Le Film d'art
| Le Film d'art | |
| Création | |
|---|---|
| Dates clés | Rachat en 1936 par Henri Diamant-Berger |
| Disparition | |
| Fondateurs | Paul Laffitte |
| Siège social | France |
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Le Film d'art est une société de production cinématographique française pionnière fondée en 1908 par le financier Paul Laffitte, un actionnaire de Pathé, rachetée en 1936 par Henri Diamant-Berger et disparue en 1972.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le 18 janvier 1908, Paul Laffitte fonde à Paris au 4 rue Charras, sur sollicitation des sociétaires de la Comédie-Française, la société Le Film d’art pour assurer la production à l'écran de scènes historiques, mythologiques ou théâtrales filmées à partir d'adaptations authentiques et renommées[1] : il a pour associés son frère Léon Laffitte et son beau-frère Richard Cantinelli (1870-1932), Henri Lavedan, Charles Le Bargy, Jean Camille Formigé et pour principal client les productions Charles Pathé, dont Laffitte est actionnaire[2].
Le but principal de la création de cette société est à la fois d'élargir le public du cinéma (alors plutôt populaire) aux couches plus cultivées de la population et de faire du cinéma « le grand éducateur du peuple[3] ». Victime de sa réputation de spectacle de foire, le cinéma est à l'époque un spectacle dont se détournent le public du théâtre et celui de l'opéra. Pour les amener au cinéma, Le Film d'art fait appel aux comédiens et metteurs en scène du théâtre.
Les ateliers de production se situaient à Neuilly-sur-Seine, au 14 rue Chauveau[2].
La soirée du , avec la projection de L'Assassinat du duc de Guise, marque ainsi selon les mots de Georges Sadoul « un tournant dans l'histoire du cinéma »[4]. Le film, écrit par l'académicien Henri Lavedan et réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargy, reçoit un accueil enthousiaste de la part d'un public et a droit, c'est une première et une promotion pour le cinéma, à une critique d'Adolphe Brisson dans le quotidien Le Temps[5].
La société eut pour directeurs : Paul Laffitte (1908-1909), puis Paul Gavault (1909-1911), puis Charles Delac (1911-1936) et Marcel Vandal, puis Henri Diamant-Berger (1936-1972).
Le siège parisien passa au 21 rue Chaptal, puis à partir de 1912, au 5 boulevard Montmartre : devenue société anonyme à la suite de son entrée réussie à la bourse de Paris, elle déclarait à cette époque un capital de 750 000 francs[2].
Comme L'Assassinat du duc de Guise, les films les plus célèbres sont des reconstitutions historiques ou des « grands sujets » : Le Baiser de Judas (1908) réalisé par Armand Bour et André Calmettes ou Le Retour d'Ulysse (1909) réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargy, etc.
Le Film d'art adapte pour le cinématographe un certain nombre de mimodrames ayant eu du succès, quelques années plus tôt, sur les scènes parisiennes comme L'Empreinte ou la Main rouge réalisé par Paul-Henry Burguet (1908), L'Homme aux poupées (1909) et La Main (1909), réalisés tous deux par Henri Berény.
Le est fondée la Société Générale de Cinématographie (SGC) qui a pour objet « l’achat, la vente, la location de tous films cinématographiques et d’une façon plus particulière, l’exploitation exclusive sous toutes formes des marques cinématographiques connues sous le nom de Film d’Art, Film des Auteurs et Monofilm »[6].
Dans les années 1960, la raison sociale est réactivée par Henri Diamant-Berger[7]. Ce dernier a acquis la société en 1936[8].
Une société portant le même nom est constituée en 2009[9] par Jérôme Diamant-Berger, petit-fils d'Henri Diamant-Berger.
Filmographie partielle
[modifier | modifier le code]- 1908 : Un duel sous Richelieu d'André Calmettes
- 1908 : L'Assassinat du duc de Guise d'André Calmettes
- 1908 : Britannicus d'André Calmettes
- 1908 : L'Empreinte ou la Main rouge de Paul-Henry Burguet
- 1908 : Le Baiser de Judas d'Armand Bour et André Calmettes
- 1908 : Œdipe roi d'André Calmettes
- 1909 : Héliogabale d'André Calmettes
- 1909 : Le Retour d'Ulysse d'André Calmettes et Charles Le Bargy
- 1909 : Andromaque d'André Calmettes
- 1909 : L'Homme aux poupées d'Henry Berény
- 1909 : La Main d'Henry Berény
- 1909 : Hamlet d'André Calmettes
- 1909 : Macbeth d'André Calmettes
- 1909 : La Tosca d'André Calmettes et Charles Le Bargy
- 1909 : Rigoletto d'André Calmettes
- 1909 : Rival de son père d'André Calmettes
- 1911 : Le Colonel Chabert d'Henri Pouctal
- 1911 : Une conquête d'Henri Pouctal
- 1912 : La Dame aux camélias d'André Calmettes et Henri Pouctal
- 1912 : Les Trois mousquetaires d'André Calmettes et Henri Pouctal
- 1912 : La Robe rouge d'Henri Pouctal
- 1914 : La Dénonciatrice de Georges-André Lacroix
- 1916 : Alsace d'Henri Pouctal
- 1916 : Ce que les flots racontent d'Abel Gance
- 1916 : Fioritures d'Abel Gance
- 1916 : Le Fou de la falaise d'Abel Gance
- 1917 : Les Mouettes de Maurice Mariaud
- 1917 : Mater dolorosa d'Abel Gance
- 1917 : Barberousse d'Abel Gance
- 1918 : Frivolité de Maurice Landais
- 1918 : Le Comte de Monte-Cristo d'Henri Pouctal
- 1919 : Fanny Lear de Jean Manoussi et Robert Boudrioz
- 1919 : Les Dames de Croix-Mort de Maurice Mariaud
Filmographie Vandal et Delac
[modifier | modifier le code]- 1915 : Un drame au château d'Acre
- 1915 : Strass et Compagnie
- 1915 : La Folie du docteur Tube
- 1915 : L'Héroïsme de Paddy
- 1915 : L'Énigme de dix heures
- 1916 : Le Droit à la vie
- 1916 : Les Gaz mortels
- 1916 : Le Périscope
- 1916 : Le Fou de la falaise
- 1916 : Fioritures
- 1916 : Ce que les flots racontent
- 1917 : Mater dolorosa
- 1917 : Barberousse
- 1917 : La Zone de la mort
- 1918 : La Dixième Symphonie
- 1918 : Ecce homo
- 1920 : Le Secret du Lone Star
- 1920 : Flipotte (en)
- 1921 : Champi-Tortu
- 1921 : Le Rêve
- 1921 : La Maison vide
- 1921 : Le Père Goriot
- 1925 : L'Abbé Constantin
- 1926 : L'Homme à l'Hispano
- 1927 : Le Mystère de la tour Eiffel
- 1927 : L'Agonie de Jérusalem
- 1927 : Le Mariage de mademoiselle Beulemans
- 1928 : Le Tourbillon de Paris
- 1928 : L'Eau du Nil
- 1929 : La Divine Croisière
- 1929 : La Meilleure Maîtresse
- 1929 : La Vie miraculeuse de Thérèse Martin
- 1929 : Maman Colibri
- 1930 : Au Bonheur des Dames
- 1930 : Les Deux mondes
- 1930 : David Golder
- 1930 : La Dernière Berceuse
- 1930 : Le Joker
- 1931 : Fra Diavolo
- 1931 : Le Bal
- 1931 : L'Amoureuse Aventure
- 1931 : Les Cinq Gentlemen maudits
- 1931 : Les Monts en flammes
- 1932 : Poil de Carotte
- 1932 : La Tête d'un homme
- 1932 : Hortense a dit j'm'en f…
- 1933 : L'Homme à l'Hispano
- 1933 : Le Petit Roi
- 1933 : Le Voleur
- 1934 : La Châtelaine du Liban
- 1934 : Le Paquebot Tenacity
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ L'acte de constitution (février 1908) du Film d'art annonce « la fabrication […] de scènes établies sur scénarios signés d’auteurs contemporains, avec le concours d’artistes connus ». Cité in 1895, no 33, Dictionnaire du cinéma français des années vingt, 2001, p. 198
- Ventes de 180 lettres du Films d'art - Correspondance Henri Lavedan et autres, Ader, 16 mai 2018.
- ↑ Ibid.
- ↑ In Histoire générale du cinéma, tome 2, Paris, Denoël, 1948, p. 504
- ↑ Reproduit in Daniel Banda et José Moure, Le cinéma : naissance d'un art. 1895-1920, Paris, Flammarion, Champs, 2008
- ↑ Éric Le Roy, « Chronologie du Film d'Art. L'histoire mouvementée d'un catalogue », sur journals.openedition.org (consulté le )
- ↑ Filmographie du Film d'art (Henri Diamant-Berger).
- ↑ Ciné-Ressources, Henri Diamant-Berger.
- ↑ « Le Film d'art - identité de l'homonyme de 2009 », sur www.societe.com (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Alain Carou et Béatrice de Pastre (dir.), « Le Film d'art & les films d'art en Europe (1908-1911) », 1895 : Revue de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma, no 56, (ISBN 9782913758575, lire en ligne, consulté le ).
- Girgiel Florence, « Le Film d'art en 1913 : le souci de la perfection », 1895, revue d'histoire du cinéma, no hors-série L'année 1913 en France, , p. 120-127 (lire en ligne, consulté le ).