Le Loup, la Chèvre et le Chevreau

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Le Loup, la Chèvre et le Chevreau
Image illustrative de l’article Le Loup, la Chèvre et le Chevreau
Dessin de J.-J. Grandville

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1668

Le Loup, la Chèvre et le Chevreau est la quinzième fable du livre IV de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

Cette fable a pour source le texte "Le Loup et le Chevreau", II, 10 de l'Anonyme de Névelet.

Gravure de François Chauveau (1613-1676)

Texte[modifier | modifier le code]

LE LOUP, LA CHÈVRE ET LE CHEVREAU

[Anonyme de Nevelet]

Illustration de Benjamin Rabier (1906)
Gravure de Gustave Doré (1876)
Image d’Épinal, estampe de E. Phosti (1895)

La bique allant remplir sa traînante mamelle,
Et paître l'herbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son biquet :
« Gardez-vous, sur votre vie,
D'ouvrir que l'on ne vous die, »
Pour enseigne et mot du guet :
« Foin du loup et de sa race ! »
Comme elle disait ces mots,
Le loup de fortune passe ;
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La bique, comme on peut croire,
N'avait pas vu le glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d'une voix papelarde
Il demande qu'on ouvre en disant: « Foin du loup ! »
Et croyant entrer tout d'un coup.
Le biquet soupçonneux par la fente regarde :
« Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point, »
S'écria-t-il d'abord. (Patte blanche est un point
Chez les loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d'entendre ce langage,
Comme il était venu s'en retourna chez soi.
Où serait le biquet s'il eût ajouté foi
Au mot du guet que de fortune
Notre loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu'une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.

— Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, Le Loup, la Chèvre, et le Chevreau

Vocabulaire

Bique : chèvre

loquet : sorte de fermeture de porte très simple

sur votre vie : au nom de votre vie

que l'on ne vous die : sans qu'on vous dise

enseigne : cri de ralliement, signe de reconnaissance (sens du moyen âge)

mot du guet : " Parole qui sert à distinguer les amis des ennemis [...] Le mot empêche les surprises des ennemis et la communication des traîtres et des espions" (dictionnaire de Richelet)

de fortune : par hasard

voix papelarde : voix d'hypocrite, de faux dévot, de flatteur

Foin : Interjection familière qui marque le dépit, l'agacement et la répulsion

Notes et références[modifier | modifier le code]

La fable Le Loup, la Chèvre et le Chevreau est liée à la fable Le Loup, la Mère et l'Enfant. C'est une fable double comme Le Lion et le Rat / La Colombe et la Fourmi, La Mort et le Malheureux / La Mort et le Bûcheron, Le Pâtre et le Lion / Le Lion et le Chasseur et Le Héron / La Fille.

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