Le Jugement de Pâris (Rubens)

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Le Jugement de Pâris fait référence à plusieurs tableaux représentant le jugement de Pâris réalisées par le peintre flammand Pierre Paul Rubens, mais plus particulièrement à deux versions datant de 1636 et 1638. Ces deux toiles révèlent la représentation idéalisée que Rubens fait de la beauté féminine, avec les déesses Vénus, Minerve et Junon d'un coté, et Pâris accompagné de Mercure de l'autre[1].

Version de 1636[modifier | modifier le code]

Cette version du Jugement de Pâris suit le récit de l'écrivain grec Lucien de Samosate, Le jugement des déesses. Le tableau illustre l'épisode dans lequel les déesses se voient remettre par Paris la pomme d'or après que les déesses aient été condamnées par Mercure à se déshabiller[2].

Ce tableau fut directement élaboré à partir du Jugement de Pâris de Raphaël, gravé par Raimondi, la seule différence étant que Rubens s'était inspiré de l'œuvre vue en miroir. Par ailleurs, la seconde épouse de Rubens, Hélène Fourment, fut une source d'inspiration pour l'artiste qui la représenta dans cette toile sous les traits de Minerve.

L'œuvre fut achetée par la National Gallery de Londres en 1844 où elle est encore exposée[2].

Version de 1638[modifier | modifier le code]

Peint entre 1638 et 1639, cette version du Jugement de Pâris, actuellement exposée au Prado, fut achevée par Rubens très peu de temps avant son décès en 1640. Le tableau lui avait été commandé par le frère du Roi Philippe IV d'Espagne, Ferdinand d'Autriche et à la mort de celui-ci la toile entra dans la collection royale espagnole et orna le Palais du Buen Retiro. En 1788, Charles III d'Espagne jugea le tableau trop impudique et ordonna qu'il soit brulé mais il déceda avant que son ordre ne soit exécuté[3].

À la fin du XVIIIe siècle, il fut transporté à la galerie secrète de l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando avec un ensemble d'autres tableaux de nus et il fit finalement son entrée au Prado le 5 avril 1828.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la version du tableau de 1636, Rubens avait également représenté un putto sur la gauche et Alecto au-dessus des déesses, tandis que dans le version de 1638, il avait ajouté un putto entre Minerve et Vénus
  2. a et b (en) « The Judgement of Paris », National Gallery
  3. Luis Monreal, La Pintura en los Grandes Museos,‎ (ISBN 84-320-0460-X)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Damisch, Le Jugement de Pâris, Flammarion, coll. « Idées et recherches »,‎