Le National

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Le National
Image illustrative de l'article Le National
Une du journal Le National, 19/01/1869

Périodicité Quotidien
Prix au numéro 5 centimes (1869)
Diffusion 150 000 ex. (1869)
Date de fondation 1830
Date du dernier numéro 1924

ISSN 2533-9249

Le National est un quotidien français fondé en janvier 1830 par Adolphe Thiers, Armand Carrel, François-Auguste Mignet et le libraire éditeur Auguste Sautelet qui en sera le premier gérant, pour combattre la Seconde Restauration.

Histoire[modifier | modifier le code]

1830[modifier | modifier le code]

Le nouveau journal, dont le premier numéro paraît le , bénéficie du soutien financier du banquier Jacques Laffitte et du patronage de Talleyrand[1] et du Duc de Dalberg. On a prétendu que le duc d'Orléans a donné sa caution politique, mais il semble peu probable qu'il se soit directement compromis : rien ne l'atteste en tout cas.

Saisie des presses du "National". 27 juillet 1830

Le titre renvoie à la devise de 1789 : « la Nation, la Loi, le Roi », l'ordre des facteurs n'ayant naturellement rien d'innocent. Le journal milite pour l'établissement d'un régime parlementaire sous forme d'une monarchie constitutionnelle et conteste l'interprétation donnée par Charles X de la Charte de 1814 en frappant des formules dont plusieurs sont restées célèbres :

« Dans la monarchie représentative, la majorité doit prévaloir contre un ministère. »
« La royauté choisit les ministres, [...] mais la majorité de la Chambre les renverse. »
« Le roi règne et ne gouverne pas. »

Le journal joue rapidement un rôle politique de premier plan. C'est au siège du National que se réuniront les journalistes pour signer la protestation de 1830 contre les Ordonnances de Juillet suspendant la liberté de la presse, prémices de la Révolution de 1830, dite des Trois Glorieuses.

La monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Après les journées de juillet 1830, Armand Carrel prend le contrôle du journal[2].

À sa mort, en 1836 Le National passe aux mains de MM. Thomas, Trélat, Bastide, Duclerc qui en font l'organe de l'opinion républicaine[2].

En 1846, Armand Marrast devient rédacteur en chef[2].

La Seconde République[modifier | modifier le code]

Le National continuera à servir de tribune et publiera l'appel d'Armand Marrast invitant les Parisiens à manifester le 22 février 1848, à la suite de l'interdiction par le Préfet de Paris d'une réunion publique (Campagne des Banquets), et des centaines d'étudiants se rassemblent place du Panthéon, puis se rendent à la Madeleine où ils se mêlent aux ouvriers. La Révolution de 1848 est en marche.

Par la suite, Le National deviendra l'organe de presse de la majorité républicaine modérée (les « Républicains bourgeois ») issue des urnes aux législatives de 1848 et qui forma la Constituante de la Deuxième République. Le nouveau gouvernement fut dirigé par le général Louis-Eugène Cavaignac. Les parlementaires républicains modérés furent qualifiés de membres du Parti du National en référence à leur journal. Le directeur du National, Charles Thomas, et son rédacteur en chef, Léopold Duras, sont alors membres de l'Association démocratique des amis de la Constitution[3]. Lors de l’'élection présidentielle de décembre 1848, le National défend la constitution républicaine et est partisan de la candidature présidentielle du général Cavaignac, qui arrive en seconde position derrière Louis-Napoléon Bonaparte [2].

L'interdiction (1851)[modifier | modifier le code]

Interdit après le coup d’État du 2 décembre 1851, il disparaît le 31 décembre de cette même année. Le dernier propriétaire, directeur-gérant, est un certain Jean Baptiste Ernest Caylus[Note 1]. Les Archives nationales conservent le dossier de dissolution et liquidation de la société[4].

La reparution (1869)[modifier | modifier le code]

Le National, reparaît le sous la direction d’Ildefonse Rousset (1817-1878)[2] avec des journalistes qui quittent Le Siècle comme Émile de La Bédollière[5].

Le journal combat l'Empire et s’oppose vivement à l'ultramontanisme. Pendant le siège de Paris, il soutient la politique du gouvernement de la Défense nationale puis celle d’Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif. Il tire à plus de 150 000 exemplaires [5].

La Troisième République[modifier | modifier le code]

À compter de mai 1873, Le National représente les idées de la gauche républicaine. Parmi ses principaux rédacteurs, on compte Émile de La Bédollière, Charles Sauvestre, Émile Deschanel, Paul Féval, Alfred Assollant, Théodore de Banville, Paul Foucher, etc. [2]

Ildefonse Rousset étant décédé en mars 1878, Hector Pessard devient directeur du journal[2]. Il aura pour successeur le député Adolphe Maujan (1853-1914).

Le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France présente une collection couvrant l’année 1838 puis les années 1869 à 1911 ; la collection des années 1912 à 1914 est incomplète ; quelques numéros datés de 1923 et 1924 sont également en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Neveu par sa mère de Jean-Nicolas Gannal

Références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le Prince immobile, Fayard, 2003, p. 561
  2. a, b, c, d, e, f et g Émile Mermet, Le National, in Annuaire de la presse française 1880 (A1), pp. 268-270.
  3. Association démocratique des amis de la Constitution, no 1, Paris, Malteste, 1848, p. 2-4.
  4. Date : 1851 décembre 06 Fonds : MC Cote : ET/XLVIII/793 Numéro : 10920 Objet : privilège de second ordre 18 000 f sur 24 000 f
    Date : 1851 décembre 06 Fonds : MC Cote : ET/XLVIII/793 Numéro : 10919 Objet : dissolution et liquidation de société (après interdiction par le nouveau régime issu du coup d'état de Napoléon III).
  5. a et b L. Derome, Les journaux et les journalistes, VIII, Le Siècle, in Revue de France 1873/10 (A3,T8)-1873/12.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Guéry, Visages de la Presse — La présentation des journaux des origines à nos jours, CFPJ éditions avec le concours du Musée de la presse, Paris, 1997
  • Émile Mermet, Le National, in Annuaire de la presse française 1880 (A1).

Liens externes[modifier | modifier le code]