Le Noyer-en-Ouche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le Noyer-en-Ouche
Le Noyer-en-Ouche
L'église Notre-Dame et le centre du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Intercommunalité Communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie
Maire
Mandat
Didier Lavril
2020-2026
Code postal 27410
Code commune 27444
Démographie
Gentilé Noyerois
Population
municipale
228 hab. (2017 en augmentation de 5,07 % par rapport à 2012)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 21″ nord, 0° 46′ 24″ est
Altitude Min. 110 m
Max. 183 m
Superficie 10,9 km2
Élections
Départementales Canton de Bernay
Législatives Troisième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Voir sur la carte administrative de Normandie
City locator 14.svg
Le Noyer-en-Ouche
Géolocalisation sur la carte : Eure
Voir sur la carte topographique de l'Eure
City locator 14.svg
Le Noyer-en-Ouche
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Le Noyer-en-Ouche
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Le Noyer-en-Ouche

Le Noyer-en-Ouche est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Noyer-en-Ouche est une commune du Centre du département de l'Eure. Elle appartient à la région naturelle du pays d'Ouche[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village est attesté sous la forme latinisée de Nuccario au XIIe siècle[3]. Ce nom est une latinisation médiévale savante du lieu nommé [nuɛje] par la population, issu du vieux français, mentionné pour la première fois vers 1150 sous la forme noiers (au pluriel).

Le toponyme est sans doute peu ancien et évoque un arbre remarquable. Les noyers étaient beaucoup plus fréquents autrefois en Normandie qu'ils ne le sont de nos jours[4].

Après s'être appelée « Noyer » tout court, la commune a pris le nom de Noyer-près-Beaumont à la Révolution.

Le pays d'Ouche est un pays normand qui comprend le nord-est du département de l'Orne et le sud-ouest de celui de l'Eure.

Les anciennes paroisses du Châtelier-Saint-Pierre et de Châtel-la-lune ont été rattachées au Noyer-en-Ouche en 1792.

  • Le Châtelier-Saint-Pierre (Chasteler 1215) évoque un endroit fortifié, homonyme des nombreux Catelier / Câtelier de type normand au nord de la ligne Joret. Ce nom n'a bien évidemment aucun rapport avec des fortifications romaines, inexistantes dans les campagnes normandes.
  • Châtel-la-Lune (Castrum Lune, XIIe) évoque un château, forme du normand méridional équivalent de Catel (cf. Radicatel) ou Câtel au nord de la ligne Joret. Le sens du mot « lune » en toponymie est obscur[5], mais pourrait venir du terme demi-lune : Dans l’architecture militaire, construction retranchée, placée devant la courtine d’un front bastionné ou d'une motte féodale. Elle est généralement formée de deux faces en angle aigu[6].

Il existe aussi treize hameaux : le Village, la Godinière (anciennement la Gaudinière, d'une famille Gaudin, avec suffixe -ière, caractéristique des formations médiévales tardives dans le sud de la Normandie notamment), le Long-Bois, Bois-Chevreuil, le Milan, le Hamel, la Jouannière (chez les Jouanne), la Brunetière (chez les Brunet), le Fouesnard, la Hermeraye, Quatre-Houx, la Noë et Grammont.

Le nom du Milan est obscur. En l'absence de formes anciennes, il est difficile de le déterminer. On peut cependant le rapprocher de Guettelan, lieu-dit au Fidelaire (à 9 km), où l'on note la même terminaison -lan, que Jean Renaud considère comme étant le vieux norrois land « terrain »[7], bien qu'on ne dispose également d'aucune forme ancienne. Le mot land étant commun aux langues germaniques, il est impossible de déterminer de quelle langue il s'agit précisément.

Le Hamel représente le mot normand d'origine anglo-saxonne hām, diminutif en -el d'un ancien terme ham « village » et qui a donné le français hameau.

Le Fouesnard peut être interprété de manière conjecturelle, en l'absence de formes anciennes et d'homonymes, comme un composé fou-esnard, c'est-à-dire fou hêtre, forme ancienne du nom de cet arbre utilisée en Normandie, parallèlement à son dérivé futel (cf. le Futel) et foutel. Le second élément -esnard est peut-être le nom de personne d'origine germanique Esnard (germ. Eginhard. cf. Éginard) que l'on retrouve par exemple dans Champenard dans l'Eure ou Mesnil-Esnard en Seine-Maritime. Ce genre d'association d'un nom d'arbre avec un nom de personne se retrouve ailleurs. Fauguernon (Calvados) présente peut-être un parallèle.

Le nom de Quatre-Houx (Catehou 1174, Cathoux s. d.) semble le plus ancien, on est tenté d'y reconnaître un nom en -hou, fréquent en Cotentin, mais plus rare en Haute-Normandie, où l'on dénombre cependant le Conihout (Conihou fin XIIe) à Jumièges et plusieurs le Hou[8]. Il s'agit probablement de l'appellatif vieil anglais hōh signifiant « talon », puis « promontoire en forme de talon, escarpement rocheux, rivage abrupt », ou encore « légère élévation »[9],[10],[4]. Le premier élément semble s'expliquer par le nom de personne norrois Kati que l'on rencontre dans Flancourt-Catelon (Catelunti XIIe siècle) ou Catteville (Manche Catevilla vers 1090) aussi nom de plusieurs hameaux en Seine-Maritime[4].

La Noë s'explique par le vieux français noë, noue qui signifie « terre grasse et humide », terme issu du gallo-roman NAUDA, d'origine gauloise *(s)nauda « terrain marécageux »[11]. On retrouve ce mot dans la Noë-de-la-Barre, ancienne paroisse rattachée à la Barre-en-Ouche en 1792[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Châtel-la-Lune était au XIIe siècle un château fort, placé au bord de la terre qui appartenait à Robert Ier de Meulan. Il existait encore en 1526, mais a été ruiné depuis. Robert de Meulan donna vers 1180 le moulin de Châtel-la-Lune au prieuré de la Sainte-Trinité[13] de Beaumont. En 1320, on comptait 80 feux dans la paroisse.

Son ancienne église paroissiale, placée sous le patronage de la Trinité de Beaumont puis de l'Abbé du Bec, était dédiée à saint Jacques et saint Christophe. Elle a été construite par Roger de Beaumont peu avant 1168. Elle a subi d'importants travaux aux XVIe et XVIIe siècles. Elle fut démolie en 1847.

Les amas considérables de laitier, que l'on voit encore au Châtel-la-Lune, prouvent l'existence et l'importance de ses anciennes forges ; mais d'autres documents démontrent qu'au milieu de cette petite agglomération d'habitants, se trouvait le centre d'une fabrication de poteries dont les échantillons anciens sont aujourd'hui aussi rares que recherchés[14]. Les potiers de Châtel-la-Lune ont fabriqué des épis de faîtage, des pots, des soupières. Le musée des beaux-arts de Bernay possède quelques belles céramiques de Châtel-la-Lune. Une soupière serait conservée au Musée de Conches[réf. nécessaire].

En 1178, Robert II, comte de Meulan y fonda sous l'invocation de Saint Étienne, le prieuré de Grandmont-lès-Beaumont pour des religieux qui s'occupaient du défrichement et de la culture des terres[15]. Vers 1670, il y avait cinq ou six moines au prieuré de Grandmont et le prieuré de La Bellière (Orne) en était une annexe. Il fut détruit à la Révolution.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1914 1925 Charles Sainturette    
mars 2001 2014 Olivier Dorgère    
mars 2014 2020 Lydie Pottier DVD Fonctionnaire
2020 En cours Didier Lavril    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[17].

En 2017, la commune comptait 228 habitants[Note 1], en augmentation de 5,07 % par rapport à 2012 (Eure : +1,73 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
162488601548596628605564551
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
525546510482450425421386376
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
355357327268275264286293285
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
286232234147177200187185217
2017 - - - - - - - -
228--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune du Noyer-en-Ouche compte plusieurs édifices inscrits à l'inventaire général du patrimoine culturel :

  • l'église Notre-Dame (XVIe (?), XVIIIe et XIXe siècles)[20]. À l'intérieur, se trouvent des toiles du XVIIe siècle de Michel Hubert Descours[21], des statues du XVIe siècle. À l'extérieur, se dresse un vieil if funéraire[réf. nécessaire] ;
  • l'église Saint-Pierre (XVe, XVIe et XVIIe siècles) au lieu-dit le Châtellier Saint-Pierre[22]. Le chœur de l'église date du XVe siècle, les percements ont été remaniés au XVIe siècle et le mur ouest a été reconstruit au XVIIe siècle ;
  • le presbytère (XVIIIe) au lieu-dit le Châtel-la-Lune[23] ;
  • le prieuré de grandmontains dit Saint-Étienne (XIIe (détruit), XVIIe et XIXe siècles) au lieu-dit Grammont[24]. Aujourd'hui, il reste une cave voûtée en berceau plein cintre, renforcé par deux arcs doubleaux. Sur le mur en face de l'escalier se trouve le départ d'une fenêtre coupée au départ de l'arc ; cette fenêtre est bouchée. Il reste en outre, le pignon Ouest de l'église sur une hauteur d'environ un mètre. Une fort belle entrée du XVIIe siècle subsiste ainsi qu'un pigeonnier, mais leur état est critique ;
  • un édifice fortifié des XIIe, XVIIe et XVIIIe siècles au lieu-dit la Jouannière[25]. Du XIIe siècle, ne subsistent que les douves. Quant au manoir et aux bâtiments agricoles, ils datent des XVIIe et XVIIIe siècles ;
  • trois manoirs : un des XVIIe et XVIIIe siècles au lieu-dit la Noé[26], un autre des XVIIIe et XIXe siècles au lieu-dit le Châtellier Saint-Pierre[27] et un dernier des XVIIe et XIXe siècles au lieu-dit le Bois Chevreuil[28] ;
  • trois maisons : une du XVIIIe siècle au lieu-dit le Milan[29] et deux du XIXe siècle[30],[31] ;
  • une maison de forestier du XIXe siècle au lieu-dit Grammont[32].

Sont également inscrits à cet inventaire trois édifices qui étaient situés au lieu-dit le Châtel-la-Lune et qui sont aujourd'hui détruits : un château fort des XIIe et XVIe siècles[33], le prieuré de bénédictins Saint-Christophe du XIIe siècle[34] et l'église Saint-Christophe-Saint-Jacques des XIIe et XVIe siècles[35].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le pays d'Ouche », sur Atlas des paysages de la Haute-Normandie (consulté le 28 février 2017).
  2. « Géoportail (IGN), couche « Communes » activée ».
  3. François de Beaurepaire (préface Marcel Baudot), Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 154.
  4. a b et c François de Beaurepaire, op. cit.
  5. François de Beaurepaire, op. cit. p. 91.
  6. Eugène Viollet-Le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, 1856.
  7. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie, OREP éditions 2009. p. 58.
  8. François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 46.
  9. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 (rééd. Champion, Paris, 1979), p. 184, § 748.
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 552a.
  11. Site de l'arbre celtique : (s)nauda
  12. François de Beaurepaire, op. cit.. p. 151.
  13. « Ancienne abbaye », notice no PA00099324, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. Notes sur la poterie de Châtel-le-Lune par M. l'abbé Porée, H. Delesques, 1897.
  15. Cette fondation fut confirmée par une charte du Roi Richard 1er Cœur de Lion donnée à Tours le 13 novembre 1189.
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  20. « Église paroissiale Notre-Dame », notice no IA00019508, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. Peintre né en 1707 à Bernay (Eure), mort en 1775 à Bernay.
  22. « Église paroissiale Saint-Pierre », notice no IA00019501, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  23. « Presbytère », notice no IA00019712, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  24. « Prieuré de grandmontains dit Saint-Etienne, Manoir », notice no IA00019506, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  25. « Édifice fortifié », notice no IA00019504, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  26. « Manoir », notice no IA00019503, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  27. « Manoir », notice no IA00019502, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  28. « Manoir », notice no IA00019498, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  29. « Maison », notice no IA00019507, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  30. « Maison », notice no IA00019499, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  31. « Maison », notice no IA00019500, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. « Maison de forestier », notice no IA00019505, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  33. « Château fort », notice no IA00019511, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  34. « Prieuré de Bénédictins Saint-Christophe », notice no IA00019510, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  35. « Église paroissiale Saint-Christophe, Saint-Jacques », notice no IA00019509, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :