Le Combat ordinaire (série de bande dessinée)
| Le Combat ordinaire | |
| Série | |
|---|---|
Manu Larcenet | |
| Auteur | Manu Larcenet |
| Couleurs | Patrice Larcenet |
| Genre(s) | roman graphique |
| Thèmes | humour, introspection, photographie, actualité, Environnement |
| Personnages principaux | Marco Émilie |
| Lieu de l’action | Bretagne |
| Époque de l’action | années 2000 |
| Pays | |
| Langue originale | français |
| Éditeur | Dargaud |
| Première publication | 2003 |
| Format | couleur 242x320 mm |
| Nombre de pages | 48-60 |
| Nombre d’albums | 4 |
| Adaptations | Le Combat ordinaire (film) |
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Le Combat ordinaire est une série de bande dessinée française en 4 tomes publiés entre 2003 et 2008 aux éditions Dargaud. Le scénario et le dessin sont de Manu Larcenet et la mise en couleur de Patrice Larcenet. La série est terminée et a aussi fait l’objet d’une intégrale publiée en 2010. L'histoire se déroule en France, dans les années 2000 et narre la vie adulte de Marco, jeune photographe en manque d'inspiration. Le premier tome a reçu le prix du meilleur album au festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2004.
Synopsis
[modifier | modifier le code]Le combat ordinaire (2003)
[modifier | modifier le code]Marco est photographe de guerre mais a mis assez d’argent de coté pour faire une pause. Il voit son psy qui le trouve névrosé, son frère, surnommé “Georges”, qui fume des pétards et joue aux jeux vidéos avec lui. Mais il a fui la ville et s’est installé à la campagne. Sur la route du retour chez lui, il passe voir ses parents qui vivent en bord de mer. Il passe une soirée avec eux, retrouve sa mère proche et inquiète, son père affectueux mais perdant la mémoire, et découvre une photo de son père jeune en militaire, ayant fait la guerre d’Algérie, mais ne voulant pas en parler. Marco rentre chez lui à la campagne et retrouve son chat Adolf, au caractère affirmé. Il se débarrasse de ses anciennes photos et confirme à son employeur qu’il n’est pas encore prêt a repartir faire des photos sur les fronts. Durant une promenade en forêt avec son chat, Marco croise un chasseur avec son chien. Le chien attaque et blesse le chat, et le chasseur le renvoie hors de son terrain privé. Un vieil homme, un voisin, recueille le chat et lui conseille de l’emmener chez le vétérinaire. Il rencontre la vétérinaire, Emilie, et tombe sous le charme. De retour chez lui, il apprend qu’il est renvoyé de son travail par son patron Hervé. Méditant dans les champs alentours, il retrouve son voisin qui lui offre à boire. De retour chez lui, il trouve Emilie venue prendre des nouvelles du chat. Six mois plus tard, ils sont ensemble et elle lui propose de partager une maison, mais il refuse. Encore six mois plus tard, il reçoit la visite de son frère et de sa compagne Naima enceinte. Après la soirée, Emilie repart chez elle. Lors d’une de leur sortie, elle avoue qu’elle aimerait aussi être un jour enceinte. Marco en ressent trop de pression et ils se séparent. Marco retrouve son voisin et va à la pêche avec lui. Par hasard, il découvre que ce voisin a un lourd passé et il se brouille avec lui. Il retrouve son chat tué dans la forêt et décide alors de revoir Emilie.
Les quantités négligeables (2004)
[modifier | modifier le code]Marco présente Emilie à ses parents lors d’une visite où il est venu faire des photos des anciens collègues de son père, l’atelier 22 du chantier naval. En fin de repas, son père lui apprend qu’il a une maladie d’Alzheimer avancée. Marco va à Paris pour son travail, retrouve Anne-Marie sa galeriste et déjeune avec elle et Fabrice Blanc, photographe renommé. Ce dernier propose qu’ils fassent leur prochaine exposition ensemble. De retour dans leur maison de campagne, Marco accepte de chercher une nouvelle maison avec Emilie. Mais peu satisfait de ses portraits, il retourne sur le chantier naval et les refait avec les amis ouvriers qu’avait son père. L’exposition se prépare. En attendant, il garde sa nièce pour la soirée mais fait une crise d’angoisse. Cela le convainc de retourner voir un psy. Lors de l’exposition, il découvre par hasard le peu de bien que pensent ses collègues de ses photos. Alors qu’il se lance dans la recherche d’une nouvelle maison avec Emilie, il apprend le décès de son père.
Ce qui est précieux (2006)
[modifier | modifier le code]Après le décès de son père, Marco et Émilie déjeunent avec la mère et Marco l’aide à débarrasser l’atelier de son père. Il souffre de ce deuil et recommence à voir un psy. Émilie lui rappelle qu’elle aimerait avoir un enfant, ce qui terrorise toujours Marco. Il vit mal sa relation avec Émilie et la perte de son père mais est heureux d’apprendre qu’un éditeur veut faire de ses photos des docks un livre. Marco passe voir son frère qui vit aussi très mal son deuil. Il passe ensuite aux docks et retrouve Pablo un ami de son père. Ce dernier est très fier d’apprendre qu’un livre va être fait sur eux. Marco lit les petits carnets de son père mais ne voit pas leur but. Il se décide à retourner voir son ancien voisin, Mr Mesribes, qu’il condamnait pour ses actes de guerre mais dont il a découvert ensuite qu’il était sur une photo avec son père. Le livre de Marco est finalisé et plait à son éditeur qui l’invite à Paris. Pendant ce temps, Émilie apprend qu’elle est enceinte.
Planter des clous (2008)
[modifier | modifier le code]Quelques années plus tard. Emilie et Marco sont parents d’une petite fille, Maude. Marco vit sa paternité avec des hauts et des bas, mais est fasciné par sa fille et revit avec elle, par moments, des souvenirs avec son père disparu et son frère. Marco est photographe dans un journal et il est appelé par Pablo pour venir couvrir la fermeture de leur chantier naval. Résidant chez sa mère, Marco assiste aux réunions de chantier et ne peut que constater la future fin du chantier. Il a renoué avec Mr Mesribes qu’il croise en forêt. Mais au cours d’une promenade, il arrive vers sa maison et voit les déménageurs. Il apprend de sa fille son décès quelques jours plus tôt. Alors que c’est la période des élections présidentielles, Marco passe la nuit à discuter avec Pablo, l’ami de son père. Le chantier ferme puis est détruit. Marco continue sa vie de famille et de photographe.
Personnages
[modifier | modifier le code]- Marco : le personnage central de l'histoire
- Émilie : la vétérinaire, petite amie de Marco
- Georges : le frère de Marco (Georges est un surnom, son vrai prénom n'étant jamais donné)
- Naïma : la femme de « Georges »
- Chahida : la fille de « Georges » et Naïma
- Antoine Louis : le père de Marco et « Georges »
- Suzanne Louis : la mère de Marco et « Georges »
- Maude : la fille de Marco et Émilie
- Adolf : le chat de Marco
- Pablo : l'ancien collègue du père de Marco au chantier naval où il travaille toujours. Il est une sorte de deuxième père pour Marco.
- Bastounet : l'ancien collègue du père de Marco au chantier naval où il travaille toujours. C'est un ami d'enfance de Marco et de son frère
- Hervé: le patron de Marco à l’agence de photos
- Anne-Marie: la galeriste de Marco
- Gilbert Mesribes: ancien Lieutenant de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et voisin de Marco.
Publications
[modifier | modifier le code]Le combat ordinaire (2003-2008)
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Analyse
[modifier | modifier le code]La série a de bonnes critiques dans son ensemble. Le tome 1 est salué et David Desvérité écrit: « Manu Larcenet signe un album somptueux et intelligent, alliant parfaitement scénario et dessin. Ses personnages respirent la naïveté et la simplicité, à l’image du bonheur auquel ils aspirent. Mais il y a aussi les moments de doute, les crises d’angoisse, le passé qui resurgit »[1]. Le tome 2 montre que la suite très attendue ne déçoit pas. Comme l'écrit Olivier Guillaume: « Après un premier tome encensé et récompensé à juste titre, Manu Larcenet nous livre avec Les quantités négligeables un véritable petit bijou de rire et d'émotion »[2].
De manière atypique, l’auteur résume chaque volume par une phrase en quatrième de couverture. Pour le tome 1: “C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”. Pour le tome 2: “C’est l’histoire d’un photographe convalescent, d’un génie médiocre, d’un cargo qui sombre et du cheval de Zorro”. Pour le tome 3: “C’est l’histoire d’un photographe en deuil, d’un atelier à ranger, d’un livre à finir et de Gugusse avec son violon”. Et pour le tome 4: “C’est l’histoire d’un chantier qui ferme, d’une petite fille amoureuse, d’un soir d’élections et d’une nuit dehors…”.
L’émission Culture BD de RadioFrance analyse cette série en 2021. Les chroniqueurs relèvent que malgré l’analyse d’une société qui voit la montée du Front National, la disparition des classes ouvrières, la guerre d’Algérie occultée, le héros Marco va hésiter, trébucher mais continuera à chercher le bonheur[3]. Plus précisément, J.Marotta note que « Il y a ces moments de silence, de nature différente avec notamment des moments de contemplation. (...) Manu Larcenet, à travers ces yeux-là, offre aux lecteurs un espace de projection pur puisqu'on se retrouve face à un blanc où tout est à construire »[3]. Pour W.Leroy: « Le dessin de Manu Larcenet provoque le rire, notamment dans ses rythmiques et ses cassures de narration. (...) Il est dans la justesse. Il y a une subtilité derrière un côté brut apparent et parfois potache. » et selon J.B.Barbier: « C'est cela sa force ; il utilise très bien l'humour pour nous amener à ses passages beaucoup plus durs dans Le combat ordinaire. Quand on referme la bande dessinée, à quels sujets pense-t-on ? (...) On est entre gravité et humour »[3].
Comme le note F.Mayaud pour l’ensemble de la série : « “C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”, écrit Larcenet. C’est aussi un scénario parfaitement maîtrisé, drôle — de cette drôlerie complice qui évite l’ironie — et tendre, en totale osmose avec un dessin hypersensible au bonheur et à la détresse. (Sans parler du chat ou d’Émilie, le moindre canapé est craquant.) Le combat ordinaire, histoire légère et bouleversante d’une renaissance, est l’album le plus personnel de Larcenet, et le meilleur en attendant le suivant »[4].
L'ensemble de la série nous balance entre bonheur et malheur. Comme l'écrit Caroline: « Beaucoup de sujets très sensibles sont mis en lumière; la vieillesse, la mort et le deuil, la mise-à-nu de soi face à autrui, la politique, l’immigration… Le tout est rempli d’humour, de tendresse et de réalisme et Le Combat Ordinaire est une ode à l’humanité contemporaine, où Larcenet porte ce regard si juste sur notre société si développée et si fragile. »[5]. Comme le relève Piehr de bdtheque: « A travers l'histoire d'un jeune photographe de presse s'interrogeant sur ce qu'il doit faire de sa vie, Larcenet brosse une comédie parfois drôle, parfois triste, sur le passage à l'âge adulte, sur l'amour et les choix qu'il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et du passé »[6].
Style
[modifier | modifier le code]Le style de dessin évolue largement durant la série. Comme le note F.Mayaud: « Cette légèreté se retrouve dans le graphisme qui s’est affiné avec le temps. La phrase « … rappelle le schéma d’un système nerveux » caractérisant l’ombre d’un arbre sur une photo, extraite de Ce qui est précieux, illustre avec justesse le trait de Larcenet. »[7]. Une transition graphique vue aussi par Le Tourne Page qui note: « Les premières dizaines de planches sont, visuellement, à l'image de la série Retour à la terre : dessin à la limite du cartoon, ligne claire, couleurs à plat trop flashy. Et puis on voit le trait de Larcenet perdre peu à peu de sa naïveté, les lignes s'affranchir de leur fluidité, ça fouille, ça cherche, ça crobarde, ça devient de plus en plus réaliste, les couleurs sont moins franches. Pour terminer, dans le dernier quart, par certaines planches dont la noirceur annonce Blast, l'œuvre suivante, si impressionnante de noirceur, de l'auteur »[8]. Le trait est parfait pour le propos comme le note Y.M.L du Monde: « Le dessin très personnel de Manu Larcenet et la superbe mise en couleurs de son frère Patrice servent avec habileté les registres et chapitres de cette histoire, si humaine, mise à nu »[9].
Distinctions
[modifier | modifier le code]- 2004 : Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004 pour le premier tome Le Combat ordinaire
- 2005 : Prix Tournesol et prix du jury œcuménique de la bande dessinée (Festival d'Angoulême 2005) pour le second tome Les Quantités négligeables
- 2006 : Prix Töpffer international pour le tome 3: “Ce qui est précieux”[10].
- 2008 :
Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée étrangère pour un volume reprenant les deux premiers tomes
Accueil critique
[modifier | modifier le code]Après avoir reçu le Prix du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2004, le premier tome connaît un grand succès critique et public : la série s'est, en 2011, vendue à plus de 600 000 exemplaires[11]. Les principales qualités reconnues à l'album sont le côté touche-à-tout, posant un œil sur les petits riens de la vie et offrant en même temps au lecteur l'occasion de s'amuser tout en étant marqué par différents évènements[12].
Adaptations
[modifier | modifier le code]Au cinéma
[modifier | modifier le code]Les producteurs Christophe Rossignon et Philip Boëffard de Nord-Ouest Films et le réalisateur-scénariste Laurent Tuel adaptent cette bande dessinée à l'écran, avec Nicolas Duvauchelle dans le rôle principal et Maud Wyler en Émilie, dont le tournage se déroule en Dordogne et en Bretagne en [13]. Le film s'intéresse aux trois premiers tomes de la série, qui correspondent aux trois chapitres du film : « Le Combat ordinaire », « Les quantités négligeables » et « Ce qui est précieux ». Comme le note AlloCiné, l’adaptation du film suit de prêt la bande dessinée avec une « adaptation sociale et romanesque »[14]. L’adaptation d’un de ses livres est une nouveauté pour l’auteur et comme le note Susie Bourquoin: « C'est la première fois que l'auteur de Blast accepte l'adaptation de l'un de ses livres au cinéma »[15].
Au théâtre
[modifier | modifier le code]L'œuvre a été adaptée au théâtre en 2012 par le metteur en scène Robert Sandoz[16].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Le_Combat_ordinaire » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Le combat ordinaire tome 1: la chronique BD », sur avoir-alire.com, (consulté le )
- ↑ Olivier Guillaume, « Le combat ordinaire tome 2: les quantités négligeables », sur planetebd.com, (consulté le )
- Wandrille Leroy, Juliette Marotta, Jean-Baptiste Barbier, « "Le Combat ordinaire", l'album des questions existentielles », (consulté le )
- ↑ F.Mayaud, « Le combat ordinaire: chronique sociale, humour », sur bedetheque.com, (consulté le )
- ↑ Caroline, « Le combat ordinaire », sur undernierlivre.net, (consulté le )
- ↑ Piehr, « Le combat ordinaire », sur bdtheque.com, (consulté le )
- ↑ F.Mayaud, « Critique de Planter des clous », sur bdgest.com, (consulté le )
- ↑ Le Tourne Page, « Intégrale du combat ordinaire », sur letournepage.com, (consulté le )
- ↑ Y.-M.L., « Ce qui est précieux (Le combat ordinaire, tome 3), de Manu Larcenet », sur lemonde.fr, (consulté le )
- ↑ Ville de Genève, « Historique des prix Topffer », sur geneve.ch, (consulté le )
- ↑ L'Apocalypse selon Larcenet - Julien Bisson, L'Express, 28 juillet 2011
- ↑ Levendis, « Le Combat ordinaire - Tome 1 », sur Krinein, (consulté le )
- ↑ Fabien Lemercier, « Laurent Tuel se lance dans « Le Combat ordinaire » », sur Cineuropa, (consulté le )
- ↑ « Le film Le combat ordinaire », sur allocine, (consulté le )
- ↑ Susie Bourquoin, « Le Combat ordinaire de Manu Larcenet adapté au cinéma », sur europe1.fr, (consulté le )
- ↑ Robert Sandoz, « Spectacle Le combat ordinaire », sur loutil.ch, (consulté le )
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Frédérique Pelletier, « Quand l'enfant paraît », dBD, no 21, , p. 20.
- Paul Gravett (dir.), « Les années 2000 : Le Combat ordinaire », dans Les 1001 BD qu'il faut avoir lues dans sa vie, Flammarion, (ISBN 2081277735), p. 820.
- Pascal Paillardet, « Catalogue des Manutranses », BoDoï, no 61, , p. 12.