Le Nouveau Colosse

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Le Nouveau Colosse
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The New ColossusVoir et modifier les données sur Wikidata
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Petrarchan sonnet (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Le Nouveau Colosse est un célèbre sonnet écrit par l'Américaine Emma Lazarus en 1883. Depuis 1903, il est gravé sur une plaque montée sur le piédestal de la Statue de la Liberté, dont il est devenu un symbole.

Le poème[modifier | modifier le code]

La partie la plus célèbre du poème, qui en est l'esprit de la Statue de la Liberté (et plus généralement un certain idéal de l'Amérique), dans sa version originale puis traduit en français :

Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!
Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres,
Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres,
Les rebuts de vos rivages surpeuplés.
Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte,
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !

Le sonnet dans son intégralité est :

Not like the brazen giant of Greek fame
With conquering limbs astride from land to land;
Here at our sea-washed, sunset gates shall stand
A mighty woman with a torch, whose flame
Is the imprisoned lightning, and her name
Mother of Exiles. From her beacon-hand
Glows world-wide welcome; her mild eyes command
The air-bridged harbor that twin cities frame,
"Keep, ancient lands, your storied pomp!" cries she
With silent lips. "Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore,
Send these, the homeless, tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
Pas comme ce géant d’airain de la renommée grecque

Dont le talon conquérant enjambait les mers

Ici, aux portes du soleil couchant, battues par les flots se tiendra

Une femme puissante avec une torche, dont la flamme

Est l’éclair emprisonné, et son nom est

Mère des Exilés. Son flambeau

Rougeoie la bienvenue au monde entier ; son doux regard couvre

Le port relié par des ponts suspendus qui encadre les cités jumelles.

"Garde, Vieux Monde, tes fastes d’un autre âge !" proclame-t-elle

De ses lèvres closes. "Donne-moi tes pauvres, tes exténués,

Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,

Le rebus de tes rivages surpeuplés,

Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte

Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or !"

Significations[modifier | modifier le code]

Le Colosse dont il est question, « the brazen giant of Greek fame », est le colosse de Rhodes, une des Sept Merveilles du monde antique.

Bartholdi, le sculpteur de la statue de la Liberté, avait initialement conçu celle-ci comme un hommage au républicanisme international. Mais c'est avec le poème d'Emma Lazarus qu'elle a pris sa dimension symbolique de protectrice des opprimés, de phare guidant les immigrants et réfugiés venus chercher un nouveau départ dans le Nouveau Monde[1].

La statue de la Liberté[modifier | modifier le code]

Sur sa base, la statue de la Liberté porte une plaque de bronze sur laquelle est gravé The New Colossus.

Ce poème s'adresse aux 20 millions de migrants qui sont arrivés sur les côtes de Liberty Island de 1890 à 1924.

Plaque du poème sur la base de la statue

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf Paul Auster : « Bartholdi's gigantic effigy was originally intended as a monument to the principles of international republicanism, but 'The New Colossus' reinvented the statue's purpose, turning Liberty into a welcoming mother, a symbol of hope to the outcasts and downtrodden of the world ». In : Collected Prose: Autobiographical Writings, True Stories, Critical Essays, Prefaces, and Collaborations with Artists. Picador. 2005. (ISBN 0-312-42468-X).
  2. McGill, Meredith L., The traffic in poems : nineteenth-century poetry and transatlantic exchange, Rutgers University Press, (ISBN 978-0-8135-4229-4, 0-8135-4229-4 et 978-0-8135-4230-0, lire en ligne)
  3. (en) John Riofrio, « Falling for debt: Giannina Braschi, the Latinx avant-garde, and financial terrorism in the United States of Banana », Latino Studies, vol. 18, no 1,‎ , p. 66–81 (ISSN 1476-3443, DOI 10.1057/s41276-019-00239-2, lire en ligne, consulté le )
  4. Madelena Gonzalez, « "United States of Banana (2011), Elizabeth Costello (2003) and Fury (2001): Portrait of the Writer as the ‘Bad Subject’ of Globalisation." », Études britanniques contemporaines (Société d’Études Anglaises Contemporaines),‎
  5. Aldama, Frederick Luis et O'Dwyer, Tess, Poets, philosophers, lovers: on the Writings of Giannina Braschi, Pittsburgh (ISBN 978-0-8229-4618-2 et 0-8229-4618-1, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]