Le Discours d'un roi

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Le Discours d’un roi
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Colin Firth et Helena Bonham Carter pendant le tournage.

Titre québécois Le Discours du roi
Titre original The King’s Speech
Réalisation Tom Hooper
Scénario David Seidler
Acteurs principaux
Sociétés de production UK Film Council
See-Saw Films
Bedlam Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre drame historique
Durée 118 minutes
Sortie 2010

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Discours d’un roi - ou Le Discours du roi au Québec et au Nouveau-Brunswick - (The King’s Speech) est un drame historique britannique réalisé par Tom Hooper, sorti en 2010.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, au Royaume-Uni, le prince Albert, deuxième fils du roi George V, vit un grave problème de bégaiement. L'abdication de son frère aîné Édouard VIII l'oblige à monter sur le trône sous le nom de George VI. Or, le roi doit s'exprimer en public. Sur l'insistance de sa femme, il rencontre Lionel Logue, orthophoniste australien aux méthodes peu orthodoxes. Malgré les réticences du prince, la méthode de Logue fonctionne. Albert doit surmonter ses difficultés de langage pour prononcer, en septembre 1939, le discours radiophonique[1] d'entrée du Royaume-Uni dans la guerre contre l'Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Tom Hooper sur le tournage du film à Queen Street Mill Textile Museum[2].

Le prince Albert, duc d'York et second fils du roi George V, bégaie tout au long de son discours de clôture de la British Empire Exhibition de 1925 au stade de Wembley, alors que son allocution est diffusée par la radio dans le monde entier. Le duc a renoncé à l'espoir de guérir, mais sa femme Elizabeth le persuade de consulter Lionel Logue, un orthophoniste australien de Londres. Lors de leur première entrevue, Logue enfreint l'étiquette royale en appelant le prince « Bertie », surnom utilisé seulement par sa famille. Quand le duc estime que ni les méthodes et ni les manières de Logue ne lui conviennent, Logue parie un shilling que le duc est capable de réciter sans peine le monologue de Hamlet « To be, or not to be » tout en écoutant Le Mariage de Figaro sur le casque. Logue enregistre la récitation sur un disque acétate. Persuadé qu'il a bégayé tout le temps, le prince Albert entre en colère, déclarant son état «désespéré» et il renvoie Logue. Celui-ci lui offre l'enregistrement en souvenir.

Après que le roi George V a prononcé à la radio son discours de Noël 1934, il explique à son fils l'importance de la radiodiffusion pour une monarchie moderne. Il déclare que « David » (Edward, le prince de Galles), frère ainé d'Albert et héritier du trône, va mener au désastre non seulement lui-même, mais sa famille et son pays, car il va laisser l'Europe continentale à la merci de l'Allemagne nazie et de la Russie communiste. Le roi George exige qu’Albert s’entraine, en commençant par lire le discours de son père. Il fait un essai désespéré pour y réussir.

Par la suite, le duc écoute l'enregistrement de Logue et s’entend lui-même en train de réciter Shakespeare sans la moindre hésitation. Il décide de revenir voir Logue, mais avec sa femme il insiste pour que Logue se borne à des exercices mécaniques, sans entreprendre une thérapie. Logue enseigne à son patient des techniques de relaxation musculaire et de contrôle de la respiration, mais doucement et de façon persistante il continue à sonder les racines psychologiques du bégaiement. Au bout du compte le duc révèle certaines des pressions subies dans son enfance, et les deux hommes commencent à devenir amis.

En janvier 1936, George V meurt, et David monte sur le trône sous le nom d’Edward VIII, mais il provoque une crise constitutionnelle par sa détermination à se marier avec Wallis Simpson, une américaine de la haute société mais divorcée et toujours légalement mariée à son deuxième époux. Lors d'une fête au château de Balmoral, Albert insiste sur le fait qu’Edward, en tant que chef de l'Église d'Angleterre, ne saurait épouser Mrs. Simpson, même si elle obtient son deuxième divorce. Édouard, en réponse, accuse son frère de chercher à se venger des brimades qu’il lui avait fait subir alors qu’il était encore un enfant et il reprend à ce moment ses attitudes d’intimidation si bien qu’Albert répond en bégayant de façon incontrôlable.

Au cours de la séance suivante, Albert exprime sa déception : s’il s’exprime mieux lorsqu’il parle à la plupart des gens, il balbutie encore quand il s’adresse à son propre frère, et il révèle toute la sottise d'Edward VIII dans sa relation avec Mrs. Simpson. Lorsque Logue maintient qu’Albert pourrait être un bon roi à la place de son frère, le prince qualifie une telle suggestion de trahison et, dans sa colère, se moque de Logue et le renvoie. Lorsque le roi Édward VIII abdique pour épouser Mrs. Simpson, Albert lui succède sous le nom de George VI. Le nouveau roi et la reine vont voir Logue chez lui pour lui présenter des excuses, à la grande surprise de Mrs. Logue, qui ignorait que le nouveau roi était le patient de son mari.

Lors des préparatifs de son couronnement à l'abbaye de Westminster, George VI apprend que Logue n’a aucune qualification officielle, contrairement à ce qu’il lui avait d’abord assuré. Logue explique alors comment on lui avait demandé d’aider des soldats australiens en état de choc qui revenaient de la Première Guerre mondiale. Lorsque George VI reste convaincu de son aptitude pour le trône, Logue s’assied sur le siège du roi Edward et écarte la Pierre du destin qui se trouve au-dessous comme une simple babiole. Piqué au vif par ce qui semble de la part de Logue un manque de respect, le roi explose de colère et se surprend alors par l’éloquence avec laquelle il le fait.

Dès la déclaration de guerre à l'Allemagne nazie en septembre 1939, George VI convoque Logue à Buckingham Palace pour préparer l’allocution radiophonique qu’il doit adresser à des millions d'auditeurs en Grande-Bretagne et dans l'Empire. Conscient du défi qui l’attend, Winston Churchill et le Premier ministre Neville Chamberlain lui offrent leur soutien. Le roi et Logue sont ensuite laissés dans le studio. Le roi prononce son discours avec une certaine maitrise sous la direction de Logue. À la fin de son discours, George VI parle sans difficulté avec peu de conseils de Logue voire aucun. Ensuite, le roi et sa famille s’avancent sur le balcon du palais, et reçoivent les applaudissements des milliers de personnes qui s’étaient rassemblées.

Un intertitre explique que Logue était toujours présent lors des discours du roi George VI au cours de la guerre, et qu’ils sont restés amis tout le reste de leurs vies.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : Version française (VF) sur Allodoublage[3] et RS Doublage[4] ; Version québécoise (VQ)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Tom Hooper (à gauche) avec Colin Firth (à droite) à la cérémonie d'attribution d'une étoile à l'acteur sur le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard, en janvier 2011.

Le film a reçu 118 nominations et a remporté 43 récompenses.

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • British Independent Film Awards 2011 :
    • Meilleur film indépendant britannique
    • Meilleur acteur (Colin Firth)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleur scénario
    • Prix Richard Harris (Helena Bonham Carter)

Nominations[modifier | modifier le code]

  • Alliance of Women Film Journalists 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleure distribution
    • Meilleur scénario original
  • British Independent Film Awards 2011 :
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Guy Pearce)
    • Meilleure direction artistique
  • Broadcast Film Critics Association 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleure distribution
    • Meilleure photographie
    • Meilleurs costumes
    • Meilleure musique (Alexandre Desplat)
  • Chicago Film Critics Association 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleur scénario
  • Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur (Colin Firth)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
  • Detroit Film Critics Society Awards 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleure distribution
  • Houston Film Critics Society 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur acteur (Colin Firth)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
  • Las Vegas Film Critics Society 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur (Colin Firth)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure direction artistique
    • Meilleurs costumes
  • London Film Critics Circle Awards 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur scénario
    • Meilleur film britannique
    • Meilleur réalisateur britannique (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur britannique (Colin Firth)
    • Meilleure actrice britannique (Helena Bonham Carter)
  • Phoenix Film Critics Society 2011 :
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleure distribution
    • Meilleure direction artistique
    • Meilleurs costumes
  • St. Louis Film Awards Critics Association 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur réalisateur (Tom Hooper)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleure actrice dans un second rôle (Helena Bonham Carter)
    • Meilleure direction artistique
  • San Diego Film Critics Society 2011 :
    • Meilleur film
    • Meilleur acteur (Colin Firth)
    • Meilleur acteur dans un second rôle (Geoffrey Rush)
    • Meilleur scénario

Autour du film[modifier | modifier le code]

La découverte en 2009 des journaux de Lionel Logue dans le grenier de Mark, le petit-fils de l'orthophoniste, suggère, contrairement au film, que la thérapie n'utilisait pas de jurons et que l'amitié entre les deux hommes n'allait pas jusqu'à la familiarité, Logue nommant respectueusement le roi « Votre Majesté » et non « Bertie »[7].

D'autre part, la thérapie a commencé dès octobre 1926, donc bien avant la mort de George V, et s'est poursuivie jusque dans les années 1940.

Les acteurs Colin Firth (George VI) et Jennifer Ehle (Myrtle Logue) ont déjà joué ensemble dans la mini-série Orgueil et Préjugés (1995), respectivement dans les rôles de Fitzwilliam Darcy et Elizabeth Bennet. D'autre part, Colin Firth avait déjà joué avec Geoffrey Rush dans le film Shakespeare in Love (1998), les deux acteurs n'y tenant alors que des rôles secondaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Discours original de George VI le 3 septembre 1939 », sur BBC, BBC News,‎ (consulté le 23 décembre 2011)
  2. (en) « Queen Street Mill Textile Museum », sur Lancashire Museums
  3. Allodoublage
  4. RS Doublage
  5. (en) « Oscars: Colin Firth gets a well-deserved win for The King's Speech », sur Los Angeles Times (consulté le 12 mars 2011)
  6. (en) « The 24th European Film Awards: Winners », sur europeanfilmacademy.org (consulté le 9 décembre 2011)
  7. Peter Conradi (en), « La vraie histoire de l'homme qui sauva la voix du roi », sur Lefigaro.fr,‎

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mark Logue, Peter Conradi[1], Le Discours d'un roi : L'Histoire de l'homme qui sauva la monarchie britannique, Plon,‎ (ISBN 978-2259214926).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Mark Logue est un des petit-fils de Lionel Logue et Peter Conradi journaliste au Sunday Times.