Laurent Schwartz (oncologue)

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Laurent Schwartz
Laurent Schwartz.jpg
Laurent Schwartz en 2016.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Laurent Schwartz est un cancérologue français, né le à Strasbourg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est d’origine alsacienne d’une famille d’intellectuels imprégnés de culture scientifique et médicale. Son père a été doyen de la faculté de médecine. C’est un lointain cousin du mathématicien Laurent Schwartz et du pédiatre Robert Debré.

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études médicales dans sa ville natale, Laurent Schwartz part pour un long séjour au Etats Unis. Il est d’abord chercheur au National Cancer Institute puis résident (interne) au Massachusetts General Hospital de l’Université de Harvard où il se spécialise en radiothérapie-oncologie. Il revient en France en 1990 où il est recruté par l’Assistance Publique des hôpitaux de Paris comme Praticien Hospitalier (1993). Il obtient son habilitation à diriger des recherches l’année suivante.

Activités[modifier | modifier le code]

L’échec de la cancérologie moderne[modifier | modifier le code]

Laurent Schwartz est marqué par l’absence de résultats de la cancérologie moderne. Dans les pays développés, lors de la rédaction du certificat de décès, la cause de mortalité est inscrite. Ces données sont tabulées par les différents pays puis centralisé par le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC), basé en France à Lyon. Avec l’aide de la mathématicienne Mireille Summa, de l’université Paris-Dauphine Laurent Schwartz analyse l’évolution de de la mortalité par cancer. Ils démontrent que la mortalité par cancer n’a diminué que de 13% depuis 1960 (1). Aujourd’hui la mortalité par cancer du sein est similaire à celle de 1960. Ceci en tenant compte du vieillissement et de l’accroissement de la population. Ce constat est étayé par une publication de John Bailar dans le prestigieux New England Journal of Medecine (Cancer undefeated) (2). En 1998, Laurent Schwartz publie le résultat de ses recherches dans un livre grand public “ Métastases : vérités sur le cancer” (3) où il dévoile la stagnation de la lutte contre le cancer. La publication de cet ouvrage lui vaut une mise à pied puis une exclusion professionnelle de la part de son employeur, l’Assistance Publique des hôpitaux de Paris. Le motif invoqué était que le découragement des malades allait leur faire perdre des chances de survie. Laurent Schwartz sera réinstallé dans ses droits à la suite d'un procès qu’il gagnera. Mais les relations avec son employeur resteront tendues.

Réécrire la cancérologie par la physique[modifier | modifier le code]

Longtemps détaché par l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris à l’École Polytechnique, Laurent Schwartz y regroupe des physiciens des mathématiciens des biologistes et des médecins pour repenser cette maladie. L’idée directrice est que les lois de la physique s’appliquent aussi à la biologie et à la médecine. Ces scientifiques rédigent un tableau de Mendeleïev des maladies. A l’échelle de l’humain, il n’existe que deux forces : la pression et les forces électromagnétiques. La biologie et la médecine peuvent donc se lire par l’interaction de ces deux seules forces avec le vivant (4,5). L’ensemble des maladies peuvent se lire par un changement de pression ou de rendement électromagnétique. Cette démarche permet de démontrer que :

  • Inflammation et augmentation de pression osmotique sont synonymes. Quel que soit l’agent causal de l’inflammation (piqure d’insecte, produit chimique voire brûlure), il existe dans le liquide extracellulaire, une quantité anormalement élevée de protéines. Ces protéines dégagent une augmentation de la pression osmotique. L’ensemble de la symptomatologie inflammatoire s’explique par cette augmentation de pression osmotique. C’est la première fois que l’on démontre qu’une maladie s’explique par un changement de paramètre physique, en l’occurrence la pression (6,7).
  • L’ensemble de la symptomatologie cancéreuse s’explique par la seule diminution du rendement énergétique de la cellule (effet Warburg) (4,8,9).
  • La toxicité du tabac est causée par l’inhalation de fortes quantités de gaz carbonique. La teneur en CO2 est 200 fois plus importante dans la fumée que dans l’air ambiant. L’inhalation de CO2 par le fumeur empoisonne la respiration cellulaire et fait chuter le rendement énergétique de la cellule (10). Cet empoisonnement de la mitochondrie est responsable, au moins partiellement, de la toxicité du tabac.
  • La maladie d’Alzheimer et celle de Parkinson sont le résultat d’une augmentation de pression sur le parenchyme cérébral (11,12). Ceci est confirmé chez la souris. Une augmentation de pression est responsable de la sécrétion d’amyloïde, de synucléine ou de la phosphorylation de la protéine tau (11,12).
  • Le flux sanguin explique l’organisation la morphogénèse du réseau sanguin (13,14).
  • Le cycle cellulaire s’explique par la physique (15).

Traitement du cancer[modifier | modifier le code]

Le cancer s’explique par le seul effet Warburg c’est-à-dire par la baisse du rendement énergétique. Le rendement de la mitochondrie, centrale énergétique de la cellule, s’effondre rendant possible la synthèse tumorale et la division cellulaire. Comme la synthèse augmente, la pression dans la tumeur augmente elle aussi. Cette augmentation de pression est responsable de la fuite de cellules (métastates) et de l’activation du système immunitaire (3). Le traitement métabolique du cancer a pour but de lever cet obstacle et donc de permettre à la cellule cancéreuse de réactiver ses mitochondries pour brûler les dérivés du glucose (16-19). C’est ainsi que, possiblement, la chimiothérapie cytotoxique fonctionne. Après un traitement par des médicaments qui ciblent l’ADN, le métabolisme est modifié et la respiration cellulaire reprend, un temps, son cours (20). Il existe de nombreux médicaments et régimes qui ciblent le métabolisme cellulaire et relancent l’activité mitochondriale (régime cétogène, 2 déoxy-glucose, bromo-pyruvate, acide lipoïque, resveratrol…) Le groupe de Laurent Schwartz a testé une centaine de ces médicaments. Une combinaison d’acide lipoïque (activateur de la pyruvate desydrogénase) et d’hydroxycitrate (inhibiteur de la citrate lyase) entraine une stabilisation des tumeurs implantés chez les souris. Ce travail long et coûteux a permis de démontrer l’universalité de cette inhibition et son absence de toxicité majeure (16-18). Depuis quelque temps, d’autres molécules potentiellement actives ont été rapportées comme le dioxyde de chlore et le bleu de méthylène (21). Toutes ces molécules ont un point commun, elles réactivent l’activité mitochondriale et donc bloquent la prolifération cancéreuse.

Émergence de nouveaux acteurs[modifier | modifier le code]

Le temps du malade qui se sait condamné n’est pas le même que celui de la recherche institutionnelle. À la suite de la publication tant des livres grand-public que des publications scientifiques, de nombreux patients ont testé, de leur propre chef, cette approche métabolique du cancer. Ce traitement est un appoint au traitement chimiothérapique. Des centaines de patients rapportent leur expérience, pour la plupart positive, dans un site dédié (http://guerir-du-cancer.fr/). Laurent Schwartz souhaiterait que des essais normés confirment (ou infirment) ces résultats qui marquent probablement un tournant dans le traitement du cancer.

La diminution du rendement mitochondrial: le point commun entre le cancer et la maladie d'Alzheimer[modifier | modifier le code]

Le cancer et la maladie d'Alzheimer ont de nombreux points communs. Le profil épidémiologique est similaire. Certes, il existe des patients jeunes atteints aussi bien de cancer que d'autres de maladie d'Alzheimer, mais ce sont là des formes génétiques. La plupart des patients sont âgés. Plus de la moitié des cancéreux ont plus de 70 ans à l'heure du diagnostic. L'Alzheimer comme le cancer sont des maladies de l'homme âgé.

Le cancer comme la maladie d'Alzheimer se développe plus fréquemment sur un tissu enflammé. Dans le cas du cancer il s'agit d'une inflammation chronique suite par exemple à l'éthylisme ou au tabagisme. Récemment Lévy (11,12) a démontré que la maladie d'Alzheimer pouvait être la conséquence d'une inflammation causée par l'onde de choc cardiaque.

D'un point de vue biologique, dans le cancer comme dans la maladie d'Alzheimer, il y a une diminution de l'activité mitochondriale. Dans le cancer, l'inhibition de la respiration mitochondriale résulte en une prolifération incontrôlée et donc à la croissance tumorale. Dans le cancer, cette inhibition mitochondriale résulte en une prolifération cellulaire. Dans la maladie d'Alzheimer, cette inhibition mitochondriale résulte en une apoptose, une mort cellulaire responsable des troubles neurologiques. Récemment Mme Hamraz dans sa thèse soutenue à Paris-Cochin[réf. nécessaire] a démontré que l'augmentation de pression (causée par l'inflammation) inhibait la mitochondrie et entrainait une diminution de rendement énergétique.

L'hypothèse centrale du Dr Laurent Schwartz est qu'un traitement visant à stimuler la mitochondrie puisse être efficace à la fois dans le cancer mais aussi dans la maladie d'Alzheimer (5). Ceci est d'autant plus probable que les publications montrent que les mêmes molécules (acide lipoïque, bleu de méthylène…) ont une efficacité à la fois contre le cancer et l'Alzheimer. De même, le régime cétogène (c'est-à-dire riche en graisses et pauvre en sucres) semble efficace dans ces deux maladies pourtant cliniquement différentes.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Métastases : vérités sur le cancer., Hachette littératures.,
  • Cancer : Between Glycolysis and Physical Constraint., Springer Science & Business Media.,
  • Laurent Schwartz et Maurice Israel, Cancer : A Dysmethylation Syndrome?., John Libbey Eurotext.,
  • Le principe de vie, La Martinière,
  • Cancer : guérir tous les malades, Hugo doc,
  • Laurent Schwartz (préf. Luc Montagnier), Cancer : un traitement simple et non toxique Broché, Thierry Souccar, coll. « Médecine », , 128 p. (ISBN 9782365491778)
  • Laurent Schwartz (préf. Joël de Rosnay), La fin des maladies ? : Les liens qui libèrent, 2019

Articles[modifier | modifier le code]

  1. Gettler-Summa, M., Goldfarb, B., Schwartz, L., Steyaert, J. M., & Lefaudeux, F. (2010). Modélisation de séries temporelles multiples et multidimensionnelles. Revue MODULAD, 85(42).
  2. Bailar, J. C., & Gornik, H. L. (1997). Cancer undefeated. New England Journal of Medicine, 336(22), 1569-1574.
  3. Schwartz, L. (1998). Métastases: vérités sur le cancer. Hachette littératures.
  4. Israël, M., & Schwartz, L. (2005). Cancer: A Dysmethylation Syndrome?. John Libbey Eurotext.
  5. Schwartz, L., Lafitte, O., & da Veiga Moreira, J. (2018). Toward a Reasoned Classification of Diseases Using Physico-Chemical Based Phenotypes. Frontiers in physiology, 9, 94.
  6. Schwartz, L., Guais, A., Pooya, M., & Abolhassani, M. (2009). Is inflammation a consequence of extracellular hyperosmolarity?. Journal of inflammation, 6(1), 21.
  7. Schwartz, L., Guais, A., Pooya, M., & Abolhassani, M. (2009). Is inflammation a consequence of extracellular hyperosmolarity?. Journal of inflammation, 6(1), 21.
  8. Schwartz, L., T Supuran, C., & O Alfarouk, K. (2017). The Warburg effect and the hallmarks of cancer. Anti-Cancer Agents in Medicinal Chemistry (Formerly Current Medicinal Chemistry-Anti-Cancer Agents), 17(2), 164-170.
  9. Israël, M., & Schwartz, L. (2011). The metabolic advantage of tumor cells. Molecular cancer, 10(1), 70.
  10. Schwartz, L., Guais, A., Chaumet-Riffaud, P., Grévillot, G., Sasco, A. J., Molina, T. J., & Abolhassani, M. (2010). Carbon dioxide is largely responsible for the acute inflammatory effects of tobacco smoke. Inhalation toxicology, 22(7), 543-551
  11. Levy Nogueira, M., da Veiga Moreira, J., Baronzio, G. F., Dubois, B., Steyaert, J. M., & Schwartz, L. (2015). Mechanical stress as the common denominator between chronic inflammation, cancer, and Alzheimer’s disease. Frontiers in oncology, 5, 197.
  12. Nogueira, M. L., Hamraz, M., Abolhassani, M., Bigan, E., Lafitte, O., Steyaert, J. M., ... & Schwartz, L. (2018). Mechanical stress increases brain amyloid β, tau, and α-synuclein concentrations in wild-type mice. Alzheimer's & Dementia, 14(4), 444-453.
  13. Fleury, V., & Schwartz, L. (1999). Diffusion limited aggregation from shear stress as a simple model of vasculogenesis. Fractals, 7(01), 33-39.
  14. Fleury, V., & Schwartz, L. (2000). Modelisation of 3-D microvasculature by interlaced diffusion limited aggregation. Fractals, 8(03), 255-259.
  15. Da Veiga, J., Lafitte, O., & Schwartz, L. (2017) In Action.
  16. Schwartz, L., Abolhassani, M., Guais, A., Sanders, E., Steyaert, J. M., Campion, F., & Israël, M. (2010). A combination of alpha lipoic acid and calcium hydroxycitrate is efficient against mouse cancer models: preliminary results. Oncology reports, 23(5) 1407-1416.
  17. Schwartz, L., Guais, A., Israël, M., Junod, B., Steyaert, J. M., Crespi, E., ... & Abolhassani, M. (2013). Tumor regression with a combination of drugs interfering with the tumor metabolism: efficacy of hydroxycitrate, lipoic acid and capsaicin. Investigational new drugs, 31(2), 256-264.
  18. Schwartz, L., Seyfried, T., Alfarouk, K. O., Moreira, J. D. V., & Fais, S. (2017, April). Out of Warburg effect: An effective cancer treatment targeting the tumor specific metabolism and dysregulated pH. In Seminars in cancer biology (Vol. 43, pp. 134-138). Academic Press.
  19. Schwartz, L., Buhler, L., Icard, P., Lincet, H., & Steyaert, J. M. (2014). Metabolic treatment of cancer: intermediate results of a prospective case series. Anticancer research, 34(2), 973-980.
  20. Guénin, S., Schwartz, L., Morvan, D., Steyaert, J. M., Poignet, A., Madelmont, J. C., & Demidem, A. (2008). PP2A activity is controlled by methylation and regulates oncoprotein expression in melanoma cells: a mechanism which participates in growth inhibition induced by chloroethylnitrosourea treatment. International journal of oncology, 32(1), 49-57.
  21. Schwartz, L. (2017). Chlorine dioxide as a possible adjunct to metabolic treatment.

Liens externes[modifier | modifier le code]