Le Bâton de Plutarque

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Le Bâton de Plutarque
23e album de la série Blake et Mortimer
Scénario Yves Sente
Dessin André Juillard
Couleurs Madeleine de Mille
Lettrage Marie Aumont

Personnages principaux Philip Mortimer, Francis Blake, Olrik, Winston Churchill.

Éditeur Blake et Mortimer
Première publication 5 décembre 2014
Nb. de pages 64
Albums de la série Blake et Mortimer
Précédent L'Onde Septimus

Le Bâton de Plutarque est le vingt-troisième album de la série BD Blake et Mortimer. L'album est scénarisé par Yves Sente, dessiné par André Juillard et colorisé par Madeleine de Mille.

Ce que l'on en sait[modifier | modifier le code]

Le titre fait référence à la scytale, le système militaire de codification de messages le plus ancien de l'histoire. L'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944 et nos héros visitent le Rocher de Gibraltar, divers lieux militaires secrets en Grande-Bretagne, ainsi que Londres. Se trouvent dessinées les Cabinet War Rooms, où Churchill commandait ses troupes pendant la guerre. Les avions Spitfire, Horten Ho-IX (souvent appelé Gotha Go 229, Ho 229 ou Ho 2-29) allemand et le Golden Rocket, déjà apparus dans Le Secret de l'Espadon, sont présents dans l'histoire. L'intrigue dévoile pourquoi Blake et Mortimer habitent à Park Lane, et enfin, présente la toute première confrontation entre Blake, Mortimer et Olrik.

Parution[modifier | modifier le code]

L'album paraît le 5 décembre 2014, mais, fin avril, les éditions Dargaud publient un carnet de croquis avec des dessins inédits extraits de ce nouvel album et des autres dessinés par André Juillard dans la série, offert pour l'achat de plusieurs albums. L'aventure est prépubliée le 14 avril dans le journal belge Le Soir au rythme d'un strip noir et blanc par jour, et en été dans Le Télégramme.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mai 1944. Après avoir déjoué, par sa bravoure, une attaque aérienne allemande contre le Parlement de Westminster, le Capitaine Francis Blake, affecté au porte-avions Intrepid, fait la connaissance du Major Benson, membre du MI6 et de son ordonnance, le lieutenant Harvey Clarke. Benson décide alors de lui confier une mission secrète. En effet, le MI6 a découvert par hasard que dans le plus grand secret, l'Empire Jaune de Basam-Damdu met en place un arsenal militaire impressionnant et s'apprête à attaquer l'Occident. Le gouvernement britannique est désormais convaincu que sitôt la guerre contre l'Allemagne et le Japon remportée, il faudra faire face à la menace jaune. C'est pour cela que le gouvernement a créé deux bases secrètes, celle de Scaw-Fell en Angleterre et une autre dans le détroit d'Ormuz. Benson souhaite nommer Blake comme attaché militaire auprès du responsable scientifique de l'opération. Blake accepte, par sens du devoir, et constate avec plaisir à son arrivée à Scaw-Fell que ce scientifique n'est autre que le Professeur Phillip Mortimer, qu'il a rencontré 20 ans plus tôt en Inde.

Blake, Mortimer, Benson et Clarke partent ensuite au centre décryptage du MI6 à Bletchley. Ils y font la connaissance de deux décrypteurs : Zhang Hasso, un transfuge de l'Empire Jaune et le mystérieux Colonel Olrik, spécialiste en langues orientales et joueur d'échecs accompli. Ce dernier est en réalité un espion à la solde de l'Empire Jaune. Il parvient à découvrir que le gouvernement a chargé Mortimer de mettre au point une arme révolutionnaire pour contrer l'Empire Jaune : un chasseur sous-marin appelé l'Espadon. Hasso découvre qu'Olrik est un agent double et parvient, semble-t-il, à faire croire à son tour à Olrik qu'il est lui aussi un espion jaune. Il n'a cependant pas le temps de prévenir Blake et Mortimer de sa découverte.

En effet, les deux hommes ont été chargés d'une nouvelle mission. Ils doivent se rendre à Gibraltar pour y larguer des balises (conçues par Mortimer) qui feront croire aux Allemands à une importante concentration de sous-marins alliés dans la Méditerranée : c'est l'opération Narval. Ainsi, le futur débarquement en Normandie sera facilité. Benson charge également Blake de remettre un colis au commandant de la base de Gibraltar, le colonel Longreach. En réalité, le colis est destiné à son assistant, le lieutenant Brandon Clarke, frère jumeau de Harvey.

L'opération des balises est un succès, mais Blake et Mortimer découvrent qu'un espion tente de révéler la supercherie aux Italiens. Après une courte enquête, ils comprennent que Brandon Clarke est l'espion. Lui et son frère Harvey communiquaient grâce aux colis qu'ils s'envoyaient, via un système de codification datant de l'Antiquité grecque, un bâton de Plutarque. Confrontée à la vérité, Brandon se suicide grâce à une capsule de cyanure présente dans sa mâchoire. Démasqué, son frère Harvey tue le major Benson qui voulait le confronter, avant d'être lui-même abattu sans états d'âme par Olrik, qui part à Lhassa avec Hasso.

Blake et Mortimer comprennent finalement la vérité. Les frères Clarke agissaient alors pour le compte d'Olrik. Ce dernier est tout simplement chargé de prolonger la guerre entre les Alliés et l'Axe afin que l'Empire Jaune puisse accroître le plus possible son avancée militaire secrète. Mais malgré les machinations d'Olrik, l'Opération Narval est un succès. Le 6 juin 1944, alors que les troupes alliées débarquent en Normandie, la veuve du major Benson explique à Blake que les frères Clarke tenaient le major comme responsable de la mort de leur père durant la Grande Guerre. Elle propose à Blake de louer l'appartement qu'elle détient… au 99 bis Park Lane.

Septembre 1946. Grâce aux indications de Hasso, devenu un agent infiltré à Lhassa, Blake et Mortimer savent que l'attaque jaune est désormais imminente. Se croyant à l'abri dans leur base de Scaw-Fell, ils ignorent qu'un émetteur indique l'emplacement de la base aux Jaunes. Un émetteur placé ici deux ans avant… par Harvey Clarke.

Critiques[modifier | modifier le code]

On peut relever quelques erreurs :

  • planche 1 : Le porte - avions (fictif) qui figure dans la 1° case (un navire de la classe Colossus, devenu Arromanches sous pavillon français, ) est référencé comme "The Intrepid" dans le cartouche accompagnant l'image ...ceci est en contradiction avec la pratique habituelle de la marine anglaise qui fait toujours précéder le nom des navires de guerre britanniques de l'acronyme H.M.S. (His - ou Her- Majesty's Ship) ..la désignation correcte serait : Le porte avions HMS Intrepid.-
  • planche 2 : Le cartouche indique que le Horten 229 en mission de bombardement sur le parlement de Westminster décolle "de Berlin"...ce qui est un étrange gaspillage de carburant, alors qu'au début 1944 l'Allemagne disposait encore de bases aériennes en France occupée (Pas de Calais, Normandie et Bretagne), beaucoup plus proches de Londres
  • planche 3 : une incohérence dans la propulsion du Golden Rocket. Il décolle à l'aide de moteurs fusées comme son nom l'indique, mais en dernière case, on parle de chauffage de turbines ce qui laisse penser à des turboréacteurs, ce que confirment les entrées d'air sur le rebord des ailes, bien visibles en page 28. Dans les deux cas, l'échappement s'effectue par les mêmes tuyères, ce qui est impossible. De plus, les turbines sont des turbines axiales de messershmitt, et ne correspondent pas au moteur inventé par Frank Whittle. Par ailleurs les jambes et les roues du train d'atterrissage sont beaucoup trop importantes pour pouvoir se replier dans les logements pratiqués dans les ailes (très minces, comme sur tous les appareils à haute vitesse)
  • planche 8 : Un spectaculaire combat tournoyant ("dogfight") oppose le Horten 229 allemand et le "golden rocket"piloté par Blake à très basse altitude, au ras de la tour du Parlement de Westminster et se solde par un non moins spectaculaire éperonnage ("Taran") en plein vol... A cette altitude et aux vitesses atteintes par ces deux appareils (à réaction) , l'éjection "classique" de Blake (sans siège éjectable autopropulsé) ne lui permettrait en aucun cas de déployer son parachute et de survivre.
  • planche 9 et suivantes : le dessin du Major Benson, vu de dos, présente une incohérence : la lanière en cuir qui passe sur l'épaule droite, en vue de face, se retrouve à gauche en vue de dos.
  • planche 14: La carte murale du War room de Churchill indique les bases navales allemandes en France occupée: Celle de La Pallice (Avant port de La Rochelle, qui existe encore et où fut tourné le film "Das Boot") est mentionnée mais orthographiée La Palisse (comme le Maréchal de François 1° qui donna naissance aux Lapalissades)
  • planche 15 : les frontières des états européens sur la carte murale de la case 1 sont fantaisistes et ne correspondent pas à celles de la case 2, qui elles-mêmes ne reflètent pas celles de 1944,
  • planche 16 : le "chalutier" sénégalais Djourbel transportant le sonar ultra secret n'a aucunement l'aspect d'un bateau de pêche, en particulier, les arceaux latéraux de chalutage caractéristiques des chalutiers de cette époque sont absents.

Les avions Torpilleurs anglais Fairey Barracuda attaquent à la torpille le sous-marin allemand qui pourchasse le Djourbel ...une attaque à la grenade sous marine serait plus réaliste, étant donné que les seules torpilles acoustiques aéroportées disponibles côté allié étaient exclusivement américaines (les MK 24 "Fido" beaucoup plus trapues que les engins représentés sur la planche 16 )

  • planche 19 : La carte (légendée en anglais) sur laquelle est indiquée la base secrète britannique dans le détroit d'Ormuz indique "Strait of Ormuz", alors que la translittération correcte en langue anglaise prend un H initial : "Strait of Hormuz"
  • planche 27 : l'immatriculation de la voiture empruntée par Blake a changé depuis la veille (planches 20 et 21).
  • planche 49 : Après le largage par Blake et Mortimer de balises-leurres dans le détroit de Gibraltar (destinées à intoxiquer les Allemands en leur faisant croire à une concentration de sous-marins anglais en Méditerranée et à un débarquement en Provence et non en Normandie) ce sont des avions italiens trimoteurs Savoia - Marchetti type "Sparviero" , venus en reconnaissance, qui larguent des grenades sous-marines sur les supposés sous-marins alliés.

Or cette époque et depuis Septembre 1943, l'Italie est partagée en deux : Au sud la zone monarchiste sous contrôle allié (débarquements de Salerne et Anzio) et la zone contrôlée par les Allemands sous l'égide de Mussolini (la tristement célèbre république de Salo)...

Les appareils de la république de Salo portaient un drapeau tricolore sur le fuselage et une croix allemande (Balkenkreutz) ou bien une cocarde carrée avec deux faisceaux de licteurs (emblèmes fascistes) disposés tête bêche ...

Les "sparviero" représentés sur la planche 49 arborent les marquages de l'Italie fasciste d'avant 1943 , à savoir croix latine blanche sur la dérive et cocarde ronde avec trois faisceaux de licteurs (dans le même sens) sur les ailes.

Par ailleurs, les soutes à bombes sont dessinées beaucoup trop en arrière de la carlingue, près de la roulette de queue ce qui, avec le poids des bombes, placerait le centre de gravité de l'avion trop en arrière pour qu'il puisse voler.

  • planche 61 et suivante : comme à la planche 9, les bretelles en cuir des officiers (Blake et son collègue) sont "fantaisistes" (à l'épaule droite de face et à gauche de dos).
  • planche 63 une erreur de chronologie avec l'album qui est censé être la suite directe du " bâton de Plutarque" en effet, il est mentionné en haut de la planche que l'action se situe en septembre 1946 , le "secret de l'espadon" débute au retour à la base secrète de Scaw Fell du capitaine Blake de sa réunion avec le premier ministre à Londres, cependant sur la planche 64 du " secret de l'espadon", un tract de l'empereur Basam Damdu est daté du 30 aout.......
  • planche 64 comment expliquer l'arrivée de l'émetteur au pied de la croix alors que Olrik l'a reçu planche 60, qu'il se prépare à fuir précipitamment l'Angleterre et n'a aucune chance d'aller le déposer ?

Sources[modifier | modifier le code]