Le Journal d'Hélène Berr

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Le Journal d'Hélène Berr
Auteur Hélène Berr
Pays Drapeau de la France France
Préface Patrick Modiano
Genre Journal autobiographique
Version originale
Langue français
ISBN 978-2-84734-500-1
Version française
Éditeur Éditions Tallandier
Lieu de parution Paris
Date de parution 2008

Le Journal d'Hélène Berr est le journal tenu par une étudiante juive parisienne, Hélène Berr, d'avril 1942 à février 1944. Ce témoignage sobre et pudique sur la vie, les aspirations et l’oppression subie, font de ce texte une véritable œuvre littéraire.

Caractéristiques de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Ce journal commence le 7 avril 1942, après une visite chez Paul Valéry. Il s’achève au camp de Drancy le 15 février 1944.

Le Journal est constitué de 262 feuillets volants truffés de citations de Shakespeare ou de Lewis Carroll. À travers quelques pages, l'auteure nous montre qu'elle parvient à oublier la guerre, le temps d'une « journée parfaite » à cueillir des framboises, dans la maison de campagne familiale. Pour fuir l'oppression, l'agrégative d'anglais se raccroche aux après-midi ensoleillées, aux poésies de Shelley, aux journées passées en bibliothèque…

Le port de l'étoile jaune, imposé en juin 1942, est une première cassure. Hélène a noté son désarroi, les gestes de solidarité des Parisiens dans le métro, le zèle du contrôleur qui la refoule dans le wagon de queue, réservé aux juifs. Elle raconte l'arrestation de son père et son internement à Drancy, le désarroi de la famille, la joie que suscite sa libération obtenue par le paiement d'une rançon.

Elle évoque la solitude, l'impuissance à témoigner de la barbarie et l'abîme qui se creuse entre elle et ses amis.
« À chaque heure de la journée se répète la douloureuse expérience qui consiste à s’apercevoir que les autres ne savent pas. »

Les derniers mots du journal, « Horror! Horror! Horror! », font écho à la pièce de Shakespeare Macbeth, où Macduff s'exclame : « O horror, horror, horror! ». Cette dernière phrase rappelle aussi le « The horror! The horror! » de Kurtz, à la fin du roman Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad.

Publication de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Sa publication résulte de la volonté de Mariette Job, la nièce d’Hélène Berr et ancienne libraire, qui, connaissant ce texte par des copies circulant dans sa famille, a retrouvé le manuscrit original : selon le vœu de sa tante, il avait été remis après la guerre à son fiancé, Jean Morawiecki qui a institué Mariette Job légataire du journal.

Le manuscrit du journal fut déposé en 2002 au Mémorial de la Shoah. Il est publié pour la première fois en janvier 2008, avec une préface du romancier Patrick Modiano.

Éditions de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]