Le Crépuscule d'une idole

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Le Crépuscule d'une idole
L'Affabulation freudienne
Image illustrative de l’article Le Crépuscule d'une idole
Plaque mémorielle sur la maison natale de Sigmund Freud

Auteur Michel Onfray
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Éditeur Grasset
Lieu de parution Paris
Date de parution 2010
Nombre de pages 612
ISBN 978-2-246-76931-6

Le Crépuscule d'une idole, sous-titré L'Affabulation freudienne, est un essai de Michel Onfray sur Sigmund Freud dans les domaines de la psychanalyse et de l'épistémologie de la psychologie[1] publié le 21 avril 2010 aux éditions Grasset[2].

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Michel Onfray, dans le cadre de son travail d'une nouvelle lecture de certains philosophes, appelée la contre-histoire de la philosophie, continue son œuvre sur la psychanalyse. C'est en 2006 qu'il envisage un travail sur celui-ci.

Michel Onfray, après avoir découvert une certaine critique de la psychanalyse, a cherché à approfondir tout ceci, et a lu, pour la rédaction de son ouvrage, l'œuvre complète de Freud (Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse) publiée aux Presses universitaires de France, les hagiographes comme Ernest Jones, les correspondances avec Wilhelm Fliess.

Michel Onfray conteste la psychanalyse freudienne vue par lui comme une psychologie-littéraire donc non scientifique. Michel Onfray explique « ce livre est une psycho-biographie nietzchéenne dans laquelle je croise les faits, les dates et l'œuvre, tout est vérifiable, j'ai lu 6000 pages de l'œuvre complète de Freud et sa correspondance ». Le livre, qui d'après son auteur, « déchire quelques cartes postales », déclenche les foudres des psychanalystes. Michel Onfray conclut « les lecteurs seront les juges de paix ».

Couverture[modifier | modifier le code]

La couverture est une création d'une photo de Freud sur fond du tableau Enée conduit aux enfers de Jan Brueghel[3].

Exergue[modifier | modifier le code]

Citation en exergue de Nietzsche, « Par-delà le bien et le mal », 1re partie, §5. En 1888, Nietzsche est l'auteur du Crépuscule des idoles.

Dédicace[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est dédié à Diogène de Sinope.

Contenu[modifier | modifier le code]

Onfray introduit, avec une forte domination autobiographique, où il raconte comment il découvrit, à l'université, Freud avec Trois essais sur la théorie sexuelle, ouvrage qui l'influença avec le Manifeste du parti communiste et L'Antéchrist. Voyant que c'est édité et étudié sérieusement, il ne remit pas en question. Il fit alors dix cartes postales sur les apports de la psychanalyse, qu'il contrebalança par dix contre-cartes postales. Et indiqua que Freud avait menti, n'assuma pas ses erreurs, et qu'il y a une réelle défense de la légende construite par Freud. Et il place ce démontage dans la veine du Traité d'athéologie (ouvrage où pourtant Onfray vante Freud à plusieurs reprises).

Onfray déclare que Freud rêve de gloire, de célébrité, de postérité. Il manipula et détruisit les parties compromettantes de sa correspondance. Freud méprisait Nietzsche et les philosophes mais recycle beaucoup de leurs théories pour en faire des néologismes. Il pose d'ailleurs la psychanalyse comme science, bien qu'elle ne soit pas exacte. Freud s'égara dans ses recherches, échoua à plusieurs reprises, parfois de manière non-assumée (Sur la cocaïne). Il analyse les cinq psychanalyses et découvrit qu'elles ne sont résolues pour Freud qu'à travers des tours de passe-passe (si le problème est oublié, il est refoulé) ou en assumant que le patient ne sera jamais guéri (Sergueï Pankejeff). Il théorise le succès de la psychanalyse par l'affaiblissement de l'église que refoulent les pulsions, par la société totalitaire de la psychanalyse, par le nihilisme du XXe siècle et par la médiatisation du Freudo-marxisme après Mai 68 avec Wilhelm Reich et Herbert Marcuse.

Onfray décrie la méthode de Freud et ses découvertes, déclarant que l'autrichien est névrosé et universalise ses cas. Il précise que Freud est un falsificateur autobiographe, qui n'a pas inventé la psychanalyse (le premier serait Antiphon) mais s'est approprié le terme. Il dénonce la position scientifique de Freud qui pourtant croyait à la pensée magique, à la télépathie, la médecine extravagante et à la numérologie. Le philosophe indique que la psychanalyse est individuelle mais ses analyses se basent sur des analogies douteuses et des raccourcis, que l'entreprise est rentable et les arrêts libres bien pratiques.

Onfray attaque également la vie personnelle de Freud, très pessimiste, très conservateur, qu'il avait des relents misogynes et que selon lui, l'homosexualité est une névrose. Il dénonça souvent le socialisme et le communisme mais jamais le fascisme et eut de l'admiration pour Mussolini et Dollfuß.

Dans la bibliographie qu'il commente, Onfray dénonce les sophismes qu'est le fait d'avoir lu dans de mauvaises traductions, et déplore le tri des correspondances et le verrouillage des archives jusqu'à la fin du XXe siècle. Il regrette d'ailleurs que les études qui analysent la psychanalyse sont hagiographiques et sans réel point de vue critique. Dans l'ouvrage, il dénonce le verrouillage sophistique empêchant toute critique de la psychanalyse (il faut être un patient pour la dénoncer, si c'est refoulé, c'est réussi, procès d'intention pour antisémitisme si on critique Freud…).

Ventes[modifier | modifier le code]

L'éditeur Grasset avance le chiffre de 150 000 exemplaires vendus dont 100 000 les deux premières semaines[4]. Cet essai est lors de sa publication, « en tête des ventes des essais[5],[6] ».

Prix[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage fut nommé au prix Renaudot 2010 dans la catégorie essais[7],[8].

Réception[modifier | modifier le code]

Élisabeth Roudinesco, notamment dans Pourquoi tant de haine ?, affirme que l'ouvrage de Michel Onfray est « truffé d’erreurs, il véhicule de fort anciennes rumeurs (et de bien méchantes légendes), il n’établit rien »[9],[10],[11].

Michel Onfray réagit en affirmant que la réaction d'Élisabeth Roudinesco est essentiellement motivée par des considérations économiques et clientélistes, composée d'affirmations non sourcées, ne respecte pas les règles du débat universitaire[12].

Le professeur Jacques Van Rillaer appuie la défense d'Onfray en publiant une critique argumentée du livre Mais pourquoi tant de haine ?[13], dans laquelle il pointe ce qu'il estime être de nombreuses erreurs factuelles dans l'ouvrage d'Élisabeth Roudinesco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  2. Fiche sur le site de l'éditeur Grasset.
  3. « La couverture, Freud sur fond d’Enée conduit aux enfers (à la manière de Jan Bruegel) » texte de Marie-Hélène Brousse, psychanalyste, publié par Marianne le 9 mai 2010, repris dans « Anti-Onfray 2 », Émile Jalley, Éditions L'Harmattan, 2010
  4. Et Onfray détrôna BHL, David Caviglioli, Grégoire Leménager et Fabrice Pliskin, Le Nouvel Observateur, 21 mai 2010
  5. Les chiffres d'un succès, Marie Chaudey, La Vie.fr, 26 mai 2010
  6. Onfray, biographe de Camus, L'Express.fr, 16 mars 2011
  7. La première liste du Renaudot, Le Nouvel Observateur, 6 novembre 2010
  8. Renaudot, dernière liste: Despentes revient en piste, Le Nouvel Observateur, 3 novembre 2010
  9. Jean-Jacques Moscovitz, « Elisabeth Roudinesco, Mais pourquoi tant de haine ? Paris, Seuil, 2010 », Psychologie clinique, EDP Sciences, vol. 1, no 31,‎ , p. 185-186 (ISSN 1145-1882, lire en ligne).
  10. « Onfray et le fantasme antifreudien », Le Monde, 15 avril 2010.
  11. « Roudinesco déboulonne Onfray », sur bibliobs.nouvelobs.com, 16 avril 2010
  12. Réponse de Michel Onfray à Élisabeth Roudinesco, Michel Onfray, blogs.mediapart.fr, 17 avril 2010
  13. Analyse d’affirmations d’Élisabeth Roudinesco dans Mais pourquoi tant de haine ?, Jacques Van Rillaer, pseudo-sciences.org, 24 juillet 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]
  • Élisabeth Roudinesco (dir.), Pierre Delion, Christian Godin, Roland Gori, Franck Lelièvre, Guillaume Mazeau, Mais pourquoi tant de haine ? , Paris, Seuil, 2010.
  • Serafino Malaguarnera, Critique du Crépuscule d'une idole de Michel Onfray, ILV édition, Bruxelles, (ISBN 978-2-35209-304-6), 166 pages, juin 2010.
  • Émile Jalley, ANTI-ONFRAY 1 : Sur Freud et la psychanalyse, L'Harmattan, 2010.
  • Guy Laval, Un crépuscule pour Onfray: Minutes de l'interrogatoire du contempteur de Freud, L'Harmattan, 2011.

Chapitres et articles[modifier | modifier le code]

  • Alain Amselek, « Un praticien se révolte contre l'air du temps », dans Le Livre Rouge de la psychanalyse (Tome 1), Éditions Desclée de Brouwer, Paris 2010.
  • Samuel Lézé, « Tout contre Freud », sur nonfiction,

Réponses aux critiques[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]
  • Michel Onfray, « Freud, une chronologie sans légende » , Grasset, 2010.
  • Michel Onfray, Apostille au Crépuscule. Pour une psychanalyse non freudienne, Grasset, 2010
Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]