Laurent Wetzel

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Laurent Wetzel est un universitaire, homme politique et essayiste français.

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Marié et père de trois enfants, Laurent Wetzel, né le 16 janvier 1950 à Landerneau (Finistère), est le fils de Jacques Wetzel, polytechnicien, ingénieur du génie maritime, actuaire agrégé, et d’Hélène Durosoy, infirmière et assistante sociale.  « Wetzel » est un vieux mot allemand qui signifiait le « coutre », le coutre étant la partie de la charrue qui tranche la terre (cf. José-Maria de Heredia dans « Le laboureur » : « Il a poussé le coutre au travers de la friche. »).

Laurent Wetzel a effectué sa scolarité primaire et secondaire au lycée du Havre, à l’école du Sacré-Cœur et au lycée Claude-Bernard de Paris (16ème). En 1969, il a été reçu à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, après en avoir préparé le concours au lycée Louis-le-Grand, où il a été l’élève en français-latin d’André Lagarde, un des coauteurs du « Lagarde et Michard ». Au lycée Louis-le-Grand et rue d’Ulm, il se lie d’amitié avec Bernard Lévy (le futur BHL) qu’il présente à François Mitterrand, Alexandre Adler à l’époque militant socialiste et Bernard Gotlieb, le futur mari d’Odile Jacob. Il a obtenu l’agrégation d’histoire en 1973.

Carrière[modifier | modifier le code]

Laurent Wetzel a été professeur d’histoire-géographie-éducation civique, de 1973 à1986, dans plusieurs collèges et lycées franciliens. En 1977, il a été maître de conférences en histoire contemporaine à l’IEP de Paris, et, en 1985-1986, professeur d’histoire politique à Sup de Co de Paris. Il a été inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional d’histoire-géographie dans les académies de Reims (1990, 1995-1998), Rouen (1998-1999), Créteil (1999-2008) et  Versailles (2008-2011).

Retraité depuis 2011 et délié de son devoir de réserve, il a publié, en 2012, aux éditions François Bourin, un livre intitulé Ils ont tué l’histoire-géo, dans lequel il dénonce l’« incompétence » et le « charabia » des hauts fonctionnaires qui dirigent le ministère de l’Éducation nationale ainsi que "l’inculture" du personnel politique français en matière historique, géographique et juridique.

Il a été chargé de mission au Service d’information et de diffusion du Premier ministre (1977-1978), et aux cabinets de Jean-François Deniau, ministre du Commerce extérieur, puis des Réformes administratives (1978-1981), de Gérard Longuet, ministre des Postes et Télécommunications (1986), et d’André Giraud, ministre de la Défense (1987-1988).

Parcours politique et mandats électifs[modifier | modifier le code]

Jeune normalien, Laurent Wetzel a adhéré au parti « Progrès et Liberté » que Jacques Soustelle avait fondé au retour de son second exil. Il appréciait en Jacques Soustelle le brillant ethnologue qui avait adhéré à la Ligue contre l'antisémitisme dès 1932, appartenu au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1935, condamné les accords de Munich au lendemain de leur signature en 1938, rallié la France Libre en juillet 1940, fondé en 1957 l'Alliance France-Israël avec le concours de Menachem Begin, et condamné les conditions dans lesquelles l'Algérie était devenue indépendante, ce qui lui avait valu d’être banni durant sept ans.

À la suite des élections municipales de 1983, Laurent Wetzel est devenu conseiller municipal d’opposition (UDF-CDS) de Sartrouville (deuxième commune du département des Yvelines). En octobre 1983, il refuse d’assister à l’inauguration d’une rue Marcel Paul en rappelant, entre autres, les agissements partisans de ce militant communiste dans le camp de Buchenwald. Il a révélé qu’en 1952 et 1953 la qualité de « déporté-résistant » avait été refusée à Marcel Paul parce qu’il avait été « arrêté pour des faits à caractère politique et non résistant » et parce qu’ « il s’était rendu coupable, au cours de sa déportation, d’activités contraires à l’esprit de la Résistance ». Cela lui a valu un déluge d’injures et un procès intenté par des associations de déportés et de résistants proches du Parti communiste. Le 17 janvier 1985, le Tribunal de grande instance de Versailles [1] le relaxe du grief  de diffamation de la mémoire de Marcel Paul, après qu’il eut obtenu de la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris en décembre 1984 la condamnation de ses adversaires pour injure publique.

En 1985, aux élections cantonales, Laurent Wetzel bat avec 56 % des voix le conseiller général sortant de Sartrouville, François Hilsum, membre du comité central du PCF, directeur-adjoint de L’Humanité et rédacteur en chef de L’Humanité-Dimanche. Il devient le suppléant du député de la 5ème circonscription des Yvelines de 1988 à 1993.

Maire de Sartrouville[modifier | modifier le code]

Elu maire de Sartrouville en 1989 contre Auguste Chrétienne, maire communiste en place depuis 30 ans,  il procède, au moment de la chute du Mur de Berlin,  à une opération de « débolchévisation du paysage urbain » en faisant voter par le Conseil municipal la débaptisation des rues Hô Chi Minh, Karl-Marx, Lénine, Marcel Cachin, Maurice Thorez, Benoît Frachon, Paul Vaillant-Couturier, Jacques Duclos, Marcel Paul, Ambroise Croizat et 19-Mars-1962, qui se sont ensuite appelées respectivement Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, Alexis-de-Tocqueville, Général-de-Gaulle, Charles-Péguy, Robert-Schuman, Léon-Jouhaux, Pierre-Brossolette, Saint-Exupéry, D’Estienne-d’Orves, Claudius Petit et Bachaga Boualam. Il a aussi décidé de donner le nom de Félix Éboué, « ce Gouverneur du Tchad qui avait tout de suite agi dans le sens de la Résistance, cet homme d’intelligence et de cœur, ce Noir ardemment français, ce philosophe humaniste qui répugnait de tout son être à la soumission de la France et au triomphe du régime nazi » (Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre. L’Appel 1940-1942, éd. Plon, 1954, p. 91) à une salle municipale qui s’appelait Nelson Mandela. Il a rappelé, à cette occasion, que Nelson Mandela avait, à plusieurs reprises, « salué ses frères et compagnons d’armes, Mouammar Kadhafi, Fidel Castro et Yasser Arafat », Mouammar Kadhafi qui décernera à Nelson Mandela en 1990 le « Prix Kadhafi international des droits de l’homme », Fidel Castro à propos duquel Nelson Mandela déclarera, en 1991, qu’ « il n’avait pas connaissance des atteintes aux droits de l’homme perpétrés à Cuba », Yasser Arafat auquel Nelson Mandela apportera son soutien inconditionnel en 1990 au Caire, sans la moindre considération pour l’importante communauté juive vivant en Afrique du Sud.

En mars-avril 1991, après avoir dénoncé les certificats d'hébergement et les attestations d'accueil comme vecteurs de l'immigration illégale en France et obtenu la condamnation, par la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris, du président de la plus importante société d'HLM française, la SCIC, pour violation de la loi antiraciste quant à son refus d’attribuer un logement social à une jeune Algérienne, Laurent Wetzel a dû affronter des émeutes qui ont embrasé Sartrouville à la suite du meurtre d’un jeune Algérien par un jeune vigile tunisien. Le 29 mars 1992, Laurent Wetzel a été réélu conseiller général de Sartrouville avec plus de 53 % des voix contre 34 % au candidat socialiste et 12,5 % au candidat du Front national.

Aux élections législatives de mars 1993 dans la Vème circonscription des Yvelines,  il est battu au second tour par Jacques Myard, le maire RPR de Maisons-Laffitte. Après plusieurs mois d’instruction et d’hésitations, le Conseil constitutionnel présidé par Robert Badinter conclut, le 26 novembre 1993, à la confirmation de l’élection de Jacques Myard, comme le lui demandait Claude Guéant, directeur adjoint du cabinet de Charles Pasqua, ministre RPR de l’Intérieur. Les considérants du Conseil constitutionnel n’en étaient pas moins sévères pour Jacques Myard (travestissement de décisions de Justice, propagande irrégulière mettant en cause la bonne foi et la personnalité de Laurent Wetzel, atteinte au respect de sa vie privée, sous-estimation de 100 000 francs de ses dépenses de campagne). Thierry Bréhier a écrit à ce sujet dans Le Monde des 28 et 29 novembre 1993 que « le Conseil constitutionnel, tout en confirmant l’élection de Jacques Myard, avait, sur le fond, plutôt donné tort au RPR. »

Autres activités politiques[modifier | modifier le code]

Laurent Wetzel a été battu aux élections municipales de 1995 par le RPR Pierre Fond[2]. Le Tribunal administratif de Versailles a annulé le scrutin en raison des rumeurs jugées calomnieuses qui ont couru dans Sartrouville et sur les ondes le 18 juin 1995, selon lesquelles Laurent Wetzel aurait été hospitalisé légalement sous contrainte à Sainte-Anne, mais le Conseil d’Etat, après plusieurs mois d’instruction et d’hésitations, et, à la demande du commissaire du gouvernement Christophe Chantepy, a confirmé l’élection de la liste du RPR[3],[4].

Après un rapprochement de quelques semaines avec le Front national en 1997, au siège duquel il lit que le commissaire de police de Sartrouville qui l'avait arrêté le 18 juin 1995 à la tête de la Brigade anti-criminalité était un adhérent du FN, il critique vivement devant le Conseil général des Yvelines les propos que Jean-Marie Le Pen avait tenus à Munich, le 5 décembre 1997, devant son "ami" Franz Schönhuber[5], ancien membre du parti nazi et de la Waffen SS[6]. Ces propos auraient pu, selon Laurent Wetzel, entraîner la dissolution du FN au terme de la loi du 10 janvier 1936 complétée par celle du 5 janvier 1951.

En mars 1998, Laurent Wetzel conduit dans les Yvelines, pour les élections régionales, une liste intitulée Ensemble contre la corruption[réf. nécessaire].

Depuis 1998, Laurent Wetzel n’a plus jamais été candidat à une élection, sauf à l’automne 2013 pour devenir membre du Conseil d’administration de l’Association des anciens élèves, et amis de l’École normale supérieure. Ce scrutin a donné lieu, selon lui, à une fraude destinée à le faire battre alors qu’il avait été élu, fraude racontée selon sa version dans un article du Canard enchaîné du 4 décembre 2013, intitulé Une tricherie très Normale.

Depuis 1990, Laurent Wetzel est membre du comité directeur et du bureau de l’Association France-Israël Alliance Général-Koenig.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Un internement politique sous la Vème République. Barbouzes et blouses blanches, Odilon Media, 1997, livre dans lequel Laurent Wetzel relate l’ensemble de ses combats politiques de 1983 à 1997.
  • Ils ont tué l'histoire-géo, François Bourin, 2012.
  • Les normaliens durant l'Occupation, dans La Nouvelle Revue d'Histoire, numéro 74, de septembre-octobre 2014.
  • François Mitterrand à l’Ecole dans Le Bulletin de la Société des Amis de l’Ecole Normale Supérieure (décembre 1995-janvier 1996), article dans lequel Laurent Wetzel raconte comment il a invité François Mitterrand, en avril 1970, pour qu’il tienne une conférence-débat rue d’Ulm, et comment il l’a convaincu d’y revenir en septembre 1994 pour présider la cérémonie du bicentenaire de la création de l’Ecole normale supérieure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1985_num_8_1_1209.
  2. Journal Le Monde : résultats du second tour de l'élection municipale à Sartrouville
  3. http://internement-arbitraire.blogspot.fr/2011/05/temoignage-de-mr-laurent-wetzel-ancien.html
  4. Le cas Wetzel devant le conseil d'État, Libération, 10 octobre 1996
  5. Déclaration publique devant le Conseil général des Yvelines, le 12 décembre 1997.
  6. Ce jour-là Jean-Marie Le Pen avait déclaré : « Le peuple allemand a été le peuple martyr de l'Europe durant la Seconde Guerre mondiale (...). Je dis et je redis (...) que les chambres à gaz sont un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale (...). Si vous prenez un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages »

Voir aussi[modifier | modifier le code]