Laurent de La Hyre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Hire.
Laurent de La Hyre
Job-restored-to-prosperity.jpg

Job rétabli dans sa prospérité (détail), 1648, Chrysler Museum of Art

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfant
Paysage avec la Paix embrassant la Justice, 1654, Musée d'art de Toledo
Allégorie de la musique

Laurent de La Hyre (né à Paris le - ) est un peintre et graveur français du XVIIe siècle, père de l'académicien Philippe de La Hire. C'est l'un des principaux représentants de la peinture française des années 1630 et 1640, particulièrement réputé pour ses paysages historiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurent de La Hyre, né en 1606 à Paris dans le milieu de la bourgeoisie marchande, reçoit une éducation soignée. Il a brièvement été l'élève de Georges Lallemant, peintre lorrain installé à Paris pratiquant un maniérisme tardif, et a étudié les œuvres de Francesco Primaticcio (Le Primatice) lors d'un séjour au château de Fontainebleau, mais n'aurait jamais visité l'Italie.

Ses premières œuvres, dans les années 1620, sont marquées par un maniérisme tardif, d'inspiration bellifontaine, comme La Tuile (Paris, musée du Louvre). Les années 1630 sont marquées par l'expérimentation de plusieurs manières avec une progression vers une peinture assagie et classicisante. A partir des années 1640, son style évolue vers un classicisme épuré qui fit sa réputation tandis que les dernières années de son activité, dela fin des années 1640 à sa mort en 1656, sont marquées par une prédilection pour les peintures de paysages.

La Hyre est considéré comme le plus plus parfait exemple de l'atticisme parisien (ce terme fait référence à la région de Grèce nommée l'Attique où s'était développé durant l'Antiquité un courant rhétorique fondé sur la pureté de la langue grecque), c'est-à-dire un art plein de retenue et de mesure, fondé sur le dessin et l'harmonie de couleurs clairs et pures, tout à l'opposé des tendances baroques de Vouet, rentré d'Italie en 1627. Ce courant fleurit dans les années 1640, à Paris, après le passage de Nicolas Poussin, présent dans la capitale entre 1640 et 1642.

Les premières toiles religieuses de La Hyre sont remarquées et lui valent, dès les années 1630, des commandes pour la cathédrale Notre-Dame de Paris (il réalise deux Mays de Notre-Dame) et pour le palais de Richelieu, le palais cardinal (actuel Palais-Royal).

Mais La Hyre est surtout célèbre pour ses peintures de paysage qui intègrent des scènes souvent tirées de l'Antiquité classique. Il représente régulièrement des arrière-plans de ruines traités de manière très précise et transcrivant avec un grand souci d'exactitude la texture de la pierre et les jeux de la lumière sur sa surface. Ses compositions sont épurées, avec une lumière claire qui baigne la scène de manière raffinée, et se basent sur un dessin très soigneux tout en faisant preuve d'une réelle qualité d'observation bien que ses paysages soient purement imaginaires, mettant en scène une nature idéalisée qui se veut être une image de l'Arcadie antique, à l'opposé du paysage topographique des Hollandais à la même époque. Ses paysages sont rarement des paysages purs, dénués de personnages. Ce sont le plus souvent des paysages historiques, représentant des scènes bibliques ou mythologiques dans un cadre naturel mais qui a, chez La Hyre, autant sinon plus d'importance que l'épisode narratif dépeint.

Laurent de La Hyre a connu de son vivant la célébrité, ce qui lui a valu de figurer, en 1648, parmi les douze membres fondateurs de l'Académie royale de peinture et de sculpture, au sein de laquelle on retrouvait les principaux tenants du courant atticiste de la peinture, notamment Eustache Le Sueur.

La Hyre meurt à la fin de l'année 1656. Après sa mort, malgré la réputation dont il avait jouit de son vivant, il est moins considéré que les autres grands peintres de son temps, tels Vouet, Champaigne ou Le Sueur, du fait du jugement négatif porté sur son œuvre par les historiographes de la fin du XVIIe siècle.

Il est le père du scientifique Philippe de La Hire, qu'il forma à la peinture.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

L'Apparition du Christ aux pèlerins d'Emmaüs, 1656, musée de Grenoble

Peintures[modifier | modifier le code]

Gravures[modifier | modifier le code]

  • Le Châtiment de Marsyas
  • Abraham sacrifiant Isaac, 1650
  • La Sainte Famille avec putti, 1640, Institut d'art, Chicago
  • Deux religieux dans la solitude, vers 1630, musée du Louvre, Paris

Dessins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Alastair Laing, « Le véritable sujet du tableau de La Hyre à Arras », Revue de l'Art, 1990, vol. 89, pp. 82-83, consultable sur le site Persée.
  2. « Site du musée de Grenoble - Fiche de l'oeuvre », sur www.museedegrenoble.fr (consulté le 26 février 2016)
  3. « Notice no 30065 », sur la base Atlas du musée du Louvre

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) Cornelis de Bie, Het Gulden Cabinet, 1662, p. 327
  • Pierre Rosenberg, Jacques Thuilier, Laurent de La Hyre, Cahiers du Dessin Français, n° 1, de Bayser éditeur, 1985.
  • Pierre Rosenberg, Jacques Thuillier, catalogue de l'exposition, Laurent de La Hyre, Grenoble, Rennes et Bordeaux, 1989-1990.
  • Marianne Le Blanc, "La notion d'atticisme français à l'épreuve de la perspective", dans L'artiste et l'œuvre à l'épreuve de la perspective, M. Cojannot-Le Blanc, M. Dalai Emiliani, P. Dubourg Glatigny ed., Rome, 2006, p. 431-448.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :