Laurence Deonna

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Laurence Deonna
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Laurence Deonna, née en 1937 à Genève, est une reporter, écrivaine et photographe suisse. Elle est connue pour ses livres sur le Yémen, la Syrie et le Kazakhstan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurence Deonna est la fille d’Anne-Marie Vernet-Faesch, issue de la haute bourgeoisie protestante genevoise, comme son mari et de Raymond Deonna, juriste, économiste, homme politique et, entre autres, Président du conseil d'administration de l'ancien Journal de Genève de 1950 à 1970[1]. Le grand-père Waldemar Deonna (un prénom hérité de sa mère danoise), était un helléniste et un archéologue connu. En 1997 elle épouse Farag Moussa[2].

Dans les années 1950, Laurence Deonna quitte l'école avant d'avoir obtenu son bacchalauréat et s’en va étudier l’art dans le sud de l’Angleterre, à la Bath Academy of Arts. Elle y pratique le dessin, la peinture, les marionnettes, le théâtre contemporain, notamment dans un rôle tiré de l’œuvre du grand poète gallois Dylan Thomas. On la retrouve ensuite à Paris, à l’École des beaux-arts. Elle revient ensuite à Genève, où elle exerce toutes sortes de petits métiers, dont celui de chauffeur chez un loueur de voitures, puis d’hôtesse à l'ancienne compagnie d'aviation Swissair. Elle passe ensuite une année dans une école de secrétariat à approfondir les langues, à apprendre à taper à la machine, la sténo, le maniement d’un télex. Puis, durant cinq ans, elle est l'assistante du marchand d'art contemporain Jan Krugier, lequel joue un grand rôle dans sa vie[3].

Première découverte : le Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Le métier de reporter, elle le découvre en , catapultée dans la guerre des Six Jours, entre Israël et les pays arabes. Bien qu’ayant « couvert » bien d’autres régions du monde depuis lors, le Moyen-Orient n’en restera pas moins sa région de prédilection[4]. Elle compte presque un demi-siècle de collaboration avec les médias les plus divers, suisses et étrangers, et avec la chaîne britannique Frontline News Television.

Reporter au long cours[modifier | modifier le code]

On lui doit d’innombrables reportages : en Palestine, en Israël, au Liban, en Syrie, en Irak, en Iran, en Égypte, dans les pays du Golfe arabe et surtout au Yémen dont elle est une experte reconnue[5]. L’Asie centrale musulmane ex-soviétique fait également partie de son éventail : Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Turkménistan, Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Caucase, la Géorgie… Elle a aussi couvert les pays du Maghreb, la Birmanie, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Ouganda, l’Éthiopie, la Somalie, la Chine, la Russie et d’autres pays de l’Est européen.

« Ses livres de mémoires accumulées sont à l'image d'une lente décantation et par certains côtés un enseignement où elle témoigne de ses propres difficultés, peurs, errements [ ] et la fréquentation des guerres n'a pas amoindri sa sensibilité au contraire.»

Extrait de Reportères de guerre - Goûts et coûts, par Denis Ruellan, Directeur des Hautes études de la communication à la Sorbone, Paris, Presses des Mines, Collection Sciences sociales, 2018, Paris.

En 2020, âgée de 83 ans, elle publie «Lira Baiseitova – Lanceuse d'alerte», un livre qui raconte le combat de la journaliste kazakhe réfugiée politique à Genève[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Prix Unesco de l'éducation pour la paix[7],[8].
  • 1987 : Médaille de Vermeil de la Société d’Encouragement au Progrès, Paris.
  • 1987 : Grand prix littéraire des lectrices de Elle[9].
  • 1988 : Médaille Genève Reconnaissante[10].
  • 1988 : I Migliori dell’Anno, prix littéraire pour l’édition italienne de son livre La Guerre à deux voix, Rome.
  • 1988 : Medaglia d’Oro per la Cultura della Pace, Rome.
  • 2010 : Membre d’honneur de Soroptimist International.
  • 2014 : Consécration de sa carrière par le Musée des Suisses dans le monde, Château de Penthes, Genève.
  • 2018 : Lauréate du 14e Prix Stiftung Kreatives Alter (« Créativité au Troisième Âge ») de la Fondation Vontobel, Zurich, pour son livre Mémoires ébouriffées.

Fonctions officielles[modifier | modifier le code]

  • De 2000 à 2003, présidente de l’association « Reporters sans frontières » section suisse.
  • Membre du comité d’honneur du « Club suisse de la presse », Genève.
  • Présidente de l’association « Être femme aujourd’hui » (efa.ge), Genève
  • De 2010 à 2018, vice-présidente de l’association « Enfants de Gaza », Genève, (dissoute en 2018)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres/Publications[modifier | modifier le code]

Livres-reportages
Essai / pamphlet / chroniques
  • Mon enfant vaut plus que leur pétrole (trad. en anglais, italien, arabe). Ed. Labor et Fides, Genève, 1992.
  • Le Sel de l'histoire - Chroniques, Ed. de l'Aire, Vevey, 2017.
Livre de photographies
  • De Schéhérazade à la Révolution, 126 photos en noir et blanc de 1967 à 2004', (préface d’Ella Maillart). Ed. Zoé, 2006[13].
Autobiographies
  • Femme et reporter, ill. photos de l'auteure, Ed. France-Empire, Paris / Edicompo, Ottawa, Canada, 1980.
  • Du fond de ma valise. Les coulisses du reportage au féminin. Nouveau recueil (trad. en allemand). ill. photos de l'auteure, Ed. La Baconnière, Boudry, Neuchâtel, 1989.
  • Mémoires ébouriffées, ma vie, mes reportages, ill. photos de l'auteure, Ed. de l'Aire, Vevey/Ed Ginkgo, Paris 2014[5],[14].
Biographie
  • Femmes suisses dans le monde du XVIIe au XXIe siècle (coauteur Bénédict de Tscharner), Ed. Eclectica Genève, 2010.
Livre traduit par Laurence Deonna
  • Écrivains en prison, Ed. Labor et Fides. De l'anglais, The Prison where I live, Ed. Cassel, Londres, 1997

Expositions de photographies (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Yémen. Espace Kodak, Paris. 1980.
  • Mes yeux sur l’islam (Yémen, Syrie, Irak, Égypte, Iran, Ouzbékistan, Tadjikistan). Heidia International, Photo Studio, Anvers, Belgique. 1986.
  • Évocation des architectures de l’ancienne ville de Sanaa (Yémen), décor photographique géant (1 800 kg). Salon international du livre et de la presse, Genève, 1990. UNESCO, Paris, 1991. Nations unies, New York, 1996. Musée des civilisations, Ville de Québec, Canada, 1997.
  • Yémen, Institut du monde arabe, Paris. 1992.
  • Images d'Égypte, d’Iran, du Kazakhstan, de Syrie et du Yémen. Hôtel de ville « Avignon, ville européenne de la Culture ». 2000.
  • L’autre regard/ der andere Blick. Photos de la révolution iranienne. Galerie Arteso, Soleure (Suisse), dans le cadre des « Journées littéraires de Soleure ». 2003.

Filmographie (documentaires)[modifier | modifier le code]

  • La Guerre à deux voix, docu-fiction de 52 minutes, réalisé par José et Marilu Maldavsky, adapté du livre de Laurence Deonna, 1987[15].
  • Yémen. Série de documentaires pour la chaîne britannique « Frontline News Television ». 1993.
  • Les Yeux dans les yeux – Moyen-Orient. Montage de photos en vidéo. Textes de Laurence Deonna et musique de Mounir Bachir. 1993.
  • Douleur et révolte. Moyen-Orient : dans les deux camps de la guerre, des femmes se souviennent et veulent la paix. Documentaire (couleur, 42 min) tiré du livre de Laurence Deonna « La guerre à deux voix ». Versions doublées de l’arabe et de l’hébreu en français, allemand et anglais. Productrice : Lucienne Lanaz, Jura Films, 2003
  • Voix de reportages. Film du spectacle tiré des livres et des photos de Laurence Deonna, mise en scène par Anne Vaucher au théâtre du Crève-Cœur de Cologny en .

Théâtre (sélection)[modifier | modifier le code]

  • La Guerre à deux voix, tiré du livre de Laurence Deonna, mise en scène d’Anne Delbée. Théâtre national de Nancy, France. 1989.
  • La Guerre à deux voix, mise en scène de Jane Friedrich. Théâtre de la Jonction, Genève. 1991.
  • La Guerre à deux voix, mise en scène (en anglais) d’Anne Bisang, théâtre de la Comédie, Genève. Dans le cadre des célébrations marquant le Cinquantième anniversaire de la signature des Conventions de Genève du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) 1999.
  • Laurence Deonna, reporter, écrivaine et photographe. Théâtre du Crève-Cœur, Cologny, Genève, 2012. Textes tirés de ces livres, mis en espace et en lecture. Spectacle donné dans des décors réalisés grâce aux photos de l’auteure et accompagné de musiques du Moyen-Orient.

À propos de Laurence Deonna[modifier | modifier le code]

Sélection de portraits d'elle publiés dans des livres
  • Women and War, par Jeanne Wickers. Ed. Zed Books, Londres, 1991.
  • Schweiz: Frauengeschichten-Frauengesichter, par Brigitte Mantilleri. Ed.Ebersbach, Dortmund, 1998.
  • Die Reformierten. Suchbilder einer Identität, par Matthias Krieg et Gabrielle Zangger-Derron. Ed.Theologischer Verlag, portrait Laurence Deonna (p. 214), Zurich, 2002.
  • Femmes suisses dans le monde du XVIIe au XXIe siècle, par Laurence Deonna et Bénédict de Tscharner. Ed. Eclectica, 2010. Ed. Infolio 2010.
  • Les Femmes pionnières - leur contribution aux changements dans le monde. Ed. Bibliothèques municipales de Genève, 2012.
  • Hommages à Laurence Deonna En 2017, les éditions de l’Aire ont publié pour fêter les 80 ans de Laurence Deonna un livre-hommage contenant les témoignages d’une vingtaine de ses ami(e)s de par le monde. Notamment une Kazakhe, un Kirghiz, une Iranienne, des Italiennes, des Américains.
  • Reportères de guerre - Goûts et coûts, par Denis Ruellan, Directeur des Hautes études de la Sorbone, Paris, Presses des Mines, Collection Sciences sociales, 2018, Paris[16].
Portraits filmés consacrés à Laurence Deonna
  • 1980: portrait filmé réalisé par Daniel Pasche, à l'occasion de la sortie du livre Femme et reporter, pour l'émission Un jour d'été (émission d'actualité suisse)[17].
  • 1988 : Dites-moi... Dans la série du même nom, produite par la télévision belge. Portrait d’une heure.
  • 1990 : Racines. Portrait d’un quart d’heure produit par la télévision suisse romande.
  • 1990 : Plans fixes. Portrait de 50 minutes en noir/blanc. L’association Plans fixes est une organisation privée produisant des portraits filmés de personnalités suisses[18].
  • 2007 : Les Feux sacrés. Portrait d’une demi-heure par Viviane de Witt. Télévision Léman bleu Genève.
  • 2018 : Toute une Vie, série de portraits, RTS, Romaine Jean[19]
  • 2022 : Laurence Deonna, Libre!, de Nasser Bakhti.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Droit de vote féminin – 1971: elles s’en souviennent! », sur 24 heures (consulté le )
  2. « Hommage – Un ancien diplomate féministe s’en est allé », sur Tribune de Genève (consulté le )
  3. Pierre Jeanneret, « Les mémoires d’une journaliste et d’une femme libre », sur domainepublic.ch, (consulté le )
  4. « Les «Mémoires ébouriffées» de Laurence Deonna », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Anik Schuin, « Laurence Deonna: "Mémoires ébouriffées" », sur rts.ch, (consulté le )
  6. Pascale Zimmermann, « Biographie – Portrait d’une intrépide », sur Tribune de Genève, (consulté le )
  7. « Gazette de Lausanne - 19.08.1987 - Pages 2/3 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
  8. « UNESCO Prize for Peace Education 1987 » (consulté le )
  9. « Journal de Genève - 08.11.1986 - Pages 32/33 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
  10. « Journal de Genève - 28.04.1988 - Pages 16/17 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
  11. Ared Misirliyan, « Review of Syrians: a travelogue, 1992-1994 », MELA Notes, nos 65/66,‎ , p. 85–87 (ISSN 0364-2410, lire en ligne, consulté le )
  12. Viviane Du Castel, « Laurence Deonna. Le Kazakhstan : bourlinguer en Asie centrale postcommuniste », Politique étrangère, vol. 66, no 2,‎ , p. 482–482 (lire en ligne, consulté le )
  13. « Voyage dans un Orient paisible et tourmenté », sur SWI swissinfo.ch (consulté le )
  14. Pierre Jeanneret, « Les mémoires d’une journaliste et d’une femme libre », sur www.domainepublic.ch (blog),
  15. José Maldavsky et Marilu Maldavsky, « La guerre à deux voix », sur unesco.org (consulté le )
  16. Jean-François Tétu, « Denis Ruellan, Reportères de guerre. Goût et coûts », Questions de communication, no 35,‎ , p. 439–442 (ISSN 1633-5961, lire en ligne, consulté le )
  17. Daniel Pasche, « Laurence Deonna », sur rts.ch, (consulté le )
  18. « Laurence Deonna », sur Association Plans Fixes (consulté le )
  19. « Toute une vie - Laurence Deonna, reporter, photographe et écrivaine - Play RTS », sur rts.ch, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]