Le Donjon

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Le Donjon
L'église Saint-Maurice.
L'église Saint-Maurice.
Blason de Le Donjon
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Allier
Arrondissement Vichy
Canton Dompierre-sur-Besbre
Intercommunalité Communauté de communes Entr'Allier Besbre et Loire
Maire
Mandat
Guy Labbé
2014-2020
Code postal 03130
Code commune 03103
Démographie
Population
municipale
1 076 hab. (2014 en augmentation de 0,09 % par rapport à 2009)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 21′ 05″ nord, 3° 47′ 37″ est
Altitude Min. 265 m
Max. 466 m
Superficie 37,02 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-le-donjon.fr

Le Donjon est une commune française, située dans le département de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Donjon est situé à l’est du département de l’Allier, sur l’axe routier Lapalisse-Digoin, à une vingtaine de kilomètres de ces deux villes et à une cinquantaine de kilomètres de Vichy, Roanne ou Moulins.

La commune se situe dans les Basses Marches du Bourbonnais dont elle était le chef-lieu.

Sept communes sont limitrophes[1] :

Communes limitrophes du Donjon
Liernolles Saint-Didier-en-Donjon
Montcombroux-les-Mines
Bert
Donjon Neuilly-en-Donjon
Loddes Lenax

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par le Crésançon, un affluent de la Vouzance et par le ruisseau de Loddes.

Transports[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est traversé par les routes départementales 994 (ancienne route nationale 494) reliant Digoin à Lapalisse, 989 (ancienne route nationale 489) reliant Moulins à Marcigny, 15 (Dompierre-sur-BesbreMontaiguët-en-Forez), 23 (vers Varennes-sur-Allier), 127, 166, 466 et 566, ces quatre dernières routes assurant une desserte locale[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au siècle dernier plusieurs découvertes intéressantes ont été faites : un buste d’Hercule en bronze, un aureus (monnaie d’or) à l’effigie d’Auguste, une médaille romaine (ces objets se trouvent au musée de Moulins).

Au Moyen Âge, le canton était rattaché au duché de Bourgogne d’où le nom de Val de Bourgogne. Il dépendait alors du bailliage de Semur-en-Brionnais. Ce n’est qu’au XIIIe siècle qu’il se sépara de la Bourgogne à la suite du mariage d’Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne. Dès 1375, les représentants des ducs de Bourgogne et de Bourbon décidèrent que tout ce qui était du ressort des châtellenies de Châtelperron, du Donjon et du Pin relèverait du duc de Bourbon.

Ainsi naquirent les « Basses Marches du Bourbonnais » formant une zone comprise entre la Madeleine et la Loire en comptant vingt paroisses appartenant aux cantons de Dompierre, Jaligny et du Donjon. Au XIXe siècle, cette région pauvre fut aussi appelée « pays des ventres jaunes » en raison de son sol ingrat.

Pendant la Révolution française, la ville prit le nom de Val-Libre[2], qui se retrouve dans le nom de l'actuelle communauté de communes.

Prosper Jacques Barthélémy Terrier, médecin humaniste maire du Donjon en 1847 est élu député de l’Allier en 1848. Il avertit, de Paris, les républicains donjonnais du coup d'État du 2 décembre 1851. Les notables du canton entraînent la population du canton, et dès le 3 décembre, la population se soulève et prend le contrôle de Donjon. Deux cent cinquante insurgés se dirigent vers la sous-préfecture, où ils sont rejoints par des contingents des cantons de La Palisse et Jaligny. Après quelques combats, Lapalisse tombe, mais chacun rentre dans ses foyers quand la nouvelle de la réussite du coup d'État arrive. Bien que le mouvement ait été limité, la répression est ensuite très sévère[3]. Proscrit obligé de partir en exil, il passe 7 ans à Jersey et Guernesey en compagnie de Victor Hugo dont il devient le médecin personnel et l’ami.

Bernard Honoré Préveraud (beau-frère de Terrier) dirige en décembre 1851, avec d’autres républicains, le soulèvement donjonnais contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III). Condamné à mort par contumace il est contraint à l’exil à Jersey où il se lie d’amitié avec Hugo. Preveraud et Terrier reposent côte à côte au cimetière du Donjon.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Jacques Cortez PRG Médecin, conseiller général du canton du Donjon (1982-2008)
mars 2008 avril 2014 Janine Chartier PRG  
avril 2014 en cours
(au 8 avril 2014)
Guy Labbé[4] PS Retraité de la fonction publique

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Le Donjon était le chef-lieu d'un canton regroupant treize communes. À la suite du redécoupage des cantons du département, la commune est rattachée au canton de Dompierre-sur-Besbre[5].

Au niveau judiciaire, la commune relève de la cour administrative d'appel de Lyon, de la cour d'appel de Riom, du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, de la cour d'assises de l'Allier, du tribunal d'instance de Vichy, du tribunal de grande instance et du tribunal de commerce de Cusset[6].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2014, la commune comptait 1 076 habitants[Note 1], en augmentation de 0,09 % par rapport à 2009 (Allier (département) : 0 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 436 1 436 1 503 1 513 1 695 1 803 1 871 1 907 1 945
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 926 1 879 2 048 2 078 2 150 2 185 2 210 2 098 1 964
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 961 1 993 2 043 1 780 1 817 1 841 1 748 1 753 1 592
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
1 522 1 512 1 447 1 366 1 258 1 168 1 102 1 085 1 076
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le Donjon relève de l'académie de Clermont-Ferrand. Elle gère l'école élémentaire publique Marlène-Jobert[10].

Les élèves poursuivent leur scolarité au collège Victor-Hugo, géré par le conseil départemental de l'Allier et situé dans la commune[10], puis pour les filières générales et technologiques, au lycée de Presles à Cusset[11] (renommé lycée Albert-Londres).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Maurice.
  • Église Saint-Maurice.
  • Château de Contresol

Le château de Contresol a été construit entre 1882 et 1891. Les principaux architectes sont René Moreau, Jean Moreau, Jean Bélisaire et Joseph Génermont. Le château est inscrit aux Monuments historiques depuis le 21 mars 2005. Il sera définitivement classé Monument historique le 27 mars 2006 [12]. La totalité du château est classée, y compris les décors et les aménagements intérieurs (cuisine, fruitier, chaufferie, monte-charges, hall, escaliers, galerie, office, salle à manger, salons, bibliothèque, chambres avec leurs boiseries, cheminées, tapisseries, toiles peintes) ; le parc avec son système hydraulique et ses fabriques (glacière), la chapelle, le château vieux dit « Vieux Contresol » et les communs.

Visite libre des extérieurs, avec panneau d'information, de cet imposant château néo-gothique en briques bicolores planté dans un parc et entouré d'un site boisé. Il est agrémenté de tours d'angle à lanternon, de lucarnes sculptées, de fenêtres à meneaux et de pinacles. La visite vous entraînera dans le parc, la régie du vieux château, la chapelle et la glacière.

  • Musée du Patrimoine rurale et de la vie d’autrefois

À l'initiative de Guy Coulon naît en 1997 le Musée de la Roue, installé d'abord au domicile de son concepteur, à la sortie du Donjon, route de Digoin. Il présentait toutes les étapes de la fabrication traditionnelle d'une roue. En 2007, le musée, sous couvert d'une association de bénévoles, intègre de nouveaux locaux sur la place du Champ de foire et, élargissant son objet, prend le nom de Musée du Patrimoine rural et de la Vie d'autrefois. On peut y découvrir sous forme de scènes animées par des automates divers épisodes de la vie rurale : la veillée au coin du feu, les lavandières, les scieurs de long, etc.

  • Parc du Plessis

Accès libre. Ancien parc d'un château du XIXe siècle, aujourd'hui siège de l'Hôtel de ville, on y entre par un portail ouvragé remarquable. D'imposants arbres centenaires, ainsi qu'une « mare communale de l'Allier » protégeant faune et flore dans sa roselière en font un lieu de promenade et de repos très agréable. Le regard s'arrêtera sur les deux « champignons », guérites abritant autrefois les châtelains surpris par la pluie au cours de leurs balades. Au sein du parc deux maisons de gardiens ou palefreniers ont été aménagées en deux gîtes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Méplain (18/01/1729 - 30/08/1794) : procureur fiscal et notaire royal au Donjon dès 1762 ; dernier bailli (nommé en 1785) et premier maire du Donjon à la Révolution française (il fut l'un des commissaires choisis par l'assemblée de la sénéchaussée de Moulins pour la rédaction des cahiers de doléance), également procureur-syndic sous la Révolution, et absent de tout acte (semble-t-il) sous la Terreur. Il est décédé en 1794.
  • Jean-Marien de Viry, président du Directoire du Donjon, fut guillotiné à Lyon en 1793 pour n'avoir pas détruit les tours de son château du Coude (commune de Loddes).
  • Hector-François Préveraud de La Boutresse (Le Donjon, 1743 - Le Donjon, 1845), député de l'Allier (1815-1827).
  • Prosper Jacques Barthélémy Terrier (1805-1876), maire du Donjon et député de l'Allier, beau-frère de Bernard Honoré Préveraud ; mort au Donjon, où il est enterré.
  • Bernard Honoré Préveraud (1823-1920), homme politique français et député de l'Allier.
  • Jules Gacon (8/10/1847 - 21/11/1914), sénateur-maire du Donjon sous la IIIe République. Fils d'un chaudronnier, docteur en médecine, il exerça sa vocation dans sa commune natale. Il fut président du Conseil général pendant seize ans et était l'un des chefs du parti radical dans l'Allier. Les questions sociales le passionnèrent. Une statue honore sa mémoire sur la place qui porte son nom au Donjon.
  • Simone de Tervagne (1911-1992), écrivain, journaliste. Elle est née à Londres, mais revient au Donjon, dont sont originaires ses parents, à l'âge de 7 ans et y vit jusqu'à sa majorité. Elle raconte cette enfance (malheureuse) dans son roman La Haine maternelle, publié en 1947 aux éditions Nagel. Elle était l'épouse de Georges Dupont dit de Tervagne (né à Terwagne en Belgique), auteur dramatique, conteur, journaliste, scénariste et dialoguiste qui se consacra essentiellement au théâtre et à la télévision.
  • Émile Henry, docteur vétérinaire, né en 1923, ancien conseiller général du canton du Donjon et ancien président du Groupement de défense sanitaire de l'Allier, a exercé et vécu au Donjon. Mémoire vivante du Bourbonnais et de sa culture, il fut l'un des premiers à avoir utilisé la technique de la césarienne pour les naissances bovines, notamment pour la race charolaise.
  • Gilbert Montagné, né le 28 décembre 1951, chanteur-auteur compositeur français, venait enfant rendre visite à sa grand-mère à Saint-Léon. Il a établi sa résidence secondaire au Donjon et y vient aussi souvent que possible en famille.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Le Donjon.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D’azur au donjon d’or ouvert, ajouré et maçonné de sable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Carte du Donjon sur Géoportail.
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Agnès Roche, « Un terreau favorable », Études rurales, no 171-172,‎ , p. 109-110.
  4. Liste des maires de l'Allier [PDF], sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de l'Allier, 8 avril 2014 (consulté le 7 juin 2014).
  5. Décret no 2014-265 du 27 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de l'Allier.
  6. « Liste des juridictions compétentes pour une commune », sur le site du ministère de la Justice (consulté le 23 décembre 2015).
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  10. a et b « Annuaire : Résultats de recherche », Ministère de l'Éducation nationale (consulté le 23 décembre 2015).
  11. « Sectorisation des lycées - 2GT - Allier » [PDF], Direction des services départementaux de l'Éducation nationale de l'Allier, (consulté le 29 mai 2016).
  12. « Château de Contresol », notice no PA03000026, base Mérimée, ministère français de la Culture.