Le Concombre masqué

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Le Concombre masqué
Série
Le Concombre masqué, au premier plan,et son ami Chourave.
Le Concombre masqué, au premier plan,
et son ami Chourave.

Auteur Mandryka
Couleurs Ingrid Nicolas, Catherine Legrand
Genre(s) Humour

Personnages principaux
  • Le Concombre masqué
  • Chourave
  • Le Grand Patatoseur

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Futuropolis
Dargaud
Dupuis
Alain Baulet
Mosquito
Première publication Vaillant, le journal de Pif no 1038
(1er avril 1965)[1]
Nb. d’albums 29

Prépublication Vaillant
Vaillant, le journal de Pif
Pif Gadget
Pilote
L'Écho des savanes
Spirou
(À suivre)
Le Matin de Paris
Site web Les Aventures Potagères du Concombre Masqué

Le Concombre masqué est une série de bande dessinée créée en 1965 par Nikita Mandryka sous le pseudonyme de Kalkus dans le journal Vaillant, le journal de Pif et qui se poursuivra dans la formule suivante de l'hebdomadaire, Pif Gadget[2].

Evoluant plus tard dans Pilote, L'Écho des savanes, Spirou, (À suivre)[3] et le supplément BD du journal Le Matin de Paris[2], le Concombre, un cucurbitacé bavard et philosophe, évolue dans un univers absurde et a (au sens propre) une araignée dans le plafond. « Seul Héros 100% Végétal donc 100% Sain[4] », « il vagabonde dans des histoires burlesques et oniriques[5] ».

On retrouve plusieurs personnages récurrents dans l'univers du Concombre, notamment Chourave, son fidèle ami, les éléphants joueurs de cartes qui squattent son « cactus-blockhaus » ou bien le Grand Patatoseur, son ennemi de toujours.

L'Intégrale des années Pilote, parue aux éditions Dargaud, a reçu le Prix du patrimoine au Festival d'Angoulême 2005

Historique[modifier | modifier le code]

Enfant, Mandryka est fou de bandes dessinées, et particulièrement d'un petit personnage de Jean-Claude Forest, le Copyright, publié au début des années 1950 dans Vaillant. Également absurde et volontiers surréaliste, il a exercé une influence majeure sur le dessinateur : « J’ai lu une bande dessinée de Forest dans Vaillant, le Copyright, et j’ai adoré. Pourquoi ? Parce que le Copyright, c’était moi ! Un personnage seul de son espèce. [...] Et puis cette bande dessinée s’est arrêtée. Alors, tout naturellement, j’ai voulu la continuer. Je la continuais dans mes cahiers. Le Copyright, je l’appelais Prosper, ou quelque chose comme ça. Après je lui ai enlevé sa queue et il s’est mis à ressembler au futur Concombre masqué[6] » (Mandryka).

Le Copyright, dont Mandryka s'est inspiré pour créer le Concombre.

Une dizaine d'années plus tard, en 1964, Mandryka débute dans Vaillant, le journal où paraissait le Copyright. Sous le pseudonyme de Nik, il y crée tout d’abord le personnage de Boff, un reporter que la rédaction envoye, dans le nº 1037 du 28 mars 1965, à la recherche du mystérieux Concombre masqué qui vit dans « le désert-de-la-mort-lente ». Cette toute première apparition du Concombre coïncide avec le tout dernier numéro de Vaillant, qui, la semaine suivante, est rebaptisé Vaillant, le journal de Pif, et dans lequel apparaît, le 1er avril 1965[1],[7], la première planche des Aventures potagères du Concombre masqué, cette fois signée Kalkus (et plus tard Karl Kruss, Calgus, Kudsak, Caleq-usse ou même Kilkoz). Mandryka ne signera la série de son vrai nom qu'à partir du premier numéro de Pif Gadget, la formule suivante du journal, le 24 février 1969[2].

Mandryka, le créateur du Concombre masqué,

En 1971, le Concombre quitte ce dernier pour Pilote, le journal de bande dessinée dont René Goscinny, scénariste d'Astérix et de nombreuses séries à succès, est rédacteur en chef : « Pilote était l’un des meilleurs journaux du monde. Son modèle c’était Mad magazine, de Harvey Kurtzman, auquel Goscinny avait d’ailleurs collaboré lors de son séjour aux États Unis. Goscinny, qui avait un talent fou, voulait faire de Pilote un équivalent de Mad en France. Comment ne pas vouloir en faire partie[6] ? » (Mandryka).

De 1965 à 1970, Mandryka avait déjà collaboré à Pilote en y écrivant quelques scénarios. Il y dessina également divers gags, parfois scénarisés par Reiser, Lob, Monzon, ou même Gotlib, avec qui il créera les Clopinettes. Mais c'est dans le no 585 du 21 janvier 1971 qu'apparaît pour la première fois le Concombre dans Une araignée dans le plafond, un récit en huit planches[2].

Le Jardin Zen : l'histoire qui, refusée par Goscinny, provoqua le départ de Mandryka du journal Pilote[8].

En 1972, Goscinny refuse de publier un épisode très « décalé » du légume philosophe intitulé Une histoire sans titre, récit plus connu sous le titre Le Jardin Zen[8]. Mandryka accepte très mal cette censure et décide alors de fonder la même année, avec Claire Bretécher et Marcel Gotlib, L'Écho des savanes, « un canard comme ceux de l’underground américain où se réunissent plusieurs personnes qui font ce qui leur plaît, qui prennent leur pied à faire LEUR truc[9] » (Mandryka).

Durant cette période, Mandryka ne quitte pourtant pas totalement les éditions Dargaud qui publient Pilote, car il est toujours sous contrat. En 1973, Dargaud édite d'ailleurs le premier album des récits du Concombre parus dans l'hebdomadaire et qui reprend le titre originel de la série : Les Aventures potagères du Concombre masqué. En 1971 était déjà sorti un album à l'italienne du même nom chez Futuropolis, mais qui cette fois reprenait les premières planches du Concombre parues en noir et blanc dans Vaillant. De 1975 à 1983, paraîtront encore cinq albums chez Dargaud et, après une série de BD publiées de 1990 à 1992, cette fois chez Dupuis, le Concombre, « tel qu'en lui-même toujours il change[3] », revient encore une fois chez Dargaud le temps de trois recueils, de 2006 à 2012. Suivront également chez l'éditeur Alain Baulet, à partir de 2010, des petits formats en noir et blanc limités chacun à 1 000 exemplaires et à la pagination variable[2].

Le Concombre passe d’un éditeur à l’autre et se vend mal, mais en 1998, Mandryka s'est déjà bidouillé tout seul un site internet[10] afin de reprendre sa liberté en écoulant gratuitement ses dernières créations au gré de ses envies, quitte à vivre de peu : « Comme il me reste peu de temps à vivre, je ne vais pas m’emmerder, je ne fais que ce que j’ai envie de faire. Plus question de me faire chier sur une BD pour que mon éditeur juge ou non si elle est vendable. Moi, je suis parfaitement heureux et je n’ai besoin d’emmerder personne pour y trouver un peu de plaisir[9]. »

Personnages[modifier | modifier le code]

Image tirée d'Une araignée dans le plafond, la première histoire du Concombre publiée dans Pilote : Dr Freud l'examine au sujet d'un bruit dans la tête.

Dans chaque album, on peut retrouver quelques personnages récurrents :

  • Chourave, le seul ami du concombre, mais également son souffre-douleur ;
  • les éléphants, qui jouent très souvent aux cartes, ou au bowling avec des cubes ;
  • la grand-mère du Concombre qui, elle, est raisonnée ;
  • le Grand Patatoseur, qui possède un engin infernal capable de transformer en patate tous ceux qui le contestent ;
  • Fourbi, l'assistant du Grand Patatoseur.

Interjections courantes et citations[modifier | modifier le code]

  • « Bretzel liquide ! »
  • « Keskeucé ? ! »
  • « Vazyléon ! »
  • « Mercadet Poissonière ! »
  • « Rhône Poulenc ! »
  • « Quelle époque opaque ! »
  • « Tout finit en purée. »
  • « Ce qui me tue dans la vie, c'est la mort. »

Œuvre personnelle[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • Les aventures potagères du Concombre masqué :
    les premières pages en noir et blanc parues dans Vaillant.
    Futuropolis (Comics 130 Spécial no 1 à l'italienne, N & B) 1971, réédité par Mosquito en 2016.
  • Les aventures potagères du Concombre masqué :
    le premier récit de huit pages publié dans Pilote
    (Une araignée dans le plafond) et des histoires courtes d’une ou deux planches.
    Dargaud 1973, 1980, 1981 et 2008, J'ai lu 1988 et 1990, Z'éditions 1995.
  • Le Retour du Concombre masqué
    Dargaud 1975 et 1982, J'ai Lu 1990
  • Comment devenir maître du monde
    Dargaud, 1980
  • La Vie quotidienne du Concombre masqué
    Dargaud, 1981
  • Le Chef vous salue bien
    Saupiquet, 1982
  • À la poursuite du Broutchlag Mordoré
    Dargaud, 1982
  • Le Concombre contre le Grand Patatoseur
    Dargaud, 1983
  • Pas de Sida pour Miss Poireau (avec Claude Moliterni)
    Giphar lab. 1987 et 1994
  • La Dimension poznave - 1
    Dupuis, 1990
  • La Dimension poznave - 2
    Dupuis, 1990
  • Le Concombre masqué dépasse les bornes
    Dupuis, 1991
  • Le Concombre masqué fait avancer les choses
    Dupuis, 1992
  • Tronches de concombre (collectif par les auteurs Dupuis)
    Dupuis, 1992
  • Le Management vu par le concombre masqué
    (avec Emmanuel Pollaud-Dulian)
    Generales First, 1993
  • Le Concombre masqué : les inédits
    Z'Éditions, 1995
  • L'Intégrale des années Pilote
    Dargaud, 2004
  • Le Bain de minuit
    Dargaud, 2006
  • Le Monde fascinant des problèmes
    Dargaud, 2009
  • Du Barouf dans le potage
    Alain Baulet, 2010
  • La Vérité Ultime
    Dargaud, 2012
  • Gardez l'argent !
    Alain Baulet, 2012
  • Le Sac à malices
    Alain Baulet, 2013
  • Le Choc du futur
    Alain Baulet, 2013
  • Le Jardin Zen
    Alain Baulet, 2014
  • Le Travail tue
    Alain Baulet, 2015
  • Conc et Chou lanceurs d’alerte !
    Alain Beaulet, 2017
  • Traqueurs de fausses nouvelles
    Alain Baulet, 2018
  • La Vie secrète du Concombre masqué
    Alain Baulet, 2022

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Hitler et son ami concombre, nouvelle de Jean-Émile Jenvrin, illustrée par Mandryka, Rigolo ! no 7,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Adaptation en série d'animation[modifier | modifier le code]

  • Le Jardin Zen, extrait du premier et seul épisode jamais réalisé d'une série d'animation 3D qui, à l'origine, devait en contenir cinquante-deux.

Réalisé à Liège, en Belgique, dans le studio Neurones Cartoon, il a été récompensé par le prix du public au Festival International du Film par Ordinateur de Montréal (FIFOM) de 1992 et la même année, intitulé The Lone Cuke en anglais, il fut sélectionné à la convention SIGGRAPH (Special Interest Group in GRAPHics) de Chicago (États-Unis).

Le journal Spirou nº 2838 du 2 septembre 1992, dont la couverture exhibe le Concombre en simulation 3D avec le titre Les secrets de fabrication du Concombre[11], relate que Mandryka est venu en personne au studio pendant trois mois pour y travailler, aidant au storyboard et à la conception des personnages, mais depuis lors, aucune mention de la série n'a plus jamais été faite et aucune nouvelle séquence n'est apparue[12].

Distinction[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Wikimedia Commons présente d’autres illustrations sur Le Concombre masqué.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Antoine Duplan, « Les vertes années du Concombre masqué » Le Temps, jeudi 30 juin 2016 (page consultée le 30 juin 2016)
  2. a b c d et e Le Concombre masqué, Cecil McKinley, 24 mai 2016, sur BdZoom.com.
  3. a et b Maël Rannou, Entretien avec Nikita Mandryka, 2de partie, du9, décembre 2010.
  4. Brouillons et crayonnés, sur le site officiel de Mandryka.
  5. Hommage à Nikita Mandryka, auteur du Concombre masqué et grand prix du festival d'Angoulême en 1994, sur Bdangouleme.com.
  6. a et b Maël Rannou, Entretien avec Nikita Mandryka, 1re partie, du9, décembre 2010.
  7. dans le no 1038
  8. a et b Le Jardin Zen, l'histoire complète sur le site officiel de Mandryka.
  9. a et b Mandryka est mort, c'est trop concombre, Marius Chapuis, 14 juin 2021, sur Libération.
  10. Les Aventures potagères du Concombre masqué, le site officiel de Mandryka
  11. Le journal de Spirou en 1992, sur BD oubliées.
  12. The Lone Cuke (Early 1990s CGI Series), sur le site de Lost Media Archive.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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