Le Festin nu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2015).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Le Festin nu
Auteur William Burroughs
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Naked lunch
Éditeur Olympia Press
Lieu de parution France
Date de parution 1959
Version française
Traducteur Éric Kahane
Éditeur Gallimard
Date de parution 1964
Lieu de parution Paris
Type de média Livre papier
Nombre de pages 258

Le Festin nu (titre original : Naked Lunch) est un roman de l'écrivain américain William Burroughs publié pour la première fois à Paris en 1959. Ce texte a longtemps été assimilé à un texte beat, puisque Burroughs était ami avec Allen Ginsberg et Kerouac. Cependant, Burroughs a toujours refusé cette comparaison, et on remarque que son œuvre n'a rien à voir avec la Beat Generation.

Le livre a été composé entre 1954 et 1957 par Burroughs, qui résidait alors à Tanger[1], au Maroc. Écrit largement sous l'influence de drogues hallucinogènes, d'héroïne et de cocaïne, la première mouture du Festin nu se présente sous la forme de notes éparses informes et obscènes, réarrangées parfois par la technique du cut-up (reformulation physique des chapitres après les avoir découpés, mélangés, et recollés ; dans une procédure inédite que l'on peut apparenter aux transes créatrices des surréalistes). Burroughs mêle drogue, politique, homosexualité, hallucinations, délire paranoïaque dans une danse de mots et de verbigérations déchaînés et puissants, cette forme délirante se voyant scandée par une sorte de satire sociale nébuleuse directement issue des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift.

Le manuscrit composé d'un assemblage de pages sous le titre "Interzone"[2] est d'abord lu à Tanger par Ginsberg et Kerouac. Mais c'est seulement en 1959, au n° 9 de la Rue Gît-le-Cœur au "Beat Hotel"[3] que Burroughs, Ginsberg et Kerouac assembleront et remanieront le texte sans en altérer la substance aussi nocive qu'entêtante. L’éditeur Maurice Girodias juge en effet la prose de Burroughs "éblouissante" mais exige que le texte soit sérieusement remanié afin de le rendre publiable. C'est d'ailleurs J. Kerouac qui donnera le titre définitif « The Naked Lunch » à cet ouvrage. D'abord publié en France par Olympia Press[4], le Festin nu touche l'Amérique en 1962. Il y est très rapidement interdit pour près de 10 ans, tombant sous les lois sur l'obscénité (qui concernèrent aussi Henry Miller et son Tropique du Cancer) dans un procès qui, lorsque ses attendus furent cassés, servit la cause de la lutte contre la censure aux États-Unis.

Le Festin nu se veut une descente cauchemardesque dans l'esprit d'un junkie, transcendant la forme classique du roman en le destructurant, maltraitant la forme et le fond, donnant chair à ses divagations morphinisées dans des allégories oscillant de la science-fiction à la tragédie, parlant de modifications corporelles, d'orgies homosexuelles, de complots et de créatures angoissantes, dans un pays étrange, lieu de toutes les folies, nommé Interzone.

Certains analystes littéraires sont arrivés à la conclusion que les personnages du livre sont en fait des explorations de toutes les facettes de William Lee, lui-même étant une facette de William S. Burroughs. Cette interprétation donne une nouvelle vision lors de la lecture de l'ouvrage.

Le Festin nu reste probablement l'œuvre la plus représentative des mondes parallèles angoissants et distordus dans lesquels il plonge ses obsessions aussi bien que son lecteur. Frank Zappa a offert une lecture de l’extrait Le Trou du cul parlant lors de la Nova Convention le samedi 2 Décembre 1978 à New York, avouant juste avant de commencer qu’il a toujours dit ne pas être passionné de lecture, mais être admirateur du roman.

Liste des chapitres du livre[modifier | modifier le code]

Les chapitres sont des fragments de texte plus ou moins cohérents, mais ils n'ont presque aucun lien entre eux. Certains sont des descriptions vagues de moments de drogues, d'autres sont des histoires paraboliques, la plupart du temps sans queue ni tête.

  • Préface : Témoignage à propos d'une maladie.
  • Chapitre 1 : Benway.
  • Chapitre 2 : Joselito.
  • Chapitre 3 : La viande noire.
  • Chapitre 4 : L'hôpital.
  • Chapitre 5 : Lazare go home.
  • Chapitre 6 : La salle de jeux chez Hassan.
  • Chapitre 7 : La cour de l'université de l'Interzone.
  • Chapitre 8 : Grande fête chez A.J.
  • Chapitre 9 : Le congrès International de Psychatrie Technologique.
  • Chapitre 10 : Le marché.
  • Chapitre 11 : Des gens comme vous et moi.
  • Chapitre 12 : Islam e Cie et les partis de l'interzone.
  • Chapitre 13 : Le greffier municipal.
  • Chapitre 14 : Interzone.
  • Chapitre 15 : L'examen.
  • Chapitre 16 : Qui a vu Rose Pantoponne?
  • Chapitre 17 : La coquette paniquarde.
  • Chapitre 18 : L'Exterminateur fait du zèle.
  • Chapitre 19 : L'algèbre du besoin.
  • Chapitre 20 : Hauser et O'Brien.
  • Postface atrophiée : Tu en ferais tout autant.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

David Cronenberg en tira une adaptation cinématographique (très libre) en 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Patrick Hubner, « The Tangerine Dream : la Cité de l’entre deux mondes ». », sur babel.revues.org,‎ (consulté le 30 janvier 2016)
  2. « Short papers: “Fifty Years of Naked Lunch: from the Interzone to the Archive… and back.” - Academic Commons », sur academiccommons.columbia.edu (consulté le 30 janvier 2016)
  3. « Catalogue SUDOC », sur www.sudoc.abes.fr (consulté le 30 janvier 2016)
  4. « Columbia University Libraries Online Exhibitions | "Naked Lunch": the First Fifty Years », sur exhibitions.cul.columbia.edu (consulté le 30 janvier 2016)