Le Couronnement d'épines (Le Caravage, Vienne)

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Ne doit pas être confondu avec Le Couronnement d'épines (Le Caravage, Prato).
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Le Couronnement d'épines
The Crowning with Thorns-Caravaggio (1602).jpg
Artiste
Date
Commanditaire
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
127 × 166 cm
Mouvement
Localisation
Numéro d’inventaire
GG_307Voir et modifier les données sur Wikidata

Le Couronnement d'épines est un tableau de Caravage peint au début du XVIIe siècle (probablement vers 1602-1603) et conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne en Autriche. Il existe une autre version de ce même thème et probablement par le même auteur, dont la datation est également estimée autour de 1602 ou 1603 et qui est conservée à Prato.

Historique[modifier | modifier le code]

L'attribution du tableau à Caravage ne pose plus guère de difficultés, depuis sa redécouverte par Roberto Longhi au XXe siècle[1]. Malgré certains doutes au fil des années, émis notamment par les conservateurs du Kunsthistorisches Museum eux-mêmes[2], désormais l'attribution à Caravage n'est guère contestée[a].

En revanche, de nombreuses questions restent irrésolues quant à sa date exacte de création, qui va de 1599 pour certains auteurs jusqu'à 1607 pour d'autres ; néanmoins la plupart des spécialistes s'accordent sur une datation plus probable entre 1602 et 1603[4],[5], voire 1604[1].

Cette toile est une commande de Vincenzo Giustiniani, le protecteur d'alors de Caravage[3] ; il reste en possession de la famille Giustiniani jusqu'en 1809[1]. À cette date, il est racheté par l'ambassadeur autrichien au Vatican pour le compte de François 1er d'Autriche[1]. Des problèmes d'ordre juridique retardent son exportation, mais en 1816 le Couronnement arrive enfin à Vienne, où il se trouve toujours depuis[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau, qualifié de « dessus-de-porte » dans sa toute première mention en 1638 au sein de la collection Giustiniani[5], fait référence à une scène évangélique lors de laquelle Jésus, qui a été arrêté par les Romains et sera bientôt exécuté, se trouve en prison : il y est torturé par ses bourreaux qui le flagellent et le tournent en ridicule. Pour dénigrer son apparent statut de « roi des Juifs », ils lui font porter une couronne et un sceptre ; mais le sceptre est en roseau et la couronne est faite d'épines.

« Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant: "Salut, roi des Juifs !"»[6] »

— Mt 27,27-29.

Le tableau de Caravage est donc tout à fait fidèle à ce texte fondateur : le Christ est bien vêtu du manteau rouge, et il subit les outrages de ses bourreaux. Quatre figures en buste sont visibles, dans un léger effet de contre-plongée[7] ; autour du Christ en position centrale, deux bourreaux s'affairent derrière lui à poser sur sa tête une couronne d'épines à l'aide de longs bâtons, tandis qu'au premier plan un homme en armure contemple la scène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur son site Internet, le musée de Vienne présente effectivement le tableau comme un autographe de Caravage, daté d'environ 1603[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Vodret 2010, p. 132.
  2. Gérard-Julien Salvy, Le Caravage, Gallimard, coll. « Folio biographies », , 317 p. (ISBN 978-2-07-034131-3)
  3. a et b (de) « Dornenkrönung Christi », sur Kunsthistorisches Museum (consulté le 28 octobre 2017).
  4. Ebert-Schifferer 2009, p. 292.
  5. a et b Schütze et Taschen 2015, p. 266.
  6. « Les mystères du saint Rosaire. 3e Mystère Douloureux: Le couronnement d'épines. », sur site du Saint Siège.
  7. Schütze et Taschen 2015, p. 267.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sybille Ebert-Schifferer (trad. de l'allemand par V. de Bermond et J-L Muller), Caravage, éditions Hazan, , 319 p. (ISBN 978-2-7541-0399-2).
  • Sebastian Schütze et Benedikt Taschen (éd. scientifique) (trad. de l'allemand par Michèle Schreyer), Caravage : l'œuvre complète [« Caravaggio. Das vollständige Werk »], Cologne et Paris, Taschen, (1re éd. 2009 (de)), 306 p., 41 cm (ISBN 978-3-8365-0182-8).
  • Rossella Vodret (trad. de l'italien par Jérôme Nicolas, Claude Sophie Mazéas et Silvia Bonucci), Caravage : l’œuvre complet [« Caravaggio. L'opera completa »], Silvana Editoriale, , 215 p. (ISBN 978-88-366-1722-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]