Leïla Shahid

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Leïla Shahid
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
ليلى شهيدVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activité

Leïla Shahid née Leïla al-Husseini Shahid (en arabe ليلى شهيد), née le à Beyrouth (Liban). De 1994 à déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France, puis, de 2005 à 2015 ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg.

Milieu familial[modifier | modifier le code]

Leïla Shahid est née dans une famille déjà très impliquée dans le mouvement national palestinien après la chute de l’empire ottoman et l’institution du mandat britannique sur la Palestine, censée préparer à l’indépendance. Sa mère Sirine Husseini Shahid est issue de deux grandes familles de Jérusalem les al-Husseini (elle est une petite-nièce du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini[1]) et les al-Alami ; elle est la petite-fille de Faidi al-Alami qui fut maire de Jérusalem de 1906 à 1909, et député de Jérusalem au Parlement ottoman de 1914 à 1918, le père de celui-ci, Moussa al-Alami avait lui aussi été maire de la ville à la fin du XIXe siècle.

Abd al-Kader al-Husseini, combattant durant la Guerre de Palestine de 1948, mort au combat, fait partie de ses aïeux.

À l'époque où la Palestine était sous mandat britannique, les dirigeants du mouvement nationaliste palestinien étaient déportés par les Britanniques vers des camps militaires et leurs familles dans des pays sous mandat français. C'est ainsi que la mère de Leïla a été déportée au Liban où elle a rencontré son mari Munib Shahid, originaire de Saint-Jean-d’Acre en Palestine (et arrière petit-fils de Bahá’u’lláh, fondateur de la foi baha'ie), qui effectuait alors ses études de médecine à l'université américaine de Beyrouth (AUB) dont il deviendra par la suite un grand professeur de médecine. Il décède en 1975. Le couple a eu trois filles.

Débuts politiques[modifier | modifier le code]

La guerre des Six Jours éclate le jour où Leïla Shahid passe son bac le 5 juin 1967. Elle n'a pas 18 ans. Bouleversée par la défaite inattendue des trois armées arabes – syrienne, égyptienne, jordanienne – face à la seule armée israélienne, la jeune fille réagit en s’impliquant dans l’action politique, commençant par une formation militaire, mais elle s'aperçoit très vite qu'elle n'a pas la vocation. Elle décide alors de se consacrer à une action sociale et politique dans les camps palestiniens du Sud-Liban.

En 1968, Leïla Shahid entreprend des études de sociologie et d'anthropologie à l'université américaine de Beyrouth (AUB), un des foyers historiques de la contestation politique palestinienne. Parallèlement, elle s’engage auprès de Yasser Arafat, dont elle est une cousine éloignée[2].

En 1974, venue à Paris pour y effectuer sa thèse en anthropologie sur les camps de réfugiés, elle rencontre Ezzedine Kalak futur représentant de l’OLP en France (qui sera assassiné en 1978) qui la pousse à le remplacer à la présidence de l'Union des étudiants palestiniens en France, en 1976. Évoluant dans un milieu d'intellectuels où se croisent des universitaires, des écrivains, des cinéastes de la Nouvelle Vague, les critiques des Cahiers du cinéma…, la jeune militante fait la connaissance de l'écrivain marocain Mohammed Berrada qu'elle épouse en 1978. Elle s'installe avec lui au Maroc pendant près de dix ans où ils reçoivent fréquemment leur ami Jean Genet.

En septembre 1982, en compagnie de Jean Genet, Leïla Shahid part à Beyrouth. C'est alors qu'ont lieu les massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, situés au sud de la ville, massacres perpétrés par les Phalanges libanaises et dont l'armée israélienne fut accusée de porter une « responsabilité indirecte » pour ne pas les avoir empêchés[3]. Arrivés sur place, ils découvrent une vision d'horreur qui inspirera à l'écrivain le texte Quatre heures à Chatila et Le Captif amoureux dédié aux Palestiniens.

Représentante de l'OLP[modifier | modifier le code]

En 1989, Leïla Shahid est nommée représentante de l'OLP en Irlande, et en 1990 représentante de l'OLP aux Pays-Bas puis au Danemark. De 1994 à 2005, elle est déléguée de la Palestine en France.

Depuis novembre 2005, Leïla Shahid est déléguée générale de la Palestine auprès de l'Union européenne à Bruxelles. Outre ses interventions régulières sur les médias, et son action politique, elle a en automne 2008 initié la Saison artistique et culturelle Masarat/Palestine, en Communauté française Wallonie-Bruxelles, sous le haut patronage de la ministre des Relations internationales de la Communauté française avec le soutien de la ministre de la Culture. Le comité palestinien pour l'organisation était placé sous la présidence du poète Mahmoud Darwish décédé en août 2008.

Elle a pu visiter pour la première fois les territoires palestiniens en 1994 après la signature des accords d'Oslo en 1993.

Elle est l'une des trois promoteurs du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009[4].

En mars 2009, Michèle Collery lui a consacré un film produit par la chaîne Arte et la TSR (Télévision suisse romande) : Leïla Shahid, Palestine forever.

En 2012, elle dresse le constat désabusé que le choix fait il y a vingt ans par l'Autorité palestinienne de renoncer à la violence n'a pas porté ses fruits : « [N]ous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué (...) [ç]a fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. (...) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec. »[5].

En 2015, elle prend sa retraite professionnelle pour se consacrer à des actions culturelles pour la diaspora palestinienne[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The 1000 most important women of the middle east and the arab world, Volume 2, Maximillien De Lafayette »
  2. Nathan Weinstock, Terre promise, trop promise: Genèse du conflit israélo-palestinien (1882-1948), (lire en ligne), page 193
  3. Selon le rapport Kahane. Voir l'article Sabra et Chatila.
  4. Appel signé par Leïla Shahid sur le site du tribunal Russell sur la Palestine : [1]
  5. « Leïla Shahid: "Notre stratégie non-violente face à Israël est un échec" », RTBF (consulté le 20 juillet 2014)
  6. « Leila Shahid: «Je pars avec tristesse et colère» », mediapart.fr, (consulté le 16 mars 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]