Laurent Toubiana

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Laurent Toubiana
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Fonction
Directeur
Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (63 ans)
Nationalité
Formation
Université Paris-Sud (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Laurent Toubiana, né le à Alger, est un chercheur français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui travaille au Laboratoire d'informatique médicale et d'ingénierie des connaissances en e-Santé (LIMICS), une unité mixte de recherche. Il est par ailleurs le fondateur et directeur d’une association nommée « Institut de recherche pour la valorisation des données de santé » (IRSAN), qui propose ses analyses des données médicales relatives à certaines épidémies.

Au cours de la pandémie de Covid-19, il adopte une attitude qualifiée de « rassuriste » et émet des avis à contre-courant de ceux de la communauté scientifique.

Formation[modifier | modifier le code]

Ingénieur[modifier | modifier le code]

Après des études d’ingénieur, diplômé de l’École polytechnique universitaire de l'université Paris-Saclay en 1985, il effectue son stage de fin d'étude au département des réseaux de télécommunications déterministes de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)[1].

Docteur en physique[modifier | modifier le code]

Il obtient la même année un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en informatique de l'Université Paris-Sud et obtient une équivalence pour le diplôme d'études approfondies (DEA) de traitement du signal dont il a suivi les cours ce qui lui permet de s’inscrire en thèse et intègre le laboratoire de radioastronomie de l’observatoire de Paris au sein de l'unité URA 328 (CNRS) dans le cadre du projet PRONAOS du Centre national d'études spatiales (Cnes) où il obtient un doctorat pour la mise au point de nouvelles méthodes de traitement numérique pour des analyseurs de spectre par méthode acousto-optique spatialisable[2].

Démographie et autres[modifier | modifier le code]

En 1992, il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en démographie de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)[1].

Activité[modifier | modifier le code]

Emplois académiques[modifier | modifier le code]

En 1988, il intègre le laboratoire « Étude fondamentale et clinique du système ostéoarticulaire » au sein de l'unité INSERM U113[1]. En 1992, il intègre l'équipe du RNTMT (qui deviendra le réseau Sentinelles) au sein du laboratoire dirigé par le Pr Alain-Jacques Valleron[1],[a]. En 2005, Laurent Toubiana rejoint l'UPRES EA 4472 « Namades : Nouvelles approches méthodologiques pour l’aide à la décision et à la stratégie en santé » de l'université Paris-Descartes[1]. Laurent Toubiana est membre du Laboratoire d'informatique médicale et d'ingénierie des connaissances en e-Santé[3], unité mixte de recherche entre l'université Sorbonne-Paris-Nord (Paris 13) et l'Inserm[4].

IRSAN[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 2014, Laurent Toubiana fonde l'Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (IRSAN), une association loi 1901 qui recueille des données de santé provenant de diverses sources et les analyse[5],[6].

En tant que directeur de l'IRSAN, il annonce les dépassements de seuils épidémiques, que ce soit pour la gastro-entérite[6],[7], la grippe[8],[9],[10] ou la bronchiolite[11].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Canicule (2003)[modifier | modifier le code]

Membre du réseau Sentinelles, il considère que les statistiques de mortalité depuis août 2003 montrent que le bilan des décès attribuables à l'épisode caniculaire est 20 % supérieur aux 15 000 victimes déclarées. Il remarque dans les données de l'Insee un « effet de moisson[b] » jusqu'ici nié par les rapports de l'Inserm[12].

Syndromes grippaux (2015 à 2017)[modifier | modifier le code]

À partir de 2016, l'IRSAN diffuse des analyses temps réel sur l'évolution des maladies transmissibles en France dont celles de la grippe. À ce titre l'IRSAN concurrence le réseau « Sentinelle-Inserm » créé en 1984 auquel il avait largement collaboré de 1992 à 2003. Il déclare : « les données des deux réseaux diffèrent parce que leur méthode de collecte de l'information et leur méthodologie sont différentes ». Contrairement aux données du réseau Sentinelles qui sont auto-déclarées par les médecins, les données de l'IRSAN intègrent les comptes-rendus de SOS Médecins, avec le biais de présenter des résultats ne couvrant principalement que les zones urbaines et périurbaines[13],[14].

Covid-19[modifier | modifier le code]

Certains médias donnent la parole à Laurent Toubiana en et le rangent parmi les quelques « iconoclastes » portant une voix discordante par rapport au discours majoritaire[15] : il postule la fin de l'épidémie et conteste le risque d'une éventuelle reprise épidémique ou « seconde vague ». Il intervient très régulièrement dans les médias soit lors d'interview[16],[17] soit lors de débats plus longs avec d'autres chercheurs[18] mais ses propos sont souvent contredits par les faits[19],[20].

Il cosigne avec le Pr Jean-François Toussaint et le sociologue Laurent Mucchielli les tribunes « Covid-19 : nous ne voulons plus être gouvernés par la peur »[21]. Une autre tribune, publiée sur le blog de Laurent Mucchielli sur le site Mediapart, fait l'objet de commentaires après avoir été refusée par Le Journal du dimanche[22].

En réponse à ses positions, Libération publie une analyse critique[23]. Un article intitulé « Face à l'épidémie, arrêtons les erreurs ! » parait également dans L'Express du 8 octobre 2020[24], avec notamment une intervention du Pr Caumes, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière, qui considère au contraire que c'est grâce aux mesures de prévention prises que la situation en France est pour le moment encore sous contrôle.

Le 18 septembre, il affirme sur Radio Classique, que « l'épidémie est derrière nous », que « le virus ne circule pas », et qu'« il n'y a pas de deuxième vague en termes de mortalité actuellement »[25].

Le 12 octobre dans l'émission C à vous, Patrick Cohen qualifie de très négatif le rôle des « rassuristes », comprenant notamment Laurent Toubiana, Jean-François Toussaint, Christian Perronne et Didier Raoult[26]. Le 29 octobre, le journal Marianne le classe dans le top 7 des médecins « qui auraient mieux fait de se taire sur le Covid »[27].

Il participe au documentaire controversé Hold-up[28].

En , il publie sur le site de l'IRSAN un document PDF dans lequel il affirme que l'épidémie de Covid-19 aurait occasionné une surmortalité « très faible » en 2020. Cette analyse, auto-éditée, présente toutefois des biais sur la forme et sur le fond, et son résultat est contesté par d'autres scientifiques[29],[30]. En particulier, à la même date, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie une étude dans laquelle les auteurs écrivent que « la mortalité a été exceptionnelle en 2020 »[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le laboratoire dirigé par le Pr Alain-Jacques Valleron est intitulé : « Biomathématiques biostatistiques » unité Inserm U113, U444 « Épidémiologie et sciences de l'information », U707 « Épidémiologie, systèmes d’information, modélisation ».
  2. Les épidémiologistes baptisent ainsi un événement climatique ou toxicologique qui emporte d'un coup les personnes les plus fragiles d'une société.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Laurent Toubiana », sur cvscience.aviesan.fr, (consulté le ). Les CV entrés dans cette base de données de l'Aviesan le sont en général par la personne nommée dans le CV. Tout intervenant dans une étude clinique a l'obligation de fournir un CV détaillé fiable et l'interdiction de mentir sur ces CV, y compris dans les bases de données publiques.
  2. « Système de détection photosensible et d'acquisition numérique d'un spectrographe par méthode acousto-optique application a la radioastronomie », sur theses.fr (consulté le ).
  3. « Membres du LIMICS », sur Laboratoire d'informatique médicale et d'ingénierie des connaissances en e-Santé.
  4. « LIMICS (UMRS 1142) - Laboratoire d'informatique médicale et d'ingénierie des connaissances en e-Santé », sur Université Sorbonne-Paris-Nord.
  5. « Une « immunité collective passive » fait-elle spontanément barrage au Covid-19 ? », Le Journal du Centre, .
  6. a et b « Épidémie de gastro-entérite dans le Var », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, .
  7. « Pays Basque : grippe et gastro, c'est reparti ! », sur France Bleu, (consulté le ).
  8. « Grippe : l’épidémie 2017 a démarré tôt et fort », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le )
  9. « L'épidémie de grippe en plein essor notamment dans les Alpes-Maritimes », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le ).
  10. « Bourgogne - Santé. Grippe : l'épidémie se poursuit », sur bienpublic.com (consulté le ).
  11. « Santé - Une épidémie de bronchiolite arrive dans le Nord - Pas-de-Calais », La Voix du Nord, (consulté le ).
  12. « Le bilan de la canicule revu à la hausse », Les Échos, (consulté le ).
  13. « Grippe et gastro-entérite : Le stade de l'épidémie est atteint en France », sur 20 Minutes, .
  14. « Grippe : une surveillance de l’épidémie très complexe », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le ).
  15. « Coronavirus. Ces « iconoclastes » qui ne croient pas à une deuxième vague », Le Progrès (consulté le ).
  16. « Laurent Toubiana, chercheur épidémiologiste : « La menace, à l'heure actuelle, n'existe pas, on la fabrique » », sur France Inter (consulté le ).
  17. Béatrice Mouedine, « Covid-19 : le virus ne circule pas, selon Laurent Toubiana », sur Radio Classique, (consulté le )
  18. « Coronavirus en Europe : une déferlante de restrictions et de contestations », sur TV5 Monde, (consulté le ).
  19. « Désintox. Non, les cas positifs de Covid-19 ne baissent pas », sur France Info, (consulté le ).
  20. Luc Peillon, « Sur quoi se fonde l'épidémiologiste Laurent Toubiana pour affirmer que « l'épidémie est terminée » ? », Libération, (consulté le ).
  21. « « Covid-19 : nous ne voulons plus être gouvernés par la peur » : la tribune de chercheurs et de médecins », Le Parisien, (consulté le ).
  22. Pauline Moullot, « Le « JDD » a-t-il censuré une tribune critiquant la gestion de l'épidémie et le « catastrophisme » des autorités ? », Libération, (consulté le ).
  23. Luc Peillon et Anaïs Moran, « Covid-19 : cinq arguments des « rassuristes » passés au crible », Libération, (consulté le ).
  24. « Revue de presse française - À la Une : « Arrêtons les erreurs ! » », sur Radio France internationale, (consulté le ).
  25. Louis San, « Covid-19 : comment les « rassuristes » tentent d'inoculer le doute sur les mesures sanitaires », sur France Info, .
  26. « C à vous : Patrick Cohen accuse Didier Raoult et les médecins qui « se sont trompés sur tout » », La Dépêche du Midi, .
  27. Theo Moy et Vincent Gény, « Quoi ? Quelle deuxième vague ? Top 7 des médecins qui auraient mieux fait de se taire sur le Covid-19 », sur Marianne, (consulté le ).
  28. « Les contre-vérités de « Hold-up », documentaire à succès qui prétend dévoiler la face cachée de l’épidémie », sur Les Décodeurs, Le Monde, (consulté le ).
  29. « Que vaut l’étude de Toubiana et Mucchielli sur la « très faible » surmortalité due au Covid ? », sur Les Décodeurs, Le Monde, .
  30. Felicia Sideris, « Covid-19 : une surmortalité « relativement faible » même chez les plus de 65 ans, vraiment ? », sur LCI, .
  31. Sylvie Le Minez et Valérie Roux, « 2020 : une hausse des décès inédite depuis 70 ans », Insee Première, no 1847,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]