Le Caïd (opéra)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Le Caïd.
Le Caïd
Genre Opéra bouffe
Musique Ambroise Thomas
Livret Thomas Sauvage
Langue
originale
Français
Sources
littéraires
Wilhelm Meister de Goethe
Dates de
composition
1849

Le Caïd, aussi écrit Le kaïd , est un opéra bouffe en deux actes composé par Ambroise Thomas sur un livret de Thomas Sauvage. Il fut créé le 3 janvier 1849 par l'Opéra-Comique dans la seconde Salle Favart à Paris. L'opéra était originellement intitulé Les boudjous[1],[2].

Historique[modifier | modifier le code]

La première production du Caïd à l'Opéra-Comique fut dirigée par Théophile Tilmant et mise en scène par Ernest Mocker[1]. L’œuvre reçut des critiques très favorables et fut le premier grand succès populaire d'Ambroise Thomas[3]. Le travail est emblématique de la vogue des spectacles évoquant le pouvoir colonial français, suite à la conquête de l'Algérie en 1830[4]. Il fut recréé par l'Opéra-Comique le 31 août 1851, date de sa 100e représentation avec [Caroline Miolan-Carvalho] dans le rôle de Virginie[1]. Il fut à nouveau monté pour la dernière fois à l'Opéra-Comique, le 16 février 1911, cumulant un total de 422 représentations par cette compagnie[5] et fut remonté à la Gaîté-Lyrique le 18 mai 1931[6]. Sa plus récente production eut lieu en novembre 2007, à l'Opéra-Théâtre de Metz dans une production de Adriano Sinivia sous la direction de Jacques Mercier[7].

Hors de France, l'opéra fut joué pour la première fois à Bruxelles le 26 août 1849, à Londres, à St. James's Theatre le 8 février 1850[8] et à la Nouvelle Orléans au [Théâtre d'Orléans] le 18 avril 1850[1]. Il fut interprété en anglais au Théâtre Haymarket à Londres le 18 juin 1851 (comme The Cadi, ou Amours parmi les Maures [9]) et à Manchester le 8 décembre 1880. Il fut interprété en allemand à Vienne en 1856, Berlin en 1857, et Prague en 1860, et en italien à Milan en 1863, Barcelone en 1865, Florence en 1877 et Naples en 1889[6].

Rôles[modifier | modifier le code]

Costume créé pour le rôle de Aboul-y-far, 1849.
Détail des rôles
Rôle Voix Distribution de la première , 3 janvier 1849[1]
(direction : Théophile Tilmant)
Aboul-y-far, un caïd Algérien basse Henri (François-Louis Henry)
Fathma, Fille de Aboul-y-far soprano Marguerite Decroix
Virginie, un meunier français soprano Delphine Ugalde
Birotteau, un coiffeur ténor Jean-Jacques Boulo
Ali-Bajou, l'intendant du caïd ténor Charles-Louis Sainte-Foy
Michel, un tambour-major baryton Léonard Hermann-Léon
Muezzin basse Lejeune
Kabyles ; les gardes du Caïd ; officiers français, tambour, soldats ; esclaves

Argument[modifier | modifier le code]

Une ville d'Algérie française dans les années 1840[10].

Aboul-y-far, le caïd d'une ville algérienne sous administration coloniale française, fait régulièrement face aux critiques virulentes de ses sujets concernant les impôts et taxes qu'il leur impose. Birotteau, un coiffeur français de la ville, propose au caïd un "talisman secret" qui le protégera des violences et attaques de ses sujets. Son prix est de 20 000 boudjou. Le caïd, avare notoire, offre en paiement la main de sa propre fille Fathma. Birotteau est flatté de la proposition et accepte l'offre, oubliant qu'il est déjà engagé avec Virginie, qui possède une meunerie en ville.

Pendant ce temps, Ali-Bajou, intendant et factotum du caïd, a un plan différent pour protéger son maître. Il entretient une romance passionnée entre Fathma et Michel, le tambour-major de l'armée française. Quand Michel et Virginie prennent connaissance de l'accord de Birotteau avec le caïd, ils sont furieux. Devant le vœu de vengeance de Virginie et la menace de Michel de lui couper les oreilles, Birotteau refuse d'épouser Fathma en échange du « talisman secret ». Le caïd paie les 20 000 boudjous à contrecœur Birotteau et découvre que le talisman est une recette pour une lotion capillaire censée guérir la calvitie. À la fin, Ali-Bajou s'enivre joyeusement de vin français. Virginie et Birotteau se marient, ainsi que Fathma et Michel. Michel devient le garde du corps du caïd, ; le seul regret du caïd est que toute l'affaire lui ait coûté 20 000 boudjous.

Réception[modifier | modifier le code]

L'opéra a été admiré par les compositeurs français Hector Berlioz et Georges Bizet, ainsi que par le poète Théophile Gautier[7],[11]. Certains autres commentateurs ont des réserves, tels Félix Clément et Pierre Larousse dans leur Dictionnaire lyrique... paru en 1869, décrivant ainsi Le caïd :

« On ne peut nier que cet ouvrage ne soit amusant et la musique très-agréable. Cependant, à notre avis, l'ensemble a un caractère de vulgarité, de familiarité et do parodie qui n'est pas celui de l’opera-bufa, ni mémo de l'ancien opéra-comique. La partition fourmille de motifs charmants. On retrouve dans l'harmonie, sous des dehors piquants, les formes scientifiques les plus pures ; l'instrumentation est ravissante. D'où vient donc l'impression dont nous avons parlé plus haut ? Probablement de la disparate des costumes et de ce genre de pièces dont les gens de goût ont vu avec peine le succès toujours croissant en France ; pièces dans lesquelles aucun sentiment vrai et pris au sérieux ne vient reposer l'esprit du spectateur des bouffonneries et des cascades des acteurs. Une alliance aussi continuelle du plus noble des arts avec les côtés infimes du caractère humain nous paraît regrettable[12]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Le caïd » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d et e Casaglia 2005.
  2. Wild et Charlton 2005, p. 173–174.
  3. Hervey, 1894, p. 18–19.
  4. Grove 2001.
  5. Wolff 1953, p. 35.
  6. a et b Loewenberg 1978, colonne 870.
  7. a et b Degott, le 4 décembre 2007.
  8. The Musical World (2 février 1850) p. 67.
  9. Mabilat 2008, p. 16.
  10. Argument basé sur The Musical World (2 février 1850) p. 68.
  11. L'article de Berlioz, « Le caïd », originellement paru dans le Journal des débats du 7 janvier 1849, est repris dans le recueil Les musiciens et la musique [lire en ligne] (1903), p. 241–251 ; voir aussi p. XI sur Internet Archive.
  12. Clément et Larousse, Dictionnaire lyrique... 1897, p. 129–130 [lire en ligne].

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]