Le Mêle-sur-Sarthe

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Le Mêle-sur-Sarthe
Le Mêle-sur-Sarthe
Vue générale de la ville prise de l'étang de Bois-Roger.
Blason de Le Mêle-sur-Sarthe
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Alençon
Canton Radon
Intercommunalité Vallée de la Haute Sarthe
Maire
Mandat
Marie-Françoise Desvergnes
2014-2020
Code postal 61170
Code commune 61258
Démographie
Population
municipale
733 hab. (2015 en diminution de 4,93 % par rapport à 2010)
Densité 1 182 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 30′ 40″ nord, 0° 21′ 17″ est
Altitude Min. 143 m
Max. 157 m
Superficie 0,62 km2
Localisation

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Le Mêle-sur-Sarthe est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 733 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La place.

Le Mêle-sur-Sarthe est l'ancien chef-lieu d'un canton qui comprenait quinze communes et le siège de la communauté de communes de la Vallée de la Haute Sarthe (composée de trente-et-une communes). Couvrant soixante-deux hectares, elle est la commune la moins étendue du département de l'Orne[1] et son agglomération est partagée avec cinq autres communes :

Le Mêle-sur-Sarthe est traversée par la Sarthe, et par la RN 12, axe majeur de l'Orne, qui traverse le département d'est en ouest. Depuis 2010, Le Mêle-sur-Sarthe est un point de passage, une étape, sur la voie verte Condé-sur-Huisne-Alençon, qui emprunte l'ancienne voie de chemin de fer Alençon - Le-Mêle-sur-Sarthe - Mortagne-au-Perche - Condé-sur-Huisne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Merula en 854, de Merula en 1149[2].

Du latin merula, « merle »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Merula super Sartham et son église, dédiée à saint Julien, sont cités en 854 lors d’une mission de missi dominici[3]. Le nom de Carré « Saint-Julien » vient sans doute de cette église située en bordure de la Sarthe.

Le Mêle était entouré de forêts. À l’est, l'immense forêt du Perche, à l’ouest, au nord de la Sarthe, la forêt de Bourse, au sud de la Sarthe, la forêt de Blavou aujourd’hui disparue[4].

Le roi Charles le Chauve, mort en 877, donne l’église aux moines de Saint-Maur de Glanfeuil en Anjou. Pendant l’invasion des Vikings en 862, les religieux de cette abbaye déposent les reliques de saint Maur dans l’église du Mêle ; elles y restèrent un an[5].

Guillaume Ier, duc de Normandie (910-942, dit Guillaume Longue-Épée) fait élever au Mêle un château destiné à défendre le pont de bois sur la Sarthe[6]. Dès le Xe siècle, le Mêle appartient à la puissante famille des Bellême.

Guillaume Ier de Bellême (mort vers 1030) contrôle la forêt de Bourse vers 1025.

Sigefroy, fils bâtard de Guillaume Ier, est cité comme premier seigneur du Mêle. À cette époque, le Mêle est un bourg, centre économique, de production et d’échanges avec des marchands et des artisans.

La Sarthe était une zone marécageuse avec peu de points de passage ; des gués à Alençon, à Saint-Léger et à Saint-Paul, des ponts en bois au Mêle et à Alençon.

Le défrichement de la forêt de Bourse était en plein essor en 1060. Olivier du Mêle (de Merula), neveu de Sigefroy, fils bâtard de Guillaume II de Bellême (mort avant 1109) est le second seigneur connu, vers 1050.

Ensuite on trouve Roger de Montgommery, époux de Mabile de Bellême, vers 1080.

Le château du Mêle a été remis en état entre 1087 et 1113[6].

Suite à la défaite des Bellême, Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, s’empare du Mêle en 1113. Il la donne à son neveu Thibault IV, comte de Champagne, qui fait renforcer les défenses du Mêle et impose de lourdes corvées et de lourdes taxes aux habitants[3].

Guillaume III de Montgommery Bellême (mort en 1172), rentre en possession en 1128 du Mêle. Il fait élever un nouveau château en matériaux plus solides que le château primitif en bois, non plus près du pont mais un peu plus haut vers l’ouest[6], à l’emplacement de l’école Saint-Joseph.

Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et duc de Normandie, fait ériger, entre 1158 et 1168, « les fossés le Roi », ligne de défense d’une centaine de kilomètres du Mêle jusqu’à Verneuil-sur-Avre, vis-à-vis du royaume de France.

Le moulin du Mêle est cité en 1159, la dîme était à l’abbaye Saint-Martin de Séez[3].

Lors de la conquête de la Normandie en 1204 par Philippe Auguste, roi de France, le comté d’Alençon est réuni à la couronne.

Le château du Mêle, détruit pendant la guerre de Cent Ans, est reconstruit par les Montgommery.

Comme personnage tristement connu de cette famille : Gabriel Ier de Montgommery, capitaine de la garde écossaise du roi, seigneur du Mêle qui blessa mortellement le roi de France Henri II lors d’un tournoi en 1559. Ses deux enfants aînés se réfugient au château du Mêle.

En 1760, la baronnie du Mêle est vendue à Clément de Barville qui l’échange avec le roi en 1773[5].

En 1774, Louis XVI fit don à son frère Louis Stanislas (Louis XVIII) de la baronnie du Mêle. En 1784, la baronnie est cédée à Maximilien Antoine Armand de Béthune, duc de Sully.

Sur un plan de 1670, on voit des halles, environ 1 000 m2, situées sur la grande place. Le marché, hebdomadaire, était le plus important de la région. Elles sont démolies vers 1863.

Au début du XVIIIe siècle, lors de l’aménagement de la grande route vers Paris par Mortagne et Verneuil, une poste aux lettres et aux chevaux est installée près du « Bœuf Noir ».

Il y avait deux diligences pour Paris par semaine ; le voyage durait trois jours et demi. Une douzaine d’agents étaient affectés à cette poste.

La Sarthe a été aménagée à la fin du XVIIIe siècle et un nouveau pont a été construit.

Au XVIIIe siècle, le château était composé de trois corps de bâtiments perpendiculaires à la route (grande rue) et encadrant la cour d’honneur. Les jardins ont fait place à l’église, à la poste, au château d’eau. Le manoir seigneurial avec sa chapelle, occupait la partie sud de la cour (actuellement école Saint-Joseph)[5].

Inhabité pendant longtemps après la mort de la comtesse Nicolas François de Montgommery (en 1732), ses murs et ses toits se dégradant faute de réparations, le dernier seigneur du lieu, Maximilien de Béthune, le vendit deux ans avant la Révolution.

Mademoiselle Victorine Chevallier (morte en 1928), dernière propriétaire du château, bienfaitrice de plusieurs églises de la région, désigne l’abbé Victor Dubois, secrétaire général de l’évêché, comme légataire universel. L’école Saint-Joseph est ouverte en 1935.

L’ancienne église, dédiée à saint Julien, étant en très mauvais état, a été démolie au cours des années 1850. Le maître autel est aujourd’hui dans la nouvelle église à l’autel de Notre-Dame-de-Pitié. C’est le seul vestige de l’ancienne église.

Dès 1836, le conseil de fabrique s’entendit avec la municipalité pour faire construire une nouvelle église. Le conseil municipal acquiert une partie des anciens jardins du château. Les travaux commencent en 1843 ; la nouvelle église est bénite le .

En 1840, une école de dressage du cheval fut fondée[7]. Une notable amélioration se fit sentir dans la race normande : les carrossiers et les trotteurs, préalablement assouplis et dressés, furent mieux appréciés du commerce et conquirent dès lors une grande renommée.

Autour du Mêle, il y avait de nombreux élevages : Mesnil-Broust, Marchemaisons, Essay, Bursard, Boitron, Aulnay, Saint-Aubin, Laleu, Saint-Léger.


Le Mêle-sur-Sarthe est libérée par la 5e DB américaine le [8]. Un odonyme (place du 11-Août-1944) rappelle cet évènement de la Seconde Guerre mondiale.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Le Mêle-sur-Sarthe Blason D'argent au merle de sable posé sur une rivière d'azur agitée du champ et posée sur une plaine ondée de sinople; au chef de gueules chargé de deux léopards d'or[9].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1995 Daniel Goulet RPR puis UMP Député de la 1re circonscription de l'Orne (1973-1992), sénateur de l'Orne (1992-2007), conseiller régional de Basse-Normandie ( - 2004)
1995 mars 2008 Jean-Louis Mézier PS - PG Médecin
mars 2008 en cours Marie-Françoise Desvergnes[10]   Institutrice
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12].

En 2015, la commune comptait 733 habitants[Note 2], en diminution de 4,93 % par rapport à 2010 (Orne : -1,72 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

En 1702, il y avait 52 feux, soit environ 260 personnes[5], en 1790, 106 feux, environ 530 personnes.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
541648665801803775819788800
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
858831778786775753778744732
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
735750670710675690654683722
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2015
776769791710778777777762733
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jacques Boisgallais (né en 1927 au Mêle-sur-Sarthe), compositeur.
  • Daniel Goulet (1928-2007), professeur puis directeur d'une école privée du Mêle-sur-Sarthe. Il fut maire de cette commune pendant près d'un quart de siècle, entre 1971 et 1995, député de la 1re circonscription de l'Orne puis sénateur de l'Orne.

Le Mêle-sur-Sarthe dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • L'action du film Normandie nue sorti en 2018 se déroule dans le village.

Jumelages et partenariats[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2015.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Répertoire géographique des communes.
  2. a et b Ernest Nègre - 1990 - Toponymie générale de la France - Page 344 - (ISBN 2600028838).
  3. a, b et c Vicomte du Motey, Robert II de Bellême; Origines de la Normandie et du duché d’Alençon
  4. Philippe Siguret, Histoire du Perche
  5. a, b, c et d Henri Hiboust, Histoire du Mêle
  6. a, b et c Gérard Louise, La seigneurie de Bellême : Xe siècle-XIIe siècle siècle. Thèse de doctorat d’état.
  7. Georges Guénaux, L'Élevage du cheval et du gros bétail en Normandie 1902.
  8. secondwar.forumactif.com Second War,Guerre Moderne et Moyen-Orient.
  9. « 61 258 - Le Mêle-sur-Sarthe », sur L'Armorial des villes et des villages de France (consulté le 21 janvier 2018)
  10. Réélection 2014 : « Le Mêle-sur-Sarthe (61170) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 21 juin 2014)
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Morand (Fabrice), "L'ancienne église du Mêle-sur-Sarthe", dans les Cahiers percherons, bulletin trimestriel des Amis du Perche, n° 186, 2011-2, pp. 29–35.

Liens externes[modifier | modifier le code]