Le Piège diabolique

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Le Piège diabolique
9e album de la série Blake et Mortimer
Scénario Edgar P. Jacobs
Dessin Edgar P. Jacobs
Couleurs Edgar P. Jacobs

Éditeur Le Lombard
Première publication 09/1962
Nb. de pages 62

Prépublication au dans le Journal de Tintin
Albums de la série Blake et Mortimer
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Le Piège diabolique est un album de bande dessinée de la série Blake et Mortimer créée par Edgar P. Jacobs avec l'aide de Liliane et Fred Funcken et publié dans le Journal de Tintin en 1960, puis en album aux Éditions du Lombard en 1962. L'album relate une aventure centrée sur Mortimer et tenant de la science-fiction, dans laquelle Mortimer découvre et utilise une machine à voyager dans le temps à ses risques et périls. L'album a fait l'objet d'une adaptation en feuilleton radiophonique, en film d'animation et en jeu vidéo.

Conception de l'album[modifier | modifier le code]

Pour les douze pages de la séquence médiévale, E.P. Jacobs, mal à l'aise avec le Moyen âge, a recouru à l'aide de Liliane et Fred Funcken, qui ont crayonné les pages à partir du script et des dialogues de Jacobs. Ce dernier a ensuite encré les pages en unifiant le style des dessins[1].

Histoire éditoriale[modifier | modifier le code]

Le Piège diabolique a d'abord été publié en 1960 d'abord en planches hebdomadaires dans le Journal de Tintin. Le Piège diabolique a ensuite été publié en album en 1962 aux Éditions du Lombard. Il a été interdit d'importation et de diffusion en France, par une décision de juin 1962, à la suite d'un avis défavorable de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence, en application de l'article 13 de la loi du 16 juillet 1949, « en raison des nombreuses violences qu'il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d'anticipation »[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mortimer est à Paris, appelé par un notaire, dans le cadre d'une succession. Or, la personne dont vient l'héritage n'est autre que Miloch, mort quelques mois après avoir échappé à la destruction du château de Troussalet et qui lui lègue une vieille maison sise à La Roche-Guyon, village situé à 72 km de Paris, où Mortimer pourra trouver une invention extraordinaire. Miloch dit considérer Mortimer comme la seule personne ayant compris son génie et qui pourrait apprécier véritablement sa découverte. Malgré les avertissements de Blake, Mortimer part découvrir son héritage. Durant le voyage, il apprend d'un guide touristique la légende du château : au 14e siècle, la fille du seigneur local fut sauvée de la fureur des paysans révoltés pas l'intervention d'un « diable roux ». Arrivé au village, il entre dans le château par une crypte. Il y trouve l'invention de Miloch : le « Chronoscaphe », une machine à remonter le temps.

Départ, premier voyage 150 millions d'années dans le passé[modifier | modifier le code]

À l'aide des instructions laissées par Miloch, Mortimer, cédant à la curiosité, entre dans l'appareil et choisit, grâce au sélecteur temporel, de revenir à une date antérieure de quelques mois pour rencontrer Miloch. La violence du départ est si grande que Mortimer s'évanouit et après une période indéterminée, à son réveil, la lumière du spectrographe est passée à un rouge terne violacé et non d'un blanc éclatant comme au départ. Il arrête alors la machine et se retrouve au moins il y a 150 millions d'années en arrière[3]. Il prend alors conscience de la situation : Miloch l'a entraîné dans un piège diabolique et il est prisonnier dans l'infini des temps.

Après quelques mésaventures avec des méganeudons, un élasmosaure, un platéosaure, un tyrannosaure et des ptéranodons, Mortimer repart vers le futur, bien décidé à atteindre son époque en tâtonnant.

Deuxième voyage : le XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Encore une fois, il est assommé par le départ. Quand il parvient à reprendre ses sens, la lumière du spectrographe est devenue d'un rouge moins vif. Arrêtant le chronoscaphe, il entre par mégarde dans la salle du trône du cruel Gui de La Roche, sire de la Roche-Guyon du XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans. Accusé d'espionnage (étant anglais) et menacé d'être tué du fait qu'il prétend sauver deux enfants que La Roche a condamnés à mort, Mortimer s'enfuit et s'enferme dans la chambre de damoiselle Agnès, fille du maître des lieux. Pendant ce temps, les jacques, dirigés par un nommé Jacques Bonhomme, prennent le château et en massacrant tous les occupants, dont le seigneur. Ils s'apprêtent à faire de même de Mortimer et d'Agnès quand le chapelain témoigne de l'aide que Mortimer a tenté de fournir aux condamnés. Jacques défie alors Mortimer en duel à mains nues. Victorieux, Mortimer obtient en retour la survie d'Agnès. Mais Jacques ne tient pas sa parole et c'est en catastrophe que Mortimer et Agnès parviennent à s'enfuir par la crypte de la Bove - Agnès et le chapelain s'échappant par un passage secret, Mortimer remontant dans sa machine et disparaissant aux yeux des paysans effrayés - donnant naissance à la légende. Mortimer repart alors vers le futur.

Troisième voyage : arrivée au LIe siècle[modifier | modifier le code]

Une fois encore, la fulgurance du départ fige Mortimer sur son siège, et la lumière du spectrographe varie dans l'autre sens, jaune, orange, rouge... À son arrêt, il se retrouve dans la crypte, mais elle est complètement changée, menant à des souterrains pleins de débris. Des restes inscrits lui donnent à penser qu'il est tombé en plein XXIe siècle. Après des heures de recherche il active par mégarde une ancienne vidéo holographique guerrière, qui avec ses épreuves passées sans s'alimenter achèvent de lui faire perdre connaissance. À ce moment, il est recueilli par un groupe qui le prend pour un « prophète envoyé ». Un chef de ce groupe de résistants l'informe de la situation de cette époque, qui est en fait celle du milieu du LIe siècle (en l'an 5060) : au dernier quart du XXIe siècle, les civilisations se sont autodétruites et les groupes restants ont dégénéré, un noyau restant en Chine a tenté de réorganiser le monde, ses successeurs ont transformé les hommes en « assujettis » dans des casernes souterraines. Après l'époque de « la grande rupture » où des groupes parvinrent à essaimer librement dans le système solaire et tinrent tête à la tyrannie terrienne, des réseaux s'infiltrèrent sur Terre pour éduquer les descendants des assujettis et renverser la tyrannie.

Une très ancienne prophétie déclare que « quand viendra l'homme roux tombera le joug ». Mortimer vient au moment où la « révolution » va être déclenchée, et ce titre de prophète révolutionnaire lui est, de fait, imposé. Avec sa maîtrise de la physique nucléaire et malgré le piège tendu par un espion du gouvernement qui cherche à anéantir les rebelles, il mène la « révolution » à la victoire. Mais l'ennemi a déchaîné son arme secrète - indestructible - contre la base des rebelles. Pour s'en débarrasser, Mortimer n'a d'autre choix que de la lancer contre le réacteur nucléaire qu'il a réparé, ce qui provoque une terrible explosion à laquelle il n'a que le temps d'échapper en réintégrant le chronoscaphe.

Quatrième voyage : retour au présent[modifier | modifier le code]

Cette fois, revêtu d'une combinaison isolante conçue au LIe siècle, Philip Mortimer garde toute sa conscience lors du départ, lui permettant de maîtriser le chronoscaphe et d'« émerger » peu de temps avant la mort de Miloch : ce faisant, il assiste au sabotage de son engin et peut remédier au déréglage de la machine, avant de repartir vers le temps présent.

C'est sans compter sur le machiavélisme de son adversaire, qui, prévoyant un éventuel retour, avait piégé le chronoscaphe : une violente explosion se produit, détruisant complètement La Bove et la fabuleuse machine. Seul le scaphandre issu du futur (ce n'est pas clairement dit mais on peut le deviner) permet au professeur d'échapper à la mort.

Lieux[modifier | modifier le code]

Dans cet album la question n'est pas « où ? », mais « quand ? ». La presque totalité de l'album se déroule au château de La Roche-Guyon à différentes périodes historiques, aussi bien dans le passé que dans le futur.

Personnages[modifier | modifier le code]

Le nombre de personnages dans cet album est relativement limité avec une histoire centrée autour d'un seul héros : le Professeur Philip Mortimer. C'est un des deux albums de la série (avec le Serment des cinq Lords en 2012) où le colonel Olrik (emprisonné à la fin de S.O.S. Météores) n'apparaît pas ; il est remplacé dans le rôle du méchant par le professeur Miloch, qui était lui aussi apparu dans S.O.S. Météores. Miloch, en fin de vie, apparaît de manière relativement brève mais il est le ressort de l'intrigue.
Le capitaine Francis Blake joue un rôle très mineur, n'apparaissant que sur les deux premières et les deux dernières pages de l'album.
Pour la première fois dans la série Blake et Mortimer, un rôle secondaire autre que figuratif est tenu par une femme en la personne de Demoiselle Agnès.

Nom Qualité
Capitaine Francis Blake Chef du MI-5
Professeur Philip Mortimer Scientifique
Sire Guy de la Roche Seigneur de la Roche Guyon au XIVe siècle
Non connu Chapelain de Guy de la Roche
Agnès de la Roche Fille du sire Guy de la Roche
Jacques Bonhomme Meneur des paysans révoltés (les « Jacques »)
Docteur Focas Biologiste, chef du Mouvement mondial de Libération
Krishma Assistant du docteur Focas
Xeno Homme du docteur Focas
Professeur Miloch Scientifique
Commissaire divisionnaire Pradier Haut responsable à la DST

Adaptations[modifier | modifier le code]

Feuilleton radiophonique[modifier | modifier le code]

Le Piège diabolique est adapté à la radio sous la forme d'un feuilleton radiophonique en 27 épisodes diffusé dans la série "Les grandes aventures de France Deux" à partir du 19 mai 1962. L'adaptation est conçue par Nicole Strauss et Jacques Langeais ; le feuilleton est réalisé par René Wilmet sur une musique originale d'André Popp et des bruitages de Joe Noel[4].

Série télévisée d'animation[modifier | modifier le code]

En 1997, les albums de Blake et Mortimer sont adaptés en une série télévisée d'animation comptant 13 épisodes de 45 minutes, produite par Dargaud Films, Canal+, France 3 et M6 et diffusée à partir du 17 avril 1997 sur Canal+. L'épisode Le Piège Diabolique est adapté par Marc Ferrier, réalisé par Stéphane Bernasconi et Yannick Barbaud[5].

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

En 1997 sort le jeu Le Piège diabolique, une bande dessinée interactive en pointer-et-cliquer adaptée de cet album et éditée par France Télécom Multimédia pour PC et Macintosh. Le second CD du jeu contient une version de la bande dessinée commentée par le scénariste Benoit Peeters et le dessinateur François Schuiten (30 minutes), un index thématique en 11 thèmes analysant la BD, ainsi qu'une présentation plus générale de l'œuvre d'E.P. Jacobs[6].

Pastiche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Piège machiavélique.

En 2011 paraît Le Piège machiavélique, le deuxième volet de la parodie Les Aventures de Philip et Francis, BD humoristique tournant en dérision les deux héros. Le scénario est de Pierre Veys, et les dessins de Nicolas Barral. Dans cet album, Miloch revient une fois de plus et met au défi les 2 héros d'aller dans son nouveau chronoscaphe, qui les mène dans un monde parallèle où ils ont connu un destin radicalement différent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hugues Datyez, Le Duel Tintin - Spirou, Les éditions Contemporaines, 1997, p. 95.
  2. Edgar-P Jacobs, Un opéra de papier: les mémoires de Blake et Mortimer, Paris, Gallimard, , 190 p. (OCLC 9731463), p. 100
  3. La période n'est pas précisée, mais Mortimer estime, à la vue d'un Williamsonia, être au moins 150 millions d'années avant notre ère (donc Jurassique, bien que la plante ait existé jusqu'au crétacé supérieur). La suite comporte des incohérences, mélangeant des animaux du carbonifère (« méganeudons »), du trias (platéosaure) et du crétacé supérieur (élasmosaure, tyrannosaure, ptéranodon).
  4. Blake et Mortimer - S2E01 - Le Piège diabolique (1/27), 19 mai 1962. Page consultée le 5 juillet 2016.
  5. Fiche de l'épisode sur l'INA. Page consultée le 5 juillet 2016.
  6. Fiche du jeu sur Abandonware France. Page consultée le 5 juillet 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hugues Datyez, Le Duel Tintin - Spirou, Les éditions Contemporaines, 1997.
  • Edgar-P Jacobs, Un opéra de papier: les mémoires de Blake et Mortimer, Paris, Gallimard, , 190 p. (OCLC 9731463), p. 100