rente, et la trace de dix procès pour non-paiement sont conservées aux archives du Pin[B 18].

En dehors des fondations religieuses, Le Pin comprend aussi au Moyen-Âge une seigneurie, la Babinais. Celle-ci est mentionnée une première fois en 1275, année à laquelle elle appartient à un certain Jean Babin, sieur de Landamere à Essé en Bretagne. En 1305, la terre passe à Jean de Coësmes, qui avait épousé Thomasse Babin[B 19]. Le seigneur de la Babinais était vassal de celui de la Motte-Glain et il avait le droit de rendre la justice. La maison de la Babinais, aujourd'hui simple ferme, semble avoir été un véritable château-fort, et une tour d'angle subsiste. Une chapelle est également mentionnée[B 20].

À la fin du Moyen-Âge, les Marches de Bretagne souffrent des conflits récurrents (Guerre de Cent Ans avec l'Angleterre, Guerre de succession de Bretagne, Guerre folle entre la France et la Bretagne...) et de la peste, qui sévit en 1348, en 1363, puis de 1462 à 1484. En 1473, la région est si appauvrie, que le fouage, impôt sur les foyers, est supprimé pour certaines paroisses dont Le Pin fait partie[B 21].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Lors des Guerres de religion, la paroisse du Pin et sa paroisse fille de Saint-Sulpice restent attachées au camp catholique, mais des heurts entre partisans d'Henri IV et Ligueurs ont lieu dans les environs, au château de Saint-Mars-la-Jaille et au château de La Saulaie. Le Pin dépend du château de la Motte-Glain, tenu par les hommes du Duc de Mercœur, le dernier chef Ligueur à accepter l'autorité d'Henri IV. Pour l'entretien des troupes, les habitants du Pin doivent fournir 49 livres et 12 sous en 1495[B 22].

La population des paroisses du Pin et de Rochementru peut être estimée entre 700 et 900 habitants à la fin du XVIe siècle[B 23]. Chaque année, il y a en moyenne deux mariages à Rochementru et six au Pin[B 24]. La population des deux paroisses atteint un pic de 1 200 habitants dans la seconde partie du XVIIe siècle[B 25]. Sous l'Ancien régime, le Pin et Rochementru, ainsi que la paroisse voisine de Vritz, sont incluses dans la sénéchaussée de la Roche-en-Nort qui avait son siège au château de La Roche Giffard, aujourd'hui situé en Ille-et-Vilaine. Elles forment une exclave isolée de cette sénéchaussée, puisqu'à l'est Freigné, Candé et Challain-la-Potherie sont en Anjou, tandis qu'à l'ouest Saint-Sulpice-des-Landes et La Chapelle-Glain sont en Bretagne mais dépendent d'Ancenis. Il existe cependant quelques subtilités et exceptions, ainsi le château de la Babinais dépend de la Motte-Glain, et le prieur et baron de Rochementru fait aveu aux seigneurs du Breil à Freigné, de Vritz et de la Motte-Glain[B 26]. La baronnie de Rochementru comprend au XVIIIe siècle en plus du bourg, les fiefs de la Bouriquais, de la Courtillais, des Mandis et de la Margatière[B 27].

Le château de la Babinais est reconstruit en 1602, mais des changements incessants de propriétaires précipitent sa dégradation. En effet, au cours du XVIIe siècle, il est acheté par diverses familles bourgeoises de Nantes, les Lelou, Dubois-Hux et Santo-Domingo, souhaitant ainsi s'intégrer à l'aristocratie, mais se rendant peu au Pin, paroisse éloignée de chez-eux, et négligeant rapidement leurs terres. Le lieu est encore mentionné comme château de la Babinais en 1785, mais des chanoines rapportent un état de ruine avancé en 1695[B 28]. Les terres de la Babinais sont définitivement rachetées par le marquis de Rochequairie, seigneur de la Motte-Glain, en 1775[B 29]. L'étang du Pin est également possession du seigneur de la Motte-Glain, et sert depuis une date inconnue à actionner un moulin à eau banal, mentionné pour la première fois en 1686[B 30]. D'autres moulins existent aussi au Pin, notamment le moulin à vent de Cherfissais, mentionné en 1634 et actif jusqu'en 1960[B 31].

L'essentiel de la population d'Ancien régime vit de l'agriculture. La commune comprend ainsi une majorité de laboureurs, mais aussi des métiers annexes comme quelques forgerons et tanneurs, et de rares artisans, essentiellement des sabotiers, menuisiers et cordonniers. Le bourg du Pin comprend quelques aubergistes. La paroisse a compté aussi jusqu'à sept tisserands au XVIIIe siècle, ceux-ci travaillant la laine, le lin et le chanvre produits par les fermes, faisant ensuite vérifier leurs toiles à Candé comme leur réglement le leur imposait[B 32]. La plupart des Pinoises sont décrites comme fileuses dans les registres paroissiaux[B 33]. Le Pin compte aussi au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle quelques notaires, qui sont en fait des propriétaires vivant des prêts qu'ils font aux autres habitants et qui occupent également des fonctions d'écrivains publics, la majorité de la population d'alors étant illettrée[B 34]. Les terres sont travaillées selon le système archaïque de l'assolement biennal, qui fait alterner année de culture et année de jachère[B 35].

Une garnison de cavaliers est attestée au Pin de 1660 à 1723. La paroisse se trouvant à la frontière entre les provinces de Bretagne et d'Anjou, elle fait partie de la zone d'action de contrebandiers, et notamment de faux-sauniers qui font un commerce illégal du sel, soumis à un impôt, la gabelle, en Anjou mais pas en Bretagne. Ces cavaliers logent probablement aux Grandes Maisons, des bâtiments situés en sortie de bourg, disparus au début du XXIe siècle siècle[B 36].

À la fin du XVIIIe siècle, Le Pin est décrite par le Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne comme une paroisse de 900 habitants dont la cure est un prieuré de l'abbaye Toussaint d'Angers, dont les terres comprennent un grand étang, quelques bois et grandes étendues de landes, qui pourraient être cultivées et ainsi offrir une vie plus confortable aux habitants. Ils sont décrits comme peu actifs et vivant dans la pauvreté[11]. Le Dictionnaire mentionne 200 habitants à Rochementru, paroisse dont la cure est également un prieuré de l'abbaye Toussaint. Son territoire est étroit et mal cultivé, avec beaucoup de landes[12]. En 1755, le prieur de Rochementru se plaint auprès de l'archidiacre de La Mée de l'état déplorable de sa paroisse, où les brebis broutent dans le cimetière, et où l'église tombe en ruines[B 37].

Révolution[modifier | modifier le code]

Les cahiers de doléances écrits en 1789 pour les paroisses du Pin et de Rochementru expriment les mêmes revendications de la part de la population locale : par exemple que les impôts soient les mêmes pour tous, que les unités de mesure soient réformées, que les terres puissent être échangées entre paysans sans payer de taxe au seigneur[B 38]. En revanche les locaux restent attachés aux particularités bretonnes, et notamment aux exemptions d'impôts. Les habitants de Rochementru avancent d'ailleurs que ces exemptions compensent la pauvreté de leurs terres, qui sont bien moins bonnes qu'ailleurs en France[B 39].

Pendant la Révolution, les paroisses du Pin et de Rochementru deviennent des communes. Elles sont placées dans le canton de Vritz. Cette commune est alors la plus peuplée, avec 1 901 habitants[13], devant Saint-Sulpice, 814[14], Saint-Mars-la-Jaille, 798[15], Le Pin, 757[16], et Rochementru, 103[17]. Cependant, Le Pin tente vainement de récupérer le statut de chef-lieu de canton, en avançant que sa situation géographique est plus centrale[B 40]. Le canton de Vritz est finalement remplacé par celui de Saint-Mars-la-Jaille en 1801[16].

En 1790, les fermes des Abbayes, qui étaient des métairies dépendant de l'abbaye Toussaint d'Angers, sont vendues comme bien national[B 41]. En 1793, la région est secouée par le retour des Chouans de leur Virée de Galerne. Ceux-ci reviennent de Granville où ils espéraient obtenir le secours des Anglais, mais ils ont été défaits par les troupes républicaines. Lors de leur repli en Loire-Atlantique, ils se livrent à des pillages et commettent des dommages importants dans les forêts[B 42]. Le Pin n'est pas particulièrement un repère chouan, contrairement à Vritz. Les Chouans de 1793 sont souvent des anciens faux-sauniers, et leur forte présence à Vritz explique le caractère chouan de la commune, tandis que leur nombre est toujours resté modeste au Pin[B 43]. 64 Chouans ont été dénombrés à Vritz, et 28 au Pin[B 44]. L'église du Pin est incendiée en 1794 par des Royalistes de la commune, qui pensent que le lieu est un refuge pour les Républicains, le curé ayant prêté serment à la République[B 45]. Le 25 mars 1795, des volontaires républicains en stationnement à Candé dérobent les objets les plus précieux conservés par la paroisse, notamment une croix en argent et d'autres objets liturgiques[B 46].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Après la Révolution, la commune est fortement appauvrie[B 47]. L'église incendiée ne peut plus être utilisée, et le culte doit être célébré dans la grange du curé. Le marquis de La Rochequairie finance cependant un projet de nouvelle église, et des plans sont dessinés en 1810[B 48]. Le nouvel édifice est inauguré en 1827. Il suit partiellement l'architecture de l'ancienne église, et reste de dimensions modestes. Le roi Charles X participe au financement de la cloche à hauteur de 200 francs[B 49]. Le cimetière, qui se trouvait à l'origine autour de l'église, a été déplacé après l'incendie à l'emplacement de la salle des fêtes actuelle. Le cimetière actuel est ouvert en 1856[B 50].

En 1810, le défrichement des vastes étendues de landes est décidé. Ces landes, s'étendant autour de la route de Rennes, entre la Mariolle, le Bois du Pin, la Rougeraie, la Minutais et le bourg, sont vendues aux enchères, et l'annonce de la vente est publiée dans toutes les communes des alentours. Ces étendues couvertes d'ajonc, de genêt de fougère, où paissent les moutons et quelques vaches, sont lentement mises en culture. Le processus de défrichement est toujours en cours en 1840[B 51]. En 1832, le Pin est couvert à un tiers de bois, le reste étant des terres labourables et des landes en défrichement. La population produit du froment, du seigle, du blé noir, des châtaignes et des pommes de terre. Une foire se tient le 17 septembre. À la même date, Rochementru est signalé comme mal cultivé et largement couvert par les landes, la population y fait du cidre[18]. Le Dictionnaire des lieux habités de Loire-Inférieure, publié en 1857, montre qu'à cette époque le bourg du Pin ne comprenait qu'une petite partie de la population, 118 habitants, alors qu'il y en avait 109 à Rochementru, et que de nombreux hameaux comprenaient plusieurs dizaines de personnes, comme la Margatière, 83 habitants, la Mariolle, 79, la Mortrais, 63, la Rougerais, 41, la Périnais, 39, et le Bois du Domaine, 33[B 52].

La commune de Rochementru, petite et peu peuplée, ne parvient jamais à se réorganiser après la Révolution. Le maire du Pin est désigné pour être également maire de Rochementru, et en 1831, il décide la fusion des deux communes. Les deux conseils municipaux se prononcent et le rattachement de Rochementru au Pin est voté, avec une courte majorité de 5 contre 4, et une abstention. Le rattachement est officialisé par ordonnance royale le 13 octobre de la même année[B 53].

La première école de la commune est ouverte en 1837[B 54]. Une deuxième école, destinée aux filles, est fondée en 1862[B 55]. D'autres équipements sont créés au tournant du XXe siècle : un bureau de poste en 1884, le plus proche jusqu'alors étant celui de Saint-Mars-la-Jaille, distant de 10 kilomètres[B 56], une nouvelle église en 1905[8] et un téléphone public en 1908[B 57]. L'électricité est installée au bourg en 1925[B 58]. La commune échoue cependant à obtenir une gare. En 1888, la compagnie du Tramway d'Erbray ouvre une ligne entre Châteaubriant et La Chapelle-Glain, tandis la gare de Freigné, sur la ligne de Segré à Nantes-État, ouvre en 1889. En 1908, le conseil municipal du Pin étudie la prolongation de la ligne de tramway de La Chapelle-Glain jusqu'à Candé, permettant ainsi la desserte de la commune, et fournissant un moyen idéal pour transporter les bestiaux élevés au Pin jusqu'aux marchés de Candé et Châteaubriant. Le projet est officialisé en 1912, mais la Première Guerre mondiale entraîne son abandon[B 59].

En 1891, la commune atteint son maximum de population, avec 1 380 habitants[B 60]. Elle est cependant touchée par la désertification des campagnes dès la fin du XIXe siècle[8]. La baisse démographique se poursuit jusqu'en 1990, lorsque la commune ne compte plus que 604 habitants[B 61]. La Première Guerre mondiale, qui mobilise 286 Pinois, entraîne la mort de 63 hommes soit 5 % de la population. Le maire et son adjoint font partie des victimes[B 62]. La mobilisation de la Seconde Guerre mondiale en 1940 fait deux victimes au Pin[B 63]. La région est libérée par l'armée américaine le 4 août 1944, et les Américains établissent un camp provisioire au Bois du Domaine[B 64].

Dans les années 1950, les routes de la commune sont empierrées et peu à peu goudronnées. Un service de collecte des ordures et le tout à l'égoût voient le jour en 1966[B 65]. La commune reste très agricole, avec 118 exploitations en 1970, faisant une surface maximale de 30 hectares, soit le double de l'entre-deux-guerres et quatre fois plus qu'en 1900. Les terres sont éparpillées, accessibles grâce à des droits de passage et des chemins anciens. Les communes de la région sont peu à peu remembrées afin de simplifier la situation et d'agrandir les parcelles. Au Pin, l'influence conservatrice ralentit les projets de remembrement, et les débats sont houleux. Ces projets sont finalement réalisés à la fin des années 1980[B 66].

Le début du XXIe siècle connaît un léger redressement démographique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le Pin est situé dans le canton d'Ancenis (depuis 2015 ; auaparavant, il se situait dans le canton de Saint-Mars-la-Jaille), arrondissement d'Ancenis, dans le département de la Loire-Atlantique (région Pays de la Loire)[19]. Comme pour toutes les communes françaises comptant entre 500 et 1 500 habitants, le conseil municipal est constitué de quinze membres en 2011[20].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'article histoire des maires de France retrace l'évolution des modalités d'élection ou de nomination des maires de la commune.
Liste des maires successifs[B 67]
Période Identité Étiquette Qualité
1791  ? Nicolas Moutel   maire de Rochementru
 ? 1801 François Lodé   maire de Rochementru
1791 1812 Jean Tessier    
1812 1858 Jean-René Derouet    
1860 1870 Jean-Baptiste Mathurin Fourrier    
1870 1888 René Marin (père)    
1888 1908 René Marin (fils)    
1908 après 1914 René Marin (petit-fils)    
1919 1947 Mathurin Marin    
1947 1953 Louis Barbier    
1953 1977 Julien Bazile    
1977 1995 Alexis Le Bihan   artisan menuisier
1995 en cours André Hamon[Note 1]    
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Le Pin est membre de la communauté de communes du pays d'Ancenis, qui est constituée de vingt-neuf communes regroupées autour d'Ancenis. La commune est représentée au conseil intercommunal par le maire et deux élus communautaires[21].

Records électoraux liés à la commune[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales de mars 2010, Le Pin offre son plus beau score en Loire-Atlantique au candidat UMP Christophe Béchu, au premier tour (51,79 %) comme au second tour (68,03 %).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le classement établi par l’Insee en 1999, Le Pin était une commune rurale non polarisée[22].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 1831, la commune asborbe Rochementru.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[24],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 802 habitants, en augmentation de 14,57 % par rapport à 2009 (Loire-Atlantique : 5,96 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
757 727 824 866 884 1 115 1 069 1 073 1 180
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 247 1 313 1 362 1 435 1 456 1 433 1 457 1 380 1 350
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 345 1 273 1 211 1 107 1 028 1 016 953 916 852
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
816 752 698 680 602 602 692 792 802
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26]. Pour le recensement de 1836, archives départementales de la Loire-Atlantique[27].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Les données suivantes concernent l'année 2013. La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (20,8 %) est en effet inférieur au taux national (22,6 %) et au taux départemental (22,5 %)[28],[29],[30]. Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (50,6 % contre 48,4 % au niveau national et 48,7 % au niveau départemental)[28],[29],[30].

Pyramide des âges au Pin en 2013 en pourcentage[28]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
1,3 
6,2 
75 à 89 ans
9,2 
13,2 
60 à 74 ans
11,5 
19,2 
45 à 59 ans
21,5 
20,9 
30 à 44 ans
19,2 
15,9 
15 à 29 ans
15,4 
24,4 
0 à 14 ans
21,8 
Pyramide des âges de la Loire-Atlantique en 2013 en pourcentage[29]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
1,3 
5,8 
75 à 89 ans
9,1 
13,5 
60 à 74 ans
14,6 
19,6 
45 à 59 ans
19,2 
20,8 
30 à 44 ans
19,6 
19,4 
15 à 29 ans
17,7 
20,5 
0 à 14 ans
18,5 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le Pin dépend de l'académie de Nantes. La commune gère l'école primaire privée Saint-Joseph[31]. Le collège le proche se trouve à Saint-Mars-la-Jaille, et les lycées se situent à Châteaubriant[32].

Santé[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de médecin ni d'infirmiers au Pin, les plus proches sont situés à Saint-Mars-la-Jaille[33]. Des centres hospitaliers sont installés à Ancenis et Châteaubriant[34].

Économie[modifier | modifier le code]

Paysage agricole au Pin.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 14 545 €, ce qui plaçait Le Pin au 27 883e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[35].

Emploi, entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

L'agriculture tient une place importante dans l'économie de la commune. Néanmoins, selon l'Insee, le nombre d'exploitations a chuté de 71 à 38 entre 1988 et 2000. Dans la même période, la superficie agricole a décru, passant de 1 983 à 1 732 hectares. En ce qui concerne l'élevage, l'effectif bovin est passé de 2 557 à 2 039, le nombre de volailles a chuté de 283 742 à 131 951[36].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ancienne église de Rochementru.

L'église paroissiale est dédiée à Lambert de Maastricht. Sa fondation remonte au XIe siècle, époque à laquelle des moines angevins ont fondé le prieuré du Pin[B 68]. L'église d'origine a été incendiée par des Royalistes en 1794, et elle n'a ensuite été reconstruite qu'en 1827. L'édifice, de dimensions réduites, avait un plan très simple en croix latine, avec une nef terminée par un chœur circulaire et deux bras de transept, et un clocher couvert d'ardoises[B 69].

Elle est jugée trop petite et sans valeur architecturale[B 70], et elle est détruite en 1902 pour faire place à l'édifice actuel, terminé en 1905. À la différence de l'église précédente, il affiche une certaine oppulence, notamment dans les colonnes en marbre de Chantenay et dans les culs-de-lampe du chœur, qui représentent chacun un visage différent. Le premier à gauche représenterait le curé de l'époque, Louis Maillard. Néanmoins, le budget était limité, et le clocher n'a jamais pu être construit, laissant à l'église une façade tronquée et simplifiée[B 71]. L'architecte est François Bougoüin[8]. L'église possède deux cloches, l'une achetée en 1848, l'autre en 1858, et baptisée Alexandrine Marcelline, d'après ses parrains le marquis Alexandre de La Rochequairie et la comptesse Marcelline de La Rochequairie[B 72]. L'horloge de l'église provient du beffroi de l'église Sainte-Croix de Nantes[B 73]. Trois objets conservés dans l'église sont protégés au titre des Monuments historiques, une bannière de procession dédiée à Saint Lambert et la Vierge, un chasuble et un tabernacle ; ils datent du XIXe siècle[37],[38], [39].

Le curé Louis Maillard, responsable de la construction de l'église, a aussi fait construire le calvaire monumental en 1892, situé sur le champ de foire. Il remplace une croix élevée en 1849, où la grande mission de 1853, avec 1400 communions, s'était achevée. Une autre mission est organisée en 1934[B 74]. Le calvaire repose sur de gros blocs de quartz, certains proviennent de l'alignement mégalithique de Bennefraye à Freigné[40].

L'ancienne église de Rochementru, bâtie du XIIe au XIXe siècle, sert d'habitation depuis 1791. Elle est construite en schiste ardoisier et en blocs ferrugineux et suit un plan roman de type angevin. Elle aurait d'abord servi de maladrerie. La nef de plan rectangulaire comprend encore deux fenêtres romanes et elle est soutenue par des contreforts. Sur la façade ouest, huit boulins rappellent que le prieur-baron de Rochementru pouvait posséder un colombier, ce qui relevait d'un droit seigneurial. La porte au nord qui donnait accès à la cour du prieuré et au puits est surmontée d'ossements provenant de l'ancien cimetière. la charpente remonte au XVe siècle. L'intérieur a été profondément remanié lorsque l'église a été transformée en maison privée, mais l'intérieur renferme toujours des traces de fresques, remontant probablement au XVe siècle et exécutées en détrempe[8].

Derrière l'ancienne église de Rochementru, les anciens bâtiments du prieuré forment des logis imposants à un étage. Ils datent du XVe siècle et sont construits avec les mêmes pierres que l'église. Aux entrées du village se trouvent deux croix de chemin anciennes, la Croix de Bon Conseil ou Croix de la Madeleine, en schiste, érigée en 1605, et la Croix des Landes, similaire, datant de 1603[8].

Gallo du Pin[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le domaine des langues d'oïl, et plus particulièrement, dans le domaine du gallo, la langue d'oïl de Bretagne. Appellé couramment « patois », le gallo est resté jusqu'à la moitié du XXe siècle la langue majoritaire au Pin. Le gallo parlé au Pin connaît quelques spécificités locales, comme la prononciation en -éw de la graphie « eau », alors que dans d'autres communes autour, elle est prononcée -iaü. Le gallo du Pin possède ses expressions, comme toute ouœille qui bêle perd une goulée qui signifie qu'il ne faut pas parler la bouche pleine, ou il a la pire en tord et le jabot de coutœ qui caractérise un hypocondriaque, ou encore il a farœ con-m' le Bon Dieu de Villepot pour quelqu'un qui disparaît brusquement[B 75]. Parmi les termes gallo relevés au Pin, quelques-uns sont rarement relevés ailleurs, comme bourichot ou béruchot (roitelet), broquette (petite fourche pour les battages), en pẽnn (ennuyé, gauche), œparer (élaguer, éclaircir des plants), giquet (hoquet), pœlot (sans réaction), se rœcaüpir (aller mieux, reprendre vie), ou vlin (serpent)[B 76].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le Pin ne s'est pas dotée d'un blason. En revanche celui de Saint-Sulpice-des-Landes fait référence à la commune, car il présente les armes de anciens seigneurs de La Rochequairie, avec un sapin, ce dernier représentant Le Pin, paroisse mère de Saint-Sulpice[B 77].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune présente partiellement un intérêt écologique reconnu par un classement en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I et de 2e génération[41] ; ce classement ne s'accompagne d'aucune mesure de protection réglementaire. Le territoire communal du Pin comprend deux ZNIEFF.

La zone Étang du Pin est une ZNIEFF de type I[Note 3]. Elle couvre 50 hectares. L'étang du Pin est la plus grande étendue d'eau de la commune, il s'agit d'une propriété privée ouverte à la pêche et à la chasse. Il se trouve au nord du bourg et il a été créé grâce à une chaussée construite sur un ruisseau affluent du Petit Don. L'étang est peu profond et il est entouré par une ceinture d'hélophytes. Les rives sont boisées ou couvertes de lande humide. L'étang du Pin comprend une héronnière et il joue un rôle important de refuge pour les oiseaux migrateurs s'installant dans la région en hiver. C'est l'un des principaux sites en Loire-Atlantique pour la reproduction du fuligule milouin et du fuligule morillon, deux espèces de canard plongeur. Parmi les autres oiseaux présents sur le site, il y a principalement des oiseaux aquatiques ou limicoles, comme la bouscarle de Cetti, le vanneau huppé, le pluvier grand-gravelot, l'aigrette garzette, la foulque macroule ou encore des oiseaux marins de passage comme des goélands et des cormorans, mais aussi des rapaces comme le milan noir. Parmi les espèces végétales déterminantes, on peut y voir la gratiole officinale, l'œillet des Chartreux, la châtaigne d'eau, le flûteau-fausse-renoncule, le géranium Herbe à Robert et le genêt d'Angleterre[42].

La zone Affleurements schisteux à l'ouest de Rochementru est également de type I. Elle se trouve dans la partie sud-est de la commune, le long de la limite communale avec Freigné, autour du lieu-dit de la Margatière. La zone est mitoyenne d'une autre ZNIEFF, appelée Landes et pelouses schisteuses résiduelles entre Rochementru et Vritz, située sur la commune de Vritz. L'espace concerné est situé sur une ligne de crête comportant d'importants affleurements de schiste. Ceux-ci sont en partie couverts de pelouses et de landes, milieux autrefois très communs au Pin, et aujourd'hui pratiquement disparus. Le sous-sol rocheux forme par endroits des cuvettes temporairement inondables qui sont occupées par des pelouses amphibies, où pousse la crassule de Vaillant. Ces pelouses ont une forte valeur patrimoniale car il s'agit d'un milieu rare. Les autres espèces végétales déterminantes sont le plantain recourbé, la moenchie commune et la gnavelle vivace[43].

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..

  • René Boiteau, Le Pin, lande bretonne et douceur angevine, (ISBN 2-9524940-0-2). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Luc Flohic (dir.) et Gilbert Massard, Le Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique, vol. 2, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, , 1383 p. (ISBN 2-84234-040-X), p. 1127-1129. Document utilisé pour la rédaction de l’article

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Réélu en 2001 et 2008.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. Les ZNIEFF de type I sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 15
  2. p. 14
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  5. p. 47
  6. p. 46
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  26. p. 91
  27. p. 196
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  29. p. 89
  30. p. 123
  31. p. 158
  32. p. 159
  33. p. 151
  34. p. 161
  35. p. 234
  36. p. 163
  37. p. 181
  38. p. 233-234
  39. p. 242
  40. p. 242
  41. p. 244
  42. p. 248
  43. p. 250
  44. p. 251
  45. p. 251
  46. p. 249
  47. p. 274
  48. p. 289
  49. p. 298
  50. p. 302
  51. p. 292
  52. p. 226
  53. p. 324
  54. p. 327
  55. p. 341
  56. p. 347
  57. p. 368
  58. p. 380
  59. p. 367
  60. p. 373
  61. p. 373
  62. p. 373
  63. p. 392
  64. p. 392
  65. p. 407
  66. p. 413
  67. p. 43
  68. p. 47
  69. p. 323
  70. p. 323
  71. p. 355
  72. p. 323
  73. p. 357
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  75. p. 410
  76. p. 436
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  3. « Le Segréen (secteur de Combrée) », Atlas des paysages de Loire-Atlantique (consulté le 22 avril 2017)
  4. a et b M. Dubreuil, P. Cavet, Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille St-Mars-la-Jaille (421), BRGM, (lire en ligne), p. 7
  5. a, b et c M. Dubreuil, P. Cavet, Carte géol. France (1/50 000), feuille Saint-Mars-la-Jaille (421), BRGM,
  6. a et b Carte IGN du Pin sur Géoportail.
  7. a et b Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis »
  8. a, b, c, d, e et f Jean-Luc Flohic (dir.) et Gilbert Massard, Le Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique, vol. 2, Charenton-le-pont, Flohic éditions, , 1383 p. (ISBN 2-84234-040-X), p. 1130
  9. « Villes bretonnes, noms gallo », Geobreizh (consulté le 18 mars 2013)
  10. « ChubEndret — Motier d non d'endret », Chubri (consulté le 9 décembre 2016)
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  12. Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, vol. IV, Nantes, Vatar, , p. 137
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  20. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales
  21. « Le Pin », sur Communauté de commune du pays d'Ancenis (consulté le 10 mars 2011)
  22. « Carte thématique », sur Insee (consulté le 22 avril 2011) ; cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection
  23. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  24. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  25. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  26. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
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  35. « CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl », sur le site de l'Insee (consulté le 6 novembre 2010)
  36. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Insee.
  37. « Bannière de procession de saint Lambert et de la Vierge », notice no PM44001466, base Palissy, ministère français de la Culture
  38. « Chasuble », notice no PM44000995, base Palissy, ministère français de la Culture
  39. « Tabernacle », notice no PM44000421, base Palissy, ministère français de la Culture
  40. « Les menhirs du calvaire ? Une initiative du curé Maillard », Ouest-France, (consulté le 13 octobre 2016)
  41. « Classement en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique », sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) (consulté le 10 mai 2015).
  42. « ZNIEFF 520006631 - Etang du Pin » [PDF], sur le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) (consulté le 10 mai 2015).
  43. « ZNIEFF 520030118 - Affleurements schisteux à l'ouest de Rochementru » [PDF], sur le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) (consulté le 10 mai 2015).