Le Cimetière des Arlequins

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Le Cimetière des Arlequins
Album de Ange
Sortie 1973
Enregistré 1973
Studio des Dames, Paris
Studio Michel Magne, Château d'Hérouville
Durée 35:50
Genre Rock progressif
Label Philips

Albums de Ange

Le Cimetière des Arlequins est le deuxième album du groupe de rock progressif français Ange, sorti en 1973.

Contexte et parution[modifier | modifier le code]

Après la parution de Caricatures en 1972, Ange part en tournée et gagne rapidement en popularité[1]. Le groupe assure notamment la première partie de Johnny Hallyday à Chantilly, lors du premier concert de sa tournée « Johnny Circus »[2]. Le Cimetière des Arlequins est enregistré en 1973, au retour de la première tournée anglaise du groupe[3]. L'album est enregistré au Studio des Dames à Paris, à l'exception de La Route aux cyprès, qui est quant à lui enregistré au Château d'Hérouville, au studio Michel Magne[4].

L'album sort en 1973, année où la popularité du rock progressif est à son paroxysme[5]. Pour promouvoir sa sortie, Ange donne de nombreux concerts[6]. Le groupe participe le 26 août 1973 au festival de Reading en Angleterre, le même jour que Genesis, qui est en tête d'affiche ce jour-ci[7]. Le groupe joue alors devant 30 000 personnes[6],[8], dont un jeune Steve Hogarth, futur chanteur du groupe anglais Marillion[6],[7].

Les premiers exemplaires de l'album qui sont commercialisés présentent des autocollants sur la pochette et sont accompagnés de transferts pour T-shirts[9]. La pochette de l'album est une peinture d'un artiste d'origine russe, Jacques Wyrs, extraite de la série Monuments Stellaires[10].

Composition[modifier | modifier le code]

Face 1[modifier | modifier le code]

Le premier titre de l'album est une reprise de Ces gens-là de Jacques Brel[11], qui a été complètement réarrangée par rapport à la chanson d'origine[12]. Seuls les trois premiers couplets de la version originale sont chantés sur cette reprise[13]. Le dernier couplet est volontairement omis[14] et est remplacé par un solo de guitare[6]. De nombreux fans de Jacques Brel ont reproché à Ange l'absence du dernier couplet sur leur reprise[14]. Le groupe s'en explique sur la pochette de l'album : « À Jacques Brel, nous n'avons pas osé te prendre Frida ! », afin de ne pas rendre la chute de la chanson incompréhensible[14]. La chanson est pendant longtemps interprétée en concert par le groupe[15].

Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti sorcier succède à Ces gens-là[15]. Beaucoup plus orienté rock, ce titre est l'un des plus énergiques interprétés par le groupe[12]. Il démarre par un motif en deux accords très simpliste, joué au clavier par-dessus un puissant riff de guitare, lui-même dominé par le chant thêatral de Christian Décamps[16]. Le tout est « entrecoupé de coups de batterie assez [puissants] »[17]. Un break laisse ensuite place à une flûte, des claviers « profonds et [malsains] » et des paroles murmurées[17]. Cette section, qui est plus calme et atmosphérique, regagne finalement l'énergie du début la chanson[16].

La chanson suivante, Bivouac, est composé en deux parties[18]. Bivouac (1re partie) débute avec une introduction chantée[17]. Le titre commence de façon enjouée et ressemble presque à de la musique folk[16]. La musique devient rapidement plus sombre et sinistre[16]. Cette partie se compose de solos joués à l'orgue[3]. La seconde partie du titre, Bivouac Final, est le seul instrumental de l'album[8]. Cette partie se caractérise par une « montée en puissance » et par des claviers « qui jaillissent de partout »[17]. L'Espionne lesbienne est à l'inverse une chanson acoustique accompagné de passages à la flûte[16].

Face 2[modifier | modifier le code]

De temps en temps est une ballade à tendance symphonique[16], qui se termine sur un bruit de bande magnétique accélérée[12]. La Route aux cyprès est une ballade folk[12], où une guitare acoustique et une flûte peuvent être entendues[11]. Comparé à L'Espionne lesbienne, cette chanson acoustique est beaucoup plus détendue et attrayante[16]. L'album se termine sur le titre du même nom, Le Cimetière des Arlequins[15]. La chanson, qui dure plus de huit minutes, est construite sur un « crescendo dramatique »[15]. Le côté théâtral d'Ange y est particulièrement mis en avant[16]. Cette façon de terminer l'album par un long titre est une première pour le groupe, qui répète le schéma sur ses quatre albums studio parus après Le Cimetière des Arlequins[3].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le Cimetière des Arlequins

Compilation des critiques
Périodique Note
AllMusic 3/5 étoiles[12]
Forces Parallèles 2/5 étoiles[17]
Music Waves 3/5 étoiles[11]
Rockstyle 4/5 étoiles[19]

Le site de l'encyclopédie Larousse trouve que sur Le Cimetière des Arlequins, Ange « mêle de façon tout à fait convaincante rock progressif à l'anglaise et légendes populaires françaises »[20]. Pour l'auteur Franz Bourlet, il est l'un des nombreux albums parus en 1973 qui attestent de la popularité du rock progressif cette année-ci[5]. Dans son livre Anthologie du rock français : De 1956 à 2017, Dominique Grandfils estime que Le Cimetière des Arlequins « couronne l'écriture de [Christian] Décamps »[21]. Dag Erik Asbjørnsen, auteur du livre Scented Gardens of the Mind: A Guide to the Golden Era of Progressive Rock (1968–1980) in More Than 20 European Countries, conseille d'écouter tout d'abord Le Cimetière des Arlequins parmi tous les albums d'Ange parus entre 1972 et 1977, car il renferme selon lui « certaines de leurs plus belles mélodies »[9].

Ventes et postérité[modifier | modifier le code]

Suivant sa parution en 1973, Le Cimetière des Arlequins devient l'album le plus vendu d'Ange[22] et se vend à plus de 200 000 exemplaires[1]. En 1976, il est certifié disque d'or en France pour s'être vendu à au moins 100 000 exemplaires[23]. Le Cimetière des Arlequins permet à Ange de se faire connaître en France, mais aussi dans les scènes de rock progressif européennes et au Québec[12]. Le Cimetière des Arlequins est par ailleurs l'un des premiers albums écoutés par Luc Arbogast, participant à la saison 2 de The Voice : La Plus Belle Voix, lorsqu'il découvre pour la première fois les musiques traditionnelles[24],[25].

Pistes[modifier | modifier le code]

Face 1
No Titre Auteur(s) Durée
1. Ces gens-là Jacques Brel 4:47
2. Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti sorcier Jean-Michel Brézovar, Christian Décamps 3:25
3. Bivouac (1re partie) Christian Décamps, Francis Décamps 5:32
4. L'Espionne lesbienne Christian Décamps, Daniel Haas 2:52
5. Bivouac (final) Christian Décamps, Francis Décamps 3:02
Face 2
No Titre Auteur(s) Durée
1. De temps en temps Christian Décamps, Francis Décamps 4:08
2. La Route aux cyprès Christian Décamps, Daniel Haas 3:18
3. Le Cimetière des Arlequins Christian Décamps, Gérard Jelsch 8:46

Personnel[modifier | modifier le code]

Musiciens[modifier | modifier le code]

Adapté de la pochette intérieure du vinyl de 1973[4].

Autres[modifier | modifier le code]

  • Henri Loustau : ingénieur du son (Studios des Dames)
  • Jean-Louis Labro : assistant (Studios des Dames)
  • Andrew Scott : ingénieur du son (Studio Michel Magne)
  • Jacques Wyrss : illustration pochette recto-verso
  • J. Aubert, C. Delorme : photos pochette intérieure

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Assayas 2014, « Ange », p. 56.
  2. Baerst 2015, « Partie 5. De M comme Mike Lécuyer à N comme Nico Wayne Toussaint ».
  3. a, b et c (en) Mike McLatchey, « From a Caricature to an Ambush — Ange in the 70s », Exposé, no 5,‎ , p. 6–9 (lire en ligne).
  4. a et b Le Cimetière des Arlequins, Ange, 1973, https://www.discogs.com/fr/release/1002751-Le-Cimeti%C3%A8re-Des-Arlequins/images, pochette intérieure, Philips, 6325 037.
  5. a et b Bourlet 2014, « 1973 ».
  6. a, b, c et d Olivier Davenas, « Ange... au firmament (1972–78) », Big Bang, no 37,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Hervé Blanchard, « Cinq jours avec Christian Décamps, créateur et chanteur du groupe Ange », France Bleu Belfort Montbéliard, (consulté le 19 août 2017).
  8. a et b Pierre Graffin, « Ange : Le Cimetière des Arlequins », sur Hard Force, (consulté le 19 août 2017).
  9. a et b Asbjørnsen 2000, « France ».
  10. Emmanuel Chirache, « Les 70 meilleures pochettes d'albums français », sur Time Out, (consulté le 19 août 2017).
  11. a, b et c Peter Hackett, « ANGE: Le Cimetière des Arlequins (1973) », sur Music Waves, (consulté le 19 août 2017).
  12. a, b, c, d, e et f (en) François Couture, « Ange – Le Cimetiere Des Arlequins », sur AllMusic (consulté le 19 août 2017).
  13. Janeault et Lesueur 2017, « « Ces Gens-Là » (Jacques Brel) 1966 ».
  14. a, b et c Vassal 2013, « Six pieds sous terre, tu chantes encore ».
  15. a, b, c et d « Ange : une carrière divine (1ère partie) », sur Clair & Obscur, (consulté le 19 août 2017).
  16. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Ange – "Le Cimetière des Arlequins" (Philips 1973) », sur Vintageprog.com (consulté le 19 août 2017).
  17. a, b, c, d et e Jeremy, « ANGE – Le Cimetiere Des Arlequins (1973) », sur Forces Parallèles (consulté le 19 août 2017).
  18. Nawenn, « Ange », sur Nanook, (consulté le 19 août 2017).
  19. Thierry Busson, Frédéric Delage et Bruno Versmisse, « Ange : Les ailes du délire », Rockstyle, no 10,‎ mai-juin 1995, p. 24–25 (lire en ligne).
  20. « Rock (abréviation de rock and roll) », Larousse (consulté le 19 août 2017).
  21. Grandfils 2017, « Ange ».
  22. (en) John Bush, « Ange – Artist Biography », sur AllMusic (consulté le 19 août 2017).
  23. « Les Certifications » (version du 23 novembre 2006 sur l'Internet Archive), sur InfoDisc.
  24. Eliane Da Costa, « The Voice : Luc Arbogast, un candidat venu d’un autre temps… », Closer,‎ (lire en ligne).
  25. « Luc Arbogast », Les Médiévales de Bayeux : Dossier de presse,‎ , p. 5 (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]