Le Chat du rabbin

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Le Chat du rabbin
Série
Image illustrative de l’article Le Chat du rabbin

Auteur Joann Sfar
Couleurs Brigitte Findakly

Thèmes Judaïsme
Personnages principaux Le chat, le rabbin, Zlabya
Lieu de l’action Algérie
Époque de l’action XXe siècle

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Dargaud
Collection Poisson pilote
Première publication 2002
Nb. d’albums 8

Adaptations Le Chat du rabbin (film, 2011) ; Le Chat du rabbin (film, 2018)
Albums de la série '

Le Chat du rabbin est une série de bande dessinée, écrite et dessinée par Joann Sfar et mise en couleurs par Brigitte Findakly.

Joann Sfar, l’auteur, en 2015.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, le chat d’un rabbin d’Alger raconte sa vie et ses dialogues avec son maître.

En effet, ce chat parle depuis qu’il a dévoré le perroquet de la maison et a tendance à dire ce qu'il pense sans inhibition. Il remet tout en question, autant les apprentissages du rabbin que les fondements mêmes du judaïsme. Craignant la mauvaise influence que son chat parlant pourrait exercer sur sa fille Zlabya, le rabbin les sépare et décide de lui enseigner la Torah, le Talmud, la Michna, la Guemara pour le remettre sur le droit chemin. La motivation principale de l’animal à devenir « un bon juif [qui] ne ment pas[1] » est que son maître l’autorise de nouveau à passer du temps avec Zlabya. Durant son apprentissage, le chat ne manque pas de contredire son rabbin, et le rabbin de son rabbin, tout en observant avec perspicacité les autres disciples du rabbin.

Genèse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans Le Figaro, Joann Sfar dit apprécier les chats depuis longtemps : « Je me suis toujours senti très bien avec les chats... Quand on a la chance d'être dessinateur, les chats sont des animaux qui nous accompagnent sans nous déranger[2] ». En 2000, Joann Sfar se rend chez une éleveuse de chats. Il porte alors un manteau et l'un des félins se glisse dans sa poche. L'auteur relève que « c’était le plus moche et le plus étrange chat que j’avais jamais vu... Je me suis dit, c’est celui-là[3] ». Sur le site Les libraires, Sfar précise : « il s’appelle Imhotep et il parle tout le temps. Au début, tu te dis qu’il est con. Et puis tu te dis qu’il essaie peut-être de t’expliquer un truc, que tu ne comprends rien et que ça doit être douloureux pour lui[4]. ». Dans une interview au magazine Femina[5], Sfar décrit l'animal comme « un chat oriental tout gris avec de grandes oreilles. Il a deux grosses soucoupes vertes à la place des yeux » et il affirme que le félin est « amoureux de [s]a femme ». Dans Le Parisien[3], l'animal est décrit comme « long, maigre, aux oreilles en pointe ». Dans un entretien avec Le Nouvel Obs en 2013[6], l'artiste décrit Imhotep comme « un petit chat de race orientale, exubérant, miauleur, bizarre. Il était fou amoureux de mon épouse et n'arrêtait pas de lui mettre les pattes sur le visage. Je me suis mis à dessiner ce chat ». Sfar insiste sur le fait que le héros de la série est bien le chat : « J’ai vraiment eu l’idée de ces albums en l’observant. Avec ses grands yeux, il regardait tout le monde avec tellement d’intensité que l’on avait l’impression qu’il voulait parler. En plus, il miaulait tout le temps[3] ». Joann Sfar dessine Imhotep sous tous les angles[7]. L'auteur développe une bande dessinée dont le héros est un chat inspiré d'Imhotep. En 2002 paraît La Bar-Mitsva, premier tome de la série Le Chat du rabbin.

Lors de la préparation du film d'animation Le Chat du rabbin, Imhotep est filmé à maintes reprises : « Pendant la préparation du dessin animé, on l'a filmé pendant des heures, avec son air de se foutre de tout, de ne penser qu'à sa gueule... ». L'acteur François Morel a prêté sa voix au Chat du rabbin[8].

En 2015, la famille de Sfar vit avec quatre chats et un chien[9]. Cette même année, Joann Sfar et sa compagne Sandrina Jardel se séparent ; Imhotep se trouve d'abord chez Jardel, mais pour aider Sfar à dessiner l'album Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi, elle lui restitue l'animal le temps que les planches soient terminées, ce qui stimule l'artiste : « Il m’a vraiment aidé. Parce que, quand je le vois, je ne peux pas ne pas le dessiner. Je ne dirais pas qu’il me parle mais sa présence me fait parler[10] ».

Imhotep est mort de vieillesse en février 2018[3].

L'album Petit panier aux amandes est dédié explicitement à Imhotep « ainsi qu'à tous les chats dont le regard et la présence rendent nos vies plus profondes ».

Albums[modifier | modifier le code]


Publication[modifier | modifier le code]

Éditeurs[modifier | modifier le code]

Magazines[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Chat du rabbin (film, 2011).
Article détaillé : Le Chat du rabbin (film, 2018).

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Préfacé par Éliette Abécassis. En ouverture de ce tome, Joann Sfar le dédie « en hommage à tous les peintres d’Alger au XXe siècle ». Traduit en allemand, anglais, arabe, espagnol, hébreu, italien, polonais, portugais, russe, suédois, tchèque.
  2. Préfacé par Mohamed Fellag. Traduit en allemand, anglais, arabe, espagnol, hébreu, italien, polonais, portugais, suédois, tchèque.
  3. Préfacé par Georges Moustaki. Traduit en allemand, anglais, espagnol, italien, polonais, suédois.
  4. Préfacé par Philippe Val. En ouverture de ce tome, Joann Sfar explique qu’il s’agit d’un album contre le racisme. Traduit en allemand, anglais, espagnol, italien, polonais.
  5. Préfacé par Jean Giraud. Traduit en allemand, anglais, espagnol, italien, polonais.
  6. Traduit en allemand, anglais, espagnol, italien, polonais.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Bar-Mitsva, p. 10-11.
  2. Lachasse 2015
  3. a b c et d Levent 2018
  4. Shannon Desbiens, « Sfar, le prolifique », Les Libraires,‎ (lire en ligne)
  5. Robert 2011
  6. Pliskin 2013
  7. Boulouque et Lachasse 2016
  8. Cécile Mury, « Joann Sfar : “J'adore les Arabes, les Juifs, mais la religion, ça m'emmerde” », Télérama,‎ (lire en ligne)
  9. Sabrina Champenois, « Joann Sfar, animalement vôtre », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Vincent Brunner, « Chez Joann Sfar, chat cogite dur! », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  11. « Le Chat du Rabbin - Fondation Gan pour le cinéma » (consulté le 2 août 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Joann Sfar, L'Art du Chat du Rabbin, Dargaud, , 320 p. (ISBN 978-2205068566) : plusieurs pages portent sur le modèle réel

Articles[modifier | modifier le code]

  • Clémence Boulouque et Jérôme Lachasse, « Les BD culte de l'été : Le Chat du Rabbin de Joann Sfar », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Tewfik Hakem, « Joann Sfar : "Les récits du Chat du Rabbin sont les racontars de ma grand-mère qui me parlait de Sétif, d’Alger, de Constantine… " », France culture,‎ (lire en ligne)
  • Jérôme Lachasse, « «La journée du chat, ce serait mieux “à la mi-août”» », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Jérôme Lachasse, « Joann Sfar : «Je souhaitais que chaque case parle de nostalgie» », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Jérôme Lachasse, « Joann Sfar revient avec Le Chat du Rabbin 7: "J'ai déjà commencé le tome 8" », BFMTV,‎ (lire en ligne)
  • Christophe Levent, « Bande dessinée : le vrai «chat du rabbin» de Joann Sfar est mort », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  • Fabrice Pliskin, « Joann Sfar: «Soit Dieu n'existe pas, soit c'est un sale con» », Nouvel Obs,‎ (lire en ligne)
  • Valérie Robert, « Joann Sfar : l'interview », Femina,‎ (lire en ligne)
  • Jade Toussay, « Le chat qui a inspiré "Le chat du rabbin" de Joann Sfar est mort », The Huffington Post,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]