Le Cœur supplicié

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Le Cœur volé
Interprétation audio du poème écrit par Arthur Rimbaud.
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Le Cœur supplicié est un poème d'Arthur Rimbaud composé en mai 1871. Il est connu sous trois titres différents Le Cœur supplicié, Le Cœur du pitre, et Le Cœur volé, qui comportent quelques différences mineures dans le texte. Ce poème est, avec Voyelles, celui qui a suscité le plus de commentaires et d'interprétations.

Historique des versions[modifier | modifier le code]

La première version Le Cœur supplicié est donnée par Rimbaud dans la lettre qu'il adresse de Charleville à Georges Izambard le 13 mai 1871. Cette lettre, connue comme première lettre du voyant présente le poème comme suit « Vous n'êtes pas Enseignant pour moi. Je vous donne ceci : est-ce de la satire, comme vous diriez ? Est-ce de la poésie ? C'est de la fantaisie, toujours. − Mais, je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni − trop − de la pensée » et comporte à la suite du poème la remarque « Cela ne veut pas rien dire », phrase qui s'applique à l'ensemble de la lettre ou plus précisément au Cœur supplicié ? Cela encouragera de nombreux exégètes à trouver une signification cachée à ce poème.

Le 10 juin 1871, Rimbaud envoie, toujours de Charleville, une lettre à Paul Demeny, qui comporte une nouvelle copie du poème, sous le titre Le Cœur du pitre. Il y présente ainsi son poème « Voici, — ne vous fâchez pas, — un motif à dessins drôles : c'est une antithèse aux douces vignettes pérennelles où batifolent les cupidons ». Dans la première strophe, le vers 6 : « Qui lance un rire général » est remplacé par « Qui pousse un rire général », c'est, avec le titre, la seule modification notable.

La troisième version du poème[1] nous est connue par une copie de la main de Verlaine[2] dont le titre devient Le Cœur volé. Pour cette version les changements sont plus nombreux et plus significatifs. Le poème est publié pour la première fois dans La Vogue, no 7 du 7 juin 1886, c'est cette version qui est le plus souvent retenue pour les publications ultérieures. .

Étude textuelle[modifier | modifier le code]

Le poème se présente en trois paragraphes de 8 vers chacun. Les vers sont des octosyllabes. Rimbaud suit dans cette construction la forme classique du triolet. On note de régulières répétitions de formules, le premier vers répété au quatrième puis les deux premiers répétés en septième et huitième position dans chaque strophe. Cette construction qui rythme chaque strophe, donne au poème un ton d'incantation plutôt que de ritournelle.

Ce poème est également caractérisé par un vocabulaire volontairement original, employant des mots peu courants, voire des néologismes inventés pour la circonstance : ithyphallique, pioupiesque, abracadabrantesque, bachique, stomachique.

Différentes interprétations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Steve Murphy, Le Sacré-cœur volé du poète, dans Lectures de Rimbaud, Revue de l'Université de Bruxelles, no 1-2, pages 27–45, 1982.
  • Steve Murphy, Le Premier Rimbaud ou l'apprentissage de la subversion, éditions du CNRS, 1999.
  • Steve Murphy, Le Cœur parodié : Rimbaud réécrit par Izambard, dans Parade sauvage no 15, Revue d'études rimbaldiennes, pages 49–66, novembre 1998.
  • Gérald Schaeffer, Poèmes de la révolte et de la dérision, dans Études sur les Poésies de Rimbaud, À la Baconnière - Payot, 1979.
  • Yasuaki Kawanabe, Le Cœur supplicié − Le Cœur du pitre, dans Rimbaud : 1891−1991, Actes du colloque d'Aix-en-Provence et de Marseille, pages 27–37, 1994.
  • Jacques Bienvenu, Le Cœur du poète, dans Parade sauvage, no 14, pages 43–54, mai 1997.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des manuscrits sur le site Moodyguy.net. Le poème, copié de la main d'Ernest Delahaye est joint à une lettre de Rimbaud envoyée à Verlaine en août ou septembre 1871.
  2. Conservée à la Bibliothèque Nationale, ancienne collection Barthou.

Voir aussi[modifier | modifier le code]