Laurent Bouvet (politologue)

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Laurent Bouvet
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Laurent Bouvet, né en 1968, est un politologue et essayiste français.

Militant ou proche du Parti socialiste pendant des années, il devient l'un des représentants de La Gauche populaire. En 2016, il lance le Printemps républicain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'IEP de Paris (1989)[1], Laurent Bouvet est titulaire d'un DEA de sociologie politique obtenu à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Sous la direction de Pierre Rosanvallon, il y soutient en 1998 une thèse de doctorat intitulée « “E pluribus unum” ? : la nouvelle question identitaire américaine », qui demeure non publiée à ce jour[2]. En 2001, il est reçu à l'agrégation de science politique.

Après avoir été professeur à l'Université de Nice, expérience qu'il qualifiera de « purgatoire »[3], Laurent Bouvet est nommé en 2011 professeur à la Faculté de droit et de science politique de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ)[4].

Laurent Bouvet a été le directeur de l'Observatoire de la vie politique (OVIPOL) de la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste. Il a contribué à populariser le concept d'« insécurité culturelle », dont seraient victimes les classes populaires et qui expliquerait en partie le vote Front national[5].

Les prises de position et les controverses provoquées par Laurent Bouvet dans ses essais et sur les réseaux sociaux ont progressivement suscité la « défiance de ses pairs »[6]. Outre le rejet de dernière minute de la candidature de Laurent Bouvet au poste de directeur du CEVIPOF, centre de recherche placé sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS[7] en 2013, la rupture avec son ancien directeur de thèse Pierre Rosanvallon, désormais professeur au Collège de France, est consommée en 2018. Ce dernier souligne dans Le Monde que Laurent Bouvet « a préféré être sur le devant de la scène comme auteur d’essais plutôt que de livres de fond » concluant qu'il « n’a réussi ni sa carrière politique ni à devenir un intellectuel vraiment marquant. »[6].

Engagement[modifier | modifier le code]

Laurent Bouvet milite au PS de 1988 à 2007. Il est rédacteur en chef entre 1998 et 2001 de la Revue socialiste. Il est brièvement secrétaire général de La République des idées, un groupe de réflexion orienté au centre-gauche en 2002[8]. En 2008, il rejoint le conseil scientifique du think tank Terra Nova qu'il quittera « dénonçant le culte des minorités qui mène selon lui la gauche dans le mur »[3].

Il s'éloigne progressivement du Parti socialiste dont « l’idéologie dominante » défendrait, selon ses termes, « des positions libérales sur le plan économique et multiculturaliste[s] sur le plan culturel[8]. » Dans une tribune parue dans le journal Le Monde en septembre 2015, regrettant « le caractère éphémère et caricatural » des polémiques politico-intellectuelles actuelles, il avance que « la gauche est devenue inquisitoriale et refuse de s’appliquer le pluralisme qu’elle professe »[9].

En février 2016, il est nommé membre du Conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), laquelle est rattachée à Matignon ainsi qu'au ministère de l'Intérieur et placée sous l'autorité du préfet Gilles Clavreul[10]. Le conseil qui est présidé par Dominique Schnapper, compte parmi ses membres des chercheurs tels que Gilles Kepel, Nonna Mayer, Gérard Noiriel, Pascal Perrineau, et Benjamin Stora[11].

Le , Laurent Bouvet lance officiellement, avec notamment le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme Gilles Clavreul, le mouvement politique du Printemps républicain. Le manifeste de ce mouvement qui entend rassembler les citoyens autour des valeurs fondamentales de la laïcité et du pacte républicain, compte parmi ses signataires des personnalités telles qu'Élisabeth Badinter, Kamel Daoud, Marcel Gauchet et Fleur Pellerin[12]. La première réunion de cette association rassemble des membres du PS attaché à une définition stricte de la laïcité ainsi que des « souverainistes » de l'hebdomadaire Marianne et du mensuel Causeur[13],[14], deux publications dont Laurent Bouvet est un contributeur régulier.

En janvier 2017, lors de l'élection primaire de la gauche, il dit à propos de Manuel Valls qu'il « est proche de [son] idée d’une gauche républicaine[15]. ». Il interprète sa défaite aux primaires comme le signe d' « un parti qui se recroqueville idéologiquement, qui perd cette pluralité d'approches et de visions du monde qui a fait sa richesse depuis 40 ans »[16].

Controverses[modifier | modifier le code]

Pour l'historienne Laurence de Cock, « les entrepreneurs identitaires » comme Éric Zemmour ou Laurent Bouvet utilisent des outils idéologiques comme les paniques identitaires qui sont toujours soulevées par les dominants[17].

Chanteuse de The Voice[modifier | modifier le code]

En février 2018, on lui reproche d'avoir pris position pour l'éviction de la chanteuse Mennel Ibtissem dans l'émission The Voice à cause de tweets complotistes à propos des attentats du 14 juillet 2016 à Nice dont elle avait revendiqué l'exactitude mais regretté l'interprétation qui en avait été faite[18]. Lors du retrait d'Ibtissem de l'émission, le mouvement que co-dirige Laurent Bouvet, le Printemps républicain, est accusé par plusieurs médias d'avoir été à la tête d'une « chasse aux sorcières » sur les réseaux sociaux car la candidate portait un turban[19],[20]. Le Printemps républicain répond :

« Nous n’avons pas obtenu le départ forcé de Mennel, la jeune candidate de The Voice, pour la simple et bonne raison que nous ne l’avons ni demandé, ni souhaité[21]. »

Militante de l'UNEF[modifier | modifier le code]

En mai 2018, il est à l'origine d'une polémique suite à un tweet sur le voile que portait à la télévision une militante de l'UNEF. Son interrogation[22] sur la cohérence entre les valeurs défendues et le voile porté par une représentante syndicale a été critiquée et qualifiée d'« islamophobe » par l'extrême gauche française[23]. À la suite de cette affaire, il a critiqué un article du New-York Times, où une journaliste dénonçait la confusion présente en France selon elle entre laïcité et non-respect de la religion d'autrui. Celle-ci est défendue par des confrères américains et français qui s'insurgent de l'utilisation de guillemets au mot journaliste lors de la réponse de Bouvet, l'un deux, James McAuley précisant «  Nous les correspondants étrangers avons tous écrit le même article sur #MaryamPougetoux cette semaine »[24].

Prix et bourses[modifier | modifier le code]

  • Bourse du Chicago Group on Modern France 1995, avec Pechiney et l'American Can Company
  • Bourse Tocqueville de la French-American Foundation 1997
  • Bourse Lavoisier du ministère des affaires étrangères 1998
  • Prix de thèse Marie-France Toinet de la Société d’études nord-américaines 1999

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Laurent Bouvet, Le Communautarisme : mythes et réalités, Paris, Lignes de repères,
  • Laurent Bouvet, Le Sens du peuple : la Gauche, la démocratie, le populisme, Paris, Gallimard,
  • Laurent Bouvet, L'Insécurité culturelle : sortir du malaise identitaire français, Paris, Fayard,
  • Laurent Bouvet, La Gauche zombie. Chroniques d'une malédiction politique, Paris, Lemieux Éditeur,

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Dictionnaires et manuels[modifier | modifier le code]

  • Christophe Giolito et Laurent Bouvet, La culture générale à Sciences-Po, Paris, SEDES, .
  • David Alcaud (dir.), Laurent Bouvet (dir.), Jean-Gabriel Contamin (dir.) et al., Dictionnaire de sciences politiques, Paris, Sirey, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Laurent Bouvet », sur sciences-po.asso.fr.
  2. Présentation et résumé de la thèse de Laurent Bouvet, « “E pluribus unum” ? : la nouvelle question identitaire américaine », theses.fr, consulté le 18 février 2018.
  3. a et b Jonathan Bouchet-Petersen, « La ligue des gentlemen quarantenaires », sur liberation.fr, .
  4. « Les enseignants en science politique », sur le site de la Faculté de droit et de science politique de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (USVQ) (consulté le 18 février 2018).
  5. « Laurent Bouvet : "Recréer du commun, c’est se remettre à faire de la politique" » (consulté le 21 avril 2015).
  6. a et b Zineb Dryef, « Laurent Bouvet, le gladiateur de la laïcité », sur Le Monde, .
  7. Thomas Wieder, « Au Cevipof, la politique est un sport de combat », sur Le Monde, .
  8. a et b « Laurent Bouvet, à la gauche du peuple », sur lesinfluences.fr, .
  9. Laurent Bouvet, « Non au bûcher médiatique », sur lemonde.fr, .
  10. Cécile Chambraud et Bastien Bonnefous, « Que contient le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme du gouvernement ? », sur lemonde.fr, .
  11. « Installation d'un Conseil scientifique auprès de la DILCRA », Communiqué de presse, sur gouvernement.fr, .
  12. Voir par exemple « Le Printemps républicain veut remettre la laïcité au cœur de la gauche  », sur Le Figaro, .
  13. Guillaume Gendron, « Au lancement du « Printemps républicain » : «N’ayez pas peur du mot « islamophobe » », sur liberation.fr, .
  14. Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, « Islam et laïcité : le schisme de la gauche », sur lemonde.fr, .
  15. « Primaire à gauche: Qui sont les porte-flingues de la laïcité de Manuel Valls ?  », sur 20 Minutes, .
  16. « Laurent Bouvet : « Valls paie son républicanisme et son intransigeance laïque » », sur lefigaro.fr, .
  17. La Chapelle, Sevran, Francfort, le burkini... Comment se créent et se propagent les “paniques identitaires”, Télérama, 29/05/2017.
  18. « "Les posts étaient exacts, mais l'interprétation était erronée" : Mennel Ibtissem revient sur son éviction de "The Voice" », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  19. Aude Lancelin, « Laurent Bouvet, le nouveau radicalisé », sur Le Média, .
  20. Assma Maad et David Perrotin, « Affaire Mennel : les 6 étapes qui ont mené à l’abandon de la candidate de "The Voice" », sur BuzzFeed, .
  21. Voir texte complet sur Facebook.
  22. « Voile à l’Unef : l’auteure du portrait de Maryam Pougetoux dans le "New York Times" réagit au déferlement de critiques », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  23. « Polémique sur le voile d’une responsable de l’UNEF à la Sorbonne », sur lemonde.fr,
  24. « Voile à l'Unef : Laurent Bouvet s'en prend à une journaliste du "New York Times" », sur nouvelobs.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]