Le Jeu des 1000 euros

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Le Jeu des 1 000 euros
Image illustrative de l’article Le Jeu des 1000 euros
Nicolas Stoufflet à Couture-sur-Loir (Loir-et-Cher)

Ancien nom Cent mille francs par jour
Mille francs par jour
Le Jeu des 1 000 francs
Présentation Nicolas Stoufflet
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Diffusion
Station France inter 2005 logo.svg France Inter
Création
Horaires Du lundi au vendredi
12 h 45 - 13 h
Podcasting Oui Oui
Site web franceinter.fr

Le Jeu des 1 000 euros est une émission radiophonique quotidienne, diffusée sur France Inter avant 13 h. Créée en 1958 par Henri Kubnick sous le nom de 100 000 francs par jour, puis renommée 1 000 francs par jour, puis Jeu des 1 000 francs avant de prendre son nom actuel, elle a été animée successivement par Henri Kubnick, Albert Raisner, Maurice Gardett et Roger Lanzac, puis Pierre Le Rouzic durant une courte période, ensuite par Lucien Jeunesse durant une trentaine d'années à partir de 1965, puis par Louis Bozon de septembre 1995 à juin 2008, et enfin par Nicolas Stoufflet depuis lors.

Concept[modifier | modifier le code]

L'émission se déplace toute l'année dans de très nombreuses communes françaises, au moins une par semaine, et de façon exceptionnelle dans des pays étrangers (États-Unis, Portugal), mais aussi en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion et même sur le porte-avion Clémenceau, sur le paquebot Massalia et dans un sous-marin[1]. Le jeu qui est enregistré, puis diffusé quelques jours plus tard à l'antenne, se déroule en plusieurs étapes.

Questions bleues, blanches et rouge[modifier | modifier le code]

Les candidats tirent d'abord au sort les six questions bleues, blanches et rouge auxquelles ils vont devoir répondre : trois bleues, deux blanches, une rouge. Les questions sont envoyées par les auditeurs, mais c'est l'équipe de production qui les classe selon leur niveau de difficulté. Pour chaque question, les candidats peuvent proposer plusieurs réponses dans le délai de trente secondes. Les questions auxquelles ils n'ont pas donné de réponse correcte leur sont reposées, mais ils n'ont plus droit qu'à une réponse par question, dans le délai de quinze secondes.

À ce stade, trois possibilités se présentent :

  1. Si les candidats ont répondu correctement à quatre questions au plus, ils quittent le jeu avec leurs gains ;
  2. Si les candidats ont répondu à cinq questions, ils peuvent tenter de répondre à une question de « repêchage » qui est assez facile dans la mesure où trois choix sont proposés (c'est la seule question qui ne soit pas posée par un auditeur). En cas d'échec, les candidats conservent leurs gains ; en cas de réussite, ils sont obligés de tenter le Banco. Lorsque l'émission était présentée par Roger Lanzac au cirque Pinder, la question de repêchage était remplacée par une épreuve « sportive », menée par un Monsieur Muscle qui devait, en un temps donné, pédaler sur un vélo pour une distance donnée. Depuis et l'arrivée de Nicolas Stoufflet, la question de repêchage est parfois basée sur un document sonore ;
  3. Si les candidats ont répondu correctement aux six questions, ils peuvent quitter le jeu avec leurs gains (actuellement 150 euros) ou tenter le banco. À ce moment, le public scande rituellement « ban-co, ban-co ! », afin d'inciter les candidats à le tenter, ce qui a lieu le plus souvent.

Pour chaque question, le délai de réponse est sonorisé par un assistant frappant sur un glockenspiel[2], un petit métallophone à quatre lames. Cet instrument, à la sonorité particulière, est devenu l'emblème sonore du jeu. C'est Yann Pailleret qui, depuis dix-huit ans, assume cette tâche ; son prédécesseur, François Lependu, était resté vingt-cinq ans à ce poste.

Banco ou Super-Banco[modifier | modifier le code]

La question Banco est une question jugée difficile et classée dans une catégorie spécifique par la production.

Les candidats n'ont droit qu'à une seule réponse à cette question mais le délai est d'une minute ; ils peuvent se concerter.

En cas de réponse correcte, ils gagnent la somme de 500 euros à se partager (depuis ). Avant le passage à l'euro de l'émission en 2001, le montant du Banco était de 1 000 francs, ce qui a donné son nom originel à l'émission. Le banco était de 400 euros jusqu'en .

En cas d'échec au Banco, les candidats perdent leurs gains et repartent actuellement avec un transistor.

Les candidats ayant répondu correctement au Banco peuvent alors tenter la question Super Banco. Le public les encourage en scandant « su-per, su-per ! ». Les modalités du Super Banco sont les mêmes que celles du Banco, mais la question est tirée au sort parmi les questions les plus ardues posées par les auditeurs.

En cas de succès, les candidats remportent 1 000 euros à se partager. Avant le passage à l'euro, le montant du Super Banco a tout d'abord été de 3 000 francs, puis de 5 000 francs. En cas d'échec, ils repartent tout de même avec un baladeur-récepteur numérique.

Montant des gains[modifier | modifier le code]

Pour les questions bleues, blanches et rouges, le montant des gains est identique pour l'équipe candidate, en cas de réponse correcte, et pour l'auditeur qui a adressé la question, si elle n'a pas reçu de réponse exacte. Les montants sont de 15 € pour une question bleue, 30 € pour une question blanche et 45 € pour une question rouge. En revanche, pour les questions Banco et Super Banco, l'auditeur ne gagne que 45 € si les candidats ne donnent pas la bonne réponse.

Historique[modifier | modifier le code]

La ville du Blanc dans l'Indre où fut enregistrée la première émission

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Jeu des 1 000 euros est le jeu le plus ancien du paysage radiophonique français encore diffusé sur les ondes[3]. La première émission a eu lieu le , dans un chapiteau dressé sur la place du marché au Blanc (Indre)[2] et a été diffusée deux jours plus tard sur Paris Inter.

100 000 francs par jour

Installé chaque jour dans une ville différente sous le chapiteau du cirque Pinder, le jeu consiste, dés le début, à poser en une série de questions culturelles à une équipe de deux candidats qui peut gagner la somme assez élevée de 100 000 francs de l'époque. Nommée à l'origine 100 000 francs par jour puis 1 000 francs par jour après le passage au nouveau franc[2], l'émission devient ensuite Le Jeu des mille francs[4].

L’équipe est formée d’un capitaine et d’un renfort. À l’origine, les questions sont posées d’abord au capitaine, et dans un second temps les questions auxquelles il n’a pas pu répondre sont posées au renfort. Progressivement cette différenciation a cessé d’être effective et aujourd’hui l’animateur s’adresse simultanément aux deux joueurs.

De Henri Kubnick à Lucien Jeunesse

Au départ, c'est Henri Kubnick qui préparait les questions. Mais du fait de l'envoi de questions par les auditeurs, il a été décidé qu'elles ne seraient plus fournies que par eux. Elles sont aussi réparties en plusieurs niveaux de difficulté, indiqués par une couleur : des plus faciles au plus difficiles, questions bleues, blanches et rouges.

Après Henri Kubnick, l'émission a eu plusieurs animateurs : Maurice Gardett, Albert Raisner, Roger Lanzac, Pierre Le Rouzic (1965) puis Lucien Jeunesse (1965-1995) qui reste à ce jour le présentateur qui a animé le plus longtemps ce jeu radiophonique. Celui-ci avait pris l'habitude de conclure chaque émission par des formules devenues célèbres, telles que : « À demain, si vous le voulez bien ! » et « À lundi, si le cœur vous en dit ! »[5].

En 1995, après avoir passé trente ans à sillonner les routes, Lucien Jeunesse, alors âgé de 77 ans, décide d'arrêter sa participation dés le mois de juillet. Lors d'une interview accordé le dernier jour sur France 2, l'animateur reconnait avoir séjourné dans 10 000 chambres d'hôtels, pris 20 000 repas au restaurant, a passé 40 000 coups de fils à son épouse. Le dernier enregistrement se fera de façon identique aux précédents, sans prononcer le mot « adieu »[6].

Faux départ et « spécial jeunes »

Le , France Inter supprime le jeu de sa grille lors du départ à la retraite de Lucien Jeunesse auquel le public avait fini par l'identifier. Cette décision provoque un abondant courrier de protestations[7], et le jeu reprend en avec Louis Bozon[2].

Le , La création du « Spécial Jeunes » permet d'élargir l’auditoire de l'émission aux collégiens, aux lycéens et aux étudiants [8].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En cas de victoire sur la dernière question (Superbanco) les deux candidats reçoivent 1 000 € à se partager, soit 500 €, chacun

À la suite du remplacement du franc par l'euro, le , l'émission est rebaptisée Le Jeu des mille euros, le fonctionnement et le principe du jeu restant identique, avec un petit aménagement lié à la conversion, le banco permet de se partager 400 euros (puis 500 euros, depuis 2009) et 1 000 euros avec le super banco.

En , l'émission fête son cinquantième anniversaire, et reste toujours l'émission radiophonique française la plus écoutée à 12 h 45 : 1,395 millions d'auditeurs soit 15,6 % de part de marché[2].

Le jeu hors de France

Quelques mois plus tard, le vendredi , Louis Bozon anime sa dernière émission après treize ans à la tête du jeu[9]. Le , Nicolas Stoufflet devient le huitième présentateur de l'émission[10].

À l'occasion de la journée spéciale de France Inter à New York, le , pour la commémoration des attentats du 11 septembre 2001 à New York, le jeu se déroule les 8 et dans cette ville américaine et a été rebaptisé pour l'occasion Le Jeu des 1 000 dollars[11],[12].

En 2016, l'équipe du jeu se déplace au Portugal. une première émission est enregistré à Porto le , puis une seconde à Lisbonne le [13].

Un jeu sexagénaire

À l'occasion de ses soixante ans de diffusion, la production du jeu organise trois émissions dont une « spéciale jeunes » qui sont enregistrées le dans la salle des fêtes de la commune du Blanc (Indre), soixante après la première émission[14]. Une autre émission dans le cadre de cet anniversaire est enregistrée en juin 2018 avec des animateurs de France Inter, dont Charline Vanhoenacker et Léa Salamé, qui forment des duos avec les candidats sélectionnés, avec, exceptionnellement, des gains 2 000 €, si ceux-ci remportent le « superbanco »[15].

Équipe[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L'émission a été présentée successivement par huit présentateurs[4] :

Production[modifier | modifier le code]

  • Producteur : Nicolas Stoufflet
  • Réalisateur : Yann Pailleret
  • Attachées de production : Marie-Claude Malartique et Kheira Retiel

Autour de l'émission[modifier | modifier le code]

Enregistrement de l'émission de radio "Le Jeu des 1000 euros" dans la salle culturelle La Villa, à Villabé (91) en 2015

Le rituel de l'émission est propice à sa caricature. On peut citer le Jeu des Mille Fesses de Lucien Lasemence que Pierre Desproges réalisa sur l'antenne même de France Inter dans Le Tribunal des flagrants délires.

Par ailleurs le jeu se retrouve ailleurs qu'à l'antenne :

  • Télévision :
    • Reportage produit par l'ORTF en 1967[18]
    • Le Jeu des 1 000 succès sur France 5, un documentaire consacré en 2007 à plusieurs semaines de la vie l'équipe du Jeu des 1 000 euros
    • Feuilleton du Journal de 13 heures de France 2 consacré au Jeu des mille euros du au dans lequel on retrouve notamment les frères Jean et José Pasquale, très prolifiques producteurs de questions, ainsi que Gabriel Gianello, recordman du nombre de participations de l'ère Louis Bozon avec sept participations[19],[20]
    • Reportage en 2010 sur Vendée TV[21]
  • Webdocumentaire : Le Jeu des 1 000 histoires, un documentaire à jouer de signé Philippe Brault produit par Upian/France Inter/Radio France Nouveaux Medias : Une petite fabrique à histoires pour partir à la rencontre de ceux qui réalisent le jeu radio le plus ancien de France et de ceux qui l'écoutent[22]
  • Cinéma : Tandem de Patrice Leconte en 1987 évoque la vie des animateurs d'un jeu radiophonique qui ressemble beaucoup au Jeu des mille francs
  • Théâtre : Le Jeu des 1 000 euros de Bertrand Bossard (2012), création théâtrale donné entre autres au Centquatre-Paris

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site du journal La semaine des Pyrénées, article "Lalanne-Trie : Participez au jeu des "1000 euros " sur France Inter", publié le 28 mars 2011
  2. a b c d et e « Une question de questions », Le Monde 2,‎ .
  3. Site du journal le Berry Républicain, article "Le Jeu des mille euros fête ses 60 ans au Blanc, dans le Berry", publié le 02 avril 2018
  4. a b c d e et f « Concert Jeu des 1000 € » [PDF], sur maisondelaradio.fr, , p. 4
  5. Site des dicocitations du Monde, page sur Lucien Jeunesse, consulté le 07 novembre 2018
  6. Site de l'INA, page "Jeu des mille euros, un éternel succès", consulté le 07 juillet 2018
  7. « Lucien Jeunesse, le rendez-vous du sourire et des mille francs, est décédé », sur La Dépêche du Midi, .
  8. Site RFI, page sur le jeu des 1000 euros, article publié le 18 avril 2008
  9. Thibault Leroi, « France Inter - Louis Bozon va arrêter Le Jeu des 1 000 euros », sur Radioactu.com, .
  10. Laurence Le Saux, « Banco pour Nicolas Stoufflet », sur Télérama, .
  11. Caroline Constant, « RTL et France Inter vont à New York », L'Humanité, 8 septembre 2011
  12. Emmanuel Saint-Martin, « Tout Radio France à New York pour le 11 septembre », French Morning, 31 août 2011.
  13. site de l'ambassade de France au portugal, page "Le jeu des 1000 Euros au Portugal, consulté le 28 octobre 2018
  14. site du journal le Berry républicain, article sur le 60ème anniversaire du jeu des mille euros, publié le 02 avril 2018
  15. Site du journal Nord Littoral, article "Banco ! Le «Jeu des 1000 euros» fête ses 60 ans", publié le 20 juin 2018
  16. a b c et d « Radio : le "Jeu des 1000 €" fête ses 50 ans », La Dépêche, 20 avril 2008.
  17. Fiche du jeu vidéo, site officiel.
  18. [1].
  19. 1re partie.
  20. 2e partie.
  21. [2].
  22. [3].

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Liens externes[modifier | modifier le code]