Le Navire

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Le Navire
Image illustrative de l’article Le Navire
Page extraite de l'édition originale de La Lyre

Auteur Tristan L'Hermite
Pays Royaume de France Royaume de France
Genre Sonnet
Date de parution 1641
Chronologie

Le Navire est un sonnet de Tristan L'Hermite publié dans le recueil La Lyre en 1641.

Présentation[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Navire fait partie d'un ensemble de sonnets publiés dans le recueil La Lyre, à la fin de 1641[1].

Texte[modifier | modifier le code]

Le poème s'ouvre sur un jeu de mots en Latin, « pinus signifiant à la fois pin et navire[2] ».

Je fus, Plante superbe, en Vaisseau transformée.
Si je crus sur un Mont, je cours dessus les eaux
Et porte de Soldats une nombreuse armée,
Après avoir logé des Escadrons d'Oiseaux.

En rames, mes rameaux se trouvent convertis ;
Et mes feuillages verts, en orgueilleuses voiles.
J'ornai jadis Cybèle, et j'honore Thétis
Portant toujours le front jusqu'auprès des Étoiles.

Mais l'aveugle Fortune a de bizarres lois.
Je suis comme un jouet en ses volages doigts,
Et les quatre Éléments me font toujours la guerre.

Souvent l'Air orageux traverse mon dessein,
L'Onde s'enfle à tous coups pour me crever le sein
Je dois craindre le Feu, mais beaucoup plus la Terre.

Postérité[modifier | modifier le code]

Éditions nouvelles[modifier | modifier le code]

En 1925, Pierre Camo intègre Le Navire dans sa sélection de poèmes de La Lyre[3]. En 1960, Amédée Carriat retient le sonnet dans son Choix de pages de toute l'œuvre de Tristan[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le sonnet de Tristan peut être lu comme « un Bateau ivre du Grand Siècle en miniature[5] ». Dans les deux poèmes, le « bateau-poète[6] » se libère, par sa métamorphose, des contraintes humaines comme des éléments[6], chantant une liberté toujours menacée[7] :

Le Navire

Je suis comme un jouet en ses volages doigts,
Et les quatre éléments me font toujours la guerre.

Le Bateau ivre

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots.

La bibliothèque de Charleville conserve toujours les éditions originales de toute l'œuvre dramatique de Tristan[8], et ses vers ont pu inspirer l'adolescent Rimbaud, lecteur insatiable et « étudiant passionné de littérature française[9] ». De fait, longtemps avant le poète des Illuminations, Tristan s'était consacré à « un type de poésie qui touche d'autres domaines de l'imagination, qui répond au rêve des hommes de son temps, un rêve qui n'est pas seulement de puissance, mais aussi de liberté et d'émerveillement. Sa poésie suggère alors un univers de fête, un univers enchanté[10] ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Anthologies[modifier | modifier le code]

Ouvrages cités[modifier | modifier le code]

  • Napoléon-Maurice Bernardin, Un Précurseur de Racine : Tristan L'Hermite, sieur du Solier (1601-1655), sa famille, sa vie, ses œuvres, Paris, Alphonse Picard, , XI-632 p.

Articles cités[modifier | modifier le code]

  • (en) William H. Bryant, « Rimbaud, disciple of Tristan L'Hermite ? », Romance Notes, University of North Carolina Press, vol. 22, no 3,‎ , p. 295-301
  • Jean-Pierre Chauveau, « Tristan l'Hermite et la célébration des héros », Baroque,‎ , p. 14 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernardin 1895, p. 222.
  2. Carriat 1960, p. 237.
  3. Camo 1925, p. 190-191.
  4. Carriat 1960, p. 79.
  5. Bryant 1982, p. 295.
  6. a et b Bryant 1982, p. 296.
  7. Bryant 1982, p. 298.
  8. Bryant 1982, p. 299-300.
  9. Bryant 1982, p. 300.
  10. Chauveau 1969, p. 2.