Le Carton voyageur

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Le Carton voyageur
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56-Baud-Jeune fille au rouet-vers 1910.JPG
Le musée dans le nouveau pôle culturel en 2015.
Informations générales
Type
Musée municipal
Ouverture
juin 1996
Fermeture
Annuelle : en janvier
Dirigeant
Christelle Lamour
Surface
Globale : 310 m2 dont espaces d'exposition : 220 m2 ; accueil et boutique : 90 m2
Visiteurs par an
2 631 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Collections
Collections
Époque
XXe siècle-XXIe siècle
Nombre d'objets
Plus de 120 000 cartes postales
7 500 croquis préparatoires
1 000 plaques photographiques
Label
Logo label musée de France.svg
Bâtiment
Article dédié
Centre culturel Le Quatro
Architecte
Romain Grégoire, Thomas Collet[1]
Localisation
Pays
Commune
Adresse
3, avenue Jean-Moulin
Coordonnées
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Le Carton voyageur (anciennement, le Cartopole) est un musée municipal consacré à la carte postale, situé à Baud, dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Labellisé Musée de France depuis 2017, il présente le plus important fonds patrimonial public de France en la matière avec une collection de plus de 120 000 cartes postales. Illustrant tous les aspects de la vie quotidienne en Bretagne, en France ou à l'étranger, les collections couvrent le XXe siècle et le XXIe siècle, avec une prédilection pour les années 1900-1920. On y retrouve notamment une collection de cartes postales ayant appartenu au folkloriste Bernard de Parades, une autre de l'éditeur Hamonic ainsi que les dessins préparatoires de Charles Homualk, donnés par ce dernier.

Le musée est créé en pour faciliter la valorisation d'un premier achat de cartes postales anciennes sur la Bretagne historique. Face à des collections de plus en plus importantes, il déménage en 2015 pour investir des locaux plus grands. C'est à cette occasion qu'il abandonne le nom de Cartopole pour Le Carton voyageur.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1995, le maire de Baud, Yves Le Roy, un couple de collectionneurs de cartes postales, les Leclère, et le bibliothécaire de la commune, James Éveillard, décident de constituer un fonds patrimonial de cartes postales anciennes consacrées à la Bretagne[2]. À l'aide du fonds régional d'acquisition des bibliothèques, la commune rassemble une collection de 12 000 cartes postales datant essentiellement des années 1900-1920[3] et crée le Conservatoire régional de la carte postale.

Afin de rendre accessibles les documents au plus grand nombre et de développer l’attractivité touristique de la commune[3], un musée est fondé l'année suivante, en [4] : le Cartopole. Situé rue d'Auray, l'établissement dispose d'un espace d'exposition de 98 m2[5] aménagé comme une place de village du début du XXe siècle avec la boutique du photographe, le café, la gare[2].

En , l'association Cartopole est dissoute et la direction du musée est transférée à la mairie de Baud[6].

Le Cartopole intègre en les locaux du Quatro, le nouveau pôle culturel de la commune. Ce déménagement amène le musée à changer de nom ; il devient Le Carton Voyageur - musée de la carte postale. L'établissement occupe une surface de 310 m2 dont 220 m2 d'espaces d'exposition, en plus des 20 m2 de réserve[3]. La muséographie a été confiée aux nantais Laurence Chabot et Bernard Dagan[7].

En 2017, le musée reçoit l’appellation Musée de France[8],[9].

Collections[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, le musée a rassemblé plus de 120 000 cartes postales : 75 000 d'entre elles sont consacrées à la Bretagne historique, les autres illustrent diverses régions françaises et des pays étrangers. Les fonds couvrent majoritairement la période 1900-1920, considérée comme l'âge d'or de la carte postale, et illustrent tous les aspects de la vie quotidienne[10]. L'établissement conserve également 7 500 croquis préparatoires de Charles Homualk[3], illustrateur de cartes postales, ainsi que 1 000 plaques photographiques[11].

Les collections du Carton voyageur sont enrichies en permanence. De nombreux dons et legs, allant de quelques cartes postales à plusieurs centaines, sont enregistrés chaque année. C'est le choix que posent plusieurs particuliers, notamment Charles Homualk pour ses croquis ou les Leclère pour une partie de leur collection[11]. Depuis la labellisation, les dons doivent être validés par la commission scientifique régionale des Musées de France avant de rejoindre les fonds du musée[12].

Le musée accepte également les dépôts et mises à disposition, autant de particuliers que de personnes morales[source secondaire nécessaire]. Parmi les plus importants, on retrouve le fonds Salaün de la bibliothèque municipale de Saint-Brieuc (plus de 13 600 pièces), le fonds de l'éditeur Hamonic (près de 6 700 pièces) ou encore les cartes postales de la bibliothèque municipale de Brest (plus de 1 700)[11].

Le Carton voyageur mène enfin une politique d'acquisition soutenue[passage promotionnel], grâce au fréquent concours du fonds régional d'acquisition des bibliothèques (FRAB). Entre 1990 et 2005, 219 600 euros ont été accordés à Baud, hissant la commune en seconde position du montant des subventions FRAB, entre Rennes et Brest. Lors d'un colloque à Caen en 2005, un agent de la DRAC Bretagne affirme que les autres bibliothèques reconnaissent la légitimité de ce conservatoire régional et, leurs achats quand il y en a, se font en concertation avec cet établissement[13]. Grâce à ce soutien financier non négligeable, les thématiques des collections sont variées et concernent aussi bien la Bretagne que la France entière : le patrimoine maritime (fonds Cazeils) ou l'industrie (fonds « Lumières ») par exemple. L'établissement est en outre entré en possession de collections de cartes postales réunies par des personnalités, comme Germain Dalin ou Bernard de Parades[11].

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La numérisation et l'indexation des collections ont débuté dès la création du musée, en 1995. Une première base de données, disponible sur l'intranet, est lancée en 1998. Deux ans plus tard, un service de reproduction et de visualisation en haute définition est proposé au public. Depuis 2003, le site Internet du musée présente une base de données intitulée Cartolis, permettant une recherche par lieux ou mots-clés, le zoom sur les cartes, la commande de reproductions, la création d'albums personnels, l'annotation des cartes et l'envoi de cartes postales virtuelles[réf. souhaitée]. Une seconde version du site, nommée Cartolis 2, est lancée en 2007[14], dotée d'un budget de 117 000 euros[15]. La base de données a rejoint le portail Collections du Ministère de la Culture et de Bretania, la bibliothèque numérique de la région Bretagne, respectivement en 2010 et 2014[2]. En 2019, plus de 87 000 documents sont accessibles sur Cartolis qui est régulièrement mis à jour[16].

En 2019, le Cartopole noue un partenariat avec Google. 13 000 cartes postales peuvent être visualisées sur l'application Google Arts & Culture[17] dans le but de toucher la génération des Millennials[17] grâce à des expositions en ligne, une visite virtuelle du musée ou de courtes vidéos[10]. La direction espère ainsi susciter l’envie de venir au musée, c’est une nouvelle porte d’entrée pour ceux qui n’y viennent pas spontanément ou pour ceux qui ne s’intéressent pas à la carte postale ancienne[18].

Gestion et politique culturelle[modifier | modifier le code]

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune de Baud reprend la gestion du musée[19]. Depuis cette date, il est dirigé par Christelle Lamour, directrice des services culturels et responsable du pôle Le Quatro[20]. Elle a pris la succession de James Éveillard, bibliothécaire de la commune et co-fondateur du Conservatoire régional de la carte postale. Il était directeur de l'établissement dès sa création[21].

Outre la direction, le musée emploie deux agents à temps plein chargés de l'accueil, de la médiation et des collections[20],[22].

Action et médiation culturelle[modifier | modifier le code]

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Le parcours semi-permanent autant que les expositions temporaires sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Pour les malentendants, le musée propose une boucle magnétique. Les médiatrices sont formées pour mener des visites adaptées aux personnes avec un handicap mental[23].

Les textes des parcours, traduits en trois langues : anglais, breton et gallo, sont disponibles à l'accueil ou en téléchargement sur le site internet[24].

Expositions[modifier | modifier le code]

Depuis 2015, le musée dispose d'une salle de 170 m2 pour son exposition principale Bretagne recto-verso. Elle propose d'aborder différents thèmes sur la Bretagne comme la religion, les costumes, les paysages, dans le but de faire découvrir cette région à travers des cartes postales, mais aussi des objets d'art, des documents audiovisuels et des outils multimédias. Il s'agit d'un parcours semi-permanent car les collections présentées au public sont renouvelées chaque début d'année[3].

Parallèlement à l'espace consacré au parcours permanent, une salle d'une superficie de 50 m2 est réservée aux expositions temporaires. Ces dernières sont organisées chaque année, entre février et décembre, autour d'un thème spécifique en lien avec la carte postale, afin positionner le musée comme pôle de référence de la carte postale en France[source secondaire nécessaire][3],[25].

  • en 2016 : Charles Homualk, à la rencontre des arts et des traditions populaires
  • en 2017 : La femme dans l'Art nouveau
  • en 2018 : ExplorAfrique - Cultures africaines sous le regard de photographes
  • en 2019 : Le Corbusier, de la carte postale à l'œuvre d'art
  • en 2020 : Pop ou pas pop ? Cartes postales, Pop culture et œuvres d’art

Le musée dispose en complément d'un service de prêt d'expositions temporaires, inauguré en [5]. Il met en location trois expositions thématiques de 14 panneaux, liés à la Bretagne traditionnelle, ou propose de créer des expositions sur-mesure[source secondaire nécessaire][26].

Services aux publics[modifier | modifier le code]

Le Cartopole participe depuis 2012 aux événements culturels nationaux tels que les journées européennes du patrimoine ou la nuit européenne des musées[passage promotionnel][27],[28]. Depuis sa création, le musée multiplie à une échelle plus modeste des activités et animations à destination de tous les publics[29] : salon de la carte postale[30], atelier mémoire avec les résidents d'EHPAD[31], mail art[32], rencontre avec des artistes[33], activités pour les enfants notamment un livret-jeux pour les visites[24]. Il investit également les rues de la ville avec des fresques reproduisant des cartes postales sur les façades[34].

De septembre à juin, l'établissement propose une offre pédagogique large pour les élèves de la maternelle au lycée. Animés par les médiatrices, différents ateliers sont disponibles, selon le niveau des classes, pour aborder l'histoire et l'évolution de la carte postale et de la Bretagne. Ces ateliers peuvent être conçus indépendamment ou être combinés à une visite libre ou commentée. Les activités pédagogiques sont réalisables également au sein des établissements scolaires[passage promotionnel][35].

En complément de ses expositions temporaires, le musée organise un cycle de conférences thématiques. Des podcasts peuvent être écoutés sur leur site[passage promotionnel][36].

Le Cartopole prête régulièrement des documents issus de ses collections pour illustrer les expositions temporaires des autres institutions[passage promotionnel][37].

Fréquentation et politique tarifaire[modifier | modifier le code]

Depuis l'attribution du label Musée de France en 2017, les visites sont comptabilisées par le ministère de la Culture[38] :

Année 2017 2018
Visiteurs 2 631

En 2020, l'entrée du musée est à 5  pour le plein tarif et 4  pour le tarif réduit. La gratuité est appliquée pour les moins de 26 ans[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un prix d'architecture pour le Quatro », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  2. a b et c Cartopolis, Dossier de presse, , 14 p. (lire en ligne).
  3. a b c d e et f Le Carton voyageur, Dossier de presse, , 17 p. (lire en ligne).
  4. Ministère de la Culture, « Cartolis », sur www.culture.fr (consulté le 18 avril 2019).
  5. a et b Bulletin municipal, , 47 p. (lire en ligne), p. 24-25.
  6. Claude Lemercier, « Le Cartopole géré par la municipalité, l'association dissoute - Baud »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.ouest-france.fr, (consulté le 8 juillet 2012).
  7. « Deux muséographes travaillent sur le futur Cartopole », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  8. « Le Carton voyageur reçoit l'appellation Musée de France », sur Le Carton Voyageur, (consulté le 18 avril 2019).
  9. Notice no M1195, base Muséofile, ministère français de la Culture.
  10. a et b « Le Carton voyageur », sur artsandculture.google.com (consulté le 11 mars 2020).
  11. a b c et d « Nos collections en ligne », sur Le Carton Voyageur (consulté le 19 avril 2019).
  12. « Baud. Enrichir les collections de cartes postales du musée… », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  13. Bulletin municipal, , 40 p. (lire en ligne), p. 24.
  14. Bulletin municipal, , 20 p. (lire en ligne), p. 9.
  15. Delphine Landay, « Baud, le trésor reconnu des cartes postales », sur vannes.maville.com, Ouest-France, (consulté le 20 février 2020).
  16. « Cartolis - Cartes postales de Bretagne et d'ailleurs », sur www.cartolis.org (consulté le 18 avril 2019).
  17. a et b Manuel Pavard, « Bretagne: Google déterre et redonne vie à de vieilles cartes postales », 20 Minutes (France),‎ (lire en ligne, consulté le 11 mars 2020).
  18. Mathilde Le Petitcorps, « Cartes postales. Le musée de Baud s’affiche sur Google Arts & Culture », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  19. Quoi de BAUD ce mois-ci ? (no 59), , 2 p. (lire en ligne).
  20. a et b « L’équipe », sur Le Quatro (consulté le 24 avril 2019).
  21. « Conférencier : Eveillard James », sur www.utlquimper.fr (consulté le 24 avril 2019).
  22. « Quatro », sur Mairie de Baud (consulté le 24 avril 2019).
  23. « Accessibilité », sur Le Carton Voyageur (consulté le 18 février 2020).
  24. a et b « Individuels ou famille », sur Le Carton Voyageur (consulté le 18 février 2020).
  25. « Expositions temporaires », sur Le Carton Voyageur (consulté le 19 avril 2019).
  26. Le Carton voyageur, Service de location d'expositions, 9 p. (lire en ligne).
  27. « Cartopole. La Nuit européenne des musées samedi », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  28. Bulletin municipal, , 52 p. (lire en ligne), p. 30.
  29. Céline Ravaudet, « Cartopole : en attendant le déménagement… » [archive du ], sur lagazettedumorbihan.fr, (consulté le 17 mai 2015).
  30. Bulletin municipal, , 36 p. (lire en ligne), p. 19.
  31. « Les cartes postales anciennes font rejaillir bien des souvenirs », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  32. « Musée de la carte postale. Appel à mail art « Ville et campagne » », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  33. « Evénements passés », sur Le Carton Voyageur (consulté le 24 février 2020)
  34. « Les cartes postales prennent vie sur les murs de la commune », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  35. « Les scolaires », sur Le Carton Voyageur (consulté le 25 avril 2019).
  36. « Podcasts », sur Le Carton Voyageur (consulté le 18 février 2020).
  37. « Collections en mouvement », sur Le Carton Voyageur (consulté le 18 février 2020).
  38. « Fréquentation des Musées de France », sur data.culturecommunication.gouv.fr (consulté le 17 février 2020).
  39. « Tarifs », sur Le Carton Voyageur (consulté le 25 février 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Cartopole. Un legs de plus de 21.000 cartes postales », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  • Emmanuelle Chevry, Stratégies numériques: Patrimoine écrit et iconographique, Lavoisier, coll. « Traitement de l'information », (ISBN 9782746231948, lire en ligne), p. 42, 49 et 114
  • Gwénaël Fauchille, « Archives privées d'intérêt patrimonial » [PDF], Conseil culturel de Bretagne - Conseil Régional de Bretagne,
    Si le chapitre « Focus sur le Carton Voyageur : un musée spécialisé dans la carte postale » ne peut servir à vérifier des informations factuelles présente dans cet article, puisqu'il le prend en référence, le reste du rapport contient des informations et réflexions d'ensemble sur les problématiques rencontrées par les structures exploitant des archives privées (aspects juridiques et réglementaires de collecte et d'exploitation de documents, valorisation, numérisation, etc.) intégrant à plusieurs reprises le cas du Carton voyageur.
  • Yann-Armel Huet, « Cartopole : la justice donne raison à l'ancien directeur », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  • Delphine Landais, « Baud, le trésor reconnu des cartes postales », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  • Gilles Queffélec, « Le géant Google frappe à la porte du musée de la carte postale à Baud », La Gazette du centre Morbihan,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]