Le Cornet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Exposition des artistes du Cornet en 1934[1].
Une réunion du Cornet en 1934[2].
En-tête de la revue Le Cornet de novembre 1928 à juin 1930.

Le Cornet est une très importante goguette fondée en 1896 par Georges Courteline, Paul Delmet, Millanvoye et Albert Michaut.

Comme les successives et jadis renommée sociétés du Caveau, elle est aujourd'hui complètement oubliée par le grand public. Son nom même, qui fait référence au cornet à dés, n'évoque plus rien pour lui.

Description[modifier | modifier le code]

Ses membres, tous de sexe masculin, s'appellent entre eux « les Cornettistes ». Ce sont des notables, hommes de lettres et artistes aimant partager leurs connaissances et leur humour autour d'un bon repas clos au dessert par un « concert » de chansons et déclamations de poésies donné par certains des convives, comme cela se pratique déjà depuis très longtemps dans les sociétés du Caveau. Les menus des repas sont souvent illustrés par les artistes conviés.

L'assistance est nombreuse. Ainsi, par exemple, au 97e dîner du Cornet, le 12 décembre 1905, il y a 88 présents et 18 membres se sont excusés[3].

Les frais de participation font que le Cornet est réservé à des gens aisés. En 1928, par exemple, le prix à payer pour s'attabler au 266e dîner du Cornet le 20 décembre, est de 25 francs service compris[4].

Basée à Paris, la société a des membres correspondants en province et à l'étranger. Au nombre de ceux-ci on trouve à Bruxelles en 1910 Fernand Rooman qui a fondé à Anvers le cercle d'art dramatique Le Gardenia[5].

La carte de membre du Cornet comporte dès 1905 au moins, une photographie[6].

Pour postuler à devenir adhérent, il faut être parrainé par deux membres. Le droit d'entrée est de 20 francs en avril 1906[7].

Le Cornet affiche un machisme sans complexes. En témoigne, par exemple, l'annonce de son 302e dîner, le 30 mai 1933, qui précise tranquillement : « Les Dames ne sont pas invitées[8]. » On est entre hommes et fiers de l'être. Il arrive aussi que les dames soient invitées.

Le Cornet a son hymne dont les paroles sont d'Albert Michaut et la musique du compositeur André Saint-Just, tous deux membres du Cornet[9].

Elle organise aussi des expositions d'œuvres d'arts créées par ses membres.

Le Cornet, sa revue mensuelle, paraît durant au moins une trentaine d'années, à partir de novembre 1905, jusqu'en avril 1936.

En 1924, le Cornet organise ses dîners au restaurant Coquet 80 boulevard de Clichy, où se réunit aussi à l'époque la société du Caveau.

Les activités ne sont pas interrompues par les deux guerres mondiales et se poursuivent encore dans les années 1960.

Cette société n'existe plus aujourd'hui.

Maurice Neumont illustre 56 menus du Cornet entre le 4 juillet 1904 et le 8 novembre 1929.

Membres célèbres[modifier | modifier le code]

Au nombre des membres du Cornet on trouve Francisque Poulbot, Charles Léandre, Maurice Lalau, Pierre Trimouillat, Xavier Privas, André Warnod, Adolphe Willette, Léon Huber, Dominique Bonnaud, Numa Blès, Lucien Boyer, Jules Grün, Forain, Raoul Ponchon[10], Misti, Fernand-Louis Gottlob...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exposition des Artistes du Cornet à la galerie La Boétie en 1934.
  2. Photo parue dans la revue Le Cornet en juin 1934.
  3. Le Cornet, 1re année, numéro 2, décembre 1905, page 1, 1re colonne.
  4. Le Cornet, décembre 1928.
  5. Il est question du Gardenia dans Le Cornet, numéro de mars 1910. Ce cercle, fondé en 1889, existe toujours. Voir une notice à son sujet. D'octobre 1891 à mars 1932, durant 41 ans, il publie une revue Le Gardenia. La collection complète possédée par Rooman est passée en vente en Belgique.
  6. Le Cornet, 1re année, numéro 2, décembre 1905, page 3, 2e colonne. À l'époque, Moreau, photographe d'art, 29 boulevard des Italiens, membre du Cornet s'offre à photographier gracieusement ceux qui auraient besoin de leur photo pour leur carte.
  7. Rubrique Candidature, Le Cornet, 2e année, numéro 6, avril 1906, page 4, 1re colonne.
  8. Le Cornet, 27e année, numéro 7, mai 1933, page 1.
  9. Pierre Trimouillat, Notice sur André Saint-Just, Le Cornet, avril 1906 et Casimir Saqui, Notice sur Charles-Paul Magny, Le Cornet, janvier 1910.
  10. À propos de Raoul Ponchon membre du Cornet, voir : Le Cornet, juin 1933.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]